Abdoul Kader DIARRA
Ministère de la santé et de l’hygiène publique - Spécialité: Pédagogie des Sciences de la Santé - Mémoire de master en Pédagogie des Sciences de la Santé

Les écoles privée de santé de Kati: Résultats de l’enquête

  1. Pratiques pédagogiques et l’acquisition des compétences
  2. La qualité de l’enseignement et du processus
  3. Recrutement et formation continue des enseignants
  4. Exposé du modèle de Kirkpatrick Donald
  5. La ville de Kati: Historique et Situation géographique
  6. Conditions des écoles privées de santé de Kati
  7. La formation des enseignants: les écoles de santé de Kati
  8. Les écoles privée de santé de Kati: Résultats de l’enquête
  9. Que dire de l’évaluation dans les écoles privées de santé ?

Conditions environnementales et administratives des écoles privée de santé de Kati EPS-K

Chapitre V : la discussion des résultats

I. L’interprétation des principaux résultats

Les résultats de cette enquête sont révélateurs. Ils montrent à quel point, les écoles privée de santé EPS de la ville de Kati évoluent. En première partie, nous allons discuter les conditions environnementales et administratives des EPS-K.

Nous examinerons ensuite le mode de recrutement des enseignants et comment est assurée la formation des enseignants dans lesdites écoles.

Nous aborderons à ce niveau, les connaissances et les pratiques pédagogiques des enseignants. Dans une dernière partie, nous tenterons de répondre à la question d’évaluation et de suivi des EPS et des enseignants dans les écoles privée de santé de Kati EPS-K.

1. Conditions environnementales et administratives des EPS-K

En s’intéressant à la première rubrique, l’enquête découvre que les ESP-K (66%) évoluent dans l’informel, seule une école sur 3 est autorisée à faire l’exercice de formation.

C’est ce qu’avait dit Ali (2012) dans sa thèse : « une grande proportion des écoles étudiées fonctionnait en dehors de toute légalité.

En effet, sur les 33 écoles, seulement 20, soit 61 % possédaient les documents officiels requis pour mener à bien leurs activités. Les autres ne les avaient pas ou étaient en train de les rechercher et fonctionnaient en conséquences en toute illégalité.».

Cette enquête date de longtemps, ce qui laisse entendre que les choses devraient évoluer. Mais la courbe est plutôt décroissante. Ses résultats ont montré que 39% (soit 20 sur 33) évoluent dans l’informel.

A la date d’aujourd’hui, nous trouvons pire, plus de 66% des écoles privée de santé de Kati EPS-K exercent en marge de toute loi. Il faut signaler que l’étude de Ali (20121) incluait les écoles privées et publiques de Bamako. Ce qui pourrait expliquer la hausse du pourcentage de ceux qui évoluaient avec les autorisations.

Cette illégalité justifie le fait que les écoles privée de santé de Kati EPS-K (soit 0%) n’ont jamais pris attache avec l’INFSS pour l’obtention du programme des enseignements ou d’autres directives.

Les directeurs d’études se sont contentés aisément de soutirer leur programme d’enseignement sans contenu avec un homologue. Le présent résultat est contraire à ce qu’avait donné comme résultat Ali (2012) lors de sa thèse.

Il affirmait que toutes les écoles disaient appliquer le même programme qu’à l’INFSS pour les filières qui sont enseignées à l’institut.

Pour les autres filières, telles que les matrones et les aide-soignant, elles disaient se référer soit à l’ancien programme de l’INFSS, soit aux écoles d’autres pays de la sous-région.

Notre intérêt de mettre la main sur la source du programme a suscité la découverte du pot aux roses. Une des forces dans l’acquisition des données, était l’occasion qui nous avait été offerte d’enseigner dans le privé avant d’aller étudier. Cela a permis aux administrateurs de ne pas jouer à la chauve-souris dans les réponses.

Le dos au mur, on ne peut que crier défait. Une EPS-K sur trois affirme que son programme est conforme à celle de l’OOAS.

A la demande de voir le programme ou de connaitre la procédure suivie pour en avoir, les réponses sont devenues les mêmes : nous l’avons eu via une telle école.

Les promoteurs d’écoles ne se sont pas, à présent intéressés par l’accréditation, fautes de moyens, à en croire à leur propos alors que Stumpf et Garessus (2017), disaient que le premier niveau d’influence sur la qualité est institutionnel (niveau établissement) et se traduit par ce qui est mis en place dans une institution pour répondre à la conformité aux normes.

