La première page du mémoire (avec le fichier pdf):
Université de Lubumbashi - École de criminologie
Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du grade de Master en Criminologie - Octobre 2021

Recruteurs en ligne : identification, types d’emplois et canaux

  1. Expériences de victimisation relatives aux offres d’emploi en ligne
  2. Nedi Palanga Nestor
  3. Revue de littérature et problématique, les fausses offres d’emploi
  4. Méthodologie : victimes de fausses offres d’emploi sur internet
  5. Récolte des données, victimes d’arnaques aux offres d’emploi
  6. Analyse des données, les victimes d’offres d’emploi sur internet
  7. Recruteurs en ligne : identification, types d’emplois et canaux
  8. Stratégies et/ou techniques des arnaqueurs : offres d’emploi
  9. Les conséquences de la victimisation, les fausses offres d’emploi
  10. Les enjeux qui sous-tendent les expériences de victimisation

Recruteurs en ligne : identification, types d’emplois et canaux

Chapitre III : Expériences de victimisation relatives aux offres d’emploi en ligne

Ce chapitre est consacré à la discussion sur les résultats issus de l’analyse des données collectées. Il est structuré autour des sections suivantes :

  1. Identification des recruteurs en ligne,
  2. Stratégies utilisées par les arnaqueurs ;
  3. Conséquences de victimisation ;
  4. Enjeux qui sous-tendent les expériences de victimisation.

Section 1 : Recruteurs en ligne

Dans cette première section, il s’agit de prime abord d’identifier les recruteurs en ligne, ensuite les types d’offres d’emploi ainsi que les canaux utilisées utilisés pour diffuser ces offres d’emploi. Nous commençons par l’identification des recruteurs en ligne.

1.1. Identification des recruteurs

Par identification des recruteurs en ligne, nous montrons d’une part les difficultés qu’éprouvent les victimes pour identifier les auteurs des offres d’emploi sur internet.

D’autre part, le manque des outils adaptés par la police pour appréhender les auteurs des offres d’emplois sur internet.

1.1.1. L’invisibilité des recruteurs et leur impossible identification

En effet, derrière chaque phénomène criminel se cache toujours un (des) acteur (s). Ainsi, les renseignements fournis par les acteurs de terrain signalent que par apparence, les offres d’emplois dont ils sont victimes sur internet découlent des entreprises publiques ou privées, des ministères, des organisations non gouvernementales, des organismes internationaux…bien identifiables, m

ais au fond, il n’est pas facile à leur niveau de détecter la vraie face des recruteurs, c’est-à-dire leur profil authentique ou leur adresse physique.

Partant de leurs expériences, il s’avère que ces dernières émanent des individus ou groupes d’individus sous anonymat en vue de réaliser leurs gains financiers. C’est ainsi qu’une victime (Monsieur Zoulou) s’est confiée à nous en ces termes :

« Souvent, lorsque vous êtes sur net, vous allez vous rendre compte que l’offre est de telle ou telle entreprise, mais en réalité, au cas où vous êtes escroqué par ces groupes de malfaiteurs et que vous allez vous plaindre auprès de ladite entreprise, celle-ci réfute toujours qu’elle ne procède pas au recrutement.

On ne parvient pas à identifier qui est le vrai recruteur. Ça ne donne pas du courage d’aller même à la police car ces groupes des personnes mal intentionnées ne sont pas facilement identifiables ».

Dans le même angle d’idées, les résultats de cette recherche démontrent que les auteurs des fausses offres d’emploi sur internet ne sont pas facilement identifiables. Ils sont couverts de l’anonymat.

A ce sujet, Monsieur Nkaka Moussa explique : « Les acteurs impliqués dans ce genre de phénomène ne sont pas facilement identifiables. Donc c’est différent avec les victimes d’un cambriolage parce que la police ou la victime elle-même peut mener ses enquêtes et découvrir facilement l’auteur.

Et puis, pendant même que la personne commet l’acte de cambriolage, elle peut être appréhendée en flagrance et l’amener à la police. Ou soit la personne victime peut maitriser son image ou son identité.

Et c’est facile d’apporter les preuves pour prouver la culpabilité de l’auteur du crime. Mais avec les offres d’emplois en ligne, c’est vraiment diffèrent avec le mode opératoire de ces acteurs ».

