La première page du mémoire (avec le fichier pdf):
Université Mohammed V de Rabat
Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales - Agdal - Année 2021

L’éducation au Maroc: réformes, gestion et face au Covid 19

  1. Le nouveau modèle de développement du Maroc: les réformes
  2. La consolidation des droits et libertés publiques au Maroc
  3. Evolution des indicateurs de l’économie marocaine
  4. Evolution sectorielle : agriculture, pêches maritimes et extraction minières
  5. Evolution su secteur secondaire de l’économie marocaine
  6. Les énergies renouvelables et l’offshoring au Maroc
  7. Système sanitaire marocain et couverture médicale de base
  8. La stratégie de la lutte contre la pandémie Covid 19
  9. L’éducation au Maroc: réformes, gestion et face au Covid 19
  10. Un développement économique au Maroc sans impact social
  11. Une croissance peu créatrice d’emploi et peu inclusive
  12. Les défaillances du système sanitaire marocain
  13. L’échec des réformes de l’enseignement au Maroc
  14. Les travaux de la commission spéciale du nouveau modèle de développement
  15. Suggestions pour surmonter les carences du secteur économique
  16. Le renforcement de l’Etat de droit et la modernisation de l’administration
  17. Placer l’éducation au cœur du développement du Maroc
  18. Une offre de soins de santé de qualité sur tout le Maroc

L’éducation au Maroc: réformes, gestion et face au Covid 19

Section 4 : Système Educatif marocain :

§1 – Réformes du système éducatif au Maroc (programmes et projets réalisés)

Avant d’étudier les tendances du développement de l’éducation au Maroc, il est important à l’avance de mieux comprendre la situation actuelle en retraçant les principales étapes de l’élaboration des politiques et stratégies éducatives.

Et comme étant une deuxième priorité après l’intégrité territoriale, le système national d’éducation et de formation a fait l’objet d’un projet de réforme globale visant la transformation structurelle de l’école marocaine et son adaptation aux normes de qualité en vigueur dans les pays performants.114

On parle de :115

  • La Charte Nationale de l’Education et de la Formation (2000) :

Le diagnostic approfondi posé par la Commission spéciale d’éducation et de formation (COSEF) en 1999 souligne la crise de l’éducation, forçant l’État à entreprendre des réformes ambitieuses de l’éducation, qui a abouti à l’adoption d’une Charte nationale de l’éducation et de la formation (CNEF) articulant une nouvelle vision à l’horizon 2020.

Depuis lors, l’éducation a été déclarée priorité nationale et des efforts indéniables ont été réalisés dans l’élargissement de l’accès à tous les niveaux, réduisant les écarts liés au sexe et au lieu de résidence, mettant à jour les programmes et les manuels scolaires et la décentralisation de la gestion du système.

Le CNEF définit et détermine les grandes orientations du système éducatif et les actions à mener de 2000 à 2010.

114 Sobhi Tawil, Sophie Cebelle et Amapola Alama ; Education au Maroc Analyse du secteur 2010 ; P : 25 115 Mohammed Bijou, Narjis Bennouna ; Dépenses publiques éducatives et performance scolaire au Maroc. Une analyse multiniveaux à partir des données TIMSS 2015 ; P : 18-19

  • Le Cadre stratégique de l’éducation nationale 2005 :

En 2005, le ministère national de l’Éducation, avec l’aide de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), a formulé le « Cadre stratégique de développement du système éducatif » visant à guider le développement du système éducatif jusqu’en 2010.

Cela s’articule autour de trois priorités principales :

  1. Renforcement des capacités pour une gestion efficace
  2. Rehaussement de la qualité de l’éducation et réduction de l’échec scolaire
  3. Généralisation de l’enseignement préscolaire, du primaire et du collège
  • La réforme de l’enseignement supérieur :

Si le Cadre stratégique de développement du système éducatif ne mentionne pas l’enseignement supérieur, il convient de rappeler qu’une réforme de l’enseignement supérieur se superpose à la mise en place d’un système « licence-master-doctorat » (LMD) qui offre au secteur la possibilité d’une prise de décision décentralisée et d’une autonomie renforcée ainsi que le renforcement de l’autonomie des établissements et de leur responsabilité en matière d’enseignement et de recherche.

