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Université de Lubumbashi - École de criminologie
Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du grade de Master en Criminologie - Octobre 2021

Les enjeux qui sous-tendent les expériences de victimisation

  1. Expériences de victimisation relatives aux offres d’emploi en ligne
  2. Nedi Palanga Nestor
  3. Revue de littérature et problématique, les fausses offres d’emploi
  4. Méthodologie : victimes de fausses offres d’emploi sur internet
  5. Récolte des données, victimes d’arnaques aux offres d’emploi
  6. Analyse des données, les victimes d’offres d’emploi sur internet
  7. Recruteurs en ligne : identification, types d’emplois et canaux
  8. Stratégies et/ou techniques des arnaqueurs : offres d’emploi
  9. Les conséquences de la victimisation, les fausses offres d’emploi
  10. Les enjeux qui sous-tendent les expériences de victimisation

Les enjeux qui sous-tendent les expériences de victimisation

Section 4 : Les enjeux qui sous-tendent les expériences de victimisation

Dans cette section, nous essayons de rendre compréhensible d’une part les motivations profondes qui incitent les individus à postuler en ligne, et celles des arnaqueurs de diffuser les fausses offres d’emploi partant des expériences des victimes.

D’autre part, il est question de montrer comment la mondialisation des technologies de l’information et de la communication est un facteur déterminant qui expose à la diffusion des fausses offres d’emploi.

4.1. La quête de l’emploi et des revenus (du point de vue des victimes)

Dans les pays en voie de développement, la précarité des économies nationales fait qu’il y ait moins d’opportunité d’emploi alors que du jour au jour les besoins d’emploi ne fait que se multiplier à l’infini.

Avec l’émergence des TIC ou de la numérisation du mode, nombreux sont les citoyens des pays en voie de développement qui essayent à tout prix de trouver de l’emploi et partant des revenus sur base des offres d’emploi offertes sur internet, qu’elles soient vraies ou fausses.

Après analyse des informations récoltées auprès des acteurs de terrain, les victimes estiment qu’elles postulent afin d’obtenir un emploi.

Etant donné que l’accès à l’emploi est devenu un casse-tête en République Démocratique du Congo, la quête de l’emploi est l’une des motivations fondamentales qui instiguent les individus de chercher l’emploi sur internet. Selon Serugendo (2021 : 3), « le travail permet à l’homme de subvenir à ses multiples besoins.

Mais plus fondamentalement encore, il permet à l’homme de se réaliser en acquérant ce qu’il n’a pas reçu de la nature. Autrement dit, le travail est nécessaire non seulement pour répondre aux besoins de l’homme mais également à son épanouissement sans dépendre des autres ».

Monsieur Lobo (victime) témoigne ses motivations en ces termes :

« Mon cher, la réponse est claire. C’est par manque du boulot que les gens aujourd’hui s’adonnent à la recherche d’emploi même sur internet.

Surtout nous les jeunes ici, il y a certaines qui sont des licenciés mais sans emploi, quelqu’un passe plus de 5 ans à l’université, au finish il est motard, combiste… sans pour autant récolter le fruit de ses efforts.

Aujourd’hui pour se marier il faut plus ou moins 3000 dollars, ou est-ce que nous allons trouver cette somme d’argent ? Voilà pourquoi les jeunes cherchent l’emploi sur internet afin de réaliser leurs projets quand même. Voilà un peu de manière brève pourquoi nous postulons en ligne ».

Dans cette quête de l’emploi, certaines victimes mettent l’accent sur la médiocrité de salaire qui incite d’autres personnes (travailleuses) de continuer à chercher d’autres opportunités d’emploi afin de trouver une embauche qui a un salaire supérieur à celui qu’ils touchent. Monsieur (victime) nous témoigne en ces termes :

« Le problème aussi c’est le salaire, lorsqu’une personne travail dans telle ou telle entreprise on lui paye 50$ ou 100$ ; parce que c’est le salaire de référence au Congo hein ! Et du coup il postule en ligne on lui propose le salaire de 1500$. Pensez-vous que la personne ne peut pas faire le tout possible pour avoir cette opportunité.

Avec ces genres de proposition de salaire, la personne peut dépenser même 300$ comme ça s’il on lui demande par le recruteur. Parce qu’il sait que même s’il dépense 300$, il va le récupérer en seul mois. Donc, le salaire que ces escrocs proposent aux gens donne toujours la folie aux gens».