L’analyse des informations récoltées sur terrain font état de différence entre la criminalité hors ligne et la criminalité en ligne. Dans le premier cas, il est facile de connaitre l’auteur d’un cambriolage, d’un vol, de viol, d’agression… et de réunir les preuves de sa culpabilité parce qu’il y a contact directe entre les deux protagonistes.

C’est une forme de criminalité dite “directe” car l’acte criminel est physique et verbale pour lequel la victime identifie clairement son agresseur (coups, insultes, moqueries. . .).

Tandis que dans le second cas, le contact est directe mais immatérialisé ; l’auteur de l’acte criminel, n’est pas visible. Elle est également dite indirecte car l’acte criminel est plus discret, permettant dans certains cas au délinquant de rester anonyme (Gillet Alyssa, 2018 : 4, Antonia et Marcelo, Sine Data).

Après avoir montré les difficultés l’invisibilité des recruteurs en ligne, le point suivant explique comment la police manque les outils technologiques adaptes pour appréhender les faux recruteurs en ligne.

1.1.2. La police manque des matériels adéquats pour appréhender les cybercriminels

Etant donné que les victimes ne sont pas à mesure de découvrir le visage des cybercriminels, celles-ci soulignent que la police elle-même ne possède pas les outils technologiques adaptés pour identifier les auteurs des offres d’emploi pirates sur internet.

Ce qui fait que même si la personne a été escroquée via les offres d’emploi, elle se décourage de porter plainte parce qu’elle sait que la police ne dispose pas des outils technologiques pour identifier l’auteur de l’arnaque. Voici le propos de Monsieur Zoulou :

« (….) Il n’est pas facile de réunir les preuves parce que jusqu’alors, bien qu’il existe déjà une loi qui réprimande les infractions sur internet, les services de sécurité n’ont pas encore des matériels adaptés pour enquêter sur les auteurs des questions-là des piratages en lignes, des diffusions des fausses informations sur internet, de l’usurpation d’identité, de pornographie, etc.

Pour permettre que ces actes ne se reproduisent plus, l’Etat congolais n’a qu’à mettre des moyens conséquents aux services de sécurité afin de leur permettre de mener les enquêtes sur les auteurs des actes inciviques sur internet. Parce que si l’Etat ne réagit, ces gens vont continuer à escroquer les paisibles citoyens sans peur ».

De tout ce qui précède, l’analyse transversale de différentes représentations des victimes sur l’identification des recruteurs en ligne nous amène à ce que Ngoie Mwenze (2022) appelle « la dématérialisation des acteurs » ou de « l’anonymat ».

Selon Gillet Alyssa (2018 : 7), « les cybercriminels opèrent sans passer par le canal physique, grâce à l’anonymat et/ou à la falsification de leur identité, ils ne peuvent pas toujours être identifiés.

L’anonymat contribue à dépersonnaliser l’individu, à augmenter le nombre de témoins et à évacuer les contraintes de lieu et de temps. Cette technique d’anonymisation permet « aux cybercriminels de se distancier du mal qu’ils font ».

Ceci pour dire que le caractère anonymique devient alors une barrière d’Internet qui rend les cybers délinquants généralement difficile à détecter non seulement par les victimes, mais aussi les forces de l’ordre pour les détecter (Elliott, 2015).

Dans cet ordre d’idées, il s’observe deux acteurs en interaction dont l’un est visible (chercheur d’emploi) et l’autre invisible (recruteur).

Certains auteurs comme (Padioleau, 1986, 84 ; Strauss, 1989, 59 ; Quivy et Van Campenhoudt, 2006, 91) notent que « l’interaction est une situation de face à face qui met en relation (réversible et simultanée) deux sujets qui jouent inversement le rôle d’émetteur et celui de récepteur et qui s’influencent directement ».

Il s’agit bien évidement des relations (physiques ou visibles) que deux acteurs peuvent entretenir. Or, ce n’est pas le cas avec notre recherche où les relations sont invisibles.

Ce qui nous permet alors de faire recourt à Breton (2004 : 52) qui intègre la dimension “invisible” entre les chercheurs d’emploi et les recruteurs en ligne en notant ceci : « l’interaction n’englobe pas seulement les acteurs en coprésence, mais une multitude d’autres, invisibles, qui imprègnent leur rapport au monde ».

