Economie camerounaise: un secteur prospère mais très fragile

Deuxième partie : le Cameroun et l’impact du secteur touristique sur l’économie camerounaise

I– LE CAMEROUN : « l’Afrique en miniature »

C- Economie : un secteur prospère mais très fragile.

Le Cameroun est un pays potentiellement riche, diversifié sur le plan des ressources et disposant d’un secteur industriel relativement développé.

Son économie est principalement agricole et les principales cultures commerciales sont le cacao, café, tabac, coton et les bananes. Le pétrole représente plus de la moitié des exportations, et le pays bénéficie de la croissance économique soutenue que connaît la sous région grâce à l’augmentation des cours du pétrole (Guinée équatoriale, Nigeria et Tchad). Des avancées majeures ont été réalisées depuis 1997 en matière de réformes structurelles telles que l’assainissement des finances publiques, réorganisation des ministères, mise en place de stratégies sectorielles, privatisations, infrastructures de communication, création d’agences de régulation, pour dynamiser et améliorer cette économie.

Au nombre des éléments favorables18 à la relance économique, on trouve :

– la place de choix du Cameroun parmi les 6 pays de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC : Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon, Centrafrique, Congo Brazzaville, Tchad) ;

– une main d’œuvre qui jouit d’une bonne réputation ;
– un potentiel considérable encore sous-exploité ;
– un marché ouvert aux produits extérieurs ;
– un début de concertation entre secteur public et secteur privé ;
– un système bancaire assaini ;
– une monnaie à parité fixe avec l’euro.

Concernant la demande intérieure, la revalorisation des salaires des fonctionnaires et les effets de la croissance sur le pouvoir d’achat des ménages, bien qu’encore très modérés, commencent à être sensibles sur la consommation.

Quelques indicateurs économiques concernant le pays :

* Parité des pouvoirs d’achats (PPA): 31,5 milliards de dollars (estimation 1999)
* Nombre de ménages disposant d’un pouvoir de consommation annuelle en PPA:
* Supérieur à 30.000 euros : 136.000 (soit 5 % des ménages)
* Supérieur à 15.000 euros : 245.000 (soit 9 % des ménages)
* Inférieur à 5.000 euros : 1.250.000 (soit 46 % des ménages)
* Revenu par habitant (en PPA): 2000 dollars (estimation 1999)
* Répartition par secteurs d’activités:
* agriculture: 42% (60% de la population active)
* industrie: 22%
* services: 36% (estimation 1997)

Source : www.wikipedia.org

1- Le secteur primaire

a- L’agriculture

Elle fait vivre plus ou moins directement les trois quarts de la population, représente environ 40% du PIB et fournit 70% des exportations en valeur19.

Les exploitations capitalistes localisées dans les zones les plus favorables, emploient un outillage et des méthodes modernes. Les moins importantes appartiennent à des particuliers ou à des sociétés privées et produisent surtout du café, du palmier à huile, de la banane ou se consacrent aux cultures vivrières pour les marchés urbains. Les plus vastes appartenant aux grandes compagnies privées européennes ou aux sociétés parapubliques sont des complexes agro-industriels exploitant souvent plusieurs milliers d’hectares : la CDC, société d’Etat (plus gros employeurs après l’Etat) cultive plus de 30.000ha autours du mont Cameroun et dans le secteur de Kumba.

Dans les exploitations paysannes, les ménages pratiquent une polyculture destinée à couvrir ses besoins essentiels. L’éventail des plantes s’enrichit du nord au sud. Les types d’association et les techniques culturales varient selon les régions naturelles, la situation démographique, et les habitudes alimentaires.

* Le Cameroun septentrional :

Du lac Tchad à la cuvette de la Bénoué, les mils constituent la culture de base, secondés par le maïs dans l’extrême nord, par l’arachide dans le reste de la région, complétés par d’autres plantes, gombo, haricot, feuilles légumières, etc. et, parfois, le riz. Les tubercules occupent une place insignifiante, mais le manioc progresse (cuvette de la Bénoué) et l’igname est bien représentée.

* L’Adamaoua et sa bordure méridionale :

Dans cette zone, le manioc occupe une place considérable ; il seconde sorgho et maïs dans l’Adamaoua occidental, peuplé de soudanais, et tend à l’emporter dans l’Adamaoua oriental à important peuplement Baya.* Les hautes terres de l’Ouest : L’agriculture vivrière de cette région est marquée par la pression démographique. Le maïs l’emporte sur les tubercules et le bananier plantain dans les secteurs les plus peuplés ; l’arachide, les haricots et de nombreux légumes s’y associent.

