Estimation de la richesse spécifique et densité des orthoptères

Estimation de la richesse spécifique et densité des orthoptères

III.2. Estimation de la richesse spécifique

La richesse en espèces est l’une des composantes de la diversité les plus importantes en écologie communautaire, car c’est un concept clé dans plusieurs théories biologiques et stratégies de conservation (Magurran, 2004).

Cependant, le nombre d’espèces détectées dépend remarquablement de l’échantillonnage (Gotelli & Colwell, 2011) et nécessite une attention particulière pour les données estimées à partir d’échantillons de terrain (MacKenzie, 2006).

Lors d’un échantillonnage des peuplements d’Orthoptères d’une région, une question revient toujours à l’esprit qui est : comment savoir quand arrêter l’échantillonnage ?

Au fur et à mesure que plus d’individus sont contactés, le taux de découverte de nouvelles espèces diminue généralement.

Une fois que nous avons trouvé 20 espèces par exemple, nous devrons peut-être augmenter le nombre d’échantillonnage pour trouver la 21ème espèce et un nombre encore plus grand pour trouver la 22ème espèce, car la plupart des espèces communes ont probablement été rencontrées.

Un problème pratique qui se pose lors de la mesure de la richesse et de la diversité des espèces consiste à déterminer quand vous avez suffisamment collecté pour arrêter l’échantillonnage.

Heureusement, les statisticiens ont mis au point un certain nombre de techniques permettant d’utiliser cette baisse du taux de découverte pour estimer la richesse totale en espèces du site.

La caractérisation de la diversité spécifique des différents habitats a été faite grâce aux courbes d’accumulation de la richesse spécifique.

Ces courbes sont largement utilisées dans la comparaison de la diversité spécifique observée dans différents sites d’un paysage (Ugland et al., 2003 ; Kalinganire et al., 2005).

Par ailleurs, ces courbes d’accumulation de la richesse spécifique fournissent une importante information sur la représentativité de l’échantillonnage par rapport à la biodiversité de la zone d’étude, c’est-à-dire le nombre d’espèces rencontrées en fonction de l’effort d’échantillonnage. C

oncrètement, elles permettent d’estimer la richesse spécifique si les milieux ont été suffisamment échantillonnés (Niyukuri et al., 2014).

Afin de comparer la richesse en espèces des assemblages des Orthoptères des différents milieux de la vallée du M’Zab, des courbes d’accumulation d’échantillons randomisées ont été calculées et extrapolées à 36 échantillons à l’aide du logiciel Estimâtes S (Colwell, 2013).

Les courbes de raréfaction basées sur des échantillons ont été tracées ensemble pour chaque site afin de vérifier l’exhaustivité de l’échantillonnage.

En analysant la richesse spécifique des neuf biotopes échantillonnés dans la vallée du M’Zab, nous constatons que le milieu cultivé Ben Isguen présente une richesse spécifique plus élevée par rapport aux autres (Figure 7).

Pour le milieu cultivé Ben Isguen, le nombre de 24 espèces est atteint après 36 échantillons, ce qui suggère qu’aucun autre échantillon n’était nécessaire après le 36ème échantillon.

Le nombre cumulatif d’espèces pour chaque milieu cultivé variait entre 24 espèces à Ben Isguen, 22 espèces à Ghardaïa et 16 espèces à El Atteuf pour les milieux cultivés. Ces nombres cumulatifs d’espèces sont atteints respectivement après le 36ème, 29ème et 15ème échantillon.

Au niveau des palmeraies de Ben Isguen, Ghardaïa et El Atteuf, le nombre cumulatif d’espèces est respectivement 18,16 et 15 espèces, Ces chiffres sont enregistrés respectivement après le 16ème, 14ème et 10ème échantillon.

Courbes d’accumulation de la richesse spécifique des neuf sites d’étude

Figure 7. Courbes d’accumulation de la richesse spécifique des neuf sites d’étude

Les milieux naturels de Ben Isguen, Ghardaïa et El Atteuf notent respectivement 21,17 et 14 espèces, Ces nombres cumulatifs sont atteints respectivement après le 19ème, 15ème et 13ème échantillon. Les courbes de raréfaction ont montré que l’échantillonnage était suffisant sur chaque site.

Les courbes basées sur les échantillons ont atteint toutes les asymptotes. Les méthodes non paramétriques d’estimation de la richesse en espèces réelle ont indiqué que l’inventaire de chaque habitat était complet.

