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Université de Lubumbashi - Faculté des Sciences Sociales
Politiques et Administratives. R. I. , juillet2013

La recrudescence de cours d’Etat en Afrique : causes du phénomène

  1. Les États postcoloniaux et la problématique de la démocratie
  2. La démocratie en Afrique : le bilan et les problèmes
  3. L’Etat : formation et approches définitionnelles de l’Etat
  4. Les formes, missions et caractéristiques de l’Etat
  5. L’histoire de la colonisation de l’Afrique
  6. Caractères généraux des Etats postcoloniaux
  7. L’histoire de la démocratie en Afrique
  8. L’alternance politique ou démocratique en Afrique
  9. La démocratie : la diversité de définitions de la notion
  10. Les formes de démocraties : directe, semi-directe
  11. La démocratie libérale, populaire et la démocratie représentative
  12. Principes de la démocratie : liberté, égalité, pluralisme et la loi
  13. Exigences de la démocratie : critique, alternance et participation
  14. Les pays cinquantenaires de l’Afrique de l’ouest
  15. Présentation des pays cinquantenaires de l’Afrique de l’Est
  16. La recrudescence de cours d’Etat en Afrique : causes du phénomène
  17. Les coups d’Etat en Afrique : avant 1990 et après 1990
  18. Le monopartisme africain : la naissance et les caractéristiques
  19. Les transitions politiques en Afrique
  20. Les causes multiples des guerres civiles en Afrique
  21. Les guerres civiles en Afrique : la chronologie et les effets
  22. La fin du parti unique et les limites du multipartisme en Afrique
  23. Anciens Etats à parti unique en Afrique: passage au multipartisme
  24. La naissance d’une presse pluraliste et le journaliste en Afrique
  25. La renaissance coopérative, les limites de la pratique coopérative
  26. L’organisation des élections en Afrique de l’ouest
  27. Les élections organisées en Afrique de l’est et centrale
  28. Les problèmes des droits de l’homme en Afrique
  29. Les problèmes de l’indépendance du parlement et de la justice
  30. Les problèmes de la politisation de l’armée
  31. L’organisation des élections libre, transparent et démocratique
  32. Le problème de la gouvernance politique
  33. Le bilan de la démocratie en Afrique de l’ouest
  34. L’Afrique de l’est et le bilan de 50 ans d’indépendance
  35. L’Afrique centrale et la démocratie: le bilan de 50 ans
  36. Les fondements d’une démocratie participative
  37. Les règles de la réanimation de la démocratie RRD

La recrudescence de cours d’Etat en Afrique : causes du phénomène

Section 2 : La recrudescence de cours d’Etat en Afrique

La compréhension de la recrudescence de coups d’Etat en Afrique postcolonial postule en un premier moment l’appréhension des causes des phénomènes des coups d’Etat, ce dernier favorise à son tour la saisie du phénomène avant 1990 date marquant l’ouverture démocratique et après 1990.

Ce pourquoi la présente section et focalise sur 3 grands points. A savoir : l’Essais d’explication des causes des phénomènes ; les coups d’Etat avant 1990 ; et enfin les coups d’Etat après 1990.

§1. L’essai d’explication des causes du phénomène.

Le coup d’Etat est, après la révolution, le second mode non démocratique d’accession au pouvoir. Il correspond au renversement de l’autorité exécutive suprême d’un Etat au moyen d’une contrainte pouvant être violent assassinat, tueries, arrestations, neutralisation, incitation à la fuite par les armes,… ou non violente destruction simple.

Le coup d’Etat implique, dans tous les cas, le remplacement imposé d’un pouvoir établi par un autre. Il peut être le fait de n’importe qui mais il a presqu’exclusivement été celui des militaires et rarement des civils199

L’Afrique indépendante est allée « de coups d’Etat à coups d’Etat », réussis comme manqués. Elle a gagné tous « les records » d’instabilité institutionnelle pouvoir au point que l’histoire ayant trait au pouvoir politique en Afrique postcoloniale révèle que « tous ceux qui se sont succédés aux commande des états se sont plus attelés à armer leurs gardes rapprochées, à privatiser la police et à la politiser au lieu de résoudre les nombreux problèmes vitaux des populations africaines.