* Dans le sud forestier :

Le climat équatorial et la faible densité font prédominer les tubercules et les bananiers plantains, avec des nuances régionales.

Les cultures commerciales peuvent être réparties en quatre catégories :

– Les stimulants :

Le Cacao, cultivé dans le Centre, le Sud, l’Est, l’Ouest et le Littoral ; le café (l’Arabica et Robusta) à l’Ouest, dans le Nord-Ouest et à l’Est, le Thé n’est cultivé que dans le Sud-ouest et le Nord-Ouest ; et la Noix de Cola est récoltée dans l’Ouest et acheminée vers le Nord.

– Les oléagineux :

Le Palmier à huile dans les plantations industrielles de la CDC, la Socapalm et Pamol et dans les plantations privées. Le « plan palmier » depuis 1968, étend cette culture dans le Sud-ouest, le bas Moungo et le pays Bassa. Les huiles de palme et de palmiste sont traitées à Douala ou exportées. L’arachide est une culture familiale, avec huileries à Maroua.

– Les produits tropicaux :

La banane douce est cultivée dans le sud forestier, l’Ananas est exporté frais et cultivé dans la région de Nyombé, les pastèques dans la région de l’Ouest et du Nord-ouest.

– Les plantes industrielles :

Le coton, au Nord, est exploité familialement ou industriellement par la SODECOTON. Les huileries de Kaélé et Maroua et l’usine de filtrage et de tissage CICAM (Garoua) Les tissus sont imprimés à Douala.

b- L’élevage

Le Cameroun dispose d’une bonne variété d’animaux et d’oiseaux dont la répartition est fonction des spécificités régionales du pays. On dénombre environ 5 900 000 bovins, 3 900 000 ovins, 3 800 000 caprins, 1 400 000 porcins, 20 000 000 de volailles20. L’élevage du bétail au Cameroun est influencé par des facteurs tels que :

– Les conditions naturelles : la région idéale pour le bétail est celle ou l’on trouve un climat tropical humide. C’est le cas de la partie nord du pays, des hautes terres de l’ouest et de l’Adamaoua. Aussi, les zones de savanes disposent toujours de bétail tandis que les zones forestières sont propices à d’autres animaux comme les porcs qui n’ont pas besoin de pâturages.

– Les facteurs humains : La densité de la population : les régions très peuplés sont peu favorable à l’élevage, (les Bamilékés élevaient du bétail de façon extensive, mais cette activité a été grandement réduite par l’accroissement de la densité de la population avec l’expansion des villes et des populations, on éloigne de plus en plus le bétail) ; les problèmes ethniques : Certaines tribus portent leurs intérêts sur certains animaux et n’aimeraient pas en élever d’autres (les Bororo évaluent leur richesse en fonction du nombre de tête de bœufs possédés.) et ; les méthodes utilisées pour élever la plupart de ces animaux sont traditionnelles et archaïques, caractérisées par la transhumance, le nomadisme et la tendance à n’augmenter le nombre d’animaux que pour des raisons de prestige.

Les différents types d’animaux élevés sont : le zébu, le taurin, les chèvres et moutons, les porcs, les chevaux et les ânes, la volaille.

Beaucoup de camerounais possèdent des fermes avicoles individuelles dont ils tirent de grandes quantités d’œufs. Le gouvernement aussi possède d’importantes fermes modernes à Muyuka, Mvog-Betsi à Yaoundé et dans la province de l’Ouest.

c- La pêche

Le Cameroun produit environ 10 000 tonnes de poisson par an grâce à la pêche le long de la côte et dans les fleuves et lacs intérieurs. La pêche maritime se pratique de manière artisanale, ou par des méthodes modernes.

La prise annuelle est estimée à 35 000 tonnes dont 15 000 tonnes de crevettes et 20 000 tonnes de poissons. Ces 35 000 tonnes représentent environ 60% de la prise totale en mer. La production moyenne de ces petites entreprises est peu importante ; 2 à 3 tonnes par an pour une pirogue équipé d’un moteur. Seule une petite partie de la prise est vendue à l’état frais. Le reste étant fumé puis vendu dans les villes du pays et dans les pays voisins. La pêche artisanale se pratique surtout sur la côte ouest.