Dans cet ordre d’idées, Pierre Land Réville (1990 : 194) note que l’acteur social donne du sens à son action, qui choisirait des moyens jugés meilleurs pour atteindre ses objectifs, qui ferait valoir son point de vue et défendrait ses intérêts et ses valeurs.

Ainsi, pour atteindre leurs objectifs, les individus se lancent dans la recherche d’emploi en ligne afin de trouver une opportunité d’emploi. Et du fait qu’ils ont été victimisés, ils attribuent un sens aux offres d’emploi qui circulent sur internet comme la résultante des individus ou des groupes d’individus pour maximiser les gains financiers.

Voilà pourquoi l’auteur soutient que face à une situation, l’acteur social [les victimes] sont à mesure de décrire leur comportement, c’est-à-dire qu’il sont le seul à pouvoir décrire parfaitement et commenter leur situation vicyimisante, dire leur pourquoi, leur comment et permettre d’avoir un éclairage significatif sur les autres membres du ou des groupes dont il fait partie.

Après avoir analysé les motivations profondes qui incitent les individus de postuler en ligne, le point suivant étale la quête des ressources financières comme le mobile des arnaqueurs.

4.2. La quête des ressources financières (du côté des arnaqueurs)

Dans le domaine de cybercriminalité, il convient de préciser que les objectifs poursuivis des cybercriminels varient selon le cas et selon le domaine auquel ils s’investissent.

Par exemple, dans le cas de l’espionnage industriel, les hackeurs peuvent s’infiltrer dans un système informatique d’une entreprise ou d’un gouvernement en vue de voler, de craquer, saper ou modifier les informations pour d’autres fins.

Mais dans le cadre de recrutement en ligne, les faux recruteurs sont toujours à la quête des ressources financières.

Comme les cybercriminels savent que l’accès à l’emploi est un casse-tête en République Démocratique du Congo, ils exploitent ce secteur en diffusant des fausses offres d’emploi attractives en vue de maximiser leurs intérêts financiers.

Les victimes estiment qu’après avoir postulé, les faux recruteurs exigent toujours le transfert d’argent afin que leur candidature soit maintenue. C’est le cas de Monsieur Kilo qui partage son expérience :

« Moi j’ai été escroqué comme ça, j’avais postulé a une offre d’emploi de la CNSS qu’un ami m’avait envoyé sur WhatsApp, après le monsieur m’avait dit de l’envoyer l’argent à son numéro téléphonique, après avoir fait cela, il m’a dit de lui rappeler après un jour.

Un jour après, j’ai tenté de l’appeler son numéro ne passait pas. Jusqu’aujourd’hui je n’ai jamais été embuché, et leur numéro ne passe jamais. Donc, aujourd’hui, il existe plusieurs façons de se faire de l’argent, le monde a évolué et la technologie aide beaucoup des gens de se faire l’argent sans beaucoup de sacrifice.

Ce genre d’escroquerie sont même sur internet où les gens vous envoient des offres d’emploi mais quand vous postuler ils commencent à vous demander l’argent. ».

Dans le même angle, les informations récoltées auprès de KivuAvenir2 signalent que « des offres circulent sur internet et dans les réseaux sociaux faisant état d’un avis de recrutement à la Banque centrale du Congo (BCC) et à la Sofibanque.

Il s’agit d’une arnaque par des personnes malhonnêtes à la recherche des sommes d’argent qu’ils exigent aux candidats qui tentent d’envoyer leurs dossiers de demande d’emploi.

Dès réception du dossier du candidat, les recruteurs exigent de transférer de l’argent à leurs numéros de téléphone. Voici le témoignage d’une victime reçu par Kivu Avenir :

« J’ai envoyé mon dossier pour un poste à la SOFIBANQUE. Trois jours après, ils viennent de me confirmer que je suis retenu pour le bureau de Kinshasa et que j’envoie une somme de 35.500Fc (trente-cinq mille cinq cent francs congolais) pour frais de participation à la formation de deux jours à Kinshasa et après ce transfert, ils m’enverront le billet d’avion », témoigne Ezéchiel Bienvenu, un jeune finaliste d’université qui est à la recherche du travail ».

