La communication et le milieu de l’enseignement supérieur

  1. La communication scientifique au Sénégal
  2. Moctar Kamakaté NAMADOU
  3. La notion et les types de communication scientifique
  4. Communication scientifique et valorisation de la recherche
  5. L’enseignement supérieur au Sénégal: étude de ce secteur
  6. La communication et le milieu de l’enseignement supérieur
  7. Des initiatives extérieures de communication scientifique
  8. La communication de l’information scientifique et technique
  9. Pour la valorisation scientifique en particulier

La communication dans le milieu de l’enseignement supérieur

Partie II : Cadre analytique et pratique

Chapitre I : Analyse et interprétation des données

I. L’entretien et le questionnaire

1. L’entretien par questionnaire

Le questionnaire a été administré, par e-mail, réseaux sociaux (WhatsApp et Messenger) et en présentiel avec des copies imprimées, aux étudiants et enseignants des universités privées principalement.

Nous avons reçu effectivement quarante-deux (42) réponses.

Par ailleurs, le questionnaire a été structuré de façon à recueillir :

  • La proportion de personnes qui connaissent le sujet ;
  • Les usages des étudiants et des professeurs dans l’accès à la documentation grise ;
  • Et la visibilité des IST auprès de ces derniers.
  • Le formulaire divisé en trois parties, l’une destinée aux enseignants l’autre aux étudiants et la dernière à ceux qui ne sont ni l’un, ni l’autre.

2. Entretiens :

L’entretien s’est tenu avec Monsieur DIA Mamadou, Ingénieur documentaliste et chef de centre d’information et de documentation de l’Ecole inter-états de médecine vétérinaire de Dakar.

L’entretien a tourné autour des thèmes suivants :

  • De la communication scientifique et technique en général au Sénégal ;
  • Des acteurs de la CST et la valorisation des IST :
  • Des existants en matière de CST
  • Des perspectives.

II. Présentation, interprétation et discussion des résultats

1) Presentation

Sur les 42 réponses obtenues 61,9 % viennent des étudiants, 23,8 % viennent des enseignants et les 14,3 % restants, des personnes qui ne sont ni étudiants ni enseignants.

Présentation de la population
Figure 1 : Présentation de la population

Nous rapporterons les questions qui sont identiques aux trois différentes parties ensemble ; et isolément les questions spécifiques à chaque partie.

* Les Enseignants

A quelles écoles intervenez-vous ?

Tableau 1 : Répartition de la population « enseignants » dans les écoles.

Ecoles IAM ISM IMAN ESMT ESTM ISEG Supdeco
Réponses 2 (20 %) 1 (10 %) 0 2 (20 %) 1 (10 %) 5 (50 %) 1 (10 %)

Quelle est votre spécialité ?

Tableau 2 : cours dispensés, spécialités.

Domaines Marketing Gestion de projet Marketing et communication Communication Réseau Management d’entreprise
Occurrences 1 2 3 2 1 1

Combien d’années d’expérience avez-vous dans l’enseignement ?

Tableau 3 : Année d’expérience des enseignants

Choix 1 à 3 ans 4 à 7 ans 8 à 10 ans Plus de 10 ans
Occurrences 50 % 40 % 10 % 0

Avez-vous une fois dispensé un cours en communication scientifique ?

Enseignement de la CST
Figure 2 : Enseignement de la CST

Combien d’articles avez-vous déjà publié ayant pour institution d’affiliation une université privée (du Sénégal) ?

Activité scientifique des enseignants
Figure 3 : Activité scientifique des enseignants

A combien de colloque (national ou international) avez-vous déjà participé ayant pour institution une université privée ?

Tableau 4 : CST non-écrite

Options Aucun Entre 1 et 3
Réponses 8 (80 %) 2 (20 %)

Avez-vous déjà Cité un collègue dans un de vos travaux ?

isibilité entre enseignants
Figure 4 : visibilité entre enseignants
* Les étudiants

Quelle est votre filière ?

Filières des étudiants
Figure 5 : Filières des étudiants

Les deux réponses masquées sont : « journalisme » et « télécom ».

A quel (le) école, université, institut êtes (étiez) – vous ?

Ecoles des répondants
Figure 6 : Ecoles des répondants

Les réponses masquées sont : « Management », « UGB » et « E-jicom ».

Aviez-vous déjà produit de la documentation grise (mémoire, article, thèse, dossier…) ?

Productions scientifiques
Figure 7 : Productions scientifiques

Avez-vous une fois lu un travail académique de l’un de vos enseignants (du privé), par curiosité ou par besoin ?

