Parenté à plaisanterie aux Burkina Faso : origines et défis

  1. Les réseaux sociaux et la conservation des savoirs locaux
  2. Les savoirs locaux : définition et types des savoirs
  3. La parenté à plaisanterie, qu’est-ce que la littérature en dit ?
  4. Facebook et la pratique de la parenté à plaisanterie
  5. Parenté à plaisanterie aux Burkina Faso : origines et défis
  6. La parenté à plaisanterie sur Facebook au Burkina Faso

La parenté à plaisanterie aux Burkina Faso : origines et défis

Deuxième partie : traitement et analyse des données

Cette partie, consacré aux aspects pratiques de l’étude comporte trois grandes sections : la présentation et l’analyse des données ; la discussion et l’interprétation des résultats, assortis des perspectives sur lesquelles s’ouvre cette étude. Pour en faciliter la lecture et pour garantir la pertinence nous recourons souvent à des extraits de réponses sous anonymat.

A cet effet, les outils de collecte ont été codés. Par exemple pour les administrateurs de groupes qui sont au nombre de 4, nous avons utilisé le code ADM. Et chacun est identifié par un chiffre : ADM1 pour le premier et ADM4 pour le quatrième. Pour les membres au nombre de huit, on lira MG1, MG2, MG3…MG8.

Chapitre 3 : présentation et analyse des résultats

Cette rubrique analyse respectivement les données de la recherche documentaire, celui des entretiens et enfin celles des fils de discussions.

Pour les entretiens, l’approche choisie étant qualitative, nous procédons principalement par des synthèses des réponses obtenues par thème et conformément aux questions de recherche. Et pour donner plus de lisibilité aux résultats, nous présenterons certaines données dans des tableaux suivis de commentaires.

Mais avant nous faisons une description d’un groupe FB-PAB.

1. Des données de la recherche documentaire

La recherche documentaire a permis de faire l’Etat de la littérature sur la parenté à plaisanterie. Cette démarche nous a offert les premières données sur lesquelles la suite de la recherche s’est fondée. Elle a de façon particulière aidé à renforcer notre compréhension de la pratique de la parenté à plaisanterie lorsqu’elle a lieu en temps réel.

1.1 Identification des formes de PAP aux Burkina Faso

La revue de la question nous a permis d’établir les formes de parenté et d’alliances qui suscitent ou admettent la plaisanterie.

Trois grands groupes se dégagent : il y a la plaisanterie qui se passe entre des membres d’une même famille; celle qui a lieu entre des alliés et afin celle moins formelle qui se passe entre des personnes d’une même génération.

1.1.1 A l’intérieur d’une famille

Dans une même famille des liens sont établis de façon naturelle et qui autorisent la plaisanterie. Ce sont : entre les petits fils et les grands parents ; les neveux et les tantes ; les belles sœurs et les frères des époux…

1.1.2 Entre les alliés

Dans la société de façon générale les alliances existent entre deux ethnies ; entre deux villages ; entre deux quartiers ; entre des patronymes ; entre deux clans.

1.1.3 Entre personnes de même génération

C’est une forme qui passe souvent inaperçue mais il est fréquent de remarquer que des gens de même génération, de même promotion ou de même corporation s’insultent amicalement autant qu’ils s’assistent fraternellement.

Tableau 2 : typologies de la Parenté à Plaisanterie

Type Acteurs concernés
A l’intérieur d’une famille -les petits fils et les grands parents
– les neveux et les tantes
-les belles sœurs et les frères des époux
Entre les alliés -entre deux ethnies
-entre deux villages
-entre deux quartiers
-entre des patronymes entre deux clans
Entre personnes de même génération -les anciens entre eux
-les jeunes
-personnes de la même corporation
-personnes de la même promotion d’étude

Tableau adapté des données de Sissao(2002)

Le Burkina Faso possède une soixantaine de groupes ethniques avec des locuteurs en nombre plus importantes les unes que les autres. La recherche documentaire a révélé que la quasi- totalité de ces groupes s’inscrive d’une façon ou d’une autre dans la pratique de la parenté à plaisanterie (Sissao, 2002, p 169) voir tableau en annexe 1. Nous nous sommes donc intéressés à la PAP qui lie les groupes ethniques.