  1. Plan d’urgence de l’enseignement :

    Afin d’atteindre les objectifs du CNEf, le ministère de l’Éducation a élaboré un programme d’urgence (2009-2012) qui vise « à consolider ce qui a été réalisé, et procéder aux réajustements qui se posent, en veillant à une application optimale des orientations de la Charte nationale de l’éducation et de formation » afin de rattraper le lourd retard du pays.

  2. Vision stratégique 2015-2030 :

    Le CSEFRS a présenté une vision stratégique pour la réforme des écoles marocaines en mai 2015 (2015-2030). Le concept de cette vision repose sur plusieurs leviers stratégiques élaborés autour de trois piliers, à savoir les écoles de l’équité et de l’égalité des chances, les écoles de qualité pour tous et les écoles de promotion individuelle et sociale. Et afin de mettre en œuvre les recommandations stratégiques de cette vision, en 2019, le Bulletin Officiel du 19 août 2019 a adopté et publié la loi-cadre n ° 51-17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique. La loi-cadre continue de réaliser le développement humain et durable et garantit le droit de chacun à l’éducation, elle définit également un cadre contractuel pour l’État et les autres acteurs et partenaires liés au domaine.116

§2 – Système de gestion de l’éducation au Maroc et données éducatives (l’éducation préscolaire, scolaire, secondaire, supérieur et professionnel) :

Les différentes mesures prises ont permis d’enregistrer des progrès encourageants, notamment en ce qui concerne l’appui social à la scolarisation, le lancement du chantier de l’enseignement préscolaire, la généralisation de la scolarisation et la résorption relative de la déperdition scolaire.

  • Appui social à la scolarisation :

Dans le cadre de l’appui à la scolarisation, le Maroc a inscrit un ensemble de programmes qui visent notamment à encourager la scolarisation des filles dans le monde rural et la réduction de la déperdition scolaire.

Ainsi, les projets et actions consacrés à l’éducation dans le cadre de l’INDH ont largement contribué à la diminution du taux de déperdition scolaire et à l’amélioration des conditions de scolarisation des enfants issus de milieux défavorisés.

L’éducation au Maroc: réformes, gestion et face au Covid 19

L’apport de l’INDH s’est traduit notamment par l’acquisition de 1 265 moyens de transport scolaire (minibus et véhicules) au profit de 282 779 élèves ainsi que la construction, l’aménagement et l’équipement de 1.618 écoles, collèges et lycées, 1 356 Dar Talib et Dar Taliba, 1 405 crèches et garderies et 563 salles d’études.

S’agissant du programme d’appui social à la scolarisation « Tayssir », qui offre un soutien financier à la scolarisation et à la lutte contre la déperdition scolaire en milieu rural, le nombre de bénéficiaires pour l’année scolaire 2016-2017 s’est établi à 859.975 élèves, contre 87.795 élèves en 2008-2009.

Ce qui a permis, depuis son opérationnalisation en 2008, une réduction de 57% de l’abandon scolaire au niveau des écoles cibles.117

On note aussi, l’initiative Royale « un million de cartables », le transport scolaire et la création d’internats et de cantines, qui visent à encourager la fréquentation scolaire, à promouvoir l’égalité des chances en matière d’accès à l’éducation, à réduire l’impact des disparités sociales et spatiales sur les performances des élèves et à lutter contre les causes de l’abandon scolaire et la déscolarisation.

116 Soumaya Maghnouj, Julie Bélanger, Marguerite Clarke, Elizabeth Fordham, Hannah Kitchen et Isobel McGregor ; Examens de l’OCDE du cadre d’évaluation de l’éducation : Maroc 2017 ; P : 52

117 Mohammed Bijo et,Narjis Bennouna ; Dépenses publiques éducatives et performance scolaire au Maroc. Une analyse multiniveaux à partir des données TIMSS 2015. 2018 ; P : 21

Le système éducatif marocain comprend l’enseignement préscolaire, le primaire (de 6 ans), le secondaire collégial (de 3 ans), le secondaire qualifiant (de 3 ans) et l’enseignement supérieur.

Il est placé sous le ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique (MEN). Les efforts du gouvernement pour améliorer la disponibilité des services éducatifs ont amélioré l’accès à tous les niveaux d’enseignement.

