Des stratégies en faveur des apprentissages ?

  1. Comment favoriser l’inclusion des élèves autistes ?
  2. Marine ERBA
  3. L’autisme : définition et l’origine de l’autisme
  4. Le diagnostic de l’autisme et la prise en charge
  5. La scolarisation des élèves autistes en France
  6. La prise en charge des élèves autistes en France
  7. L’adaptation des enseignements aux élèves autistes
  8. Des stratégies en faveur des apprentissages ?
  9. L’autisme, régulation des comportements-défis en classe
  10. Les outils de recherche : l’inclusion des élèves autistes
  11. Les entretiens semi-directifs: les élèves autistes 
  12. Analyse des données: les difficultés de l’élève autiste
  13. Analyse des hypothèses: les élèves autistes 

Des stratégies en faveur des apprentissages ?

3.1 Des stratégies en faveur des apprentissages ?

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une stratégie d’apprentissage ?

En contexte scolaire, c’est une « catégorie d’actions métacognitives ou cognitives utilisées dans une situation d’apprentissage, orientées dans un but de réalisation d’une tâche ou d’une activité scolaire et servant à effectuer des opérations sur les connaissances en fonction d’objectifs précis. » (Bégin, 2008, p. 53).

L’enseignant aide les élèves à réussir, il leur donne des clés pour une réelle autonomie dans leur construction des apprentissages et l’appropriation des connaissances et peut pour cela utiliser des méthodes différentes.

En effet, les difficultés d’un élève autiste peuvent être diverses : problèmes de motricité fine, de concentration, de traitement de l’information sensorielle, de catégorisation, d’identification et de représentation de concepts, ou encore de compréhension.

N’arrivant pas à faire de lien ou à réutiliser ce qu’il a appris, un élève autiste peut rencontrer de grandes difficultés à généraliser ses connaissances et ses apprentissages. C’est donc un challenge pour l’enseignant qui doit être patient et être beaucoup dans la répétition.

Mais comment permettre aux élèves autistes de trouver la disponibilité mentale nécessaire aux apprentissages ?

Le but est de faire en sorte que les élèves apprennent avec moins de fatigue et plus d’efficacité. Pour cela, de nombreuses stratégies éducatives existent déjà (MEN, 2009) :

Premièrement, l’utilisation d’incitations.

Qu’elles soient physiques (guide par contact), par imitation de l’AESH ou de l’enseignant, verbales (questionnements), gestuelles (pointer du doigt), visuelles ou de positionnement.

L’incitation visuelle est la plus utilisée avec les élèves autistes. Les supports visuels sont indispensables en classe pour qu’ils puissent s’y référer à tout moment. Par ailleurs, les pictogrammes favorisent le développement de l’autonomie, diminuent l’anxiété et les frustrations et augmentent la compréhension et la prévisibilité.

Deuxièmement, l’utilisation d’un système de renforcement positif :

Le but est de développer et de maintenir les comportements appropriés. Il est important de motiver l’élève. Par exemple, il est possible d’utiliser le principe des contrats d’engagement.

Troisièmement, la structure des activités et des tâches scolaires.

En effet, les élèves autistes peuvent avoir quelques difficultés pour planifier, organiser les tâches, mais aussi pour se positionner dans le temps. L’enseignant peut utiliser des couleurs pour chaque matière (classeurs, emploi du temps…). Il peut également utiliser un timer afin de structurer le temps. Le fait d’organiser l’espace et le temps peut permettre de diminuer l’anxiété et les comportements inappropriés des élèves autistes.

Quatrièmement, la structure de l’environnement.

L’enseignant peut créer des limites dans l’espace, afin de favoriser une bonne circulation et d’augmenter l’autonomie et la concentration de l’élève. En ajoutant des étiquettes quand c’est nécessaire et en réduisant au maximum les stimuli visuels et auditifs, il lui permettra de prendre de meilleurs repères dans l’environnement.

L’adaptation peut être réalisée dans tous les enseignements. Peu importe l’activité réalisée, il est inacceptable d’écarter un enfant à cause de son handicap. Il n’y a pas d’idée préconçue sur ce qu’un élève autiste peut ou ne peut pas faire ou comprendre. Selon Bataille et Midelat (2014), il faut cibler chaque difficulté et se demander à chaque fois : quelle piste de remédiation puis-je envisager ?

Un panorama incroyable d’adaptations peut être proposé en fonction du problème ciblé (entendre, écrire, dire, lire, manipuler, voir, raisonner…). Finalement, afin de créer une différenciation pédagogique pour un élève autiste, l’enseignant peut jouer sur différentes variables comme il le ferait pour les autres élèves de sa classe.

Il peut varier les contenus (en proposant des supports, des étayages ou des tâches différentes), les structures (espace, temps, matériel), les productions (qu’elles soient écrites, orales ou graphiques), ou encore les processus (MEN, 2007). Selon Sylvain Grandserre (2013), pour différencier le travail des élèves, l’enseignant doit actionner tous les leviers d’une classe : le temps, la difficulté, les outils, la quantité, les aides, l’autonomie ou encore l’organisation.

Quelques ajustements peuvent permettre à une activité proposée en classe de devenir accessible aux élèves en difficultés. L’objectif est que celle-ci ne soit ni trop facile, ni trop difficile, mais dans ce que Vygotski appelle la « zone proximale de développement » (Blais, Gauchet & Ottavi, 2016).

Ainsi, c’est par des petites choses du quotidien que l’enseignant peut aider un élève autiste à progresser au sein de sa classe : simplifier et adapter les consignes, réduire l’information, utiliser des supports variés, organiser les apprentissages en petites étapes cohérentes, créer un espace de communication, ou encore créer des tutorats en classe afin d’impliquer et de responsabiliser les autres élèves.

Cette dernière idée pourra permettre de créer de l’empathie naturelle au sein de la classe.

L’inclusion pourra alors même servir comme un outil de rencontres et d’échanges.

Certaines de ces stratégies peuvent être utilisées en dehors du temps scolaire, notamment par les parents. Schopler, Reichler, Lansing, et Milcent (1988), ajoutent qu’il est d’ailleurs important que celles-ci soient conçues afin d’être comprises à la fois par les professionnels accompagnant l’élève autiste, mais aussi par les parents.

Il est en effet primordial de collaborer et de mettre en commun les outils d’adaptation pédagogique à l’ensemble des acteurs de l’éducation afin de soutenir l’élève dans ses apprentissages (Bataille & Midelat, 2014). Les parents font aussi partie du projet éducatif et peuvent travailler avec leur enfant à la maison. Afin de les impliquer, l’enseignant doit être présent afin de les conseiller de façon pertinente, de les soutenir et de répondre à leurs besoins d’information.

Enfin, l’enseignant peut aussi se pencher sur les points forts de l’élève. En effet, il est important d’aborder le handicap en termes de potentiel plutôt qu’en termes de manque.

D’après Dupin (2019), « Permettre à une personne autiste d’apprendre, c’est lui permettre d’ouvrir le camp de ses connaissances tout en lui permettant de dévoiler son potentiel, jusque-là en sommeil ». (p.115).

Certains autistes ont même des habiletés spéciales qu’il est intéressant de valoriser et de développer en classe : par exemple certains peuvent facilement apprendre du vocabulaire par cœur (Tardif & Gepner, 2014).

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