La microfinance peut encore connaître des améliorations

  1. La microfinance, un défi d’adaptation au contexte local
  2. Clara Bécard
  3. La mise en place de la microfinance: Bangladesh, France
  4. La naissance de la microfinance au Bangladesh
  5. L’exportation de la microfinance en France insufflée par Nowak
  6. Les facteurs économiques et financiers : France et Bangladesh
  7. Les facteurs politiques et réglementaires: France et Bangladesh
  8. France et Bangladesh : facteurs politiques et réglementaires
  9. La microfinance au Bangladesh, un modèle mouvant
  10. Etude d’impact de la microfinance au Bangladesh
  11. La France et la microfinance, un élève qui a trouvé ses marques
  12. La France : étude d’impact de la microfinance
  13. La microfinance peut encore connaître des améliorations

La microfinance peut encore connaître des améliorations

C. La microfinance dans ces deux pays peut encore connaître des améliorations

1) Un succès à nuancer au Bangladesh

a. Améliorer les pratiques existantes en préservant la vocation sociale

La nécessité pour les IMF au Bangladesh d’obtenir une rentabilité économique suffisante et l’importance de la compétition sur le territoire amènent parfois les institutions à se détourner de leur objectif d’impact social pour se concentrer davantage sur leurs revenus : hausse des taux d’intérêt, pratiques d’acquisition de clients agressives, incitation à l’augmentation des montants.

Au-delà des questions morales que posent ces méthodes, elles ne se font pas forcément au bénéfice des finances des IMF. La hausse des taux d’intérêt entraîne mécaniquement une hausse des défauts de paiement, et au-dessus d’un taux de 60% par an, la rentabilité décroît164.

Pour une microfinance efficace qui préserve la sécurité, la dignité et l’intégrité des emprunteurs, l’un des principaux enjeux est l’homogénéisation des modes de fonctionnement.

D’une part, la formation du personnel peut être renforcée, en insistant sur les codes de bonne conduite et en développant des réponses standardisées aux situations de défaut de paiement. Mais il y a aussi un besoin de formation à la tenue des comptes, pour réduire les pertes d’argent régulières, notamment dans le cas des micro-épargnes.

D’autre part, les contrôles doivent également être renforcés, de la part des IMF sur leurs branches, mais aussi de la part du gouvernement. Il s’agit non seulement d’éviter les abus des agents de microfinance mais aussi les situations de surendettement des foyers, qui contractent des prêts auprès de plusieurs institutions.

Cela passe par un renforcement des infrastructures et de la législation. Le Global Microscope 2019, qui compare les pratiques de microfinance de 55 pays émergents, rend les défauts du Bangladesh à ce niveau visible : le pays obtient un score de 22 pour le soutien du gouvernement au secteur, contre une moyenne de 54 pour les autres pays. Il est ainsi dernier dans la catégorie (voir Annexe 7).

Le gouvernement pourrait, à titre d’exemple, mettre en place une institution centralisant les informations sur les situations d’endettement des emprunteurs. En 2011, 30% d’entre eux avaient des prêts dans plusieurs IMF165.

Notons cependant que du fait du risque important de l’activité et de la faiblesse des moyens alternatifs existants pour les IMF, l’utilisation de pressions psychologiques ne peut pas entièrement disparaître sans que d’autres changements soient apportés.

Une de ces évolutions souhaitables est la centralisation de davantage de données sur les emprunteurs, pour mieux contrôler les remboursements et le risque.

Comme nous l’avons vu en observant la différence entre le Bangladesh et la France, posséder des informations permet également d’évaluer avec plus de précision l’impact de l’activité. Elles sont aussi essentielles pour la gestion des coûts et l’évaluation de la rentabilité.

Enfin, ces données sont cruciales pour adapter au mieux l’activité aux besoins des clients.

En effet, la microfinance au Bangladesh laisse encore beaucoup de personnes de côté. L’efficacité pour les ultra-pauvres n’est pas encore atteinte, et les personnes possédant au préalable une épargne, du bétail ou un commerce autre qu’agricole ont en moyenne une probabilité plus élevée d’emprunter des microcrédits166.

Il est donc nécessaire de développer des prêts à des montants plus adaptés, aux calendriers plus flexibles, et couplés à un accompagnement renforcé pour les personnes qui souffrent le plus d’un manque de compétences.