Dans les autres provinces côtières, on trouve de petits campements de pêche tels que la plage de Campo, Ebodjé , Kribi, Londji et Lokoundjé dans le département de l’océan ; Déhané , Mouanko ,Badangué , Mbiako et Yoyo dans la Sanaga maritime ; Manoka , Kombo , Mabéta , Limbé , Enyengué dans le Fako .

Les méthodes de pêche sont nombreuses et variées. Certains pêcheurs utilisent des pirogues à moteurs à partir desquelles ils jettent leurs filets dans la mer et les rivières alors que d’autres se servent tout simplement d’hameçons et de filets, sans pirogues.

La pêche artisanale : Plus de 20 000 pêcheurs sont engagés dans cette activité le long des côtes, les fleuves et les estuaires. Ces pêcheurs utilisent plus de 10 000 pirogues dont 10% seulement sont équipées de moteurs. Le reste est mû par des pagaies.

La pêche industrielle : Au Cameroun, l pêche industrielle produit environ 20 000 tonnes de poissons et de crevettes par an. Cette prise est de loin inférieure à celle de la pêche de subsistance. Les autorités en charge du développement de la pêche s’attellent à la modernisation des installations de la flottille de pêche.

La pêche continentale : En dehors de la pêche effectuée en zone maritime, les populations de l’intérieur elles aussi pratiquent cette activité dans les fleuves et rivières et lacs de l’intérieur du pays. Au Cameroun, la pêche continentale produit presque la moitié de la prise totale effectuée dans le pays. C’est au Nord, au-delà du plateau de l’Adamaoua que la pêche dans les rivières et les lacs revêt une importance, les rivières y sont extrêmement riches en poissons.

d- Les ressources minérales

En 2003, les réserves minières du Cameroun étaient estimées à: pétrole; 100 millions de tonnes ; gaz naturel : 115 milliards de m3 ; bauxite, 1,2 milliard de tonnes ; fer, 300 millions de tonnes ; rutile, 300 tonnes ; étain, calcaire et uranium.

Les industries de transformation importantes et diversifiées sont principalement concentrées autour de Douala et dans la région côtière21.

De manière globale, le Cameroun possède des ressources minérales variées dont l’exploitation est à peine entamée avec un gisement de fer à Kribi, des gisements de bauxite de forte teneur à Ngaoundéré et à Fongo Tongo près de Dschang, et un gisement de cassitérite à Mayo- Darlé.

Le Sud-est a déjà révélé des ressources d’or et des recherches sont en cours dans cette région qui présenterait des indices de diamant, rutile, nickel, chrome, cuivre. Le marbre et le calcaire ont été découverts à Figuil dans le Nord.

De nombreuses sources d’eau minérale ont déjà été inventoriées à Ndoungué près de Nkongsamba, dans l’Adamaoua et dans la cuvette de Manfé.

Les recherches pétrolières sont très anciennes au Cameroun. Elles ont commencé sous la colonisation allemande et leur production est assurée par ELF-SEREPCA et PECTEN Cameroun, filiale de la SHELL.

2- Le secteur secondaire

L’agro-industrie vient en tête pour le chiffre d’affaires: huile de palme : 160 000 tonnes (1998); huile de palmistes : 23 000 tonnes ; sucre : 54 000 tonnes ; tourteaux de palmistes :16 000 tonnes ; tourteaux de coton : 12 600 tonnes ; minoteries, brasseries, peaux et cuir ; cimenteries, égrenage de coton, filés de coton, 6 700 tonnes (1997), scieries, papeterie ; industries chimiques, mécaniques, transformation de l’alumine en aluminium (80 000 tonnes en 1998) ; raffinage du pétrole (capacité, 2 millions de tonnes). Électricité (1996) : 2,7 milliards de kWh (nouvelle centrale thermique de Lomié dans la province de l’Est).

