Les savoirs locaux : définition et types des savoirs

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2. Les savoirs locaux

De façon générale on entend par savoir locaux, l’ensemble des connaissances propres à un lieu, à une région, à une communauté. La littérature courante définit les savoirs locaux comme des systèmes de savoirs spécifiques à chaque culture ou société.

Ces savoirs constituent la base du processus décisionnel dans tous les domaines et activités qui ponctuent la vie des communautés rurales. Ils sont connus sous plusieurs autres dénominations telles que « savoirs endogènes », « savoirs paysans », « connaissances autochtones » ou « Ethnoscience ».

Ce sont les savoirs qu’une communauté s’est appropriée en les adaptant. On distingue les savoirs productifs et socioculturels, les savoirs réservés et démocratisés.

Pour l’UNESCO (2003), les savoirs locaux désignent les ensembles cumulatifs et complexes de savoir, savoir-faire, pratiques et représentations qui sont perpétués et développés par des personnes ayant une longue histoire d’interaction avec leur environnement naturel. Ces systèmes cognitifs font partie d’un ensemble qui inclut la langue, l’attachement au lieu et à la vision du monde.

La FAO (2005), en donne une définition conceptuelle en affirmant que les savoirs locaux sont un ensemble de faits liés au système de concepts, de croyances et de perceptions que les populations puisent dans le monde qui les entoure.

Selon Warren (1993), les savoirs locaux représentent l’ensemble des connaissances acquises par une population locale à travers l’accumulation d’expériences et l’interprétation de l’environnement dans une culture donnée. Il comprend les idées, les expériences, les pratiques et les informations qui ont été soit générées localement ou soit produites en dehors de la communauté, mais qui ont été transformées par la population locale et incorporées à travers le temps aux conditions culturelles agro-écologiques et socio-économiques locales.

Hountondji (1994) quant à lui, insiste sur l’aspect culturel en soutenant que, le savoir local est une connaissance vécue par la société comme partie intégrante de son héritage. Le savoir local représente le reflet des facteurs agro-écologiques et socio-économiques emboités dans les préférences et traditions culturelles. Tout savoir local est donc relatif à une culture.

En somme on peut retenir de toutes ces définitions que les savoirs locaux ou endogènes sont une façon de vivre (Batiste, 2002, p2). C’est aussi un ensemble d’expériences cumulées selon les termes de (Little Bear, 2009). Enfin l’African technology studies policy Network(2012) soutient que les savoirs endogènes constituent une source d’information pour la science. Ces définitions montrent aussi que des hommes ont eu le souci de découvrir ce que sont les savoirs locaux et continuent de s’interroger sur la question.

Mais l’intérêt de la communauté internationale pour les savoirs locaux est relativement récent (Nacoulima, 2012).

Les savoirs locaux : définition et types des savoirs

En effet c’est seulement à partir de 1980 que des recherches vont mettre l’accent sur les raisons qui ont conduit à la marginalisation et à la négligence des savoirs locaux, particulièrement dans les pays en développement avec un héritage colonial. On note qu’auparavant les savoirs locaux étaient perçus comme des curiosités, voire de la superstition, donc contraires aux connaissances scientifiques.

Pourtant selon B.E Dialla (2005, P.7), « les savoirs locaux ont été développés, pratiqués et transmis de génération en génération et ont fait leurs preuves. C’est sur la base de ces savoirs locaux que les populations rurales ont pu s’organiser, s’adapter et survivre dans des environnements bien souvent hostiles ».

On reconnait par ailleurs que Gregory Knight(1974) avec son étude sur les pratiques agricoles des Nyiha en Tanzanie, est l’une des premières personnes à attirer notre attention sur la prise de conscience vis-à-vis des savoirs locaux. Etude à l’issue de laquelle cet appel a été lancé : «…la nécessité d’apprécier la pensée d’une société comme étant un corps de connaissance cohérent et rationnel, développé et prouvé pendant des temps immémoriaux, et légué comme culture à des générations successives… Il se pourrait même que les Nyiha ou d’autres groupes ethniques aient quelque chose à nous apprendre sur la nature» (Knight, 1974, p.260-261)

Depuis cet appel, il y a eu un regain d’intérêt dans les cercles académiques pour les systèmes de savoirs locaux et le mode de vie des populations dites indigènes d’Afrique et d’ailleurs.

Ce nouvel intérêt a créé un domaine diversifié de savoir qui a été tour à tour appelé Ethnoscience, Systèmes endogènes de connaissance traditionnelle, Connaissance d’environnement communautaire, Connaissance technique endogène, Science populaire, Ecologie populaire, Savoir local, Science villageoise, Connaissance locale endogène et bien d’autres appellations encore.

Leur champ de connaissances embrasse plusieurs domaines tels que l’histoire, la linguistique, l’économie, la sociologie, la politique, l’administration, la communication, les technologies énergétiques, la science des sols, de l’eau, du climat, la biologie des plantes, des animaux domestiques et sauvages, des insectes, la médecine, les systèmes de classification, le temps, l’artisanat, la religion. Dans tous ces domaines, chaque groupe social a développé un savoir pouvant atteindre un degré élevé de sophistication.

Un tel savoir semble si fiable que les sociétés traditionnelles l’ont exploité avec succès et pendant longtemps pour assurer la survie du groupe. Et l’on peut s’accorder avec Dialla (2005, P.7) pour dire que les savoirs locaux représentent ainsi un pan important de la culture des communautés rurales et constituent de ce fait, un capital qui a des vertus potentielles à même d’impulser le développement.

L’intérêt pour nous d’évoquer les savoirs locaux dans le cadre de cette étude réside dans le fait que la parenté à plaisanterie que nous nous proposons d’explorer à travers Facebook en fait partie.

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