L’accréditation ayant le grand bénéfice de faciliter le suivi et l’accommodement. Elle augmente la confiance et sert de fil d’Ariane pour toutes activités pédagogiques.

La réunion pédagogique, le socle de l’introspection et de la rétrospection d’une école de santé est quasiment ignoré et laisser en marge dans les écoles figurants dans notre échantillon d’enquête.

Comment peut-on imaginer une école qui fonctionne sans rencontre avec les fers de lance du processus d’enseignement ? Ne dit-on pas dans un adage ‘’Tout ce qui se fait pour moi sans moi est contre moi’’ ?

Les enseignants ont leur mot à évoquer. Ils ont leur brique à apporter à l’édification de l’établissement. Ils ont à dire et à redire dans tout ce qui leur implique. Mais ils sont quasiment ignorés durant toute par 100 % des écoles privée de santé de Kati EPS-K.

Ceci étant le prix accordé aux éducateurs, à quelle valeur achète-t-on les étudiantes ? Comment s’intéresse-t-on au contrôle de leur présence ?

La majorité des étudiantes soit 53% estiment que les surveillants ne s’intéressent que peu au contrôle de présence des étudiants, pendant l’année scolaire.

Environ 46% des étudiantes s’assortissent à affirmer que les EPS appliquent le contrôle de présence au début de l’année pour en délaisser plus tard.

Diallo (2020) s’assume de vive voix à dire qu’il est très difficile de contrôler permanemment la présence des étudiantes sages-femmes car la majorité d’entre elles dans les EPS sont des femmes mariées avec des responsabilités conjugales pouvant parfois être prévalues de temps à autre sur les études.

Cette nouvelle tendance est contraire à ce qu’avait approuvé Nove A (2017) sur la satisfaction à l’égard des conditions de travail dans la sous-région, qui était plus forte dans les écoles privées que dans les écoles publiques. Cela est facilement compréhensible car au privé, mieux vaut négocier que de sanctionner les étudiants, les chefs d’entreprises.

Aussi, faut-il signaler que les écoles songent à l’admission des étudiants à l’examen national. Cela se démontre par la réalisation d’un examen blanc. Toutes les EPS, de façon annuelle effectue un examen blanc à l’approche de l’examen national, chose à encourager et à applaudir dans le secteur privé.

Un autre constat récurrent, est l’insuffisance des équipements didactiques. Ce résultat n’est point inédit et est d’ailleurs généralisable comme le disait Nove (2017). Les écoles préfèrent se débrouiller que d’investir.

Environ 40% des étudiantes trouvent ce problème prépondérant et affirme qu’environ 50% des matériels indispensables pour les travaux dirigés, les travaux pratiques et les séances de simulations sont inexistantes dans les EPS. Il faut résumer que pour les promoteurs des EPS, le résultat à l’examen prévaut sur la compétence transférée.

Nous avons pu effectuer la visite d’observation des écoles privées de santé de la ville d Kati. Faut-il dire que beaucoup de mesures d’hygiènes sont en vigueur. L’aération et la luminosité sont assurées à hauteur de souhait de toutes les EPS. Mais malheureusement, aucune bibliothèque et encore moins aucune salle d’informatique n’existe in situ dans les EPS.

C’est ce qui approuve l’insuffisance remarquable du système de gestion et d’organisation des EPS en général. L’environnement immédiat des EPS est assaini excepté une école sur trois soit 33%, où il existe quasiment une odeur nauséabonde dû à la cohabitation de l’EPS et l’école agropastorale. Les écoles sont dans des emplacements stratégiques et accessibles.

Les infirmeries sont absentes dans lesdites écoles, non par manque de volonté mais plutôt de monnaie.

Au sujet des anciennes promotions, plus de la moitié de chaque promotion rencontrée sont admises à l’examen national. Certains ont même atteint les 100% de succès. Or, miser sur le résultat final peut glisser dans l’erreur, en ce sens qu’on peut faire recours à d’autres manies pour avoir un bon résultat à l’examen.

Advienne que pourra, il est possible de briguer un examen au nom d’école, mais il quasi difficile d’en faire autant pour la réussite à la fonction publique.

Sur les 5 promotions rencontrées, exemptées deux étudiantes, personne n’a été admis au concours de fonction publique. Et pire encore, 60% des enquêtées parmi les anciennes étudiantes des EPS n’ont pas trouvé un travail rémunéré. Ils se contentent du bénévolat ou du stage continuel.

Aucune d’entre elles, ne s’est contentée de la formation initiale, chacune aurait opté pour une formation de perfectionnement au travers le stage.

