Gligbé Kossi Boubounè
Université Ibn Tofail - Projet de fin d’études en vue de l’obtention d’un diplôme de licence en droit public

La fraude fiscale au Maroc et le régime fiscal

  1. La fraude fiscale au Maroc et le régime fiscal
  2. Gligbé Boubounè
  3. Le système fiscal marocain et les sources du droit fiscal
  4. Les causes de la fraude fiscale au Maroc
  5. L’infraction de fraude fiscale en droit interne marocain
  6. Moyens et politiques de lutte contre la fraude fiscale Maroc

La fraude fiscale au Maroc
Université Ibn Tofail

Faculté des sciences juridiques, économique et sociales

Discipline : Droit
Spécialité : Droit Public

Projet de fin d’études en vue de l’obtention d’un diplôme de licence en droit public
La fraude fiscale au Maroc
La fraude fiscale au Maroc

par
Gligbé Kossi Boubounè (CV)

Rédigé sous la direction de
Monsieur Yacine Tanane,
Professeur de Droit à l’Université Ibn Tofail de Kénitra

Délivré par l’Université Ibn Tofail de Kénitra

© Juillet 2020

Remerciements

Table des Matières

Partie I : Etude historique de diverses formes d’impôts du système fiscal Marocain 9
Chapitre I : Evolution du système fiscal marocain 9
Section 1 : Le régime fiscal marocain avant le protectorat 9
Section 2 : Le système fiscal marocain pendant la période du protectorat 11
Section 3 : Le système fiscal marocain au lendemain du protectorat 12
Chapitre II : Les sources du droit fiscal marocain 13
Section 1 : La constitution 13
Section 2 : La loi 13
Section 3 : Les règlements et circulaires 14
Section 4 : La jurisprudence fiscale 14
Section 5 : Les conventions et traités internationaux 14
Partie II : La fraude fiscale et ses modes de répression au Maroc 15
Chapitre I : Formes et manifestations de la fraude fiscale au Maroc 16
Section 1 : Les causes de la fraude fiscale 16
Chapitre II : L’infraction de fraude fiscale en droit interne marocain 19
Section 1 : Les éléments constitutifs 19
Chapitre III : La fraude fiscale dans l’économie marocaine 24
Section 1 : Les pertes fiscales du Royaume marocain 25
Section 2 : Moyens de lutte contre la fraude fiscale au Maroc 26
Section 3 : Regard critique sur les politiques de lutte contre la fraude fiscale 27

Introduction

Nul n’est sans savoir qu’aujourd’hui, l’Etat moderne se définit par l’existence et l’exercice de quelques missions qualifiées de régaliennes.

En l’occurrence, il s’agit, primo de la sécurité intérieure -par l’exercice du monopole de la violence légitime1- et de la défense du territoire nationale contre toute forme d’agression extérieure, secundo de dire le droit et rendre justice, tertio la levée d’impôt par la mise en place d’un système fiscal équitable, juste et cohérent.

Selon la théorie de l’Etat-Providence, le pouvoir fiscal dont disposent les pouvoirs publics est une des conditions d’existence de la souveraineté de l’Etat.

Autrement dit, un Etat qui n’est plus en mesure de faire respecter les obligations fiscales qu’il a fixé, perd sensiblement un pan de sa souveraineté.

Dans une Afrique où le système économique est en perpétuelle mutation, prenant l’exemple sur ce qui se fait dans les économies formalisées d’Europe et d’Amérique, il urge de s’intéresser et d’évaluer les politiques économiques mises en place par les Etats afin de renflouer leurs caisses.

De par sa nature, l’Etre humain, semble avoir un instinct de désobéissance ou de défiance à l’encontre de toute forme d’autorité ou d’ordre établi.

Cet aspect se révèle aussi en matière de son adhérence aux obligations fiscales souverainement établies par l’Etat.

1 Max Weber, Le savant et le politique, trad. de l’all. par Catherine Colliot-Thélène, Paris, La Découverte, 2003, p. 118.

Délimitation du sujet

La présente recherche sera circonscrite aux thématiques suivantes :

– L’étude de l’impôt vu sous l’angle de ses principales caractéristiques

– L’étude de l’évolution spatio-temporelle de la notion de l’impôt et des différents régimes d’impositions.

– La présentation des grandes fonctions et des grandes missions que les politiques d’impositions sont censées accomplir, ou qu’elles accomplissent ; Autrement dit, il s’agira d’exposer les grandes lignes relatives aux principales fonctions de l’impôt

– L’étude de l’infraction de fraude fiscale d’une manière générale et objective puis sur la nature de cette infraction au Royaume du Maroc.

– La présentation du regard du législateur marocain sur ladite infraction et les retombées ou impacts qu’a cette dernière sur la machine économique du Maroc.

– In fine de l’analyse, il s’agira tout simplement d’exposer la nature des réponses de l’appareil d’Etat marocain contre la fraude fiscale et enfin d’évaluer ses réponses afin de porter un jugement critique sur leur efficacité ou non.

Intérêt du sujet

L’intérêt porté à ce sujet se justifie par la réalité selon laquelle, l’économie marocaine, étant en plein essor, nécessite de faire face de manière efficace à toute tentative de quelle que nature que ce soit, visant à réduire les rentrées fiscales de l’Etat.