Dans cette logique, Ces rapports sont fonction d’une scène d’actions et/ou de réactions mise en présence des acteurs visibles (postulants) et ceux qui sont cachés dans le subterfuge (recruteurs en ligne).

Recruteurs en ligne : identification, types d'emplois et canaux

Dans ces types de relations invisibles, Ngoie Mwenze (2009 : 51-52) note que « les comportements des acteurs visibles sont modulés par les acteurs « invisibles » ou sont sous-tendus par certains enjeux « imperceptibles » qui ne relèvent nécessairement pas des apparences scéniques.

La question est de dénicher ce « cordon astral » en vue de remonter aux acteurs dans l’ombre ou « aux manipulateurs » ou encore aux « metteurs en scène ».

Bien que les victimes découvrent au bout de compte que les offres d’emploi sont de nature mafieuse, mais elles ne parviennent pas à détecter l’identité originelle des acteurs qui sont derrière ces offres d’emploi.

C’est la raison pour laquelle Kantenga Mwamba (2021 : 25) souligne que « généralement, les victimes ne portent pas plainte, car les forces de la police n’auraient pas de chance de retrouver l’auteur de l’infraction ».

Après avoir montré les difficultés que les victimes éprouvent pour identifier les recruteurs, passons aux types d’emploi que ces derniers offrent au public, en l’occurrence aux chercheur d’emploi.

1.2. Types d’emplois offerts en ligne

Sur la toile, il existe plusieurs types d’emplois que les « arnaqueurs » offrent aux chercheurs d’emploi.

Généralement, ces offres d’emploi concernent tous les domaines professionnels (banques commerciales, entreprises minières…) et aucune entreprise n’est épargnée. Pour être précis, voici les propos de Monsieur Kiasa, victime :« Les offres d’emploi sont dans tous les domaines.

Pour ne pas aller au niveau international, il y a des offres des banques commerciales (BCC, TMB, SofiBanque, Rawbank, RAWBANK,), des sociétés pétrolières (MULIKAP, TOTAL, SEP CONGO…), sociétés de gardiennage, et surtout dans les entreprises minières (KAMOA, Mutanda Mining, KCC, MMG, Tenke Fungurume….), etc.

Souvent on cherche : les opérateurs seniors au poste de réception et prélixiviation pour son département de raffinage-lixiviation, operateurs des engins lourds, encodeur et agent pointeur, magasinier, officier de pointage, la garde industrielle, chargé des ressources humaines, conseillers juridiques, secrétaires de directions, des experts en logistique, agents de services généraux, secrétaire général, etc.

D’une manière brève, les offres d’emploi sont dans tous les domaines confondus, s’il faut spécifier chaque domaine, c’est compliqué parce que à de fois ces arnaqueurs recrutent les candidats dans toutes les provinces y compris tous les niveaux d’études ».

Dans plusieurs cas, il existe des offres où on recrute sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo, et celles où on recrute dans une entité bien spécifique (partculierement dans une province). Monsieur Madintha, victime de l’offre d’emploi de la CNSS s’explique en ces mots :

« Dans cette offre d’emploi, la CNSS procédait au recrutement de plusieurs candidats pour plusieurs postes à savoir : les comptables, les informaticiens, les ingénieurs techniciens, les assistants logistiques, les assistants administratifs, les chargés de communication, les assistants aux ressources humaines, le médecins, les infirmiers, les secrétaires, les chargés de protocole, les responsable de sécurité, etc. il fallait envoyer le dossier complet à l’adresse cnsscongordc@gmail.com et par WhatsApp au numéro +243 992 206 951 à l’intention de Monsieur le directeur des ressources humaines avant le 31 mai 2021.

En plus de cela, cette offre de recrutement concernait toutes les provinces de la République Démocratique du Congo ».

Il est évident qu’il existe plusieurs types qu’emploi que les recruteurs offrent aux potentiels candidats, sur ce, il est crucial de connaitre dans l’étape suivante les voies auxquelles ces offres d’emploi sont transmises.

1.3. Canaux de recrutement

Selon Nabucet (2010 : 13-14), « les canaux de recrutement sont comme les méthodes de recherche d’emploi diverses et variées ».