Tous les groupes éthiques étant pratiquement concernés, nous avons opté de nous intéresser aux groupes impliquant les groupes ethniques les plus représentatifs en nombre. On obtient ainsi par ordre décroissant les mossis18, les peuls, les gourmantché, les gourounsi, les bobos, les bissas.

Les résultats obtenus révèlent qu’ils existent des liens de PAP non seulement entre les grands groupes ethniques mais aussi à l’intérieur même des groupes. Que ce soit à petite échelle ou à une échelle plus grande la pratique de la PAP s’appuie sur des fondements familiaux, historiques ou culturels

1.2 Des origines de la PAP au Burkina

La plupart des auteurs qui ont écrit sur la pratique ne donne pas avec précision ses origines. Néanmoins on peut retenir de Sissao(2002) qui s’appuie sur des devanciers (Griaule 1948, Mauss 1928, Radcliffe-Brown 1940) que les alliances et parentés à plaisanterie auraient pour origines :

  • Le mythe du pacte de sang entre deux groupes,
  • Le mythe de l’ascendance commune avant la « scission d’un groupe originel apparenté ».

Que ce soit l’une ou l’autre, la pratique serait intervenue entre deux individus ou deux ethnies à la suite d’un pacte sacré scellé par des ancêtres, pacte fondé sur des relations amicales, des liens de non-agression, de respect, de solidarité et d’assistance mutuelle.

1.3 Les défis ou fonctions (enjeux)

De ce qui est attendu de la parenté à plaisanterie pour le bien être des humains on peut retenir trois aspects essentiels à savoir : un rôle de régulateur de tensions sociales, un facteur d’intégration des populations et un support d’entraide et de solidarité.

1.3.1 Le rôle de régulateur des tensions sociales

La parenté à plaisanterie intervient dans les mécanismes de prévention des conflits à travers :

– La gestion sociale de tensions par le rire

Il s’agit de jeux oraux qui sont dans leurs formes humoristiques. Des plaisanteries pour rire, se divertir et se défouler.

Pour les individus des groupes alliés, chaque fois qu’ils se rencontrent, ils font semblant d’entrer en conflit.

Il s’agit aussi de contribuer à atténuer les pressions psychologiques et aurait une vertu thérapeutique au sens ou la plaisanterie devient un jeu qui permet de jouer au fou pour prévenir la vraie folie (Sissao, 2002).

18 Les yaadces constituent un sous-groupe des mossis mais au regard de l’importance de leur nombre et de la notoriété de leur alliance avec les gourmantchés, nous traitons de leur cas isolement.

– La promotion de la paix entre les hommes

Dans la plaisanterie « L’on instaure de façon ostentatoire la guerre verbale et gestuelle pour ne pas arriver à la vraie guerre, destructive des biens et des personnes. »

L’objectif des attitudes des alliés est de permettre un « relâchement qui constitue une détente et une compensation nécessaire à la vie de groupe » (Mauss, 1928)

– La réconciliation entre les gens

Les plaisanteries qu’échangent les alliés contribuent à détendre l’atmosphère, à rétablir la confiance, toutes choses indispensables au dialogue. Pour plusieurs auteurs19burkinabés, ces relations sont une stratégie réparatrice de vieux conflits entre communautés.

Le rôle de ces relations étant de panser ces plaies par le biais de la violence de type cathartique. Le mot ‘’esclave’’ est assez souvent utilisé pour désigner l’allié à plaisanterie dans les différentes langues. Une façon de ne plus revenir sur l’esclave réel ?

– L’offre d’un attrait à la vie

Chez les mossis du Burkina la plaisanterie embellie la vie. « Sans rakiire20, l’existence serait sans attrait » dit-on (Sissao, 2002). Ici on prend plaisir à taquiner et à se faire taquiner si bien que le phénomène se fait omniprésent dans les regroupements de personnes.

On oublie même souvent les prénoms des individus pour les interpeler par leur ethnie d’appartenance21ou leur clan d’origine.

– La compassion à la douleur vécue par un allié
1.3.2 L’alliance et la parenté comme forme d’intégration nationale au Burkina Faso

Les alliances et parenté à plaisanterie sont un langage, un moyen d’entrer en contact avec d’autres personnes, de créer des liens moins formels et moins chargés de lourdeur des civilités.