Malgré l’effort d’échantillonnage suffisant et même si les principales biotopes de la vallée du M’Zab ont été visitées et apportent l’essentiel des informations, d’autres localités de la région d’étude pourraient être échantillonnées.

Malgré des différences dans les efforts d’échantillonnage, Les assemblages les plus riches étaient ceux des milieux cultivés de Ben Isguen et Ghardaïa, et les plus pauvres, ceux de palmeraie et milieu naturel d’El Atteuf.

III.3.Variation saisonnière de la densité des Orthoptères

Les densités maximales caractérisent les relevés effectués en milieux cultivés (163 individus à 118 individus pour 100 m²).

Inversement, les densités les plus faibles (3 à 4 individus pour 100 m²) correspondent aux milieux naturels et les palmeraies, Les figures 8,9 et 10 montrent la variation saisonnière de la densité de population d’Orthoptères (adultes et larves) pendant la période de l’étude.

Variation saisonnière de la densité de population d’Orthoptères (adultes et larves)

Figure 8. Variation saisonnière de la densité de population d’Orthoptères (adultes et larves) enregistrée au cours de la période d’étude dans les milieux cultivés.

La densité totale des sauterelles a varié au cours de la période d’étude. Des densités plus élevées ont été atteintes en Eté 2018 dans les milieux cultivés (163 individus / 100 m2) à Ghardaïa, (156 individus / 100 m2) à Ben Isguen et (118 individus / 100 m2) pour El Atteuf.

Des densités plus faibles ont été enregistrées en Hiver 2017 dans les milieux naturels. On note (3 individus / 100 m2) à Ghardaïa et Ben Isguen. Les plus faibles densités ont été marquées aussi dans la palmeraie d’El Atteuf durant la saison hivernale des trois ans d’étude (4 à 5 individus pour 100 m²).

Variation saisonnière de la densité de population d’Orthoptères (adultes et larves)

Figure 9. Variation saisonnière de la densité de population d’Orthoptères (adultes et larves) enregistrée au cours de la période d’étude dans les palmeraies

Les densités étaient plus élevées dans les sites moins perturbés de Ben Isguen et Ghardaïa. Des résultats similaires ont été observés par Cigliano et al., (2002) dans le comté de Benito Juarez, sud de la Pampa, en Argentine, où les habitats non perturbés ont entraîné une augmentation globale densités de sauterelles.

Les assemblages des Orthoptères peuvent différer en densité, en dominance et en composition spécifique en raison des différences de végétation, d’humidité, de sol et de température de l’habitat (Joern, 1982).

Variation saisonnière de la densité de population d’Orthoptères (adultes et larves) 

Figure 10. Variation saisonnière de la densité de population d’Orthoptères (adultes et larves)  enregistrée au cours de la période d’étude dans les milieux naturels

Le pic observé en Eté pourrait s’expliquer par les fortes températures. La plus faible densité notée en Hiver pourrait s’expliquer par des températures basses.

En effet les densités ont eu tendance à augmenter par temps chaud et sec dans notre étude. Ce résultat ne concorde pas avec ceux enregistrés dans le sud Argentine, où la densité des sauterelles n’a pas été affectée par les précipitations et la température saisonnières (Wysiecki et al., 2011).

Durant la Saison hivernal la majorité des Acridiens sont en diapause (embryonnaire, larvaire ou imaginale). Au printemps les insectes en général et les Orthoptères en particulier augmentent leur effectif à cause des éclosions des œufs et la reprise de leur activité.

Le recouvrement végétal devient important durant le Printemps, ce qui favorise une élévation progressive en espèces et en individus des Acridiens. En général la densité des criquets commence à augmenter en Printemps pour atteindre le maximum en Eté.

Cette densité élevée est maintenue durant l’Automne pour diminuer progressivement jusqu’à la mauvaise saison. Ainsi, le moment des précipitations et le temps ensoleillé peuvent jouer un rôle très important dans la détermination de la densité des sauterelles (Stauffer & Whitman, 1997).

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :

La première page du mémoire (avec le fichier pdf) - Thème :
Inventaire et bioécologie de quelques Orthoptères dans la vallée du M’Zab (Ghardaïa)
Auteur·trice·s :
ZERGOUN Youcef
ZERGOUN Youcef
Université :
Université kasdi merbah – OUARGLA - Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie
Année de soutenance :
Présentée en vue de l'obtention du diplôme de Doctorat ès sciences en Sciences Agronomiques - 2019/2020
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