L’auteur distingue les canaux formels où l’entreprise procède à un large appel des candidatures ; soit en diffusant directement une annonce au public au sein de ses locaux, soit en passant par un intermédiaire (les sociétés de médias hors ligne, les sites web, les blogs, les réseaux sociaux, etc.).

Et les canaux informels où le recrutement est restreint à quelques candidats. Il s’agit d’un recrutement interne. En ce qui nous concerne, les arnaqueurs font appel aux canaux formels. Entre autre les sites web ou les plates-formes, les réseaux sociaux et les médias en ligne.

1.3.1. Sites web d’emploi

Le mot « site web d’emploi » appelé jadis « Job board » s’est développé à partir des années 1990 aux États-Unis puis dans le reste du monde.

A l’origine, il faisait référence aux panneaux d’affichage sur lesquels le chercheur d’emploi consultait les offres dans les agences de recrutement. Aujourd’hui, il désigne un site web permettant à la fois aux recruteurs de diffuser des offres d’emploi, et aux candidats de rechercher des offres d’emploi dans des secteurs d’activité et métiers variés.

Vers les années 2000, ce concept a pris la forme des « agrégateurs » qui consistent à indexer les annonces d’emploi publiées sur le web pour offrir aux candidats la possibilité d’effectuer une recherche globale au travers d’une interface unique.

Autrement dit, c’est un canal qui permet aux recruteurs de poster les offres d’emploi afin de permettre aux chercheurs d’emploi de postuler (Géraldine, 2019).

Selon les résultats de la présente recherche, il existe plusieurs sites web tant au niveau national qu’international où les recruteurs publient les offres d’emplois pour permettre aux candidats de postuler.

C’est ainsi que les arnaqueurs exploitent ces sites pour diffuser leurs offres d’emploi. Monsieur Lobo, victime de l’offre d’emploi de la BCC explique en ces mots :

« Il y en a beaucoup même, sur internet !! Il suffit d’écrire seulement offre d’emploi en précisant le lieu, par exemple Lubumbashi vous allez trouver des offres de KCC, MMG, Mutanda Mining… moi j’avais trouvé l’offre d’emploi sur www.emploicongo.com, mais il existe d’autres sites internet tel que :

  • www.klejob.com,
  • www.emploi.cd.com,
  • www.emploi.cd,
  • www.satges-mplois.com,
  • www.LauraJobrapido.com,
  • www.Zigojobs.com,
  • www.Natusminingjob.com,
  • www.endeed.fr,
  • www.keljob.com,
  • www.optioncarrière.com,
  • www.tchadcarriere.com,
  • www.africawork.com…

Donc, il faut beaucoup tirer attention, ces escrocs publient du n’importe quoi pour commencer à exiger aux gens l’argent, si vous n’êtes pas vigilant, vous risquez de tomber sur leurs offres et perdre votre argent pour rien ».

Madame Kiese souligne quant à elle que les cybercriminels opèrent sans frontière, et à partir de ces sites internet, il existe également des offres d’emploi qui donnent aux chercheurs d’emploi la possibilité de postuler partout dans le monde. Elle témoigne son expérience vécue en ces mots :

« (….) Effectivement, il ya également les offres d‘emploi où vous pouvez travailler dans n’importe quel pays du monde.

Comme après que j’ai été frappé par ces malfaiteurs de soi-disant de la Banque centrale du Congo, un autre monsieur qui était d’ailleurs un ami en commun sur Facebook résidant au Canada m’avait proposé un emploi en me disant que le frais de voyage, de visa et passeport et de restauration seront gratuits, mais il fallait que j’envoie juste 150 $ seulement pour faciliter l’obtention de visa et passeport de mon voyage, et lorsque je vais commencer le boulot, ils vont commencer à récupérer leur agent.

Mais je l’avais directement bloqué. Surtout au canada, eux proposent toujours des postes d’emploi de 1800$ et plus ».

Madame Kiese renchérit qu’il existe certains sites web non sécurisés où tout le monde a la latitude d’y accéder et poster une (des) offre (s) d’emploi. C’est cette démocratisation de publier qui a facilité la présence des offres d’emploi obsolètes. Elle explique en ces mots :

« Si vous avez la connexion, ouvre seulement votre navigateur Google ou Opéra mini et écrivez sur la barre de recherche ‘’emploi en RDC ou à Lubumbashi 2021 », directement on va vous ramener vers les sites où il y a des offres d’emploi… le mal avec ces sites est tout le monde peut publier les offres d’emploi. Mais les escrocs là publient aussi leurs offres dans ces sites, il faut beaucoup tirer attention.