Un allié à plaisanterie est une personne que l’on peut se permettre de déranger à tout moment.

A travers les alliances à plaisanterie les populations du Burkina organisent leur intégration à plusieurs niveaux.

– Entre un groupe social et une ethnie

C’est le cas des forgerons et des Peuls. Le forgeron jouit d’une certaine considération sociale et son activité de producteur d’armes et d’outils aratoires fait de lui un homme craint et respecté.

La seule voie pour lui faire des reproches est celle de la plaisanterie.

– Un métalangage et ciment entre les ethnies

A travers les enquêtes effectuées et les témoignages collecter par Sissao(2002), on pourrait affirmer que rares sont les ethnies22 au Burkina qui n’auraient pas de cousins ou alliés à plaisanterie.

– Un métalangage et ciment entre les patronymes23

De façon spécifique dans l’Ouest, au Sud et au Sud-ouest du Burkina les alliances entre les différents peuples se sont établis sur la base des patronymes.

– Un métalangage et ciment entre des entités géographiques

19Entre autres ; Kollin Noaga avec ‘’Le retour au village’’ ou Patrick G. Ilboudo avec ‘’Le procès du muet’’ ou encore Etienne Sawadogo avec ‘’La défaite du Yagha’’
20 Parenté à plaisanterie en langue mooré
21 « samongan ! »(le samo) ; « silmiigan ! »(le peul) ; « sanyan ! »(le forgeron)

1.3.3 Favoriser l’entraide et la solidarité

Les alliances à plaisanterie jouent un grand rôle dans l’élaboration des réseaux de soutien social et communautaire.

La question du réseau de soutien social rappelle toute la dynamique des interactions entre personnes et entre communautés. Le réseau de soutien social peut devenir très important dans un contexte où la socialisation se trouve en perdition.

Cet élan de solidarité se justifie, se vit et se fait sentir dans l’intérêt accordé aux activités qui concernent un allié. La parenté à plaisanterie devient ainsi une école de civisme.

Tableau 3 : rôle et fonctions de la parenté à plaisanterie

Rôle de la PAP Fonctions
régulateur de tensions sociales -la gestion sociale de tensions par le rire
– la promotion de la paix entre les hommes
-la réconciliation entre les gens
-l’offre d’un attrait à la vie
-la compassion à la douleur vécue par un allié

 

22Nioniosé/Yarsé ; Yarsé/Dapooré ; Nioniosé/Peuls; Yadsé/Gourmanthés ; Benda/Yarsé; Yarga/Yemdaado ; Benda/Sããba (forgeron ; Sããba (forgeron) /Yuuma ; Peuls/ Sããba (forgeron) ; Yarsé/ Sããba (forgeron) ; Yarsé/Marense (teinturiers d’origine djerma)
23Traoré/Koné ; Ouatttara/Coulibaly ; Cissé/Barro ; Diarra/koné ; Barro/Konaté ; Diarra/Coulibaly ; Traoré/Coulibaly ;

Rôle de la PAP Fonctions
facteur d’intégration des populations Entre un groupe social et une ethnie

-Un métalangage et ciment entre les ethnies

Un métalangage et ciment entre les patronymes24

Un métalangage et ciment entre des entités géographiques

support d’entraide et de solidarité -enseignement informel du civisme

-organisation d’activités d’intérêts communs

-assistance lors des événements heureux ou malheureux

2. Des résultats de l’entretien

En rappel pour chaque groupe nous avons interviewe trois personnes par groupe retenu.

Les interviews se sont effectuées à travers chat Messenger ou whatsapp. Lorsque l’occasion s’est présentée, nous avons pu échanger avec certains participants en présentiel.

2.1 L’intérêt des groupes de PAP pour Facebook

A la question de savoir en quoi la PAP occupe une place importante sur FB, les interviewes ont cité :

– La présence de plusieurs groupes reflétant ceux qui pratique la PAP en temps réel. En croisant les groupes ethniques cités par les participants, on obtient mossi, samo, peul, bobo, gourmantché, gourounsi, bissa. Seule deux(02) personnes sur les huit(12) ajoute à cette liste dafing, zaoses, yaana.