Au Cameroun c’est un large réseau en expansion, ou l’on peut distinguer :

a- Les industries agricoles et textiles22

– des industries de décorticage et de moulage du café à l’ouest
– la chocolaterie du Cameroun (CHOCOCAM), société industrielle qui transforme le cacao et le café, en poudre, plaquettes, ou beurre de chocolat, et produit des confiseries
– la société sucrière du Cameroun (SOSUCAM), qui assure la production de sucre à base de canne à sucre.
– La société de développement du coton (SODECOTON) qui cultive et vend du coton au nord
– Les brasseries du Cameroun qui produisent boissons gazeuses et bières
– La SITABAC, société industrielle de tabac, qui cultive et transforme le tabac en cigarettes et cigares
– L’HEVECAM, société camerounaise d’hévéa qui transforme l’hévéa en latex
– La CICAM, cotonnerie industrielle du Cameroun, approvisionnée en coton par la SODECOTON, pour produire, confectionner et imprimer les tissus.
– Les sociétés de tanneries qui assurent la production du cuir.
– La SOCAPALM, société qui produit et transforme les noix de palmes pour l’obtention d’huiles de cuisine.

b- Les industries chimiques et métalliques

Le domaine de l’industrie chimique au Cameroun est encore peu diversifié, cependant on distingue des industries telles que la cimenterie du Cameroun (CIMENCAM), qui produit du ciment et de la chaux, la SOFIBEL, société forestière de Belabo, la COCAM (société de contre-plaqués du Cameroun) qui s’occupent de la production des contre-plaqués et des éléments préfabriqués de construction.

La société nationale de raffinerie (SONARA), extrait et réalise à base de pétrole brut, une gamme variée de produits, à savoir de l’essence, du butane, du pétrole lampant, du gasoil. Elle fournit aussi des sous produits de raffinage tels que le bitume.

Par ailleurs le complexe chimique camerounais (CCC) assure la production de savons, détergents et désodorisants.

L’industrie métallurgique reste aussi modeste et dominée par l’ALUCAM (aluminium du Cameroun) qui transforme la bauxite importée de guinée équatoriale en aluminium, la SOCATRAL, société de transformation de l’aluminium, elle produit des feuilles et disques d’aluminium dont ALUBASSA (aluminium bassa) se sert pour la confection d’articles ménagers.

La SOCOMECAM, société de construction métallique excelle dans la production de cyclomoteurs et du petit matériel d’outillage agricole.

Alimentées par l’exploitation forestière, les industries du bois (usine de déroulage, scieries, etc.) se sont fixées dans le Sud à Kribi, Douala, Eséka, Mbalmayo, Yaoundé, Dimako, Bélabo ainsi que celle de la pâte à papier (Edéa) Les industries du bâtiment (cimenteries, briqueteries), liées à l’essor urbain, se sont implantées près de Yaoundé, Douala, Limbé, Buéa, Bafoussam, Bamenda, Garoua. La proximité des troupeaux et des lieux de pêche a attitré les conserveries à Maroua-Salak (bœuf) et à Douala (crevettes).

Les minoteries, biscuiteries, fabriques de pâtes alimentaires se sont établies à Douala, port d’importation du blé. Des brasseries prospèrent à Douala, à Yaoundé et à Garoua. La culture du coton dans le Nord y fixe les industries textiles (égrenage, huile de graine de coton à Maroua et Kaélé, filature et tissage à Garoua). Confection et industrie de chaussure sont à Douala. Le traitement du Caoutchouc reste près des plantations (Dizangué, Kumba, Tiko). La tannerie industrielle est installée depuis 1978 à Ngaoundéré.

La métallurgie de l’aluminium, attiré par l’énergie électrique de la Sanaga, en est le principal consommateur. ALUCAM, filiale de Pechiney, produit 45.000 tonnes d’alumine par an. Produits à Edéa, les lingots et les tôles sont transformés en ustensiles ménagères et autres produits à Douala ou sont exportés. La construction métallique, mécanique et électrique est consacrée à Douala qui a aussi rassemblé le gros de l’industrie chimique (huile et savon, parfum, peinture, plastique, engrais, détergents, etc.) et des industries diverses assez décentralisées (Yaoundé, Douala, Limbé, Buéa, Nkongsamba, Bafoussam).

Exportations des produits manufacturés (en tonnes)



ND : non déclarée. Source : www.wikippedia.org

3- Le secteur tertiaire.

a- Le commerce intérieur et extérieur

Il est subdivisé en plusieurs branches à savoir :

– Le commerce interrégional : qui concerne l’échange des produits entre les régions où ils existent en abondance et celles où ils sont rares. C’est ainsi que l’on transporte du bétail de l’Adamaoua vers le sud. Le coton, les arachides, les articles en cuir partent également du Nord pour le Sud. En retour, les commerçants du Sud vont écouler leurs produits dans la partie septentrionale du pays.

