L’ONDA : principal contributeur pour la diffusion des spectacles

L’ONDA : principal contributeur pour la diffusion des spectacles

1.3 Le rôle de l’ONDA : principal contributeur pour la diffusion des spectacles en France

L’Office National de Diffusion Artistique joue un grand rôle dans la diffusion du théâtre européen en France. Il s’agit d’une association créée en 1975 entièrement subventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication (DMDTS – Bureau de la diffusion et des lieux).

Elle a pour mission d’encourager et de soutenir la diffusion en France de spectacles qui s’inscrivent résolument dans le mouvement de la création contemporaine et du renouvellement des formes.

Ses interventions recouvrent l’ensemble du spectacle vivant dans toutes ses disciplines, qu’il s’agisse de spectacles français ou étrangers.

Depuis 10 ans, l’ONDA, à l’initiative de son directeur Fabien Jannelle, a développé de manière significative ses activités dans le domaine international, pour devenir un centre de ressources et un partenaire pour les professionnels du spectacle qui souhaitent donner à leur activité une dimension internationale.

Ainsi, 25% de l’activité de l’ONDA est consacrée à l’international et une chargée de mission (Giusi Tinella) travaille actuellement à plein temps sur le domaine de l’international.

1/2 Ibid.

Trois types d’actions sont entreprises dans le secteur des spectacles étrangers : l’information, l’aide à la diffusion et l’incitation à la rencontre et à l’échange.

1.3.1 L’information

Concernant l’information, un site Internet documenté, entièrement bilingue français-anglais propose un agenda international.

Il ne s’agit pas d’être exhaustif mais de proposer une sélection, un repérage dans l’actualité de la création contemporaine qui relève de la nouveauté et non de la reproduction (l’ONDA n’a aucun intérêt à proposer des productions très proches de ce qui se fait en France).

Le site Internet présente également une sélection de structures françaises et étrangères ayant une programmation internationale ainsi que les sites ressources pour les spectacles internationaux.

1.3.2 L’aide à la diffusion

Par ailleurs, l’ONDA apporte une aide financière pour la diffusion en France de spectacles étrangers. Celle-ci est attribuée à la structure de diffusion après examen du risque artistique et financier de l’opération.

Il contribue également à l’organisation des tournées internationales en encourageant la coopération entre les institutions théâtrales et en aidant au surtitrage des spectacles (le TNB, par exemple, a pu bénéficier d’une aide au surtitrage sur certains spectacles les années passées).

En effet, comme l’explique Jean-Christophe Bonneau, secrétaire général de l’ONDA : « De plus en plus de théâtres nous sollicitent pour l’aide au surtitrage, c’est quelque chose qui est en train de prendre corps progressivement.

Il peut aussi nous arriver, si c’est dans le cadre d’une tournée, de financer les frais de transports. On demande cependant qu’il y ait au minimum cinq théâtres qui s’associent pour accueillir ce spectacle1. »

Ainsi, depuis 1996, des spectacles tels que Roméo et Juliette du Teatro Del Carretto, Barboni de Pippo Delbono (Italie) ou encore Hamletas de Eimuntas Nekrosius (Lituanie) ont tourné en France avec l’aide de l’ONDA.

Des spectacles comme Hamlet, Mesure pour Mesure et Le Songe d’une nuit d’été de Carlo Cecchi (Italie) ont été aidés au surtitrage.

En 2005, 209 spectacles étrangers ont été aidés à la diffusion pour 592 représentations (majoritairement en théâtre et en danse). L’ONDA a aidé au surtitrage et aux tournées internationales à hauteur de 79 894 €.

Néanmoins, les aides s’adressent le plus souvent aux grandes institutions théâtrales : « Il ne faut pas se voiler la face, bien qu’il y ait des exceptions, c’est vrai que sur les questions de l’international on travaille plutôt avec des Centres Dramatiques et des Scènes Nationales.

Pour les simples raisons que cela coûte cher et qu’il faut avoir créé un rapport avec son public assez puissant pour qu’il puisse entendre des propositions parfois très éloignées de ce qu’on peut trouver en France1 ».

1 Entretien avec Jean-Christophe BONNEAU, secrétaire général de l’ONDA du 18 février 2005.

L’ONDA tente toutefois de sensibiliser les autres structures : « pour autant, quand un CDN fait venir un spectacle pour une tournée, on fait en sorte de l’encourager à s’associer avec des centres culturels ou des théâtres de ville, et on s’aperçoit que petit à petit, par porosité, ces choses-là sont en train de prendre2 ».