198 Internet : http://www. tlfq. ulaval. ca/axl/afrique/tchad
199 SECK, Y. C, Afrique : le spectre de l’Echec, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 97

De cette manière le coup d’Etat on fait défiler n’importe qui, n’importe quand et dans n’importe quel contexte aux commandements des Etats africains, semant des troubles catastrophiques dans les gestions des affaires publiques. 200

Ce phénomène de coups d’Etat trouve une explication générale de deux thèses ainsi que de deux approches dont :

3. 2. 1. La Thèse de MARTIN M. L. 201

Une des thèses les plus intéressantes sur les coups d’Etat militaires en Afrique noire et sans nul doute celle que développe M. L Martin. Pour lui, le coup d’Etat militaire n’est qu’un aspect particulier d’un phénomène beaucoup plus large : la militarisation.

La militarisation des systèmes politiques, dont le coup d’Etat n’est qu’une forme bien particulière, peut s’expliquer comme étant l’expression d’un phénomène de revendications corporatives entreprises dans l’intention d’atténuer les effets de dépossessions personnelles et organisationnelles du milieu militaire africain.

Les autres explications sur les coups d’Etat militaires. La thèse développementaliste, réflexion à partir des institutions sociopolitiques et économique, ou la thèse écologiques et culturelles ont en commun de considérer les coups d’Etat comme des épiphénomènes et de sous-estimer l’élément militaire, le réduisant à une fonction anodine ou nulle.

Si les conditions de nature écologiste étaient à l’origine des interventions militaires, celles-ci auraient dû logiquement se produire bien avant le milieu des années 60, puisque l’instabilité sociopolitique est clairement plus ancienne. Dès lors, si l’armée ne s’est pas manifestée plus tôt, c’est qu’elle n’en avait pas ressenti l’opportunité.

3. 2. 2. La Thèse de YANNOUPOULOS et de MARTIN D.

YANNOPOULOS et MARTIN D. développement une réflexion d’ensemble sur les coups d’Etat militaire en Afrique afin de trouver une explication générale de ce phénomène.

200 SECK, Y. C. , op. cit. , p. 97
201MARTIN, M. L. , Cité par PABANEL, J. P, Le Coup d’Etat militaire en Afrique noire, Paris, L’Harmattan, 1984, P. 43.

Les deux auteurs affirment que au lendemain des indépendances, dans beaucoup d’Etats d’Afrique, l’armée s’est trouvée étroitement impliquée dans la vie politique, et face à des gouvernements souvent vulnérables et instables, a pris connaissance de sa force et de l’influence qu’elle pouvait avoir sur la direction des affaires : les officiers placés à la tête du seul corps organisé de l’Etat se sentaient membres à part entière des élites modernistes avec lesquels ils partageaient l’idéal de développement.

La recrudescence de cours d’Etat en Afrique  causes du phénomène

Ils pensaient, de plus, avoir les moyens et la force de la concrétiser plus efficacement. Chargés de défendre l’ordre établi, ils n’ont pas tardé à s’identifier à cet ordre même ; en l’absence d’une bourgeoisie dynamique et relativement établie en tant que classe, c’est naturellement qu’ils ont cherché d’abord à arbitrer des conflits entre civil Togo 1963 et se sont emparé du pouvoir. 202

C’est donc, pour les auteurs YANNOPOULOS et MARTIN D. , à partir d’un élément central qu’il y a eu intervention des militaires sur l’instance politique : l’absence ou le quasi absence de bourgeoisie africaine, suffisamment forte pour imposer à la fois un développement capitaliste, et corrélativement des institutions qui garantissent ce développement.

3. 2. 3. L’Approche de la légitimité

Il importe de souligner que dans la praxis politique et la dynamique des systèmes politiques qui s’érigent parmi le processus sociaux, la légalité constitue un fondement de la légitimation du pouvoir bien intériorisé par les souches sociales concernées.

La croyance des gouvernés à la légalité des mesures économiques et sociale, des décisions politiques et administratives prises par les détenteurs du pouvoir politique peut éloquemment servir au fondement du pouvoir.

Cet aspect légitime du pouvoir se vérifie sociologiquement et politiquement par la quasi-absence d’arbitraire dans les actes posés par ceux qui exercent le pouvoir. 203

Ce pourquoi la question de la légitimé est la question préjudicielle dans toute société politique. On veut savoir ; qui a qualité à gouverner ? Qui a le droit, au regard de critère définis, d’exercer le pouvoir ? Qui est habilité à exercer la coercition et à exiger l’obéissance des citoyens ?