C’est le cas du site OptionCarrière.com , Indeed, Emploi CD etc. lorsque vous y êtes connecté, il y a une option où on écrit “publier une offre d’emploi” ou “publier une annonce”, donc, c’est ce qui donne l’occasion à ces escrocs de publier leurs offres, et lorsque vous allez vous connecter, vous n’allez pas vous rendre compte que c’est une fausse offre offre ».

Il existe également certains sites web responsable qui, lorsque l’offre d’emploi a déjà expiré, il y a des signes annonciateurs qui permettent aux postulants de se rendre compte si telle ou telle autre offre d’emploi est valide ou non.

C’est le cas par exemple de Media Congo, il y a quatre couleurs à côté de chaque offre d’emploi :

  1. couleur verte pour les offres en cours de validité,
  2. couleur jaune : les offres d’emploi de moins de 3 jours,
  3. couleurs rouge : les offres d’emploi expirées,
  4. couleur violée : les offres non précisées.

La formation, communication interne et gestion des carrières

L’enjeu de cette précision est de permettre aux chercheurs d’emploi de ne plus postuler aux offres d’emploi qui ne sont pas valide. Peu importe ces signes annonciateurs, les cybercriminels téléchargent ces offres et en modifient pour les publier dans d’autres sites. Madame Kiese explique davantage en ces mots :

« (…) mais il y a aussi des sites internet qui signalent une fois que l’offre d’emploi a déjà expirée, par exemple si vous vous connectez sur Media Congo, à côté de chaque offre d’emploi, il y a la couleur rouges pour les offres d’emploi déjà expirées, la couleur jaune pour les offres vont expirer dans trois jours, la couleur verte pour les offres valides et la couleurs violée pour les offres qui n’ont pas aucune précision.

Mais ces gens sont capables de les télécharger et publier sur d’autres sites. De fois vous pouvez trouver une offre qui est déjà expirée sur Media Congo par exemple, mais vous trouvez la même offre d’emploi qui est valide sur un autre site internet».

Grâce à l’émergence du numérique, certaines entreprises ou organisations possèdent aujourd’hui des plates-formes qui leur permettent de publier les offres d’emploi ou d’autres types d’informations.

En même temps, les arnaqueurs en possèdent également. Ils ont la capacité soit de s’infiltrer frauduleusement dans un réseau d’une entreprise (plate-forme) pour télécharger ou modifier les offres d’emploi afin de les mettre à disposition du public dans d’autres sites web ou plateformes.

Les conséquences de la victimisation, les fausses offres d’emploi

Soit ils créent une copie conforme d’un site web qui va leur servir d’un nœud d’échange avec les candidats potentiels.

Mais ceci dépend toujours de la capacité du candidat de découvrir si telle ou telle plate-forme est de nature mafieuse ou pas. L’extrait suivant tiré de l’entretien avec Monsieur Lobo, la victime confirme :

« De nos jours, certaines organisations, entreprises publiques ou privées, les ministères, les gouvernements utilisent des plates-formes ou des sites web pour mettre à la disposition du public les offres d’emploi.

Et pour postuler, il y a deux possibilités : Soit envoyer votre dossier dans leur adresse électronique, soit envoyez votre dossier à partir de leur plate-forme ; c’est-à-dire dans chaque plate-forme, il y a un endroit où on a écrit « careers jobs», puis vous accéder dans l’option « postuler ».

Maintenant on ne sait pas distinguer les plates-formes des malfaiteurs et celles des entreprises. Ceci pose un peu des problèmes ».

Non seulement les sites web ou les plates-formes en ligne, les offres d’emploi sont également retrouvées sur les médias en ligne que nous abordons dans la suivante étape.

1.3.2. Les médias en ligne

Rémy Rieffel cité par Dikanga Kazadi (2020) définit les médias comme « un ensemble de techniques de production et de transmission de messages ». Cette définition a le mérite d’être claire et permet d’appréhender les médias dans leur mission principale qui est de produire de l’information et de la transmettre vers les membres de la communauté.