L’ONDA  principal contributeur pour la diffusion des spectacles

1.3.3 L’incitation à la rencontre et à l’échange

Enfin, l’ONDA soutient la mobilité des professionnels. Membre actif de l’IETM et fondateur du Fonds Roberto Cimetta3, il œuvre au développement des réseaux européens. Soucieux de répondre aux besoins d’échanges et à la nécessité du dialogue à l’échelon européen, l’ONDA organise régulièrement des rencontres internationales et encourage les échanges transfrontaliers.

Ainsi, de 1997 à 2001 (en liaison avec l’AFAA et la DAI), il y a eu les Rencontres professionnelles Franco- italiennes ; de 1999 à 2001 ont été mises en place les Rencontres autour de la création flamande ; en 2000 a vu le jour à Lisbonne une rencontre autour de la création portugaise… Mais Jean-Christophe Bonneau tient à préciser que l’ONDA n’est pas une agence de voyage : « il ne s’agit pas que les gens aillent se promener, on les manage un peu là-bas pour qu’ils puissent voir des choses et on organise la venue de professionnels à l’étranger sur des événements qui nous semblent importants.

On s’aperçoit que ça facilite beaucoup l’échange et la connaissance.

Après, ces professionnels-là reviennent en France, on fait d’ailleurs souvent des réunions de bilan, de travail pour voir s’il y a des spectacles qui peuvent tourner, on sait que c’est à partir de ces gens-là que peuvent se créer des tournées en France d’artistes étrangers donc c’est vraiment la ‘culture de réseau’ sans que ce soit formel et que ce soit des réseaux absolument figés4 ». En 2005, l’ONDA a contribué à hauteur de 31 953 € pour la mobilité des professionnels.

Il est à noter que l’ONDA est le contributeur le plus important pour la diffusion des pièces étrangères en France : en 1998, cette diffusion est soutenue à 43% dont à 18% pour l’ONDA.

Aussi, bien qu’il y ait des organismes en Europe se rapprochant de l’ONDA, comme le touring department (en Grande-Bretagne) ou l’ETI (organisme italien), cette structure française reste unique en son genre en termes d’actions et de moyens financiers.

1.4 La promotion des cultures étrangères en France

La promotion des cultures étrangères en France s’inscrit dans la politique de soutien à la diversité culturelle. Depuis quelques années la possibilité est donnée à un pays étranger, invité officiel de la France, de présenter les différentes facettes de sa culture à travers un ensemble de manifestations culturelles.

1/2/3Ibid.
3Cf. lexique p. 121.
4Entretien avec Jean-Christophe BONNEAU, op. cit.

Relevant en premier lieu du Ministère des Affaires étrangères (Direction générale de la coopération internationale et du développement) et du Ministère de la Culture et de la Communication (Délégation au développement et aux affaires internationales), en lien avec les ministères correspondants de chaque pays, elles sont mises en place et réalisées grâce à la collaboration et à l’expertise de l’AFAA.

Les projets retenus sont présentés par diverses structures culturelles (théâtres, cinémas, musées, etc.) dans toute la France.

Ces opérateurs entretiennent ainsi des rapports étroits avec le pays mis à l’honneur et contribuent souvent à des échanges qui se prolongent au fil des ans. Le théâtre européen a donc une place importante dans le cadre de ces opérations.

Parmi les pays mis à l’honneur de 1999 à 2005, il y a eu les pays d’Europe (de l’Atlantique à l’Oural) suivants : La Géorgie (Regards sur la culture géorgienne, printemps 1998 – printemps 1999), l’Ukraine (Regards sur la culture ukrainienne,

15 septembre – 15 octobre 1999), la Hongrie (MAGYart, saison hongroise, juin- décembre 2001), la République tchèque (Bohemia Magica, une saison tchèque en France, mai-décembre 2002), la Pologne (Nova Polska, une saison polonaise, mai- décembre 2004), l’Islande (Islande de glace et de feu, 27 septembre – 10 octobre 2004), et la Lettonie (Étonnante Lettonie, 31 octobre – 10 décembre 2005).

Il faut enfin souligner que l’AFAA prévoit pour 2008 un ambitieux programme de saison culturelle sur le thème « France-Europe ».

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :

Auteur·trice·s :
Sabrina PASQUIER
Sabrina PASQUIER
Université :
Université de Bretagne Occidentale  - UFR Lettres et sciences humaines
Année de soutenance :
Master 2 Management du spectacle vivant - Septembre 2006
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