– Le commerce extérieur : depuis l’indépendance, le commerce extérieur du Cameroun a connu des progrès sensibles, avec une grande diversification de partenaires commerciaux. De plus, le Cameroun est un pays politiquement stable et son code d’investissement est libéral.

– Les exportations : le Cameroun exporte surtout les produits agricoles et forestiers (le cacao, le café, le coton, le caoutchouc, la banane, les produits du palmier à huile, le tabac, les arachides.) et les produits non agricoles (le bois, le pétrole brut, les lingots d’aluminium et les produits en aluminium). La France, la Hollande ; les Etats-Unis sont les principaux exportateurs de produits camerounais. Et a ceux-ci s’ajoute, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, la Chine, le Royaume Unis et de nombreux pays africains.

– Les importations : le Cameroun importe surtout les produits manufacturés prêts à la consommation (machines lourdes, produits en fer et en acier, automobiles, appareils électriques, médicaments, produits textiles, etc.). Les principaux fournisseurs sont : la France, l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Allemagne, le japon, l’Italie, le Luxemburg, la Chine, le Pakistan, l’Indonésie, la Chine, etc.

b- Le secteur monétaire et bancaire

En raison de l’ordonnance n° 73/27 du 30 août 1973, l’exercice de l’activité bancaire au Cameroun est lié à la BEAC (banque des états de l’Afrique centrale). Faisant partie de la CEMAC (communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) la monnaie utilisée dans le pays est le franc CFA (communauté financière africaine) 100 francs CFA = 0,15 euros23.

Le taux d’épargne se situe entre 14 % et 15 % du PIB (la Bourse de Douala vient d’être mise en place). Les coopératives parviennent au niveau local à capter une part de l’épargne populaire tandis que les banques offrent à un certain nombre de gros opérateurs des taux d’intérêt intéressants.

Le secteur bancaire est régi dans un cadre réglementaire régional mis en place en 1992 par les conventions portant création de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) et harmonisation de la réglementation bancaire dans les états de l’Afrique Centrale. Au Cameroun, outre la BEAC – Institut d’Emission supranational qui couvre l’ensemble de la sous région, le système bancaire comprend des organismes publics d’épargne et de crédit (Caisse d’Epargne Postale, Société Nationale d’Investissement, Crédit Foncier du Cameroun, Fonds de Garantie de Crédit aux PME), un organisme de recouvrement (SRC), des établissements financiers et des banques commerciales.

La crise économique des années 80 qui a fortement affecté le secteur bancaire entraînant la liquidation de plusieurs banques, mais le secteur est en pleine restructuration. En zone franc, le Cameroun et le Gabon apparaissent comme les deux poids lourds : sur les 25 premières banques, 3 sont gabonaises et 6 camerounaises.

c- Communications et services24

Le réseau aérien est constitué de 3 aéroports internationaux (Douala, Yaoundé et Garoua) auxquels s’ajoutent 8 aéroports secondaires régulièrement desservis. Douala concentre 2/3 des vols passagers longs courrier. 35 % des vols sont dirigés vers l’intérieur, 22 % dans la sous région et 43 % vers l’international. La compagnie nationale Cameroon Airlines (CAMAIR) est la principale voie d’accès au pays en provenance de l’étranger, elle opère sur le territoire avec d’autres compagnies telles que royal air Maroc, air France, Bruxelles airways… Le port maritime principal de Douala (4,1 millions de tonnes manutentionnées en 1998) comptabilise 95 % des échanges maritimes. C’est un des ports de désenclavement de la République centrafricaine, du Tchad et du Nord-Congo. Il existe parallèlement 3 ports secondaires à : Kribi, Limbé-Tiko et le port fluvial de Garoua sur la Bénoué. Les ports camerounais assurent près de 98 % des échanges extérieurs du pays.

Le réseau ferroviaire est long de 1 361 Km, dont environ 80 % sont exploitables. Il est composé de 3 liaisons entre Douala, Yaoundé, Ngaoundéré et Kumba (Transcam 1 et 2, et ligne ouest). Ils sont confrontés aux problèmes d’entretien des rails et d’indisponibilité des engins de maintenance. La privatisation de Camrail en 1999 a néanmoins contribué à rendre plus performant le service ferroviaire.