Visibilité scientifique
Figure 8 : Visibilité scientifique

Avez-vous déjà cité un de vos enseignants dans vos travaux académiques ?

Visibilité scientifique
Figure 9 : Visibilité scientifique

Avez-vous un laboratoire dans votre école / institut / université ?

ortion d’existence de laboratoire
Figure 10 : Proportion d’existence de laboratoire

Si oui, comment l’utilisez-vous ?

Utilisation faite des laboratoires
Figure 11 : Utilisation faite des laboratoires

Avez-vous déjà co-écrit et publié un article / une communication, etc. avec un de vos professeurs ?

Autres formes de laboratoire
Figure 12 : Autres formes de laboratoire

Avez-vous une bibliothèque dans votre école / institut / université ?

Existence de bibliothèque
Figure 13 : Existence de bibliothèque

Quelle sorte de documents y trouve-t-on ?

Tableau 5 : Contenue des bibliothèques

Options Livres (monographie) Manuels Dictionnaires [Ressources] électronique [s] Autres
Réponses 11 (68,8 %) 8 (50 %) 2 (12,5 %) 1 (6,3 %) 1 (6,3 %)

* Autres personnes (non-étudiants et pas enseignants)

Population non-estudiantine & non-enseignantes
Figure 14 : Population non-estudiantine & non-enseignantes
* Les questions centrales communes aux trois types de répondants.

Nous avons compilé les résultats dans le tableau ci-après.

Nous avons dans un premier temps compilé les réponses en mettant ensemble les réponses sémantiquement proches, ou en éliminant simplement les occurrences répétitives.

Tableau 6 : Condensé des questions centrales communes aux populations

Enseignants Etudiants Autres
Aviez-vous déjà entendu le concept de communication scientifique ? Oui : 60 % Oui : 34,6 % Oui : 33,3 %
Non : 40 % Non : 65,4 % Non : 66,7 %
Comment comprenez-vous le terme « communication scientifique » ? – Communication entre les scientifiques, Echanges entre scientifiques.- Vulgarisation des recherches, Diffusion de la science aux non-initiés, communication de contenus scientifiques, Publication scientifique, vulgarisation, etc.- Application des techniques de communication dans le domaine scientifique.

– J’entends par là une communication basée sur les théories scientifiques, Elle est un moyen d’établir une relation entre une ou un groupe de personnes.

– Communication sur la science.

– C’est la publication des recherches scientifiques, diffuser les problématiques et les résultats de la recherche scientifique fondamentale ou appliquée ;

– Un terme nouveau, Aucune idée ;

– […] analyser les résultats scientifiques ;

– La communication qui est en rapport avec la science, une communication sur la science, Communication à travers la science, Un échange basé sur la science- publication des travaux scientifiques avec de [s] personnes en attendant les critiques et suggestions ;

– Vulgarisation des savoirs scientifiques à l’endroit du grand public

– C’est une communication basée sur un raisonnement scientifique

– Communication autour de la science.

– Rien- Vulgarisation de la science- les colloques, les revues scientifiques.

– Fait de communiquer entre scientifiques. Et de publier dans les revues scientifiques

Pour Vos travaux et recherche, où, exactement, trouvez-vous de la documentation ? – En ligne, internet ;- Bibliothèques ;- Bibliothèques en lignes ;- Livres physiques – Sur internet, Google et les essentiels du marketing ;

– Bibliothèques, bibliothèque et sur internet, livres déjà disponibles [en ligne] ;

– « Terrain d’enquête » ;

– À la bibliothèque de l’école […] ;

– à la bibliothèque de la chambre de commerce ;

– Bibliothèque UCAD, au centre de documentation de notre faculté ;

Connaissez-vous ScholarVox ? Oui : 90 % Oui : 73,1 %
Non : 10 % Non : 26,9 %
En faites-vous usage ? Oui : 50 % Oui : 19 %
Non : 50 % Non : 81 %
Si oui, pourquoi ? – Par raccourci- C’est très pratique, L’accès me paraît plus facile et accessible, Parce que c’est accessible via l’école.

– Juste quelques fois. Pour voir s’il existe des documents sur un sujet.

– Pour des recherches, me documenter ;-

Pour trouver des informations précises sur mes recherches ;

– Il n’y a plus de documentation que sur Internet même si c’est payant ;

Que pensez-vous de Scholarvox (Avantages et limites) ? – Utile, mais ne règle que la moitié du problème.

– Pratique dans un environnement connecté. Mais en déplacement, ça devient compliqué. On ne peut pas lire hors ligne.

