Méthodologie d’enquête, les outils de concertation citoyenne

  1. Outils de concertation citoyenne, Gouvernance territoriale
  2. David Vigneron
  3. La consultation citoyenne et le concept de participation
  4. La gouvernance territoriale et la géographie sociale
  5. Un état des lieux de la consultation citoyenne
  6. La complexité de l’écosystème de la participation citoyenne
  7. Les stratégies des acteurs sur l’innovation participative
  8. Méthodologie d’enquête, les outils de concertation citoyenne
  9. La mise en œuvre de l’enquête, la concertation citoyenne
  10. L’analyse des résultats, outils de concertation citoyenne

 

Chapitre 4 – Analyse des résultats

4.1. Méthodologie d’enquête

4.1.1 Choix de l’étude

Après avoir posé les bases de notre nomenclature d’analyse liée à la géographie sociale en première partie et effectué le diagnostic afférent aux problématiques des outils de concertation, nous nous proposons de tester les hypothèses suivantes :

* Hypothèse 1 (H1) : l’efficience de la gouvernance territoriale améliore l’inclusion citoyenne dans le processus de décision ;

* Hypothèse 2 (H2) : l’innovation en matière d’outil de concertation citoyenne est une manière de rendre plus fluides (ou l’amélioration) les relations élus et administrés ;

* Hypothèse 3 (H3) : les outils de concertation citoyenne existants sont méconnus du grand public et des décideurs, car ceux-ci ne sont pas mis en avant.

Avant d’évoquer la mise en œuvre de notre enquête, nous verrons en détail le protocole de recherche suivi pour réaliser cette étude.

4.1.2 Choix de la méthodologie

La méthodologie envisagée pour ce mémoire est à la fois quantitative et qualitative (cf. annexe 1).

Ce choix se justifie par le fait que nous avons déjà de l’expérience dans le monde de la recherche académique. Dans ce cadre, nous avions utilisé la méthode dite « écologique » tirée de la géographie électorale pour réaliser notre thèse.

En effet, elle compile une étude de production de données participantes à base d’entretiens semi-directifs et une utilisation d’analyses statistiques liée à des données électorales (taux de participation, scores partisans…).

Cette double méthodologie a pour avantage de faire parler les données en les confrontant aux hypothèses de recherche posées au départ en faisant des allers et retours avec les données qualitatives et quantitatives récoltées.

De plus, cette conception sera complétée par une réflexion approfondie sur les systèmes socio-spatiaux où la question du rapport entre les élus et citoyens est pertinente.

Existe-t-il des modèles d’organisation sociale ou territoriale en réponse à la complexité des situations spatiales ?

4.1.3 La stratégie de vérification et les limites imposées par les instruments de recherche

– L’observation participante ou non de l’individu par le biais d’enquêtes par entretien semi-directif ou directif. Lors d’un entretien, notre interlocuteur peut utiliser un discours convenu, d’où la nécessité de prendre du recul dans la phase d’analyse des données.

– Une analyse documentaire consistant à extraire d’un texte son sens pour en transmettre de manière synthétique son contenu. Cet état de fait induit une obligation d’éviter tout empirisme en ayant une position scientifique toujours très claire.

– Un traitement graphique des données statistiques à différentes échelles permettant de lisser les structures sociales d’une localisation pour pouvoir prendre en compte d’autres éléments explicatifs. La validité des données externes à recueillir permettra une analyse fine adaptée à l’échelon géographique (local ou régional) auquel elles se rapportent.

Quels sont les problèmes d’ordre déontologique posés par la recherche ?

L’objectivité doit être le maître mot de cette recherche. Il est important d’adapter au mieux l’analyse au contexte et éviter tout rapprochement des phénomènes observés avec notre propre expérience. En d’autres termes, il s’agira de « mettre de côté » ses propres opinions et plutôt mettre en avant les éléments récoltés dans l’étude.

4.1.4 Justification des terrains de recherche

– La Communauté de Communes Caux-Austreberthe.

La Communauté de Communes Caux-Austreberthe à Barentin était notre lieu de stage durant l’année 2020/2021. Dans ce cadre, nous avons travaillé sur « un projet de territoire » avec le Cabinet de conseil en transition Auxilia. Dans cette optique, nous avons généré un questionnaire de territoire ayant reçu près de 600 réponses. Principalement, l’idée était de mettre en corrélation ce qui a été produit lors du stage avec la problématique de ce présent mémoire.

– La commune de Loos-en-Gohelle, près de Lille.

La commune de Loos-en-Gohelle a pour particularité d’avoir engagé en l’an 2000 une politique d’inclusion des habitants en tant qu’acteurs à part entière du territoire.

Ainsi, l’équipe municipale a souhaité intégrer les initiatives citoyennes dans la conduite de l’action publique.