Dans cet ordre d’idées, Isabelle (2031 :2) met l’accent sur les liens existant entre la criminalité économique et la cybercriminalité, car avec le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), la cybercriminalité prend une importance grandissante, la plupart des activités relevant de la criminalité économique sont perpétrées au moyen des NTIC.

D’une manière générale, la criminalité économique est de nature non violente (larcin) qui a pour conséquence une perte financière3.

C’est de la même façon avec les faux recruteurs en ligne qui, pour atteindre leurs intérêts financiers, ils ne recourent pas à la violence physique (comme c’est le cas du vol ou du cambriolage), mais plutôt par les techniques d’ingénierie sociale.

En tant qu’acteur soucial, les deux protagonistes (arnaqueurs et chercheurs d’emploi) s’engagent dans une relation dont l’un tire profit de de l’autre. L’acteur social s’engage dans une interaction avec des objectifs déclarés ou implicites.

2 BBC & SofiBank et (2020), des escrocs recrutent au nom de la BCC et de la SofiBnaque, URL : https://www.kivuavenir.com consulté le 25 juillet 2021<

3 Onzième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale du 18-25 avril 2005 : Délinquance économique et financière : défis pour le développement durable. Bangkok (Thaïlande) Url : www.11uncongress.org

Comme le souligne Forsé (2002 : 68), « l’acteur social est animé par certains mobiles, avoués ou non, par des intérêts particuliers ou un désir de tirer un petit plus des interactions.

Il s’introduit dans un arsenal de relations dans lesquelles il vise relativement un quelconque intérêt. Autrement dit, les relations entre les protagonistes reposent sur des intérêts que chacun tire de l’autre.

Du point de vue victime, l’intérêt est d’avoir un emploi, et du point de vue recruteur, l’intérêt est de maximiser le gain financier.

4.3. La mondialisation des TIC

La mondialisation des TIC a été vue comme une chance pour accéder à l’information de manière instantanée à l’échelle mondiale.

Le réseau internet est aujourd’hui le vecteur d’avancées considérables en matière d’information et de communication, donnant l’impression d’un espace infini sur lequel tout est possible. C’est qui est un progrès formidable.

Si d’une part l’accès à l’information à l’échelle planétaire constitue visiblement un progrès de seconde moitié du 20e siècle, il y a lieu de reconnaitre d’autre part qu’il a occasionné les Fake news (fausses informations rependues à travers le mode de manière instantanée) en matière de recrutement en ligne.

En d’autres termes, le progrès technologique a permis non seulement aux chercheurs d’emploi d’accéder aux informations relatives aux offres d’emploi sans aucune limite, mais il a favorisé aux cybercriminels d’exploiter l’ignorance des internautes pour développer des pratiques délinquantes.

Car des nombreux utilisateurs des outils informatiques aujourd’hui sont encore inconscients ou ignorant des risques qu’ils font courir aux systèmes utilisent (Cissé, 2011 :4, Yende, 2048 :41).

Certaines de ces pratiques portent atteinte directement aux utilisateurs (cas des fausses offres d’emploi qui ont des répercussions sur les victimes) et d’autres aux attaques des systèmes informatiques des entreprises ou des Etats.

Dans cette optique, l’espace virtuel devient un lieu où règne l’insécurité. Anmonka et Armelle (2015 :43) notent à ce sujet que « l’insécurité créée par l’usage des technologies de l’information est sans cesse grandissante et s’accroît à mesure des avancées technologiques.

En cela, certaines personnes se servent des supports de communication dont Internet à des fins malsaines ». L’insécurité apparait dans cet espace comme une question de subjectivité axée sur l’anxiété, la vulnérabilité et l’inquiétude (Mwenze Honoré 2006 : 13) des indivis de postuler aux offres d’emploi qui circulent sur la toile.

Parlant de l’ignorance comme un facteur qui expose les chercheurs d’emploi à la victimisation, monsieur Ozo s’est confié à nous en ces termes :

« Si je le savais, je ne pouvais même le faire, le mal en ai que nous les congolais nous n’avons pas une culture de lire, si j’avais lu cette offre d’emploi en détail ces gens ne pouvaient plus m’escroquer mon argent.