– L’utilisation des groupes pour la mobilisation autour d’activités d’intérêts commun et d’assistance. Un des membres a insisté sur le fait qu’il obtient des informations sur les évènements qu’il ne pense pas pouvoir apprendre autrement.

– Le nombre en perpétuel croissance des membres comme le précise l’administrateur ADM3 « …nous sommes passés de 10 personnes au début à 400 personnes 12 mois après »

– La diversité socioprofessionnelle des membres, même si la qualité du membre importe peu les administrateurs se réjouissent que tout le monde s’intéresse à la pratique. Selon ADM2 on a « Un peu du tout de jeunes mais plus d’adultes. Malheureusement les seniors se font rares. Pour les professions il y a des élèves, des enseignants, des juristes, des mécaniciens, des manœuvres, des cultivateurs avec une expression approximative en français »

24Traoré/Koné ; Ouatttara/Coulibaly ; Cissé/Barro ; Diarra/koné ; Barro/Konaté ; Diarra/Coulibaly ; Traoré/Coulibaly ; Tioro/Tioro ; Tanon/Barro.

2.2 La contribution de Facebook à la promotion de la parenté à plaisanterie
** de la conservation des fonctions de la PAP sur FB

La quasi-totalité des interviewes pensent que la PAP conserve les même fonctions sur FB. En effet les participants arrivent à s’insulter, à se moquer pour faire rire, pour dénoncer, pour interpeler ou pour compatir.

C’est du reste ce que ressort des propos de MH1 lorsqu’il affirme : « elle rapproche les peuples, éteint les tensions sociales, permet la détente par l’humour qu’elle engendre ; dans les couples concernés, elle apporte de l’ambiance et la sérénité ; bref c’est un facteur de cohésion sociale surtout qu’elle permet également de dire la vérité, faire des reproches à quelqu’un sans que cela ne le blesse »

On note aussi la capacité de la pratique à susciter l’engagement social et à résoudre des problèmes existentiels. A ce propos, une anecdote racontée par MG1 en dit long :

« …elle sert à renforcer la cohésion sociale, aussi à travers la moquerie de l’autre on s’améliore par exemple un jour dans le groupe mossi/samo, un mossi a publié la devanture du marché de tougan25 un village samo qui était très sale et les mossi à travers les commentaires se moquaient. Mais l2 jours après le même a publié la même photo qui montrait le même marché cette fois ci bien propre et félicitait les samo pour leur action »

** des avantages qu’offre cet espace numérique pour l’évolution de la pratique

La synthèse des réponses montre que l’avantage de FB pour la PAP réside dans le fait que le numérique brise les barrières de temps, d’espace et même de nombre. Alors qu’en présence la pratique se déroule entre quelques individus en lieu et temps précis, à travers FB l’on peut être dans n’importe quelle partie de la terre, poster son message en s’adressant au groupe ou à plusieurs personnes. Le contenu peut être lu, relu et commenté à souhait.

Pour MH1 « élargissement du cercle des personnes avec qui on la pratique même si on se connait pas réellement ; même étant seul et connecté on peut la pratiquer (permet de tuer la solitude) ; agrandit le cercle de connaissances (autre manière de connaitre les autres et se faire de nouveaux amis) ; plus de liberté à dire ce que on veut ou ce que on pense ; on se détend ainsi même étant seul »

FB donne l’opportunité à ceux qui pratiquent la PAP en présence non seulement de vivre de nouvelles expériences, mais aussi constitue un espace de liberté pour tous ceux qui veulent découvrir de s’y mettre. On ne se pose plus de question à savoir si la personne qui s’adresse à vous est vraiment un allié traditionnel.

25 La plus grande ville de l’espace habité par les samos.

Il y a aussi que le virtuel accroit la liberté dans les propos. Ici on se parle sans se soucier de l’âge ou de l’autorité de l’interlocuteur.

C’est ce que soutient le participant MG7 lorsqu’il affirme « dans notre groupe une jeune fille gourmantché a écrit que le roi des yaadces la harcelle depuis longtemps et qu’elle demande de l’aide… ». Pourtant En temps réel, le moins âgé laisse généralement l’initiative de la scène à l’ainé et à l’autorité.

En outre FB donne la possibilité de revenir sur des scènes vécues par le biais de l’image, le son et la vidéo.