Ces dernières années, le secteur de l’éducation nationale a connu une très forte mobilisation et a donné des résultats encourageants.

C’est ainsi que, des progrès significatifs ont été réalisés dans le domaine de l’éducation de base, notamment en ce qui concerne l’augmentation du taux de scolarisation et des effectifs scolarisés.

  • L’éducation préscolaire :

Il existe deux types d’écoles maternelles au Maroc : la maternelle et l’école coranique. En 2017- 2018 le nombre d’enfants scolarisés dans le préscolaire a atteint 700 000 enfants c’est-à-dire que sur le plan national le taux spécifique de scolarisation est de 49.8% (45.7% pour les filles).

Sur la même période et en milieu rural, ce taux atteint 36.6% (28% pour les filles). S’agissant du taux d’encadrement et en 2017-2018, ce dernier atteint 17.9 enfants par éducateur (18.7 au préscolaire moderne public et 17.5 au préscolaire traditionnel).118

Conformément aux instructions royales, le Ministère de l’Éducation Nationale a lancé un programme de généralisation et de développement du préscolaire.

Le plan a été lancé sous le signe “Notre avenir n’attend pas », et doté d’une enveloppe globale de 30,22 milliards de dirhams.

Il vise à généraliser l’accès au préscolaire à l’horizon 2027-2028 et il prévoit sur la création et l’aménagement de plus de 56.208 salles de classe, la formation de 55.914 éducateurs et 950 animateurs éducatifs et la mise à niveau des espaces de l’enseignement préscolaire traditionnel qui accueillent plus de 440.537 enfants.119

  • Enseignement primaire :

En 2017-2018, le nombre d’élèves dans l’enseignement primaire public et privé à l’échelle nationale a atteint 4 322 623 élèves contre 3 842 000 en 2000-2001, ce qui représente une croissance annuelle moyenne de 1,7%.

Au niveau national, L’indice de parité entre les sexes (IPS) dans l’enseignement primaire public a enregistré une augmentation notable, passant de 0,84 en 2000-2001 à 0,91 en 2017-2018 (91 filles scolarisées contre 100 garçons scolarisés).

Au cours de l’année scolaire 2017-2018, Le taux spécifique de scolarisation des élèves âgés de 6 à 11 ans s’est situé à 99,5% au niveau national et à 99,1% pour les filles.120

Le taux d’abandon au primaire au cours de la même année scolaire a progressivement diminué à travers le pays, passant de 1.1% en 2008-2009 à 4.6%, et à 1,5% pour les filles contre 5,2% entre les mêmes années.121

118 El Badi Safae, Tableau de bord social 2019 ; P : 9

119 Ministère de l’économie et des finances et de la réforme de l’administration ; Rapport économique et financier 2019 ; P : 56

120 Ministère de l’économie et des finances et de la réforme de l’administration ; Rapport économique et financier 2019 ; P : 55

121 Ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, statistiques économiques et financières / indicateurs sociaux

  • Enseignement secondaire :

En ce qui concerne l’enseignement secondaire collégial public, il a enregistré une extension importante des effectifs scolarisés avec un rythme plus rapide en milieu rural.

C’est ainsi que l’effectif des élèves au niveau national est passé de 1 027 719 en 2000-2001 à 1 529 119 en 2017-2018 (dont 46% sont des filles), soit un accroissement annuel moyen de 2,4%.

Au cours de l’année scolaire 2017- 2018, le taux spécifique de scolarisation des enfants âgés de 12-14 ans dans l’enseignement collégial a atteint globalement 89,7% et 86,7% pour les filles contre 60,3% et 52,7% respectivement en 2000- 2001.

Quant à lui, le taux d’abandon au secondaire collégial est en baisse, puisqu’il est passé de 11,9% pour les filles et de 13,1% pour tout le cycle en 2008-2009 à 9,4% et 12% respectivement en 2017- 2018.122

Parallèlement, l’effectif des élèves dans l’enseignement secondaire qualifiant public a également augmenté de manière signifiante.

En fait, le nombre d’étudiants est passé de 452 365 à 917 492 durant la même période et le taux de scolarisation spécifique enregistré à ce niveau a progressé, passant de 37,2% en 2000-2001 à 65,8% en 2017-2018 et de 32,2% à 63,6% pour les filles.