Les médias en ligne jouent un rôle crucial dans le processus de recrutement. Au demeurant, il existe plusieurs médias en ligne dont les chercheurs d’emploi se servent pour sillonner les offres d’emploi. Entre autre Radio okapi, 7sur7, Actualité.cd, depeche.cd, KivuAvenir, ZoomEco, etc.

Selon le point de vue des victimes, lorsqu’un media en ligne met à la disposition du public un avis de recrutement, les cybercriminels téléchargent et modifient certaines informations (boite email ou site web par exemple) de ladite offre pour une une utilisation à des fins égoïstes.

À ce stade, lorsque la personne postule, le dossier sera envoyé à l’adresse des arnaqueurs et non au véritable recruteur [partie à développer dans la section consacrée aux stratégies des arnaqueurs]. A ce sujet, Monsieur Nkaka Moussa s’est confié à nous en ces mots :

« Aujourd’hui, il existe plusieurs possibilité de chercher l’emploi, connectez-vous dans la plate-forme de la Radio Okapi, MediaCongo, 7sur7.Cd, Actualité. Cd, …il y a une rubrique où on a écrit ‘’offre d’emploi ». Lorsque vous cliquez là, vous trouverez beaucoup d’offres.

C’est comme si ces sociétés de médias ont déjà un contrat avec les entreprises parce qu’à chaque fois qu’il y a recrutement dans certains entreprises, ce sont les media en ligne qui informent le public ».

Il renchérit en ces termes :

« (…) à travers les médias en ligne nous avons : 7sur7, Forum des As, Depeche.Cd, actualité.cd, KivuAvenir Media Congo, Radio okapi, Zoom ECO, BizCongo, etc. Si vous vous connectez dans leurs sites vous allez rencontrer des offres d’emploi des divers domaines.

Mais le mal en ai qu’une fois un media en ligne publie une offre d’emploi, les malfaiteurs téléchargent cela et en modifient le contenu pour enfin la mettre à la disposition du public. Si vous tombez sur telle offre, c’est difficile de connaitre qu’elle est piratée, et surtout qu’on pas la culture de lire c’est grave.

Mais on se rend toujours compte après avoir perdu l’argent. Pendant que vous faites cela, l’idée ne viendra même pas interpeller de lire en profondeur avant tout transfert d’argent ».

À travers ces sites web et médias en ligne, les chercheurs d’emploi peuvent s’abonner à partir de leur boite électronique (email, Yahoo,) pour commencer à recevoir des informations ou des “news lettres” sur les nouvelles opportunités d’offres d’emploi.

Selon les victimes que nous avons rencontrées, les cybercriminels sont chevronnés dans ce domaine, lorsqu’ils ont déjà sapé un site, il est fort probable aux internautes de recevoir leurs nouvelles opportunités d’emplois. Monsieur Nike explique :

« Souvent si tu entres dans certains sites, il y a possibilité de vous abonner afin de recevoir des Newsletter ou des notifications dans votre boite électronique au cas où il y a des nouvelles opportunités d’embauches.

La question reste de savoir si ces offres sont réellement vraies ? Parce que ces aventuriers sont experts dans ce domaine informatique, ils peuvent à tout temps vous envoyer des offres.

Par exemple, dans Média Congo, il y a une option d’offre d’emploi (l’enquêté ouvre son téléphone et nous montre son site http://www.mediacongo-offred’emploi.com/), lorsque vous vous êtes abonné à ce site web, vous allez commencer à recevoir les notifications lorsqu’il y a des nouvelles offres d’emploi dans tous les domaines. Ce système se trouve dans toutes les plates-formes de l’internet ».

1.3.3. Les réseaux sociaux

Le concept « réseau social » revêt plusieurs sens. Il est un outil pour comprendre la dynamique d’affinités, tant son objectif est plus largement de caractériser les flux et les nœuds de relations entre des individus dans un groupe social (…) (ou) qui se nouent autour de tout processus, codifié ou non, de décision ou d’action collective (Ngoie Mwenze, 2009 :47).

Restant dans l’angle de la présente étude, le réseau social est un site internet qui permet aux internautes de se créer une page personnelle afin de partager et d’échanger des informations, des photos ou des vidéos avec leur communauté d’amis et leur réseau de connaissances (Dikanga Kazadi, 2020 : 4). Ils permettent la mise en relation des personnes partageant les mêmes centres d’intérêt personnels ou professionnels.