202 PABANEL, J. P. , op. cit. , pp. 51-52
203 SECK, Y. C. , op. cit. , p. 98

Les Etats africaines issus de la décolonisation ont pensé échapper à cette maxime universelle par le fait de leaders des indépendances qui concevaient le pouvoir comme attribue naturel et éternel.

C’est ainsi que plusieurs Etats africains ont instauré des parti uniques ou des régimes « multipartistes de façade » et porté au pouvoir des hommes que seule la détention des forces de répressions le rendaient légitime. « Ceci a instauré le règne de la force dans le continent comme à l’époque de la féodalité ». D’où le pouvoir en Afrique a persisté dans l’instabilité. 204

Dans ce contexte ou le plus fort du moment s’impose aux autres et gouverne jusqu’à ce qu’un autre plus fort que lui arrive à le vaincre et s’imposer, on comprend clairement cette « floraison des coups d’Etat » en Afrique.

Le refus de la réelle légitimité démocratique avec toutes ses contraintes liées à l’alternance et à la responsabilité politique des gouvernements explique donc, dans une longue mesure, le recours à des coups d’Etat comme mode d’accession au pouvoir. 205

La saine légitimité universelle a donc été remplacée en Afrique par la « légitimité de la force » que le professeur OBOTELA qualifie de « légitimité liée à la force », qui a force de s’affirmer, est entrée dans les mœurs en devenant de moins en moins choquante.

Chez l’être humain en effet, lorsque « l’habitude de voir le mal s’installe, elle crée l’indifférence. Lorsque l’indifférence dure elle se transforme en acceptation ».

3. 2. 4. L’Enjeu du pouvoir

Ici, un questionnement serein sur les raisons de l’attachement proche de la

« manie pathologie » des africains au pouvoir mérite d’être soulevé : pourquoi les africains sont-ils prêt à commettre tous les crimes du monde, à piétiner toutes les valeurs, à braver les interdits, à soumettre leur peuple à tous les périls et dégâts pour s’imposer du pouvoir ?

La réponse la plus fiable qui puisse être apporté à cette question c’est que le pouvoir est le pole exclusif de la réussite en Afrique ; contrairement aux autres parties du monde où les hommes peuvent générer de la richesse par l’initiative privée et où il existe des entreprises privées qui pèsent des milliards, l’Afrique n’offre presque pas d’opportunités d’enrichissement en dehors des positions de rente au sein des Etats.

C’est cette réalité que René DUMONT a voulu exprimer en affirmant, a juste raison que l’administration publique est la « première industrie en Afrique noire ».

204 SECK, Y. C. , op. cit. , p. 98
205 SECK, Y. C. , op. cit. , p. 99

Le pouvoir ne signifie en effet, en Afrique, que richesse, prestige, gardes motorisées, fanfares, honneurs commandement et manifestations festives.

Dans les parties du monde où le pouvoir a sa véritable signification, c’est-à-dire un sacerdoce, la lourde charge civique et la responsabilité historique de gérer un peuple, nombreux sont ceux qui hésitent et refusent même le pouvoir. 206 Une fois qu’ils y sont, ils démissionnent lorsqu’ils se sentent incapable, un acte considérer de bravoure ailleurs mais de lâcheté en Afrique.

Il en découle que « l’exercice du pouvoir ne favorise pas, comme dans le pays démocratiques nantis, l’épanouissement de la population. 207Ce triste constat a poussé le professeur TSHIMPANGA MATALA à démontrer, dans son analyse, qu’en Afrique, les dirigeants politiques exercent le pouvoir pour le pour. 208

Ce mode d’exercice du pouvoir est à la base d’instabilité politique qui se traduit par la prise de pouvoir fréquente par des procédures non constitutionnelles. 209

206 SECK, Y. C, op. cit. , P. 11
207 KADONY, N. K. « L’Afrique malade de ses impuissances en R. I quel avenir au IIIe millénaire », Cahier congolais d’études politique et sociales, n°23, Juin 2000, P. 204.
208 TSHIMPANGA, M. K. Cité par KADONY, N. K. , art. cit. P. 204
209 KADONY, N. K. , art. cit. , P. 204

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