2.3 Limites (difficultés) de la rencontre entre la parenté à plaisanterie et Facebook

Les réponses des participants laissent apparaitre deux types d’insuffisances quant à l’expression de la pratique sur FB.

** Des limites liées à FB

Même si FB défit l’espace et le temps, ils reconnaissent qu’il ne saurait traduire toutes les facettes du réel. Il n’autorise ni le contact physique ni le regard. MG6 affirme que la PAP ne s’exporte « Pas à 100% car fb est un espace d’échanges virtuel donc on n’a pas la possibilité par exemple de se tapoter comme certains le font dans la réalité (le contact physique n’existant pas sur fb). Sinon dans l ‘ensemble on a les mêmes effets »

Les participants ont relevé aussi que l’accès à FB a des exigences au nombre desquelles le fait d’avoir un minimum d’instruction, posséder un artefact adapté et avoir les moyens de s’offrir une connexion internet. Certains concluent que ces aspects constituent des facteurs discriminatoires de fait, qui empêchent les analphabètes et les personnes démunis à vivre l’expérience. Les propos de ADM4 en disent long : « …pour moi la PAP sur FB reste pour le moment un luxe, combien sont-ils les Burkinabé qui possède un téléphone Android et combien mourront encore sans savoir lire les 26 lettres de l’alphabet à plus forte raison naviguer sur internet)

** Des limites liées à l’essence même de la PAP

La parenté à plaisanterie est une connaissance pratique qui associe la parole à l’expression corporelle, aux gestes et à la teneur de la voie.

Ce qui est difficile à faire paraitre dans le numérique. Un participant dit à propos : « lorsque je dis à quelqu’un ‘’méfies toi hein !’’ en criant et en serrant la mine, ce n’est pas la même chose que quand je dis ‘’méfies-toi’’ calmement avec un sourire ».

Les interviewés notent aussi le fait que la pratique prend un autre sens lorsqu’il y a des événements sociaux (décès, mariage, baptême).

En effet la présence d’un parent à plaisanterie aucours d’un événement d’une famille alliée est toujours une occasion de faire revivre la pratique. Pour eux FB ne donne pas cette possibilité. Pour ADM1, un Samo « est descendu dans la tombe avant l’enterrement d’un chef mossi et a exigé d’être payé avant que le chef ne soit enterré, ce que la famille a fait »

3. Des fils de discussions

Pour accéder aux traces, il s’est agi pour nous de rechercher par mots clés et de façon des groupes et espaces réservés à la parenté à plaisanterie sur Facebook. Pour cette tâche nous avons une grille qui a permis de recueillir et enregistrer les dénominations les plus fréquentes, le nombre de groupes portant chaque dénomination et le nombre de membres. Nous avons ensuite pour chacun des quatre groupe retenu déroulé un fil de discussion.

Dans le cadre de cette étude un fil de discussion est composé d’un message principal et des commentaires.

3.1 De la variété des dénominations

A travers la recherche par mots clés que nous avons effectué sur FB, nous nous rendus compte de la diversité des appellations en français.

Sur les 56 sites (voir annexe 2) recensés on est parvenu à des regroupements que nous présentons dans le tableau ci-dessous.

Cette liste n’est pas exhaustive car la recherche était limitée dans un temps relativement bref alors qu’entre la fin de la recherche et le bouclage du mémoire bien d’autres groupes pourraient avoir été créés.

Tableau 4 : la terminologie consacrée à la pratique sur FB

Mots clés utilisés Nombre de sites recensés Pourcentage
Parenté à plaisanterie 42 75%
Cousin à plaisanterie 07 12.5%
Alliances/ alliés à plaisanterie 07 12.5%
Total 56

Tableau synthèse de la grille de recensement effectué par nous même à l’entame de la recherche

Ce tableau montre que sur FB différents termes sont utilisés pour designer la pratique. Notre recherche indique que le terme parenté est le plus employé (75%), suivi de cousin et alliance On constate généralement ces termes sont accompagnés de leur traduction en langue locale.

3.2 Des fils de discussion déroulés

Les fils retenus sont celles qui paraissent refléter le mieux l’esprit de la pratique et qui connaissent le plus grand nombre de commentaires.