164 Independant Evaluation Group. (2015). Microfinance : A Critical Litterature Survey. World Bank.

165 Shankar, S. Bridging the “Missing Middle” between Microfinance and Small and Medium-Sized Enterprise Finance in South Asia. Asia Development Bank Institute. (2016).

166 Chemin, M. (2008). The Benefits and Costs of Microfinance : Evidence from Bangladesh.

Une méthode qui a fait ses preuves pour atteindre les populations les plus marginalisées est la digitalisation.

Cependant, elle est en retard au Bangladesh en comparaison d’autres pays qui pratiquent la microfinance, notamment en Afrique. Pourtant, elle constitue également un moyen efficace d’améliorer la collecte de données, de rendre les pratiques financières des clients plus efficaces et de réduire les coûts.

La réflexion autour de la digitalisation et de son impact sur le caractère humain de la microfinance en est également encore à ses balbutiements.

b. Aller au-delà des micro-entreprises

Si la microfinance au Bangladesh donne à ses bénéficiaires les moyens d’investir dans de petites activités économiques pour leur permettre de subsister, elle n’est pas un outil qui permet à ces micro-entreprises de se développer et de grandir.

Cela ne pose pas uniquement un problème pour les emprunteurs, qui n’ont pas de perspectives d’amélioration considérable de leurs conditions de vie.

C’est aussi une question de développement économique du pays. Une entreprise qui ne grossit pas, c’est une entreprise qui n’embauche pas de salariés. Le pays est ainsi parsemé d’une multitude de micro-entreprises qui ne suffisent pas à développer un tissu économique et industriel.

Esther Duflo, Prix Nobel d’économie 2019, s’est beaucoup penchée sur la question des conditions de développement économique des pays à faibles revenus. Dans un article au Monde datant de 2010, elle affirme déjà que :

“Le microcrédit, par ses règles actuelles, est plus adapté à financer des activités familiales qui vivotent que de véritables entreprises créant des emplois. ”167

En effet, plusieurs modes de fonctionnement de la microfinance au Bangladesh, et dans les pays émergents en général, expliquent en partie ce phénomène.

D’une part, les pratiques de “group lending” ne sont pas favorables aux investissements risqués. Les emprunteurs ne s’aventurent pas dans des activités plus importantes et plus rentables mais cherchent à sécuriser leurs remboursements afin de ne pas pénaliser les autres, voire être blâmés par leur communauté.

Les calendriers rigides de remboursement, qui débutent souvent très tôt après le début du prêt et demandent en général des remboursements hebdomadaires, représentent également un frein. Une activité économique de plusieurs salariés a besoin de temps au démarrage avant d’être rentable.

167 Duflo, E. Microcrédit, miracle ou désastre ? Le Monde. fr. (2011, 9 juin).

Enfin, les micro-entreprises ne peuvent pas se développer faute d’instruments financiers adaptés. Il existe un vide entre l’échelon des institutions de microfinance et celui des banques commerciales, du fait du manque de ce que l’on appelle la mésofinance.

Progressivement, les IMF bangladaises proposent des prêts de montants plus importants, initiés en 2007 par BRAC et la Grameen Bank, mais cela reste très minoritaire.

En 2014, la MRA distingue les microcrédits, dont le montant moyen se situe en dessous de 637$, des crédits aux micro-entreprises, dont le montant est supérieur, et qui sont souvent proposés sans “group lending”. Mais la plupart des IMF n’ont pas les capacités de proposer ces prêts plus importants, et celles qui le peuvent n’en font pas une activité centrale.

En 2016, BRAC et ASA représentaient 42% des prêts aux micro-entreprises, et ces prêts n’étaient offerts respectivement qu’à 2% et 1% de leurs emprunteurs.

Ainsi, la contribution des IMF à l’émergence d’un véritable secteur salarial au Bangladesh doit passer par une modification des pratiques, une accentuation de la formation, et par un encouragement de la part du gouvernement à proposer davantage de crédits aux micro-entreprises, par exemple en proposant des prêts avantageux par le PKSF pour générer ces crédits168.

2) Des pratiques perfectibles en France

a. Augmenter la portée de l’activité

Malgré son efficacité, la microfinance touche encore très peu de personnes en France en comparaison des besoins insatisfaits.

