Théorie de traduction du genre et théorie féministe de traduction

Théorie de traduction du genre et théorie féministe de traduction

Chapitre III : Cadres théorique et méthodologique

3.0. Introduction

Le présent chapitre traite de la méthodologie de notre étude. Il s’agit d’une part d’explorer de fond en comble les différentes théories de traduction qui vont guider les étapes de l’analyse et d’autre part de présenter les différentes approches méthodologiques utilisées dans le cadre de la collecte et de l’analyse des données.

3.1. Cadre théorique

Selon Galtung (1970 :45) : « la théorie est un système d’hypothèses structuré par une relation d’implication ou de déductibilité ». Ainsi, dans le cadre cette étude, nous allons appliquer trois théories à savoir : la théorie de traduction du genre de Nissen, la théorie féministe de traduction de Flotow et la théorie sociolinguistique.

3.1.1.Théorie de traduction du genre de Nissen (2002)

Nissen (2002) expose sa théorie dans son article Aspects of translating gender. Selon Nissen, il existe deux types de langues : les langues qui expriment le genre grammatical tel que l’allemand ou l’espagnol et les langues qui n’expriment pas le genre grammatical à l’instar du Danois et de l’anglais.

Á cet effet, traduire le genre d’un nom notamment les métaphores et les personnifications déterminées par le genre d’une langue à une langue est un véritable casse-tête pour les traducteurs car chaque langue a une connotation spécifique qui n’égale aucune autre.

À cet effet, il pense que le traducteur peut affronter ces problèmes de trois manières :

(1) Chercher un synonyme du même genre dans la langue source. Un exemple est le mot « der Tiger » en allemand qui doit être traduit en italien pour un slogan. « Der Tiger » est masculin et est associé, sur le plan des stéréotypes de genre, à la virilité/masculinité qui est importante pour la publicité.

Mais « der Tiger » est féminin en italien, à savoir la Tigre. Ces deux genres ne correspondent pas et le traducteur doit trouver un synonyme masculin.

Dans l’exemple dans l’article il choisit d’utiliser « il leopardo » en italien, qui est masculin. Ici le traducteur est forcé d’employer un autre animal pour garder la masculinité et doit donc changer le sens de la phrase.

(2) Le traducteur peut emprunter un synonyme d’une troisième langue du même genre que le mot dans le texte source. De cette manière on maintient le genre. Le traducteur peut seulement utiliser cette méthode si le mot de la troisième langue est connu dans la langue cible. Sinon le lecteur ne comprendra pas ce qui est dit.

(3) Si les approches ci-dessus ne sont pas applicables, le traducteur pourra choisir d’ajouter une note en bas de page dans laquelle il explique la question du genre dans le texte source.

Ainsi, seul le troisième point de la théorie de Nissen, pourra s’appliquer à notre étude.

3.1.2. Théorie féministe de traduction de Flotow (2009)

Von Luise Flotow est l’une des traductrices féministes les plus influentes du monde francophone. Á travers de nombreux articles, elle a rigoureusement défendu la traduction féministe.

Selon les féministes, l’histoire de la littérature a toujours été dominée par les hommes. Le langage utilisé dans la littérature, dans les médias était ou est trop masculin.

Dans les années 1970 la deuxième vague du féminisme apparut et les féministes commencèrent à utiliser la langue comme un instrument pour combattre cette oppression des femmes en introduisant une nouvelle langue féminine.

Elles commencèrent à expérimenter en inventant de nouveaux mots, de nouvelle orthographe, de nouvelles constructions grammaticales et de nouvelles métaphores.

De cette manière elles essayèrent de dépasser le langage masculin. Les écrivains féministes de la langue français étaient particulièrement innovateurs en inventant beaucoup de néologismes.

Étant l’une des figures de proue de ce mouvement, Flotow expose sa théorie dans son article Contested Gender in Translation : Intersectionality and Metramorphics. Cette dernière se décline en trois points majeurs dont nous gardons les termes anglais et donnons l’explication en français.

(1)Supplementing : dans ce cas le traducteur doit intervenir dans le texte pour compenser les éléments perdus dans la traduction. « Parfois on parle aussi de l’exhibitionnisme textuel. »

(2) Prefacing and footnoting : dans ce cas le traducteur joue un rôle didactique en expliquant les intentions du texte source et expose ses propres stratégies.

(3)Hijacking : dans ce cas le traducteur s’approprie le texte original et l’utilise pour exprimer ses propres intentions ou objectifs.

Bien que sa théorie s’adresse particulièrement aux écrivains féministes qui veulent critiquer la société patriarcale en se servant de la langue, la théorie de Flotow est bien applicable dans la présente étude. Ainsi, nous nous en servirons principalement de deux premiers points.

Théorie de traduction du genre et théorie féministe de traduction

3.1.3. Théorie sociolinguistique

La sociolinguistique peut être définie comme la science qui étudie les relations entre le langage, la culture et la société. En d’autres termes, elle s’intéresse aux rapports indissociables qu’entretiennent la langue et la société.

Selon la théorie sociolinguistique, la traduction est un acte de communication qui met en exergue deux langues, deux peuples ou deux cultures.

Pour les tenants de cette théorie dont principalement les théoriciens de l’École de Tel-Aviv (Guideon, Toury), le traducteur est comme un intermédiaire entre deux cultures et deux mondes différents.

Par conséquent, le destinataire Lamé dans le cas de la présente étude doit être au centre de l’activité de traduction. En d’autres termes, l’énoncé doit être traduit en tenant compte des us et coutumes du public cible Lamé.

Pour ce faire, il est nécessaire de prendre en considération des paramètres tels que l’origine, le cadre de vie et la culture du destinataire du message. Toutefois, l’analyse de tous ces paramètres s’appuie sur les structures linguistiques.

En effet, la connaissance de la culture et de l’univers idéologique du destinataire prôné par la théorie sociolinguistique rejoint ce que la maitrise des langues de travail n’est rien d’autre que l’application de la théorie linguistique.

Cette orientation vers le lecteur de la langue et culture cible s’est affirmée grâce à une vision plus pragmatique de la traduction durant les années 1960-1970, notamment dans le domaine de la traduction biblique.

Nida (1964) quant à lui, a introduit la notion d’« équivalence dynamique » dans la théorie sociolinguistique. Il estime que le traducteur doit s’atteler à provoquer sur son public le même effet que le texte de départ a sur son lecteur.

En effet, la théorie sociolinguistique est indiquée dans notre travail étant donné qu’elle ne considère pas seulement la langue, mais accorde également une place de choix aux faits sociaux et culturels, des éléments extérieurs à la langue.

C’est la raison pour laquelle, Nida, le père fondateur de cette théorie, pense que la langue n’est pas le seul élément à prendre en compte lors d’une traduction, mais également les faits sociaux.

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :
La première page du mémoire (avec le fichier pdf) - Thème :
Genre et concept de dieu dans la traduction du nouveau testament et des psaumes en lamé
Auteur·trice·s :
Mountchi Gilbert
Mountchi Gilbert
Université :
University of BUEA - Advanced school of division I
Année de soutenance :
A Thesis Submitted to Division I of the Advanced School of Translators and Interpreters (ASTI) - October 2020
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