Ces différents stages leur ont révélé qu’elles ont un réel manque à gagner ! Voilà pourquoi, les anciennes étudiantes recommandent à l’unanimité, non seulement l’évaluation des enseignants mais aussi, celle de l’école. Cette question d’évaluation ou d’accompagnement des EPS et des enseignants sera abordée à la troisième partie de cette discussion.

Ce premier volet de notre discussion nous fournit des informations qui dessillent les yeux sur le cadre organisationnel, fonctionnel et pédagogique de la formation des étudiantes dans les EPS-K dont la description fait d’office l’objet de notre premier objectif intermédiaire dans cette activité de recherche.

En bref, les écoles privée de santé de Kati, en plus d’évoluer en majorité absolue (66%) en marge de toute légalité, soutirent leur programme de formation partout ailleurs sauf à l’INFSS, détenteur du programme officiel faute du système éducatif et l’exercice illégale des promoteurs.

Elles ne sont pas non plus accréditées et en plus, elles esquivent les réunions pédagogiques. Elles ne sont pas régulières à contrôler la présence des sages-femmes dans les classes, une chose jugée contraignante.

Il y a une insuffisance généralisée des équipements dans les EPS et aucune école ne possèdent ni bibliothèque ni infirmerie et encore moins, une salle informatique. Les écoles sont plutôt motivées par le résultat à l’examen national, d’où l’exécution sans condition d’un examen blanc à rythme annuel. Les cours, les murs et les environnements immédiats sont maintenus propre dans la plupart des écoles privée de santé de Kati.

Le taux de réussite des étudiantes à l’examen national est satisfaisant : varie de 76% à 100% selon les promotions d’étude et selon les écoles. Une fois sortie, elles ont du mal à s’intégrer dans la fonction publique ou dans l’acquisition d’un quelconque travail rémunéré. Elles ont toutes effectuée un stage post formation, pendant lesquelles elles ont constaté en elles, un manque dans l’exercice professionnel.

2. Modalités de recrutement des enseignants et de formations des enseignants

Parlant du mode de recrutement des enseignants dans les EPS-K et de leur formation, le constat n’est pas tangible. Plus de 66% des écoles cherchent les enseignants par affinité et sollicitation, plutôt que d’avoir des critères rigoureux et cohérents permettant de tamiser les postulants.

BOUNDI (2018), dans son cours magistral sur le système de santé du Mali, dit qu’en dépit de l’autorisation donnée aux médecins privés d’enseigner en tant que vacataires, le sentiment dominant au sein du secteur privé est celui de l’opacité des critères de sélection des enseignants.

C’est ce qu’avait révélé, l’enquête d’André Nove, en 2017 disant que les écoles de santé privées du Mali avaient l’autonomie de recruter les enseignants (au moment de son étude). C’est pourquoi il réaffirme que la satisfaction à l’égard du recrutement était plus forte dans les écoles publiques que privées.

Une école sur 3 affirme avoir exigé un diplôme reconnu en santé. On peut retrouver dans les EPS- K certains enseignants avec des matières à enseigner alors que leur profil et lesdites matières n’ont pratiquement aucun lien.

Dans leur premier rapport annuel de 2019 d’évaluation, les parties prenantes gouvernementales (GPE, 2020) affirment que la politique actuelle est de n’employer que des enseignants formés. Toutefois, continue le rapport, il reste à voir si elle se traduira par une tendance à la hausse sur le long terme. Alors que, dans les écoles privée de santé de Kati du promoteur au planton, en passant par les enseignants, aucun personnel n’a reçu une formation en lien avec l’enseignement.

Les enseignants des EPS-K, à 100%, n’ont jamais été formés par les établissements de formation en sciences de la santé.

Que ne dit-on pas que la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a ? Comment les promoteurs pourront-ils promouvoir une formation continue post- recrutement alors qu’eux-mêmes n’en ont jamais bénéficié. La formation est d’une nécessité indiscutable.

Nous y reviendrons, pour en savoir davantage dans la rubrique suivante. Les écoles privée de santé de Kati EPS-K à eux seules ne pourraient transcender cette étape tant et si bien qu’il n’existe un organisme en appoint ou une coopération de l’ensemble des établissements.

En résumé, les EPS de Kati n’assurent pas la formation continue de leurs enseignants. Ces enseignants n’ont pas non plus bénéficié de formation en lien avec la pédagogie ou l’enseignement.

Il est judicieux d’affirmer que beaucoup d’entre eux servent dans les EPS pour leur toute première séance d’enseignement. Certains perdurent pendant des années et des années dans la même école. Ils pourraient mieux faire s’ils étaient formés.

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