C’est après avoir perdu l’argent que j’ai commencé à lire le message que j’avais reçu par ces malfaiteurs que j’ai compris que c’était une

« Frappe ». Ils m’avaient dit d’envoyer l’argent pour suivre une formation sur le logiciel SYNODIA, or, c’est faux, quand j’ai expliqué à un ami, il m’a dit que le logiciel en question c’est SYNODIA (…) ».

Pour d’autres victimes, si les individus sont escroqués par les faux recruteurs c’est parce qu’ils ne consacrent pas leur temps pour lire et de s’informer lorsqu’ils sont en possession d’une offre d’emploi.

Donc le maque des connaissances sur les TIC et constitue un facteur criminogène qui expose les internautes à la victimisation. Madame YANTU souligne ceci :

« On dit “ mon peuple périt par manque de connaissance”, nous le congolais nous n’avons pas la culture de lire. Avec ces histoires des offres d’emploi ; si on prend un peu du temps pour lire, cela permettra à beaucoup de personnes de ne plus tomber aux pièges des arnaqueurs ».

De ce fait, les défis à relever de la régulation des comportements criminels sur internet (cybercriminalité) en général, et des faux recrutements en particulier sont nombreux énormes car les médias sociaux et les sites hébergeurs sont aux mains des groupes financiers puissants (le cas du parton de Facebook, de Google, de Twitter…).

Face à cette insécurité grandissante sur internet, Mary Aiken (2019 : 8) note que « nous devons donc développer la capacité à évaluer la situation sécuritaire dans le cyberespace et renforcer la sécurité des environnements cybernétiques.

Les enjeux qui sous-tendent les expériences de victimisation

Car la technologie n’apporte le progrès que lorsque nous sommes en mesure, en tant que société, d’en atténuer les effets les plus néfastes ». D’où la nécessité de mettre en place des mesures préventives, notamment des « agents de la police en ligne » en vue de sécuriser les utilisateurs du réseau internet (Stijn Aerts, 2019).

Du fait que les NTIC deviennent un facteur qui favorise la criminalité en ligne, l’action individuelle de chaque Etat, en l’occurrence la République Démocratique du Congo ne suffit pas dans la lutte contre la cybercriminalité, d’où la mise en place des mécanismes de « cyber sécurité », c’est-à-dire l’ensembles des lois, politiques, outils, dispositifs, concepts et mécanismes de sécurité, méthodes de gestions des risques, actions, formations, sensibilisation et bonnes pratiques et technologies qui peuvent être utilisés pour protéger les personnes, les entreprises et les Etats.

Cela passe évidemment par les budgets destinés aux organismes d’application de la loi (les services de sécurité, le système de la justice pénale) et des formations spécialisées tant chez les policiers que chez les avocats et les juges dans le domaine de la cybercriminalité ainsi que la coopération entre les Etats et organisations (Ouazzani, 2016 :161, Fernanda et al. 2013 : 116, Ngoie Mwenze, 2020 : 15).

Conclusion Générale

Le thème de notre recherche a été formulé comme suit : « les expériences de victimisation relatives aux offres d’emploi en ligne ».

Et la question à laquelle nous avons eu à répondre dans cette recherche a été formulée de la manière suivante : quelles sont les expériences de victimisation relatives aux offres d’emploi en ligne dans la ville de Lubumbashi ? Autrement dit, comment les Lushois sont-ils victimisés à partir des offres d’emploi sur internet ? Au regard de la question de recherche, l’objectif essentiel de cette étude est de cerner comment les chercheurs d’emploi ont été victimes des offres d’emploi sur internet afin de comprendre les sens ou représentions qu’ils en construisent.

Quant à ce qui concerne la construction théorique de notre recherche, nous sommes parti d’un constat selon lequel l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication ont les mérites d’avoir facilité les personnes en chômage de masse (qui est d’ailleurs une situation-problématique alarmante dans la ville de Lubumbashi, pourquoi pas en République Démocratique du Congo) de se doter des smartphones ou ordinateurs leur permettant de se connecter au réseau internet afin de chercher et solliciter l’emploi sur différents sites web ou médias sociaux.

En même temps, la démocratisation de l’accès facile à l’internet dans n’importe quelle partie du monde soulève des problèmes d’utilisation où certains individus diffusent des offres d’emploi dont beaucoup qui sont d’apparences vraies mais résultantes des arnaqueurs.