De même le taux d’abandon au secondaire qualifiant a diminué, durant, passant de 13% en 2000-2001 à 10,2% 2017- 2018 globalement, de 13% à 8,7% pour les filles et de 13,1% à 11,6% pour les garçons.123

  • Enseignement supérieur :

Le système d’enseignement supérieur comprend des établissements privés et publics, Il y en a au Maroc une vingtaine.

Jusqu’en 2018, l’enseignement supérieur public y était gratuit pour tous, mais une loi annoncée en novembre 2016 et adoptée début janvier 2018 contraint les étudiants disposant de revenus élevés à payer des frais d’inscription (la scolarité elle-même restant gratuite).

Le nombre global d’étudiants à l’enseignement supérieur s’est élevé à 867.045 en 2017-2018 et à 864.289 en 2018-2019 dont 49% de sexe féminin. Le taux de scolarisation en enseignement supérieure en 2018 est de 35.9% contre 27.7% e 2015.124

En matière de services sociaux en faveur des étudiants, de 2017-2018 à 2018-2019, le nombre de bourses d’enseignement supérieur est passé de 332 073 à 381 783, dont 162 000 ont été accordées à de nouveaux inscrits (licence-master-doctorat). 147 845 nouveaux bacheliers sont titulaires de bourses, soit un taux de couverture de 73% à l’échelle nationale.

Ce taux s’élève à 80% dans 19 provinces ne disposant pas d’établissements et de cités universitaires, et il est même quasi généralisé dans 14 provinces, à savoir les provinces du sud, Jerada et Figuig.

Et suite à ces services sociaux proposés aux étudiants, en 2016 une assurance maladie obligatoire pour les étudiants est entrée en vigueur. Elle couvre 288 000 étudiants pour les étudiants de l’enseignement supérieur et ceux de la formation professionnelle dans les secteurs public et privé.

Le nombre d’établissements de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle affiliés au régime de l’AMO-étudiants s’est élevé à 628 établissements au 15 septembre 2017, et le nombre de bénéficiaires a atteint 65.025 étudiants.125

122 El Badi Safae, Tableau de bord social 2019 ; P : 9

123 El Badi Safae, Tableau de bord social 2019 ; P : 10

124 http://uis.unesco.org/fr/country/ma?theme=education-and-literacy

125 El Badi Safae, Tableau de bord social 2019 ; P : 11

  • Bilan et stratégie d’alphabétisation :

L’alphabétisation est synonyme de développement durable, de lutte contre la pauvreté, la marginalisation et la précarité, d’autonomisation des femmes et d’intégration des exclus.

Ainsi, afin de relever le défi de l’alphabétisation d’ici 2024, objectif fixé dans la Décennie arabe de l’alphabétisation (2015-2024), le Maroc a initié une politique d’alphabétisation de masse qui cible tousles adultes de plus de 15 ans, non scolarisés, en particulier les jeunes et les femmes rurales, quels quesoient leur âge, leur race, leur sexe, leur religion, leur culture et leur origine sociale.

Ce programme vise donc à réduire le taux d’analphabétisme de 30% à 20% à l’horizon de 2021 et pour atteindre 10% en 2026, à éradiquer l’analphabétisme des jeunes de 15 à 24 ans et à améliorer les compétences de la population active analphabète ou semi-alphabétisée.

Le programme d’alphabétisation décliné selon six sous-programmes, à savoir : les programme communautaire, sectoriel, des jeunes, d’inclusion sociale, des salariés et d’insertion socio économique.

Ces programmes couvrent deux grands programmes phares (alphabétisation et post alphabétisation) qui constituent l’ossature de la stratégie nationale d’alphabétisation.

Ainsi, en 2017- 2018 le nombre des bénéficiaires des programmes d’alphabétisation est passé de 390.000 en 2001- 2002 à 847.520 personnes. Les femmes représentent près de 90,21% de l’ensemble des bénéficiaires pour une part de 53,55% dans le milieu rural.

Ainsi, depuis 2002-2003, le nombre cumulé de bénéficiaires des programmes d’alphabétisation a atteint 9,4 millions. Le nombre de bénéficiaires du programme post-alphabétisation a atteint 191.304 personnes en 2017-2018.

