Lola Nederlants
École Supérieure des Arts Saint-Luc de Liège - Mémoire de 2e master en Communication Visuelle et Graphique

Les récupérables : un marque des vêtements d’upcycling

  1. Vêtement de mariage, dégagement des codes graphiques
  2. Lola Nederlants
  3. L’Upcycling et le mouvement hybride de la mode
  4. Le mouvement No Gender et le Streetwear
  5. Le mariage traditionnel européen: définition et historique
  6. Les codes du mariage les codes de la scénographie
  7. Upcycling et Martin Margiela: analyse de créations
  8. La marque Andrea Crews: historique et analyse
  9. Le styliste Marine Serre: historique et analyse de créations
  10. Les récupérables : un marque des vêtements d’upcycling
  11. Les collections de Stella McCartney: sportswear et tailoring
  12. La marque BassCoutur : redesign, rethink et recycle
  13. Super Marché : une marque de vêtements upcyclés
  14. Frankie Collective et Tryna B Studios: le style streetwear
  15. La marque Off-White des vêtements streetwear
  16. Heron Preston et sa marque de vêtements streetwear
  17. Rad Hourani et Hood by Air: collections no gender
  18. Jean P. Gaultier, H&M, Vandevorst: vêtements de mariage
  19. Les vêtements de mariage et la mode contemporaine

Les récupérables : un marque des vêtements d’upcycling

LES RÉCUPÉRABLES

J’ai choisi la marque « Les récupérables » non pas nécessairement pour l’aspect esthétique/mode de la marque, qui en l’occurrence me correspond moins, mais surtout pour l’état d’esprit de celle-ci, pour la manière dont la créatrice a choisi de confectionner ses vêtements afin de lutter contre la fast fashion.

2.1.1.4.1 Historique

Anaïs Dautais Warmel, jeune styliste française, a lancé sa marque de vêtements féminins, Les Récupérables, en 2016. Déjà dès son plus jeune âge, elle était attirée par la mode, les tissus, elle composait déjà ses tenues dans les fripes, les boutiques de seconde main. Sa grand-mère était couturière, ce qui a renforcé son amour pour ce domaine.

Mis à part cela, rien ne la destinait à lancer sa marque de vêtements étant donné qu’à l’époque, Anaïs Dautais avait entrepris des études de langues et de commerce international. C’est d’ailleurs lors d’un voyage au Brésil, à la fin de ses études, que le déclic s’est produit. La pauvreté de la population donne lieu à la pratique du recyclage.

C’est en étant témoin de cette triste réalité qu’elle va porter de l’intérêt à la lutte contre le gaspillage, à l’upcycling.

« Lors d’un voyage au Brésil, je me suis rendue compte que là-bas, par nécessité, ils recyclent les déchets qui deviennent ainsi une ressource. Je me suis dit : pourquoi continuer à produire encore alors qu’il y a tant de matière à réutiliser ? »55

À son retour en France, elle va d’abord travailler dans une friperie à Paris, où elle le dit elle-même, « Des kilotonnes de textiles, j’en ai vu passer des montagnes et des montagnes»56.

55 SCHÜTZ, V., Mode éco-responsable : trois créatrices qui nous font aimer le recyclage sur Madame Figaro, https://madame.lefigaro.fr/style/mode-eco-responsable-trois- creatrices-qui-nous-font-aimer-le-rec-200219-163858
56 BURLET, F., Les Récupérables, la marque qui transforme des chutes de tissu en pièces mode sur Les Inrockuptibles, https://www.lesinrocks.com/2017/10/23/style/style/les- recuperables-la-marque-qui-transforme-des-chutes-de-tissu-en-pieces-mode/

Par la suite, elle a oeuvré dans une ressourcerie qui collait mieux à ses attentes. La ressourcerie « La Petite Rockette » récolte, revalorise, revend, tout en sensibilisant à la consommation.

C’est donc après son voyage au Brésil et en constatant l’accumulation de tous ces textiles lors de ses jobs à Paris, qu’Anaïs Dautais décida de fonder sa marque de mode responsable sur le principe de l’upcyling et d’une économie circulaire avec l’aide d’une modéliste, Bethsabée Elharar Lemberg. En 2019, la créatrice inaugurait l’ouverture de sa première boutique à Paris.

« LES RÉCUPÉRABLES, C’EST L’UP- CYCLING MADE IN FRANCE »57.

57 DAUTAIS, A., Notre démarche sur Les Récupérables, https://lesrecuperables.com/pages/notre-demarche

2.1.1.4.2 Analyse de créations

Comme nous l’avons découvert précédemment, la styliste Anaïs Dautais réalise les pièces de ses collections entièrement partir du principe de l’upcycling.

Elle récupère des tissus grâce aux dons des particuliers et rachètent des fins de rouleaux d’autres marques afin d’éviter leurs destructions planifiées. « Le déchet est une ressource »58, insiste la créatrice.

58 TIXIER, A., La mode se met sérieusement au recyclage sur Nouvelobs, https://o.nouvelobs.com/mode/20180413.OBS5123/la-mode-se-met-serieusement-au-recyclage.html#

Elle trouve également sa matière première dans les ressourceries et les Emmaüs parisiens.

Sa marque de fabrique est, incontestablement, la récupération de rideaux, nappes, draps, linges de maison vintage. « C’est dans les rideaux, que l’on fait les plus belles combis »58, déclare-t-elle. Elle veut ainsi donner une seconde vie à ces anciens tissus.

Figure 27. Les Récupérables, © Sébastien Tabarin

Les vêtements de ses collections sont majoritairement très colorés et bondés d’imprimés de toute sorte donnant lieu à des pièces modernes.

Ce sont généralement des pièces uniques, elle utilise parfois le même patron mais le tissus employé sera différent. Encore un plus apporté par la marque sur le plan environnemental dans le fait que « pour ne pas produire plus que nécessaire, nous organisons un système de pré-commande avant de lancer la fabrication »59.

« LA MODE EST RÉCUPÉRABLE. L’INDUSTRIE DU TEXTILE, ELLE, EST AU BOUT DU ROULEAU » 60

59 SCHÜTZ, V., loc. cit.
60 PRESSON, H., Anaïs Dautais Warmel sur Canal +, https://detours.canal.fr/fan-de-recup-cette-parisienne-invente-pret-a-reporter/

Outre son implication dans la manière de confectionner ses vêtements, la créatrice de mode tient à ce que toutes les étapes de production se déroulent en France. La marque s’inscrit ainsi dans une économie circulaire.

Elle s’engage aussi au niveau social en confiant, à des ateliers d’insertion en France, pratiquement la totalité de leur production.

Anaïs Dautais précise « l’idée est de créer de l’emploi non-délocalisable, en insertion, pour permettre à des personnes très éloignées de l’emploi de retrouver une activité économie et la dignité qui va avec ! »61. Elle démontre la transparence de sa marque sur son site.

61 PALAIZINES, A., Les Récupérables : l’upcycling au service de la mode responsable sur L’Info durable, https://www.linfodurable.fr/conso/les-recuperables-lupcycling-au-service-de-la-mode-responsable-4659

En plus d’être en désaccord avec le mode de fonctionnement de la fast fashion, la fondatrice souhaite « empêcher la standardisation des individus orchestrée par la grande distribution et inciter chacun à prendre confiance en soi »62.

62 CHAUVET, A., La mode équitable file un bon coton sur Télérama, https://www.telerama.fr/monde/la-mode-equitable-file-un-bon-coton,n5533816.php

Les récupérables : un marque des vêtements d’upcycling

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