De manière plus précise, l’objet de recherche porte sur « les expériences de victimisation relatives aux offres d’emploi en ligne ».

Nous avons inscrit notre objet de recherche dans le paradigme de la réaction sociale dans la mesure où l’espace virtuel est devenu un espace insécurisant ou des risques car certains individus ou groupes d’individus diffusent des fausses offres d’emploi en vue d’arnaquer les chercheurs d’emploi.

C’est qui constitue une situation problème qui nécessite un mode de contrôle ou une réaction sociale en vue de protéger les internautes, en l’occurrence les chercheurs d’emploi dans cet espace indéfini, notamment du cyberespace.

Quant à la problématisation, le choix de l’acteur social, l’interactionnisme symbolique ainsi que la perspective de victimisation s’est avéré pertinent dans la compréhension de l’objet d’étude. L’acteur social révèle que les victimes ne sont pas passives, elles ont un point de vue et donne sens aux offres d’emploi dont elles sont victimes.

L’interactionnisme symbolique démontre quant à lui que les victimes s’engagent dans une relation dont les recruteurs ne sont pas visibles, c’est la raison pour laquelle Le breton (2004) souligne que « l’interaction n’englobe pas seulement les acteurs en coprésence, une multitude d’autres, invisibles, qui imprègnent leur rapport au monde ».

Enfin, la perspective de victimisation qui nous a permis de comprendre que les fausses offres d’emploi dont les arnaqueurs mettent à la disposition des chercheurs d’emploi peuvent avoir les conséquences financières, psychologiques et sociales sur les victimes.

Nous avons également construit méthodologiquement notre objet de recherche en adoptant l’approche qualitative et la logique inductive et qui prônent la descente sur le terrain afin de récolter les données fiables auprès des acteurs de qualité.

L’échantillonnage a été qualitatif car nous ne visons pas la quantité des donnes ou des acteurs de terrain, mais plutôt leur qualité et leur pertinence. Nous avons appliqué l’entretien semi-directif car il nous a permis de discourir avec les interviewés en leur accordant une marge de liberté de construire leur discours.

Et la technique documentaire qui a son tour nous a permis de consulter les différents documents officiels, rapports, articles, ouvrages, des émissions télévisées ou audiovisuelles, etc. en rapport avec notre thème de recherche.

Et enfin l’analyse thématique nous a permis de fragmenter un corpus empirique en unité de sens en relevant les thèmes et sous-thèmes à partir des plusieurs discours des acteurs de terrain.

Les résultats de notre recherche démontrent que les offres d’emploi diffusées sur internet (à travers les sites web d’emploi, les réseaux sociaux et les médias en ligne) sont d’apparences véritables et le plus souvent très attractives pour les chercheurs d’emplois mais en réalités, elles proviennent des individus ou groupes d’individus réaliser leurs intérêts financiers.

A cet égard, les victimes sont à mesure de détecter l’authenticité des offres d’emploi (si elles proviennent des entreprises ou des groupes d’individus) mais elles n’ont pas la capacité de pénétrer l’identité authentique ou réelle des recruteurs en ligne, car les faux recruteurs opèrent sous anonymat.

Ce qui démotive les victimes de ne plus porter plainte à la police parce que cette dernière n’a pas des outils technologiques capables de tracer les faux recruteurs.

Les faux recruteurs appelés juridiquement « cybercriminels » recourent aux techniques d’ingénierie sociale Pour atteindre leurs gains financiers.

Premièrement le spamming qui consiste pour les cybercriminels d’envoyer massivement des faux messages ou mail voire des appels téléphoniques invitant les victimes potentielles de postuler (spamming).

Ensuite, ils redirigent (le pharming) les chercheurs d’emploi vers des faux sites web ou site pirate où ils publient leurs fausses offres d’emploi (le phishing ou l’hameçonnage) grâce à l’usurpation d’identité des hauts responsables des entreprises.

En troisième lieu, pour manipuler psychologiquement l’individu, les cybers délinquants procèdent par des appréciations, des éloges, des propositions d’un salaire exorbitant et d’autres avantages liés au poste d’embauche (allocations familiales, formation et un séjour à l’étranger, soins de santé assurés…) afin que celui-ci transfert l’argent.