– L’avantage majeur est l’abonnement qu’offre cette plateforme aux universités […]

– Que les [des] livres. Pas vraiment de mémoires et thèses… Disponible unique en ligne pas de livre [s] téléchargeable [s].

– Interface intuitive. Son seul problème est son inaccessibilité sans internet.

– On n’est pas en possession de toutes les informations dont on est en quête.

– Disponible entièrement en ligne ce n’est pas exportable.

– Bon ;

– Pour moi c’est intéressant juste que dès fois j’ai du mal à trouver certains documents ;

– L’avantage est que cela permet d’avoir des articles ou revues pertinentes mais parfois on ne trouve pas ce que l’on recherche vraiment ;

– Aucune idée, Je ne connais pas ;

– Disponible exclusivement par internet. On ne peut pas télécharger les documents ni copier le contenu ;

– Trop Compliquer ;

– Accès aux documents hors de portés. Beaucoup ne le connaissent pas et le fait que c’est payant n’arrange pas tout le monde.

2) Interprétation et discussion des résultats

Dans cette partie, nous présentons notre vue et discussion fondée sur les résultats présentés précédemment.

Nous allons analyser de manière groupée les résultats des questions générales. Et Il sera surtout lieu ici de prouver ou d’infirmer les hypothèses formulées plus haut avec les questions centrales.

– Etes-vous un Enseignant ou un étudiant ?

Le pourcentage d’étudiants (61,9 % de la population) est bien plus élevé que celui des autres répondants. Nous n’avons pas non plus cherché à corriger ce fait parce que nous trouvons que cela est représentatif de notre population.

* Des questions générales :

Nous allons commencer notre analyse à partir des années d’expérience des enseignants.A cette question, nous avons remarqué que plus on monte en année d’expérience, moins il y a de répondants. Cela est probablement dû à la proximité des étudiants avec les professeurs plus proches de leur génération ; parce que nous sommes passés par nos connaissances étudiantes pour atteindre les professeurs.

Cinq parmi les professeurs qui ont répondu à notre enquête, sont des enseignants de Marketing – communication (3) et de communication (2) (50 % de cette population). Les cinq, à la question « avez-vous une fois dispensé un cours en communication scientifique ? », ont répondu exactement comme les autres, « non » ; ce qui n’est pas automatiquement en soit tout seul une preuve, mais nous pouvons pressentir que nous ne pourrons voir mieux dans la suite…

Les étudiants ont répondu 84,6 % « oui » à la question concernant la présence d’un laboratoire dans leurs universités. Mais l’usage qu’ils en font, toujours d’après les informations recueillies n’est absolument pas conforme à l’usage qu’on attend d’un laboratoire ; c’est-à-dire 66,6 % y prennent des cours et 16,7 % ne s’en servent pas.

Ce point est très court parce que le reste des questions est destiné à confirmer ou rejeter nos hypothèses.

* Des questions centrales – confrontation des réponses aux hypothèses :

Comme consolidé dans le tableau précédent, la notion de la communication scientifique n’est pas précise dans l’esprit des répondants.

Prises de façon globale certaines réponses se rapprochent de la vérité; mais prise isolément on se rend compte que la communication scientifique est effectivement une notion presque inconnue, ce qui tend à confirmer notre première hypothèse qui dit que la communication scientifique est méconnue au Sénégal du moins dans les universités.

Nous nous basons sur la première question du tableau (Aviez-vous déjà entendu le concept de communication scientifique ?) pour affirmer cela et nous étayerons ce point de vue avec les autres points. En fait, si nous prenons comme 300 % l’ensemble des réponses à cette question, nous obtenons 127,9 % de « oui », soit 42,63 % (127,9 / 3) contre 172,1 de « non », soit 57,36 % (172,1 / 3).

Plus de 50 % de personnes sur l’ensemble de nos populations qui ne connaissent pas cette notion de CST, c’est déjà en soit alarmant…

Les réponses concernant la compréhension du concept montrent, à quelques exceptions près, que même chez ceux qui sont convaincus avoir une compréhension de ce terme, il y a toujours un flou et une incorrection. « Une publicité de la science », « échange de messages en scientifique » et « une communication qui s’opère de manière scientifique » ce sont les expressions que nous avons trouvées pour paraphraser et résumer au mieux la majorité des réponses.

Au risque de nous répéter, on constate dans le fond que nous sommes dans un sérieux flou.