Selon les informations récoltées auprès des victimes, les réseaux sociaux les plus fréquentés sont Facebook, Twitter, LinkedIn, WhatsApp, etc.

Les trois premiers permettent aux internautes d’échanger les informations de toute nature, en l’occurrence celles qui sont relatives aux offres d’emploi. Tandis que le dernier joue un double rôle : celui de partager les offres d’emploi et d’envoyer le dossier aux recruteurs.

Les réseaux sociaux dans cette perspective constituent un point d’interactions ou des lieux favorables d’affrontements voire de confrontations des actions et réactions soutenues par des logiques différentes car, comme le note Forsé cité par Ngoie Mwenze (2009), « les acteurs interagissent selon le modèle du choix rationnel ». Monsieur Kiama explique en ces mots :

« Il y a aussi des réseaux sociaux tels que Facebook, LinkedIn, WhatsAppp, etc.» Sur Facebook, vous allez voir beaucoup d’offres d’emploi qui sont diffusées. Les entreprises créent des pages où ils publient leurs offres d’emploi.

Le même site de recherche d’emploi ou plate-forme peut être utilisé comme une page Facebook. Avec LinkedIn, c’est un réseau social professionnel, ici on retrouve des offres d’emploi de divers domaines.

A partir de ce réseau social, vous pouvez publier votre curriculum vitae en public pour attirer les recruteurs. Et lorsque la personne reçoit une offre d’emploi sur internet, elle doit la partager dans les groupes WhatsApp pour que ceux qui sont intéressés puissent envoyer leurs dossiers.

LinkedIn est un réseau social où on rencontre beaucoup d’offres d’emploi à l’instar de Facebook, Twitter…c’est un réseau qui s’inscrit beaucoup dans une logique professionnelle.

Il permet aux utilisateurs de vendre leur profil auprès des recruteurs à travers leur curriculum vitae. Monsieur Nike partage son expérience avec nous en ces mots :

« C’est comme sur LinkedIn, si vous avez un compte, vous allez rencontrer beaucoup d’individus et entreprises qui mettent à la disposition du public les opportunités d’emploi. A partir de votre compte, vous pouvez commencer à recevoir les notifications sur les nouvelles offres d’emploi de partout dans le monde. Une fois que vous trouvez celle qui vous intéresse, on vous renvoi directement au site de l’entreprise pour enfin postuler ».

Au sujet des recrutements qui se passent sur internet, les réseaux sociaux et les médias en ligne, LFD Criminalistique (2018 : 3) note que « depuis quelques années, on peut retrouver sur internet des offres d’emploi très intéressantes, proposant des contrats à durée indéterminée ainsi que des salaires très séduisants et peu adaptés aux postes évoqués ou aux compétences quasi inexistantes requises chez les candidats.

Les offres les plus fréquentes restent celle du magasinier, de la vendeuse, ou des activités à domicile, sans un parcours spécial ni formation requise au préalable.

Normalement, ce genre d’offres propose des salaires à plusieurs milliers d’euros, de deux à trois fois le salaire minimum de croissance (SMIC), étant celui-ci le salaire de référence pour les postes proposés ».

Nous pouvons donc comprendre que les recruteurs en ligne qui sont juridiquement appelés « cybercriminels » sont des acteurs sociaux, ils ne sont pas passifs mais ils mobilisent des strategies d’adaptationface aux contraintes de la vie.

La mondialisation des technologies a permis aujourd’hui de parler du « village planétaire », c’est-à-dire un monde où tout le monde est devenu un seul village. Ces faux recruteurs en tant qu’acteurs sociaux profitent de ces nouvelles technologies pour gagner les intérêts pécuniaires au mépris des lois nationales et les normes internationales.

Leurs pratiques en ce qui concerne les fausses offres d’emploi ont une signification pour eux.Autrement dit, elles ont un sens en interagissant avec les différents potentiels quémandeurs d’emploi en ligne ils entendent donner du sens à leur vie en escroquant les personnes qui vont pouvoir répondre ou postuler à leurs offres d’emploi.

Après avoir identifié les recruteurs, les types d’emplois et les canaux de recrutement, découvrons dans la section suivante les stratégies utilisées par les arnaqueurs.

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