La scolarisation des élèves autistes en France

  1. Comment favoriser l’inclusion des élèves autistes ?
  2. Marine ERBA
  3. L’autisme : définition et l’origine de l’autisme
  4. Le diagnostic de l’autisme et la prise en charge
  5. La scolarisation des élèves autistes en France
  6. La prise en charge des élèves autistes en France
  7. L’adaptation des enseignements aux élèves autistes
  8. Des stratégies en faveur des apprentissages ?
  9. L’autisme, régulation des comportements-défis en classe
  10. Les outils de recherche : l’inclusion des élèves autistes
  11. Les entretiens semi-directifs: les élèves autistes 
  12. Analyse des données: les difficultés de l’élève autiste
  13. Analyse des hypothèses: les élèves autistes 

La scolarisation des élèves autistes en France

Chapitre 2 : La scolarisation des élèves autistes en France

2.1 Qu’est-ce qu’une école juste ?

Nous ne pouvons pas aborder le sujet de la scolarisation des élèves autistes sans se poser la question suivante : qu’est-ce qu’une école juste ? L’école parfaite ne peut pas exister, car il n’existe ni individu parfait, ni société parfaite.

Ce que l’on cherche, c’est l’école la plus juste possible, ou du moins, « la moins injuste possible » pour reprendre les mots de François Dubet (2004).

Il faudrait développer « l’égalité distributive des chances », c’est-à-dire veiller à l’équité de l’offre scolaire afin d’annuler les effets des inégalités sociales sur les inégalités scolaires. Selon lui, « Une école juste, c’est une école qui distingue le mérite de chacun indépendamment de sa naissance ou de son origine sociale ».

Tous les élèves ont le droit d’espérer obtenir les meilleurs résultats.

En pratique, cela n’est malheureusement pas si simple. Si l’égalité parfaite des chances est impossible, Dubet affirme que c’est une fiction nécessaire à ne pas abandonner : « Il faut changer la norme de l’école obligatoire, non pour l’abaisser, mais pour lui faire tenir un autre rôle » (Dubet, 2004, p. 59).

Finalement, dans une école qui se veut être juste, il n’est pas question de baisser le niveau afin qu’il soit accessible à tous, mais bien de différencier et d’adapter celui-ci pour chaque élève. L’enseignant ne peut plus considérer tous ses élèves comme égaux, où chacun bénéficie des mêmes supports, car tous sont différents.

Il doit former des individus indépendamment de leurs performances.

Le Ministère de l’Education Nationale (2009) nous invite à aller vers un individualisme positif, où le mérite de chacun doit être reconnu et où la différenciation est au cœur des apprentissages.

2.2 L’évolution du système éducatif français : de l’intégration à l’inclusion

Le terme d’inclusion scolaire est une notion promue par l’Unesco en 1994, lors de la déclaration de Salamanque, s’inspirant du concept d’intégration scolaire des années 1970-1980 où les élèves ayant des besoins particuliers étaient placés dans des environnements scolaires adaptés à leurs besoins (classes « spéciales »).

L’inclusion scolaire est une vision plus novatrice et ambitieuse qui s’est concrètement mise en place à l’école grâce aux textes officiels de 2005: la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, ainsi que la Loi de refondation pour l’école de la République du 8 juillet 2013 reconnaissent que tous les enfants partagent la capacité d’apprendre et de progresser et qu’il faut veiller à leur inclusion scolaire sans aucune distinction.

La scolarisation des élèves autistes en France

Selon Garnier (2016), les élèves qui sont intégrés et non inclus, laissent penser qu’ils seraient à priori exclus en raison de leur handicap.

Vienneau est ainsi convaincu que l’inclusion scolaire est une abolition de toute forme d’exclusion ou de rejet : « l’inclusion scolaire repose sur l’idée que chaque apprenant étant unique, les écoles et le processus d’enseignement- apprentissage doivent être structurés de manière à ce que chaque élève reçoive une éducation adaptée à ses besoins particuliers. » (Philip, Magerotte & Adrien, 2012, p.12).

L’inclusion scolaire est donc un accès universel à l’école, prenant en considération les différences des élèves. La cause de l’iniquité a disparu, faisant ainsi disparaitre toutes les barrières présentes.

Distinction entre l’intégration (égalité) et l’inclusion (équité) de Perrier
Illustration 1 : Distinction entre l’intégration (égalité) et l’inclusion (équité) de Perrier (2019).

Pry (2012) appuie sur le fait que, même si nous ne savons pas grand-chose sur la façon dont les élèves autistes apprennent, l’accès aux connaissances de base est un droit fondamental pour tous les enfants : « L’inclusion est un principe non négociable », sinon, c’est le contexte qui est handicapant.

Depuis la loi du 11 février 2005, on a pu observer une nette augmentation des élèves handicapés en milieu ordinaire.

À la rentrée 2017, 390 800 enfants en situation de handicap étaient scolarisés; près de 80% d’entre eux en milieu ordinaire et les 20% restants dans des établissements hospitaliers ou médico-sociaux (MEN, 2018).

Alors qu’en 2006, seul 155 400 élèves en situation de handicap étaient scolarisés en milieu ordinaire, et en 2011 cet effectif avait augmenté positivement jusqu’à près de 210 400 élèves (Bataille & Midelat, 2014).

Malheureusement, en réalité, beaucoup de problématiques se révèlent. Tout d’abord, malgré une réelle évolution positive des effectifs de la scolarisation des élèves handicapés, nombreux sont ceux qui restent encore non scolarisés.

De plus, le droit à la scolarisation des élèves handicapés n’est pas forcément synonyme du droit à la scolarisation en milieu ordinaire pour tous… En effet, si les classes ordinaires sont privilégiées et que les transferts du milieu spécialisé au milieu ordinaire augmentent, ceux-ci restent faibles, et tous n’ont pas la chance de pouvoir y accéder.

Enfin, si nous nous intéressons aux élèves autistes qui ont eu la chance de pouvoir être scolarisés en milieu ordinaire, beaucoup n’ont pas le droit à une réelle inclusion : ils n’ont pas d’aménagements pédagogiques en classe, la différenciation laisse à désirer, ou encore ils se retrouvent face à des intervenants qui estiment que leur place est ailleurs (Philip et al., 2012).

Les parents se retrouvent parfois à avoir de mauvais contacts avec les professionnels qui sont dus souvent à un manque de communication, voire même à une stigmatisation encore trop présente. Selon les enquêtes de Handicap-Santé, les élèves ayant des problèmes de comportement plutôt que moteurs auront plus de soucis à s’intégrer.

La discrimination reste la plus grande problématique à laquelle nous allons devoir faire face.

Toutes ces problématiques touchent différents milieux, que ce soit les chercheurs, les professionnels, les parents et les autistes eux-mêmes. Il devient aujourd’hui primordial de trouver des solutions, le but étant d’aller vers une scolarisation « réussie », sans souffrance pour l’élève.

Ainsi, nous réfléchirons dans ce mémoire à la mise en place d’une différenciation adaptée aux besoins spécifiques des élèves autistes afin d’aller vers une véritable inclusion scolaire et une école plus juste; le but étant de maximiser leurs chances de réussite scolaire et personnelle.

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