Notre hypothèse selon laquelle il n’y existerait pas de spécialisation dans le domaine de la communication scientifique et technique a été par anticipation vérifiée dans le point précèdent (un « non » unanime). Les professeurs qui devraient être en charge de cet enseignement n’en font rien ; parce qu’évidemment eux non plus n’ont pas eu cette formation à la base ; on ne peut transmettre que ce qu’on a reçu, c’est dans l’ordre des choses.

Les réponses obtenues à propos des laboratoires, quant à elles, nous confirment la deuxième partie de notre hypothèse : le « désintérêt » vis-à-vis de la CST ; il en est de même pour les réponses de la question relative à l’existence d’une bibliothèque dans les établissements.

Concernant les pratiques ou méthode de recherche dans le but de sourcer ces leurs travaux, nous avons remarqué qu’aussi bien les étudiants que les enseignants mettent en premier (ce qui traduit pour nous une spontanéité) « Internet ».

Cependant dans son mémoire intitulé « pratiques informationnelles et évaluation de l’information : cas des étudiants du 2e et 3e cycle de l’UCAD », GAWOU Abla Dédégan Whithney (2019) conclue qu’un nombre d’: « … étudiants déclare n’avoir pas suivi de formation/module sur la recherche d’information et donc ne peuvent pas évaluer leur niveau de maitrise des outils de recherche. […]

Même si une grande partie des répondants au questionnaire déclare avoir un niveau avancé dans la recherche sur internet, ils n’arrivent pas à contrecarrer les problèmes qu’ils rencontrent lors desdites recherches et se réfèrent soit à un professionnel du domaine soit à un de leur professeur ».

Nous pouvons aussi remarquer que les enseignants des universités privées ne fréquentent pas la BUCAD.

« Quelle sorte de documents y trouve-t-on ? » (Dans leurs bibliothèques). A cette question, comme présenté plus haut, nous n’avons strictement pas enregistré une seule réponse qui cite expressément la documentation grise. Cela traduit la non-mise à disposition de ces ressources et si cela nous avait été possible, nous aurions souhaité vérifier le traitement qui leur est réservé.

Les laboratoires peuvent se présenter sous d’autres formes non-physiques.

Dans son esprit, c’est cela que la question concernant la coécriture entre enseignants et étudiants vise. Mais à 96,2 % de personnes qui n’ont jamais écrit avec leurs enseignants, on peut se demander si le pourcentage restant doit être pris en compte. Quoi qu’il en soit, nous pouvons lire en cela encore une fois une méconnaissance, un désintérêt ; ou même une négligence de ces formes de production et de transmission de contenus scientifiques.

Ce qui précède a pour but de confirmer nos hypothèses 1 (Méconnaissance de la communication scientifique au Sénégal dû à un désintérêt) et 3 (aucune spécialisation dans ce domaine).

La deuxième hypothèse, concernant l’invisibilité scientifique se fera ici avec les données du questionnaire et un complément : les résultats des recherches issues de l‘adaptation de la méthodologie de l’Enseignant-chercheur Dibril DIAKHATE, comme décrit dans le cadre méthodologique.

De prime abord, il nous est clair qu’avec 90 % des enseignants ici qui n’ont publié « aucun » article, on est logiquement convaincu de leur inactivité scientifique, par conséquent de leurs invisibilités. Pour complément de preuves, nous avons 80 % parmi eux qui n’ont participé à « aucun » colloque, aussi bien national qu’international. Enfin, à 100 % aucun des enseignants n’a jamais cité un autre.

C’est pour nous l’expression ultime de cette invisibilité ; si l’on considère leur travail…

Toujours dans cette optique de montrer cette invisibilité scientifique, nous avons pris le cas de deux enseignants l’un Docteur et l’autre Doctorant. Leurs noms sont : Mamadou Samba HANE et Papa Magueye GUEYE.

Comme dit dans la description de la méthode, nous avons à l’aide de plusieurs équations soumises des requêtes à Google Scholar et au catalogue SUDOC (parce que ce dernier agrège même les sources de www.theses.fr). Nous avons ensuite utilisé le mode recherche avancé de ces outils, surtout celui de Google Scholar pour une plus grande précision.

Comme on pouvait s’y attendre, nous n’avons strictement rien enregistré comme résultat sur le SUDOC et les résultats fournis par Google Scholar, ne sont que des bruits.

Il nous est paru clair ici que l’absence de preuves [de leur visibilité] est en soi une preuve de leur absence.

Il ressort de tout ce qui précède que nos trois hypothèses sont en effet fondées. Cependant ça serait très malhonnête de nier que des tentatives pour remédier à ces problèmes n’ont pas été faites. Plusieurs solutions ont été de par le passé mis au point. C’est l’objet même du deuxième chapitre de cette partie.

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