Les femmes représentent plus de 96,1% de l’ensemble des bénéficiaires et 45,4% des bénéficiaires sont issus du milieu rural. Ces deux programmes ont, ainsi, bénéficié à 948.390 femmes, soit un taux de participation de femmes de 91,3% durant l’année scolaire 2017-2018.126

Ces efforts ont conduit à une baisse significative du taux d’analphabétisme de la population âgée de 10 ans et plus, qui était de 32% en 2014 contre 43% en 2004.

La répartition de la population âgée de 25 ans et plus par niveau d’éducation montre que 36.9% d’entre eux ne dispose d’aucun niveau d’instruction à l’échelle nationale, alors que 4.7% dispose d’un enseignement préscolaire,28% d’un niveau d’enseignement primaire, 14,3% du niveau du collège, 10% du niveau du lycée et 6% du supérieur.

En milieu urbain, la proportion de la population n’ayant aucun niveau d’instruction est de 27,7% (50.9% en milieu rural) et celle disposant d’au moins du niveau secondaire est de 40% (14% en milieu rural).127

En comparaison avec un échantillon de pays émergents et selon les estimations de l’UNESCO, le taux d’alphabétisation des adultes au Maroc (âgés de 15 ans et plus) reste faible : 72,4% en 2015 contre, 95% pour la Turquie et 97,3% pour le Chili.

126 El Badi Safae, Tableau de bord social 2019 ; P : 11

127 Indicateurs RGPH 2014 ; http://rgphentableaux.hcp.ma/Default1/

  • Financement du système d’éducation :

Le niveau de financement public du système éducatif marocain est relativement élevé par rapport à la moyenne des pays à revenu moyen.

Le budget alloué à l’éducation continue de représenter presque un tiers (30%) du budget total de l’État en 2013, soit le premier poste budgétaire de l’état, et près du double de la part moyenne de l’éducation dans les pays à revenu moyen.

La dépense dans l’enseignement primaire et secondaire représente à elle seule 5% du PIB, soit un taux élevé comparé aux pays avec un niveau de PIB par habitant similaire à celui du Maroc.128

128 Soumaya Maghnouj, Julie Bélanger, Marguerite Clarke, Elizabeth Fordham, Hannah Kitchen et Isobel McGregor ; Examens de l’OCDE du cadre d’évaluation de l’éducation : Maroc 2017 ; P : 60

129 Aziz Hantem ; Les conditions de l’enseignement à distance pendant le confinement dû au COVID19 : Cas de l’enseignement supérieur au Maroc. 2020 ; P : 4

§3 – Le corps éducatif face à la pandémie Covid 19 :

Dès l’apparition du premier cas de contamination au COVID-19, et après que le Royaume du Maroc a déclaré une urgence sanitaire, les autorités marocaines ont pris les précautions nécessaires pour enrayer sa propagation.

Dans ce cas afin de préserver la santé des élèves et des enseignants, à partir de lundi 16 mars il a été décidé de suspendre toute activité scientifique et pédagogique en présentiel dans tous les établissements publics et privés jusqu’à nouvel ordre dans tous les établissements scolaires et universitaires des secteurs public et privé.

Par conséquent l’enseignement à distance c’est imposé comme unique recours pour assurer la continuité pédagogique dans les divers établissements.

L’enseignement à distance est défini comme un modèle d’enseignement dispensé par une institution qui n’implique pas la présence physique du professeur (formateur) et des étudiant.

Selon l’Association Française de Normalisation (AFNOR), l’enseignement à distance est défini comme étant un mode de formation « conçu pour permettre à des individus de se former sans se déplacer sur le lieu de la formation etsans la présence physique d’un formateur ».

En d’autres termes l’enseignement à distance ou la formation à distance est dispositif composé d’un ensemble de ressources matérielles, techniques, humaines et pédagogiques mis en place pour fournir un enseignement à des individus qui sont distants.129

Il faut dire aussi que les progrès réalisés concernant ce plan pendant le confinement ne sont pas dû au hasard, mais dû à la claire voyance des autorités nationales sous les hautes orientations de Sa Majesté le Roi qui a su mettre en place une série de stratégies numériques nationales bien réfléchies :