Le moyen privilégié par « les citoyens indélicats » est le recours à la fraude fiscale qui permet de se soustraire de manière consciente et malhonnête à l’obligation de payer les impôts.

Et pour lutter efficacement contre ladite pratique, il faut d’abord la comprendre puis connaitre ses manifestations et ses variantes.

C’est suite à ce travail d’analyse, qu’il sera possible de trouver les voies et moyens permettant à l’appareil d’Etat de mettre en place une stratégie efficace de lutte contre ladite fraude.

Problématique

Le phénomène de la fraude fiscale apparait comme étant une sorte de peste ou de cancer qui infecte en profondeur l’économie des pays auxquels il s’attaque.

Une autre réalité qu’il convient de rappeler ou de signaler est qu’elle n’est pas qu’une pratique qui est circonscrite dans les « Pays du Sud » ou pays du Tiers- Monde mais au contraire même les pays ayant une économie en apparence très formalisée et policée subissent les affres de ce phénomène.

D’où la nécessité de s’y pencher en profondeur afin d’en connaitre les tenants et les aboutissants.

Un regard observateur sur les paysages sociologiques des nations ou économies frappées par la fraude fiscale démontre à suffisance que l’écart des classes sociales est bien patent et très visible.

D’où la nécessité de se poser des questions et de s’interroger sur les causes même insoupçonnées de ladite fraude.

Est-ce parce que les Etats peinent à mettre en place une meilleure politique distributive des richesses et ressources que les basses et moyennes classes se sentant marginalisées n’ont d’autre choix que de se dérober à leurs obligations fiscales ?

Le principe du consentement l’impôt n’apparait-il pas dans les pays touchés par la fraude fiscale comme étant beaucoup plus imposé qu’accepté ?

Quand des contribuables paient des sommes faramineuses au trésors public sans véritablement savoir à quoi vont servir ces sommes, vers quelle destination se dirigent-t-elles et ignorent totalement si on leur rendra compte de la manière dont ces impôts sont utilisés, il y a réellement de quoi s’interroger.

Et ces interrogations méritent d’être au centre du débat public et des recherches universitaires ou intellectuelles.

Comme le dit un adage populaire, le mal étant profond, pour l’éradiquer, il va falloir creuser très bas…

Partie I : Etude historique de diverses formes d’impôts du système fiscal Marocain

Le meilleur moyen de comprendre le système fiscal du Maroc dans sa globalité et dans sa constitution demeure une étude rétrospective de ladite notion.

Il s’agira principalement d’étudier en premier lieu, la chronologie de l’évolution du système fiscal marocain (I) et secundo, ses éléments générateurs c’est-à-dire les sources du droit fiscal (II)

Chapitre I : Evolution du système fiscal marocain

Selon le dictionnaire de la langue française Larousse, l’expression impôt s’entend par une charge publique, un droit imposé sur certaines choses.

Avant d’approfondir cette notion aux acceptions diverses selon les époques et les sociétés, il convient de remonter le temps afin d’étudier comment elle est née au Royaume du Maroc c’est-à-dire ses origines, les diverses mutations et évolutions qu’elle a connues au fil des années puis ses diverses fonctions.

Plus précisément, il s’agira d’étudier les diverses formes d’impositions du système fiscal marocain avant la période de protectorat, pendant le protectorat ainsi que ce qu’il est devenu après cette période.

Section 1 : Le régime fiscal marocain avant le protectorat

Il est connu de tous que le Maroc est un Royaume à tradition hautement islamique. Par conséquent, la plupart des impositions ont tiré leurs origines des prescriptions coraniques.

Il s’agit entre autres de la Zakat, de l’Achour, de la Jeyza, le Meks, le Tertib etc…

Paragraphe 1 : La Zakat

La Zakat est tout simplement une imposition instituée par le saint coran. Il s’agit du troisième pilier de l’islam encore appelé « aumône légale ».

Il s’agit d’un versement à effectuer par tout musulman productif en témoignage de solidarité avec sa communauté.

Paragraphe 2 : L’Achour

Les terres productives soumises à l’autorité de l’Etat étaient frappées d’un prélèvement équivalent aux 10% des récoltes et des fruits.

Ce prélèvement effectué sous le nom de l’Achour était une forme de Zakat sur les revenus agricoles.2

Paragraphe 3 : La Jeyza

La Jeyza est imposé aux non-musulmans qui la versent à la trésorerie du Royaume en reconnaissance à la protection que leur assure le Sultan.

En effet, outre le fait que la Jezya est considérée comme un symbole de soumission au régime musulman, elle est en réalité une substitution financière au service militaire obligatoire pour les musulmans.3

P aragraphe 4 : Le Meks

Le Meks est une forme de taxe varié imposée sur le commerce intérieur.

Son instauration a été possible grâce à un avis favorable des oulémas.4

2 Rapport du Conseil Economique et Social, « Le système fiscal marocain, développement économique et cohésion sociale »

3 Ibid.

4Laarbi Essakali, Henri Maurin Le mémorial du Maroc. Editions Nord Organisations, 1985.Tome 4 p.119.

Paragraphe 5 : La Hédya

Au tout début de son instauration, il s’agissait d’une donation volontaire et libérale faite aux divers souverains.

Mais par la suite, la Hédya a été rendue obligatoire.

Sa valeur pécuniaire était prédéterminée et imposée aux tributs qui étaient dans l’obligation de s’en acquitter.

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