Ce n’est pas faute de communication : en plus des partenariats avec les banques ou les établissements chargés de l’emploi, l’Adie procède par exemple à de la publicité, à des entretiens télévisés ou à des semaines de sensibilisation. Cependant, il est difficile de venir à bout du blocage psychologique ressenti par les personnes souffrant de l’exclusion sociale et qui se sentent abandonnées par les politiques publiques.

Ces populations perdent progressivement leur motivation pour chercher des solutions. Maria Nowak nous explique que :

168 :165

“En France il y a une sorte d’abandon de principe de la part des potentiels bénéficiaires, l’impression que rien n’est fait pour eux. ”169

Une autre explication à l’expansion modeste de l’activité par les IMF est son coût, notamment du fait de l’accompagnement. Une solution à cela peut être trouvée dans la digitalisation, qui permet de réduire les coûts en créant des plateformes qui centralisent les informations des bénéficiaires et en automatisant les procédures.

Cependant, de la même façon que dans les autres pays, la digitalisation de l’activité doit être pensée pour maintenir le contact humain entre les agents de microfinance et les emprunteurs et ne pas aggraver la fracture numérique (15% des français n’ont pas utilisé internet en 2019170).

b. Faire évoluer plus avant l’environnement réglementaire

La réglementation en France peut encore faire des progrès pour mettre plus en avant la microfinance, et les IMF françaises travaillent constamment pour que ces évolutions s’opèrent.

Notamment, Maria Nowak a fait le choix de dédier la fin de sa carrière à la rédaction du Livre Blanc du Microcrédit Européen, publié en 2019, qui contient des suggestions pour améliorer le cadre dans le pays et en Europe (voir Annexe 12).

Le travail de sensibilisation des pouvoirs publics par les IMF porte d’abord sur la reconnaissance de l’entrepreneuriat en tant que voie d’insertion. Malgré des progrès importants ces dernières décennies, l’entrepreneuriat est encore considéré comme une solution dégradée par rapport au salariat, qui est au centre des décisions légales.

En particulier, les IMF souhaitent que soient mis en place des mécanismes pour orienter davantage les clients vers le microcrédit, par exemple par un renvoi automatique du demandeur actionné par les banques.

Une autre évolution réglementaire souhaitable est la simplification du réseau d’organisations qui participent à la microfinance.

Sa complexité se révèle à la fois très coûteuse et décourageante pour les potentiels bénéficiaires et les partenaires des IMF. Actuellement, l’accompagnement est couvert par 600 institutions différentes (pour la plupart des branches de réseaux nationaux).

Le développement de l’aide directe, via la fusion de certains accompagnants et prêteurs, pourrait par exemple être bénéfique.

169 Entretien avec Maria Nowak, fondatrice et ancienne présidente de l’Adie, 13/01/2021.

170 INSEE.

3) Le rôle des régulations internationales s’intensifie

Les crises connues par la microfinance au début des années 2010, principalement en Inde et au Mexique, ont rendu visible et urgente la nécessité d’encadrer la croissance incontrôlée du secteur partout dans le monde. La communauté internationale s’organise alors pour proposer un ensemble de recommandations et de règles pour les IMF.

Bien que ces directives ne fassent pas autorité, les investisseurs privés en microfinance, dont l’activité progresse fortement depuis le début du siècle, constituent un levier puissant pour inciter les IMF à les suivre.

Parmi les institutions les plus influentes qui se penchent sur cet exercice, on peut citer le CGAP, think tank avec pour objectif le développement des solutions financières pour les populations pauvres. Les organisations composant le CGAP publient régulièrement des recommandations pour les IMF et les investisseurs, épaulées par la recherche et les expérimentations.

D’autre part, la Social Performance Task Force (SPTF), une ONG, publie en 2012 les Normes Universelles de Gestion de Performance Sociale.

Ces Normes Universelles forment un ensemble détaillé de bonnes pratiques qui servent non seulement d’exemple pour les IMF, mais aussi de base pour les investisseurs pour évaluer la performance de ces dernières.

Allant encore plus loin dans les instructions, Cerise a développé le SPI4, un outil d’audit de la performance sociale.

Les 6 catégories des Normes Universelles développées par le SPTF
Les 6 catégories des Normes Universelles développées par le SPTF
Source : Normes Universelles de Gestion de la Performance Sociale. SPTF. (2016).

Ces initiatives ont un impact positif sur les pratiques de microfinance à travers le monde. Les institutions sont incitées à positionner leur mission sociale au centre de leur activité, à mettre en place des offres adaptées aux populations les plus vulnérables, à assurer la protection de leurs clients.

