Les spécificités de la gestion de la douleur à domicile

Les spécificités de la gestion de la douleur à domicile

5 Les spécificités de la gestion de la douleur à domicile

  • L’administration du traitement antalgique

Par voie générale :

C’est un élément capital pour que l’antalgie soit suffisante lors du soin. Dans le cas d’une douleur de fond, la prise de l’antalgique est repartie dans la journée, la plupart du temps en trois prises.

L’heure du soin a donc son importance car l’action de l’antalgique ne sera pas la même aux différents instants de la journée.

Si le patient dispose d’une prescription d’antalgique visant à réduire le pic douloureux lié au soin, l’horaire de prise est déterminant.

Le rôle de l’infirmière est dans un premier temps d’informer le patient.

Vérifier qu’il connaît le délai d’action de son traitement et le prenne en fonction de l’heure du soin. Cela sous entend de convenir d’un horaire avec lui et de le respecter au mieux. Mais cela sous entend également que le patient soit capable de gérer ces paramètres.

Dans le cas d’un patient dépendant, l’infirmière doit pouvoir faire appel à d’autres personnes ressources susceptibles de lui donner son traitement à l’horaire voulu.

La famille peut être sollicitée. Les difficultés sont accentuées dans le cas de personnes seules, peu entourées. L’infirmière effectue donc un autre passage et administre le traitement à l’heure voulue.

Par voie locale :

L’efficacité de l’anesthésie locale dépend de l’application correcte du produit. La quantité doit être adaptée à l’étendue et la profondeur de la plaie.

Le pansement occlusif doit être mis de manière correcte pour être efficace.

Le temps de contact du produit avec la plaie doit être suffisant. Si ce n’est pas le cas, le soin sera douloureux. Dans le cas d’un ulcère, le temps de contact minimal doit être de 30 minutes. Le temps d’application maximal ne doit pas dépasser 4 heures.

La durée d’efficacité de l’analgésie est de 1 à 2 heures après le retrait du pansement occlusif. Le patient doit donc appliquer l’EMLA au niveau de sa plaie au minimum 30 minutes avant l’arrivée de l’infirmière à son domicile.

Cela implique qu’il soit en mesure de le faire lui-même, et de respecter les consignes d’utilisation. L’infirmière a donc pour mission d’informer le patient quand à l’utilisation du produit anesthésiant

La difficulté essentielle apparaît lorsque le patient n’est pas en mesure de réaliser ce geste. L’infirmière doit alors faire appel à un autre intervenant capable de réaliser cette préparation correctement, en respectant les mesures d’asepsie.

La famille, les auxiliaires de vie peuvent être des personnes ressources. Dans le cas d’un patient isolé, l’infirmière peut être dans l’obligation de réaliser cette analgésie et de revenir ultérieurement afin de réaliser le soin.

Cela peut être difficilement réalisable, mais souvent nécessaire. L’infirmière est donc dans l’obligation d’effectuer deux visites auprès de ce patient dans la même matinée.

Les spécificités de la gestion de la douleur à domicile

  • Le réajustement du traitement :

Lors de douleurs apparaissant au cours du soin, l’intérêt d’établir des protocoles préétablis par le médecin n’est pas négligeable.

En effet, contrairement aux structures hospitalières ou le médecin peut établir rapidement une nouvelle prescription, l’infirmière est seule au domicile du patient et ne dispose pas de cette possibilité.

Ces prescriptions anticipées permettent à l’infirmière d’ajuster le traitement lors de l’apparition de nouvelles douleurs d’intensité plus fortes.

Il en va de l’intérêt du patient qui lui-même se sentira sécurisé par cette prescription anticipée. Il sait que si la douleur devient plus intense, l’infirmière disposera de moyens pour la soulager.

L’instauration d’un dialogue de qualité entre l’infirmière et le médecin traitant lors de la prise en charge du patient est primordiale.

  • Le travail en réseau

La prise en charge de la douleur est pluridisciplinaire et nécessite une bonne communication entre tous les intervenants.

Le secteur libéral est très différent des structures hospitalières ou toutes les catégories professionnelles sont regroupées et à proximité les unes des autres.

La communication entre l’infirmière, le médecin, le kinésithérapeute, le centre hospitalier, dépend de la disponibilité et de la bonne volonté de chacun.