Le réseau routier est constitué de 50 000 Km de routes, dont 8 % sont bitumé (34 000 km de routes, dont 4 400 bitumées sont reparties sur l’ensemble du territoire). Les routes rurales souffrent d’un manque d’entretien et d’une impraticabilité en saison de pluies. Certains problèmes de gestion sont à relever (gares routières pirates, stationnements abusifs…). Le Cameroun a créé en 1998 le Fonds d’Entretien Routier, qui doit accroître de 75 % le réseau bitumé existant d’ici 2015. Le parc automobile en 1997 était estimé à 12 véhicules pour 1000 habitants. Les carences des infrastructures de transport constituent d’ailleurs, un obstacle au développement du secteur privé.

Le réseau de communication téléphonique est couvert par la CAMTEL compagnie camerounaise de téléphonie publique, MTN et ORANGE, opérateurs privés respectivement sud africain et français. Le réseau téléphonique a récemment été restructuré avec le développement du téléphone portable.

Par ailleurs, les services occupent 36% de la population active et contribuent pour 41,4% au PIB du pays.

Les événements organisés à Yaoundé et Douala (sommets, conférences) et le dynamisme des secteurs des transports et des télécommunications font du secteur tertiaire un secteur clé au Cameroun. Ce dernier regroupe une grande part des activités liées au secteur informel telles que l’artisanat, les services de proximité et de dépannage ainsi que les micro-commerces.

En général, l’économie camerounaise souffre encore de nombreux facteurs de vulnérabilité et connaît deux facteurs de fragilité : une dépendance excessive des recettes à l’exportation et le poids de la dette.

Les exportations reposent principalement sur un nombre limité de matières premières et placent ainsi la conjoncture camerounaise sous l’influence de facteurs non maîtrisables, qu’il s’agisse des conditions climatiques ou de l’évolution du cours du dollar et des produits concernés. En outre, le pétrole représente plus de 40 % des exportations tandis que le montant des réserves connues ne dépasse pas, à ce jour, 10 ans.

Par ailleurs, la dette publique extérieure reste lourde (9 milliards de dollars fin 1996, soit 90 % du PIB)

L’économie camerounaise doit rechercher une plus grande diversification. Dans cette perspective le rôle des investissements privés apparaît comme la clef du développement. Mais la situation des infrastructures n’apparaît pas satisfaisante, et l’esprit de réforme se heurte à la défense de rentes de situations souvent fortes profitables.

L’assainissement du climat général des affaires passe par une restauration de l’esprit public. En effet, la compression des dépenses publiques, pèse sur l’organisation et le fonctionnement des services publics. La dégradation des revenus des fonctionnaires depuis les années 1990 n’a pas eu pour conséquence qu’une explosion sociale mais aussi le développement de l’absentéisme et de la corruption, qui nuisent beaucoup à l’efficacité des services publics et à l’activité des entreprises.

Par ailleurs, l’essor corrélatif d’une économie parallèle qui échappe à tout contrôle a pour effet de réduire la ressource imposable et de faire porter tout le poids de la fiscalité sur les sociétés en particulier les entreprises françaises respectueuses de la légalité.

Ainsi l’effort doit-il porter en priorité sur la motivation des fonctionnaires grâce aux marges de manœuvre que pourrait dégager la croissance si elle se confirmait ainsi que sur l’amélioration des conditions de la collecte fiscale.

Enfin la situation préoccupante des secteurs sociaux, (santé et éducation) demeure un obstacle à un véritable développement durable et justifie un effort particulier des autorités mais aussi des bailleurs de fonds.

Tourisme durable et écotourisme : axes de développement socio-économique et de sauvegarde patrimonial pour le Cameroun
Mémoire de fin d’études Administration et Gestion des Entreprises – Touristiques et Hôtelières
Institut Supérieur International De Tourisme De Tanger

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21 www.wikipedia.org

22 Mémoire : Stratégie marketing adaptée à la relance du tourisme camerounais, TCHOKOTE KALLA Anne- Marie (ISITT 1998, Tanger – Maroc).

23 www.prc.cm; www.cameroun-info.net

24 www.cameroun-plus.com, Stratégie marketing adaptée à la relance du tourisme camerounais, TCHOKOTE KALLA Anne-Marie (ISITT 1998, Tanger – Maroc).

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