  • Le Projet Emergence de 2005 a donné la priorité aux nouveaux métiers des technologies de l’information et de l’offshoring, en donnant la possibilité aux universités de former des ingénieurs, réservés auparavant aux grandes écoles de formation des cadres.
  • Le Programme d’urgence (2009-2012) vise a mettre l’accent sur la formation continue des enseignants, et oblige l’université à se doter d’un environnement Numérique de Travail (ENT) et d’une stratégie d’intégration des technologies éducatives aux formations dispensées à l’échelle de l’université.
  • La stratégie e-Maroc 2010 dont l’objet de renforcer le positionnement du Maroc au niveau international.
  • La stratégie Maroc numérique 2013 qui consistait à faire justement du pays un hub technologique régional et le e positionner parmi les pays émergents dynamiques dans les Technologies de l’Information ainsi qu’à l’insérer, par ses entreprises et ses universités, dans l’économie mondiale du savoir. La stratégie s’est fixée quatre priorités (la transformation sociale ; La mise en œuvre des services publics orientés usagers, L’informatisation des PME et Le développement de l’industrie Technologie de l’information).
  • Maroc digital 2020
  • Le programme génie qui traduit la volonté nationale d’intégrer les technologies d’information et de communication dans l’éducation nationale.
  • Le programme e-sup 2006 qui consistait à ligner justement notre enseignement supérieur au milieu standard international
  • Le Génie Sup (2008), vise le développement de la culture numérique de tous les acteurs de l’université (enseignants, étudiants, personnel administratif) et l’intégration de l’usage des TIC dans l’enseignement, la formation, la recherche et la gouvernance des établissements de l’enseignement supérieur.
  • Le Campus Virtuel Marocain (CVM) (2004) visant la promotion et l’utilisation des TIC dans l’enseignement présentiel, au niveau des universités, se décline au niveau de chaque université en Centres des Ressources Universitaires dotés des moyens humains, technologiques et financiers pour former et accompagner les enseignants en mettant à leur disposition les outils technologiques nécessaires à l’intégration des TIC en enseignement (plates-formes, logiciels éducatifs, etc.).
  • Le réseau informatique national Marwan (MAROC Wide Area Network 1998) dédié à l’éducation l’information et la recherche scientifique et auquel toutes les universités nationales sont connectées et évidement tous les programmes qui ont permis de subventionner l’équipement des acteurs principaux étudiants et enseignants par des configurations informatiques (ordinateurs, connexion). Dans sa nouvelle version, MARWAN 3 (2009-2012) offre aux universités l’accès à internet haut débit (entre 2 et 100 Mbps) grâce à sa connexion avec le réseau GEANT réservée uniquement au trafic académique.
  • Sans oublier de parler aussi sur le fameux programme d’urgence étalé sur la période 2009- 2012 et qui s’est intéressé à la formation des enseignants mais aussi inciter les universités à mettre en place les environnements numériques de travail et des stratégies d’intégration des technologies de l’informations et de communication au sein des universités. Donc un ensemble de stratégies qui ont facilité ce passage de l’enseignement classique traditionnel vers un enseignement numérique.130

130 Table ronde en ligne de la FSJES Meknès ; l’enseignement à distance à l’ère du coronavirus Covid 19 : cas de la FSJES de l’UMI 2020 ; intervention de Mr Mohamed Zouhri

Le Ministère de l’éducation nationale prépare une évaluation générale du fonctionnement de l’enseignement à distance, sur la base des conclusions du processus d’évaluation mené par l’Inspection générale des affaires pédagogiques et sur les résultats d’un sondage d’opinion.

Sur le plan pédagogique, près de 78% des personnes sondées ont fait part de leur satisfaction de ce genre d’enseignement, et ils ont affirmé que l’enseignement à distance a permis de renforcer la transition vers la numérisation des programmes scolaires en attendant d’instaurer ce dispositif comme complément de l’enseignement en présentiel.

L’enseignement à distance a également joué un grand rôle dans la consécration du principe d’indépendance en matière d’enseignement et de consolidation du sens de responsabilité et de la culture d’autoformation.

 

Rechercher
Abonnez-vous!
Inscrivez-vous gratuitement à la Newsletter et accédez à des milliers des mémoires de fin d’études ! Inscrivez-vous gratuitement à la Newsletter et accédez à des milliers des mémoires de fin d’études !
En continuant, vous acceptez la politique de confidentialité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.