Conclusion

L’étude de la microfinance au Bangladesh et en France nous permet d’identifier des pratiques essentielles au bon fonctionnement de la microfinance, applicables partout :

Procéder en plusieurs étapes.

S’assurer que l’on connaît bien le contexte et le potentiel local grâce à des études de marché et de faisabilité.

Adapter graduellement l’offre à la demande : commencer par une première étape d’implantation basée sur un produit standard qui a fait ses preuves ailleurs, puis progressivement proposer une variété de produits et de déclinaisons. S’émanciper des modèles extérieurs au fur et à mesure.

Préserver la vocation sociale de l’activité.

Lutter contre les dérives liées à la recherche de profit individuel. Être sur le terrain à l’écoute des clients et de leurs besoins pour répondre à la mission sociale première de la microfinance.

Transformer son environnement.

Impacter les réglementations et le secteur financier pour créer un contexte favorable et une dynamique de soutien aux activités de microfinance. Cela est notamment rendu possible par la présence d’un leader fort et visionnaire capable de porter ces évolutions.

Se remettre en question et s’améliorer en permanence.

Être constamment au fait des évolutions du contexte local et des réglementations pour protéger ses clients et ses collaborateurs. Réaliser des études de satisfaction et d’impact régulières. Investir dans les nouvelles capacités techniques.

Cependant, nous avons également souligné que ces deux pays possèdent des caractéristiques spécifiques avantageuses qui ne sont pas forcément réplicables ailleurs.

Au Bangladesh, la forte densité de population répartie de manière relativement homogène sur le territoire, l’uniformité des pratiques culturelles et les forts sentiments communautaires à l’échelle des villages forment un contexte favorable à l’expansion rapide de la microfinance.

En France, la stabilité politique, le cadre réglementaire préexistant, la disponibilité des fonds publics, la présence d’organismes complémentaires et d’un tissu de banques et d’assurances fiable, mais aussi l’accès gratuit à la santé et à l’éducation, ont facilité la création d’IMF qui se concentrent sur leur objectif d’impact social.

L’absence de contexte initial favorable demande d’autant plus d’appliquer les pratiques éclairées que nous avons mentionnées.

Malgré tout, ces conclusions soulèvent des questions supplémentaires, notamment : comment réussir à s’adapter efficacement à un monde qui évolue à une vitesse toujours plus folle?

Comment même aller au-devant de ces évolutions et prévoir les prochaines tendances mondiales?

S’il s’agit de questions que tous les secteurs doivent se poser, l’enjeu est considérable pour la microfinance, dont les bénéficiaires sont particulièrement fragiles et sensibles aux aléas.

Chaque pays doit faire face à ses propres défis, mais il y a trois grandes tendances incontournables qui vont avoir un fort impact sur le secteur dans les années et les décennies à venir.

La première est bien évidemment la gestion des répercussions de la pandémie du Covid-19 et du ralentissement économique brutal qu’elle a généré. Les professions informelles et les emplois précaires sont les premiers impactés, générant une baisse importante de revenus pour les emprunteurs de microcrédits.

Les femmes, cible prioritaire de la microfinance dans les pays pauvres, ont vu la pression de la gestion du foyer se dédoubler avec la fermeture des écoles. La situation a nécessité des réponses rapides plus ou moins efficaces.

En France, au-delà des aides de l’Etat qui ont joué un rôle important d’amortisseur, l’Adie a pris le temps de contacter tous ses emprunteurs pour trouver des solutions personnalisées, notamment des reports de mensualités et un accompagnement accentué pour s’adapter au nouveau contexte171.

Au Bangladesh, la réponse est essentiellement venue du gouvernement, qui a distribué une aide de 30$ à 5 millions de foyers par transferts téléphoniques, et mis un fonds à la disposition des IMF pour les soutenir financièrement.

Au-delà de ces réponses immédiates, l’impact se fera également sur le long terme.

Selon les mots de notre interlocuteur Paul Hailey, “Une différence importante avec le secteur classique qui joue en la faveur de la microfinance est que ses acteurs sont bien davantage prêts à collaborer avec leurs concurrents, et à s’organiser, par exemple pour créer des programmes de restructuration. ”172

En outre, comme toute crise, la situation actuelle demande de réinventer le secteur et d’accélérer fortement les innovations.