Chaque soignant doit établir des relations efficaces avec ses collègues afin de permettre une prise en charge rapide et adaptée. Ainsi, après un soin vécu douloureusement par le patient, l’infirmière doit pouvoir contacter le médecin rapidement afin d’adapter le traitement antalgique.

La connaissance des structures chargées de la prise en charge de la douleur est également une aide précieuse. La prise en charge d’un patient à domicile relève, elle aussi, d’un travail d’équipe à part entière. L’organisation et les supports de communication sont différents de ceux des structures hospitalières.

Le dossier de soins, établi à l’hôpital, permet à chaque intervenant de retranscrire le soin effectué et les observations qui s’y rapportent.

Ce dossier est peu utilisé à domicile, il est fréquent que les infirmières libérales utilisent un cahier de soins très détaillé. Mais chacun des autres intervenants, médecin, kinésithérapeutes, etc. peuvent y voir un moyen de communication utile ou au contraire l’ignorer, ce qui est relativement fréquent.

Faute de traces écrites, certaines informations capitales peuvent être négligées.

La rigueur et la bonne volonté de chacun sont des qualités essentielles pour une prise en charge efficace.

  • Une relation duelle :

Travailler en binôme lors de la réfection d’un pansement peut être très positif.

La présence d’un autre soignant auprès du patient, plus centré sur le contact, la détente est envisageable en structure hospitalière. L’infirmière et l’aide soignante pouvant opérer ensemble auprès du patient.

A domicile, l’infirmière est seule. Il est intéressant qu’elle puisse faire participer un membre de la famille, un proche, afin de favoriser la détente pendant le soin.

Ceci bien sûr avec l’accord du patient, dans la mesure où cela le rassure.

L’infirmière, seule aux cotes du patient, est la seule à retranscrire l’intensité de la douleur provoquée par le soin. A l’hôpital, la multiplicité des intervenants permet une mise en commun des évaluations, avec les oppositions ou les convergences que cela implique. Il est donc très important qu’elle se base sur une échelle validée, évitant ainsi de donner un caractère subjectif à son évaluation.

  • Un accès aux antalgiques limité :

Pas d’accès au MEOPA a domicile :

L’usage du protoxyde d’azote lors des pansements est très répandu en milieu hospitalier. Il est très efficace et de plus en plus utilisé. Or, son usage en secteur libéral n’est, à ce jour, pas autorisé.

Peu de morphine sous formes injectables :

L’usage de formes injectables est très peu répandu à domicile. Réticences de la part des prescripteurs, inquiétudes concernant les effets secondaires ?

La voie sous cutanée est très souvent privilégiée en structure hospitalière avant d’effectuer les pansements. Cependant la voie sous cutanée est très peu employée à domicile bien que cela soit tout à fait envisageable pour l’infirmière.

  • Le confort du patient

Le fait d’effectuer des soins à domicile évite les déplacements intempestifs et permet au patient de garder ses repères. Loin de l’ambiance impersonnelle du milieu hospitalier, le patient est dans son univers, ce qui peut être sécurisant et limiter l’anxiété. L’installation du patient peut également être plus personnalisée. L’utilisation de coussins, musique, est plus réalisable à domicile.

  • La connaissance du patient

En entrant à l’hôpital, le patient intègre l’univers des soignants. Une quantité importante d’infirmières gravite autour du patient.

Dans un contexte de soins a domicile, c’est l’inverse. L’infirmière libérale, en se rendant au domicile du patient, découvre son milieu. Elle est au plus près de ce qu’il est, connaît son environnement, son entourage.

Ce contact privilégié permet, au jour le jour, une connaissance bien plus approfondie qu’elle n’est réalisable en milieu hospitalier. Ceci est un atout non négligeable.

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :
La première page du mémoire (avec le fichier pdf) - Thème :
Douleur et pansement d’ulcère A domicile
Auteur·trice·s :
Isabelle Gaillard
Isabelle Gaillard
Université :
Université Joseph Fourier - Faculté de Médecine de Grenoble
Année de soutenance :
Diplôme universitaire plaies et cicatrisation - Promotion 2006-2007
Isabelle Gaillard : Infirmière libérale /
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