Enfin, par la technique de procédé par urgence, les cybers délinquants donnent toujours l’impression que tout est urgent. Donc, toutes ces techniques visent pour cybercriminels de maximiser leurs intérêts financiers auprès des postulants sans que ces derniers obtiennent l’emploi.

Les fausses offres d’emploi dont les postulants sont victimes ont des conséquences d’ordres financiers, psychologiques et sociales.

Dans le premier cas, le postulant perd son argent sans pourtant être embauché car les arnaqueurs exigent l’argent à chaque fois que les gens postulent.

Suite à la perte financière, la perte de temps et la non-réalisation de ses objectifs (l’obtention de l’emploi), la victime devient dépassée, colérique, démotivée, déprimée, émotionnée, stressée, bref elle devient traumatique suite à la victimisation.

Par conséquent, la victime développe un comportement (acceptable ou non) qui peut avoir des effets sur la victimisation indirecte. Enfin, les conséquences sociales qui surviennent lorsque les proches de la victime sont affectées de sa victimisation.

Enfin, en termes des motivations profondes qui ont incitées les victimes de postuler en ligne, l’étude révèle qu’elles sont motivées par la quête de l’emploi étant donné que l’accès à l’emploi est un casse-tête ou un ingrédient rare en république démocratique du Congo.

Du point de vue arnaqueurs, comme ils savent que l’accès l’emploi en RDC n’est pas une chose facile, ils exploitent ce secteur en vue d’atteindre leurs intérêts pécuniaires.

Par ailleurs, il est évident que nous sommes dans l’ère de la mondialisation caractérisée par la croissance exponentielle des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

De ce fait, l’espace virtuelle ou l’internet est devenu un lieu criminogène où les Etats, les entreprises et les personnes sont exposés à des actes criminels. Face à cette croissance technologique, certaines personnes, en l’occurrence les quémandeurs d’emploi ignorent les risques qui guettent le progrès technologique.

C’est ainsi que les cybercriminels exploitent ignorance des internautes pour atteindre leurs gains financiers à travers les technologies de l’information et de la communication.

Autrement dit, le progrès technologique constitue aujourd’hui un facteur déterminant de la criminalité d’en ligne ou de la cybercriminalité.

Face à ce phénomène criminel, les défis à relever de la régulation des comportements criminels sur internet (cybercriminalité) en général, et des faux recrutements en particulier sont nombreux énormes.

Il est essentiel que la République Démocratique du Congo met en place des mécanismes de cyber sécurité, c’est-à-dire l’ensembles des lois, politiques, outils, dispositifs, concepts et mécanismes de sécurité, méthodes de gestions des risques, actions, formations, sensibilisation et bonnes pratiques et technologies qui peuvent être utilisés pour protéger les personnes et les actifs informatiques matériels et immatériels des entreprises et des Etats dans cet espèce indéfini, notamment de l’internet.

Il est vrai qu’il n’existe pas spécialement une loi de lutte contre la cybercriminalité, la RDC fait des avancées dans l’arsenal juridique en accordant une place importante de la cybercriminalité dans la nouvelle loi relative aux technologies de l’information relative aux télécommunications et aux technologies de l’information et de la communication.

De toute évidence, Colin Rose cité par Mohammed CHAWKI (2006 : 2) souligne que « la cybercriminalité est la troisième grande menace au monde après les armes chimiques, bactériologiques et nucléaires ».

L’enjeu ici est de sécuriser l’espace virtuel en vue de protéger les utilisateurs, car la cybercriminalité aujourd’hui est une menace réelle qui touche les personnes, les entreprises et les Etats.

Cette recherche peut servir d’exploration pour approfondir d’autres aspects non expliqués.

C’est ainsi qu’il revient de savoir quelles ont les ressources humaines (formation des instances de la réaction sociale : services de sécurité, les parquets…) matérielles (outils technologiques pour tracer et cartographier les cybercriminels) et financières mises en place par l’Etat congolais pour lutter contre la cybercriminalité ?Comment les services de sécurité gèrent les dossiers relatifs à la cybercriminalité ?

Ou encore quelles sont les stratégies mises en place par l’Etat congolais en vue de sécuriser la population, les entreprises et l’Etat contre les attaques cybernétiques ? Tels sont des nouveaux questionnements suscitant des pistes intéressantes pour les recherches ultérieures.

Les références et les annexes 2.Bibliographie et Annexes

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