Notamment, la distanciation et la nécessité de soulager rapidement les populations marginalisées grâce aux aides oblige à trouver de nouveaux moyens d’acheminement, ce qui nous mène au deuxième grand défi en cours, celui des nouvelles technologies.

171 Entretien avec Alice Rosado, Directrice générale adjointe de l’Adie, 04/02/2021

172 Entretien avec Paul Hailey, Head of Impact chez ResponsAbility, 05/01/2021

La deuxième tendance, qui est déjà devenue incontournable pour la microfinance comme nous l’avons vu, est celle de la digitalisation de l’activité. Celle-ci ouvre la porte à de nombreuses nouvelles opportunités. D’une part, elle permet d’atteindre des populations éloignées, et ainsi d’élargir l’impact du secteur.

De plus, la forte réduction des coûts qu’elle permet, grâce à l’automatisation et à la sécurisation des services, est indispensable pour pouvoir financer l’amélioration des pratiques en termes d’accompagnement, de collecte de données sur les emprunteurs ou encore de prêts à des montants plus importants pour soutenir un développement plus avant des microentreprises.

La International Finance Corporation estime que l’adoption des nouvelles technologies par une IMF lui permet de réduire ses coûts annuels par client de 80%173.

La digitalisation permet enfin aux clients de gérer plus facilement et efficacement les services financiers dont ils bénéficient, d’accéder simplement aux recommandations et aux informations pour les accompagner, et ainsi d’augmenter l’impact de la microfinance sur la situation des emprunteurs.

Cependant, l’adoption des nouvelles technologies pose certains problèmes. D’une part, l’amenuisement du contact direct avec le client risque d’entraîner une perte de connexion de l’activité des IMF avec la réalité locale.

Pour éviter cela, il est nécessaire d’enclencher une réflexion autour de la mise en place de la digitalisation comme une stratégie d’entreprise à inculquer aux employés à toutes les échelles, plutôt que comme une simple modification des procédures.

Il s’agit de ne pas perdre de vue l’objectif, c’est-à-dire l’amélioration de l’impact social. Les solutions digitales peuvent d’ailleurs être très efficaces dans ce domaine si elles sont utilisées de manière appropriée.

Elles peuvent permettre d’adapter l’offre, notamment l’accompagnement, aux caractéristiques des bénéficiaires, par exemple leur âge, leurs ressources ou l’activité qu’ils exercent.

Par ailleurs, l’utilisation de la technologie signifie l’amplification de la fracture numérique et ainsi de la marginalisation des populations vulnérables. Des partenariats avec les entreprises de télécommunication peuvent être efficaces pour étendre la présence des solutions digitales sur le territoire.

Pour finir, il est indispensable pour la microfinance de se préparer aux conséquences déjà tangibles et qui vont s’exacerber du fait du changement climatique.

173 Baromètre de la Microfinance 2019.

L’augmentation des aléas météorologiques va fragiliser d’abord les populations déjà vulnérables, dont les sources de revenus sont les plus affectées (agriculture, pêche, etc. ).

Les IMF doivent donc dès aujourd’hui promouvoir des pratiques plus résilientes. En agriculture, avec l’utilisation de technologies telles que la récupération des eaux ou le choix de semences plus résistantes, mais aussi financièrement, notamment en insistant sur les pratiques d’épargnes.

Il s’agit aussi de sensibiliser et d’informer la population, sur ces domaines mais aussi par exemple en matière d’architecture endurante.

Les IMF doivent également devenir plus résilientes elles-mêmes et se préparer aux défauts de paiement de leurs emprunteurs, ainsi qu’aux besoins d’innovation en termes d’offres et de projets à financer.

Une autre conséquence du changement climatique sera les vastes déplacements de population déjà visibles du fait des réfugiés climatiques. Un pays comme le Bangladesh, très affecté par la montée des eaux, y est particulièrement exposé.

Cela demande de mettre en place les moyens de transfert d’argent nécessaires, notamment grâce à la technologie.

Enfin, la question se pose des pratiques écologiques dans l’activité des emprunteurs. Notamment, en Occident, les micro-entreprises doivent se conformer aux réglementations environnementales et aux attentes des parties prenantes pour avoir des activités économiques pérennes.

Certaines initiatives existent déjà au sein de l’Adie, avec des recommandations par métier, mais le sujet reste encore à approfondir.

Entretiens, Références et Annexes
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