Il s’est agi pour nous après avoir identifié le fil, de le dérouler pour faire apparaitre tous les commentaires avant de le copier et coller sur une page Word.

Afin de faire apparaitre certaines images photographiques ou des émoticônes nous avons par moment procéder à des captures d’écran. Lorsqu’on déroule les fils de discussion, l’information recherchée est vite saturée. En effet dès le troisième fil, on n’obtient plus de nouveaux éléments.

On note que la quasi-totalité des fils de discussions suivent le même schéma. Sans doute celui qu’autorise la technologie de FB. L’analyse des fils de discussions retenus laisse apparaitre ce qui suit :

3.2. 1.De la structure d’un fil de discussion

-le message principal : généralement constitué d’un texte court, auquel est joint dans certains cas des photos ou des caricatures.

Emis par un membre du groupe appartenant à une des entités et s’adressant directement à l’entité opposée

-les commentaires, sont des réactions au message principal.

Le commentaire vient soutenir ou répliquer

-le support utilisé
-la fonction exprimée

début d’un fil de discussion, message principal suivi de quelques commentaires
Capture 2 : début d’un fil de discussion, message principal suivi de quelques commentaires
3.2.2. Des types de traces recueillis

Les traces recueillies et qui attestent de la présence de la PAP sont de diverses formes mais les unes plus présentes que les autres. Il arrive aussi que plusieurs canaux soient combinés pour faire passer le message. On note des traces :

– écrites : ce sont de courts messages écrits très souvent en faisant fi des exigences grammaticales et orthographiques

-photographiques : ce sont des images photographiques, des images sous formes de bandes dessinées qui rapporte une scène de parenté à plaisanterie

–sonores et vidéos : bien que rares, des enregistrements audio et vidéo qui mettent en scène des groupes alliés présentant des manifestations culturels existent.

Parenté plaisanterie Burkina Faso - groupe Yaadces vs Gulmantche, message texte d’un gulmantche
Capture3: groupe Yaadces vs Gulmantche, message texte d’un gulmantche

Commentaire

Cette capture montre un message principal posté par un gulmantché, allié à plaisanterie des yaadcés.

« Naaba Kiiba » est le nom de règne de l’actuel roi des yaadcés. Le message dit en substance que Dieu appelle le roi des yaadces autrement dit sa mort est proche et si ça se faisait pour l’allié ça sera la fête.

3.4. Du contenu des messages

Les messages sont faits :

-d’injures…
-de moqueries…
-d’interpellations…
-d’appels à l’aide…

Quel que soit le contenu le message engendre du rire ou un sourire illustrer par des émoticônes ( ), des symboles

groupe gourounsi vs bissa, message texte d’un bissa
Capture 4 : groupe gourounsi vs bissa, message texte d’un bissa

Commentaire

DJ Arafat est un musicien ivoirien de renom qui a perdu la vie en debut août 2019 suite à un accident. Un membre de ce groupe exprime sa compassion à ses proches en affirmant qu’il aurait aimé voir tous ses alliés à plaisanterie mort à la place de DJ Arafat.

4. Tableau comparatif entre la pratique en présence et celle sur FB

La lecture croisée des différents résultats permet d’opérer une comparaison entre la pratique en temps réel et son expression sur FB.

Tableau 5 : éléments de comparaison pratique en présence versus pratique sur FB

Eléments de comparaison Pratique en présence Pratique sur FB
Le cadre -Cadre ouvert, naturel -Espace numérique
Acteurs -appartenir à un groupe concerné

-pas besoin d’être initié, on pratique par l’exemple

-des personnes en présence,

généralement se connaissent

-être accepté dans le groupe

-Etre initié à l’utilisation de FB

-être à mesure de se procurer une connexion

Eléments de comparaison Pratique en présence Pratique sur FB
Espaces et occasions réservés à la pratique -être présent

-le village

-les cérémonies

-peu importe où l’on se trouve et le moment choisi pour s’exprimer

Outils -les paroles, l’expression corporelle et faciale

-le rire, les cris, le silence

-les gestes, les mimes

-des messages écrits, des photos, des vidéos, des sons

-des émoticônes, des

caricatures, des symboles

Tableau conçu par nous sur la base des résultats de la recherche

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