Le développement des réseaux d’information : IETM & THEOREM

Le développement des réseaux d’information : IETM & THEOREM

2.2 Le développement des réseaux d’information

L’Europe a favorisé la croissance de réseaux culturels dits d’ « information », qui forment aujourd’hui un maillon essentiel de sa politique, notamment des pays où les pouvoirs publics sont peu actifs. Au-delà de leur mission première d’information, tous sont des organes de réflexion, d’entraide et de coopération.

A l’inverse des réseaux « formels » que constituent l’UTE et la CTE, ils permettent plus de liberté, dans un cadre dénué de hiérarchisation. Au nombre d’entre eux, deux font figure d’exemple.

2.2.1 IETM (Informal European Theater Meeting)

Créé en 1981, l’IETM constitue le plus important réseau informel consacré au théâtre et à la danse contemporaine.

Association internationale de droit belge, installée à Bruxelles, elle regroupe 400 organisations professionnelles réparties dans 45 pays, dont plusieurs pays hors Europe (15 à 20% des membres sont issus d’Europe centrale et orientale et 15% de pays méditerranéens).

L’IETM, c’est en juin 2005 65 réunions en 20 ans dans 35 pays réunissant plus de 15 000 participants, 14 études sur les arts de la scène en Europe, des centaines de coproductions, échanges, tournées, partenariats, une représentation dans toutes les conférences internationales…

Son objectif est de favoriser les collaborations et les échanges artistiques transfrontaliers au nom de la diversité culturelle. IETM est financé par ses membres (cotisation de 290 à 920 €), mais aussi par la communauté flamande, le ministère de la culture néerlandais et l’Union européenne.

En France, l’ONDA est son correspondant pour le théâtre. Le réseau est organisé en 3 grandes branches : réseau – projets – information et formation. Chacune fait l’objet de programmes décidés annuellement par son Bureau, lors de réunions plénières.

Sa principale activité est centrée sur l’information et la formation des professionnels. A cette fin, elle a initié un portail web (www.on-the-move.org), grande banque de donnée du réseau.

IETM provoque également des réunions satellites avec les pays de la Méditerranée pour engager des collaborations entre les membres. Son sérieux en a fait un expert très demandé par les ONG et les instances gouvernementales de nombreux pays.

2.2.2 THEOREM

En 1998, le Festival d’Avignon initie, sous l’impulsion de Bernard Faivre d’Arcier le projet de coopération européenne THEOREM, dans le but de soutenir et de faire connaître aux publics européens le travail de jeunes artistes talentueux d’Europe centrale et orientale, dans le domaine du théâtre et de la danse contemporaine.

Plate-forme d’échanges d’informations et de partenariats concrets, l’association THEOREM regroupe aujourd’hui une vingtaine de membres, directeurs de théâtres et festivals (Hebbels, Lift, De Singel, Roma Europa…) issus de 12 pays européens.

En s’associant pour la production et la diffusion de spectacles dans toute l’Europe, l’idée est ainsi de contribuer à la mise en place d’une Europe culturelle, associant « l’Est » à « l’Ouest », au moment de l’élargissement européen.

THEOREM développe quatre axes d’activité : l’information sur la scène théâtrale et chorégraphique en Europe centrale et orientale, la coproduction et la diffusion de spectacles, les échanges artistiques (résidences d’artistes, ateliers), la formation et l’échange de savoir-faire (séminaires, stages, bourse de mobilité pour les métiers techniques et administratifs du spectacle vivant).

Le Festival d’Avignon, comme l’ensemble des membres de l’association, présente régulièrement des spectacles d’Europe centrale et orientale.

En 2000, le programme « De la Baltique aux Balkans » regroupait neuf spectacles et un cycle de lecture dont entre autre Le Maître et Marguerite d’Oskaras Korsunovas (Lituanie) à la Salle Benoît XII (coproduction Festival d’Avignon).

En juillet 2001, le Festival a présenté 4 spectacles est-européens dont Hamlet de William Shakespeare, mis en scène par Krzysztof Warlikowski (Pologne) à la Baraque Chabran. Un cycle de lecture sur les nouvelles dramaturgies d’Europe centrale et orientale, et des concerts de musiques hongroises ont complété cette programmation.

En 2002, 5 productions ont été présentées parmi lesquelles Purifiés mis en scène par Krzysztof Warlikowski (Pologne) au Gymnase Saint-Joseph et Médée- Matériau mis en scène par Anatoli Vassiliev (Russie) à la Chapelle des Pénitents blancs.

THEOREM bénéficie du soutien de la Commission européenne dans le cadre du programme Culture 2000.

Le développement des réseaux d’information IETM & THEOREM

2.2.3 Les autres pôles d’information

1/ Relais Culture Europe

Le Relais Culture Europe est le point de contact français pour le programme Culture 2000 de l’Union européenne, crée en 1998 à l’initiative de la Commission européenne et du Ministère de la Culture et de la Communication.

L’évolution du secteur de la coopération culturelle a conduit le Relais Culture Europe a étendre son activité originelle de structure conseils aux opérateurs désireux de développer des projets de coopération culturelle et à intégrer progressivement de son mode d’action la notion de travail en réseau que ce soit au niveau national, européen ou extra-européen.

Dans ce contexte, la mise en place du réseau des pôles régionaux, le développement des partenariats d’activité avec les centres ressources, agences nationales ou réseaux culturels européens prend tout son sens.

L’activité du Relais Culture Europe s’organise autour de trois grands pôles d’activités et de trois pôles de service : sensibiliser et informer, accompagner les opérateurs, former les professionnels de la culture.

2/ Culturelink

Il faut citer aussi Culturelink, la base de données fondée par le Conseil de l’Europe et l’Unesco en 1989. Elle présente en ligne une très riche banque de données de la plupart des organisations culturelles, pays par pays.

Cette base en anglais est alimentée par les 10 membres de Culturelink répartie sur tous les continents : elle est interactive.

3/ JUNGE HUNDE

Le réseau JUNGE HUNDE a été créé en 1995 pour permettre aux jeunes artistes de tourner en dehors de leur propre pays, pour favoriser la rencontre d’artistes étranger et créer ensemble des coproductions.

Chaque année, un nombre d’événements publics, festivals, résidences, coproductions, échange d’artistes, ateliers, séminaires et débats ont lieu dans les villes membres. Ce réseau est basé en Allemagne.

Ainsi, de nombreux réseaux ne cessent de se développer pour l’information et la circulation d’artistes en Europe.

Dans un paysage culturel européen que l’on peut brosser à grands traits : une Europe occidentale riche, une Europe orientale sans ressources, une exception culturelle française fragile face aux institutions anglo-saxonnes et des institutions européennes quasi-fantômes, engluées qu’elles sont dans leur principe de subsidiarité qui prévaut encore, l’heure est à la culture de réseau, au partage des savoirs autant pour les artistes que pour les citoyens et à la lutte contre le repli identitaire.

Ces différents réseaux ont ceci de commun qu’ils opèrent un rapprochement entre les institutions théâtrales et qu’ils bâtissent des collaborations entre les artistes et les opérateurs culturels.

Les deux conditions au bien-fondé des réseaux restent la volonté et la liberté d’action. Pour chaque membre des réseaux, la démarche doit être libre, on ne peut imposer une coopération, elle doit reposer sur une demande et un désir.

Il convient toutefois de souligner le grand paradoxe français :

On observe une forte implication de la France dans la création de ces réseaux : l’UTE a vu le jour à l’initiative de Giorgio Strehler alors directeur de l’Odéon ; la CTE compte parmi ses membres fondateurs Daniel Benoin, alors directeur de La Comédie de Saint-Etienne ; THEOREM a été créé sous l’impulsion de Bernard Faivre d’Arcier, alors directeur du festival d’Avignon ; le président de l’IETM, Laurent Dréano, est un Français… Or, si des français s’investissent dans les réseaux européens jusqu’à les diriger, les français se sentent peu concernés, comme l’a indiqué Laurent Dréano, président de l’IETM : « Les français n’ont jamais été aussi peu nombreux, proportionnellement, dans les réseaux internationaux1 ».

A la jonction de l’univers culturel méditerranéen et de l’univers culturel nordique, les milieux professionnels français sont dans une situation contradictoire sur la question du rôle des réseaux et de leur participation.

Fabien Jannelle explique ce paradoxe par le désintérêt relatif de la plupart des artistes et institutions français (expliqué ci-avant) pour l’exportation et l’ouverture sur l’étranger.

1 Les actes des BIS de Nantes 2006, p. 68.

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :

Auteur·trice·s :
Sabrina PASQUIER
Sabrina PASQUIER
Université :
Université de Bretagne Occidentale  - UFR Lettres et sciences humaines
Année de soutenance :
Master 2 Management du spectacle vivant - Septembre 2006
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