Ce projet se matérialise, entre autres, par l’outil « fifty-fifty » (ou gagnant gagnant) qui dresse une convention dans laquelle chaque Loossois s’inscrit pour mener une action d’amélioration du cadre de vie. L’initiative des actions appartient aux résidants, mais la commune encadre les projets en les soutenant financièrement et techniquement.

Cette particularité nous a semblé particulièrement pertinente, car elle revêt un aspect de partenariat particulièrement efficace.

4.1.5 Les sources d’information ou de données récoltées

– Les sources primaires.

Le retour d’expérience participative à Loos-en-Gohelle constitue un référentiel important, car la ville est devenue un véritable « écosystème participatif territorialisé » (DU TERTRE C. et al, 2019).

Ce document est une très bonne base de travail pour nous, notamment sur la critique des outils de concertation citoyenne existants ainsi que sur la question de l’évaluation du déploiement territorial de tels outils.

– Les sources secondaires.

Une recherche documentaire basée sur des articles scientifiques, des articles de presse et des rapports ayant attrait aux concepts utilisés (notamment la gouvernance territoriale) et sur les différents outils pouvant être mobilisés dans le cadre d’une concertation citoyenne.

– Les données collectées.

Les données quantitatives seront obtenues en partie grâce au traitement des réponses au questionnaire du « projet de territoire ». Les questions ont été orientées autour de la vie quotidienne des habitants de la Communauté de Communes.

Parmi elles, une question nous intéressera au plus haut point : « Mieux prendre en compte l’avis des habitants du territoire et la participation de tous les citoyens, qu’en pensez-vous ? » Ainsi, nous avons relevé à peu près 600 répondants.

Ce corpus constitue un matériel scientifique important, mais non exhaustif. Pour compléter ce questionnaire, nous avons utilisé des entretiens semi-directifs et directifs (8 en visio ou par téléphone en tout).

4.1.6 L’échantillonnage

– – Les entretiens semi-directifs et directifs.

8 entretiens semi-directifs et directifs : 7 citoyens et 1 agent public par interview semi-structuré enregistré (ou non) en visio.

Les démarches d’accès aux personnes ressources se sont réalisées exclusivement par contact Linkedin.

– Le questionnaire « projet de territoire ».

596 entrées seront exploitées sur une question en particulier.

4.1.7 Le traitement de données

Par traitement statistique pour le questionnaire « projet de territoire » complété par une analyse sociologique croisée des répondants (sexe, tranche d’âge et catégorie socio-professionnelle) et l’analyse du discours (logiciel Tropes) pour les entretiens semi-directifs.

  • Les besoins d’information.

L’enquête a été suggérée par un tiers, car le terrain de recherche à Loos-en-Gohelle s’y prête. En effet, cette commune a pour particularité de mener depuis longtemps une politique d’inclusion citoyenne utilisant des outils de concertation qui ont donné des résultats intéressants sur le plan local.

Les questions sous-jacentes sont :

  1. L’efficience de la gouvernance territoriale permet-elle une meilleure inclusion citoyenne ?
  2. Les innovations en matière de concertation citoyenne sont-elles une manière d’améliorer les relations entre élus et administrés ?
  3. Pourquoi des outils existants de concertation citoyenne ne sont-ils pas mis en avant ?

Le contexte d’enquête : les entretiens se sont déroulés en période de confinement du 20 mars 2021 au 22 avril 2021.

  • Les utilisateurs et les utilisations de données.

Les principaux utilisateurs des données seront les élus, car notre méthodologie intègre la recherche-action et celle-ci a pour but de générer des recommandations opérationnelles auprès des praticiens. L’information pourrait être perçue par ces derniers comme des pistes de décisions à suivre.

  • Les aspects opérationnels.

Avant la détérioration des conditions sanitaires, nous avions proposé d’observer les différents acteurs du territoire en tant que population cible, mais malheureusement le terrain n’a pas été réalisable.

Dans ce cas, nous avons pensé contacter directement les acteurs locaux sur Linkedin.

Au départ, nous avons contacté Monsieur le Maire de Loos-en-Gohelle, Jean-François Caron en février 2021, mais celui-ci ne nous a pas répondu. Son directeur de cabinet nous a contactés dans un second temps pour avoir finalement un entretien le 22 avril 2021 par téléphone.

Ensuite, nous nous sommes concentrés sur les start-ups qui composent le pôle de compétitivité de Loos- en-Gohelle.

L’idée était d’interroger deux ou trois chefs d’entreprise afin de connaître leurs liens avec la mairie et leurs représentations des procédures de concertation citoyenne menées localement32.

32 DUCUING O. (2013), « Loos-en-Gohelle : un laboratoire grandeur nature », Les Échos, le 25 octobre.

Est-ce que le projet de pôle de compétitivité était issu d’une concertation citoyenne ?

Les entreprises locales sont-elles impliquées dans les procédures de décisions ? Enfin, nous envisagions d’interviewer trois ou quatre habitants de la ville représentatifs du fonctionnement communal.

La forme principale de concertation fonctionnant sur le critère « fifty-fifty » et dont l’initiative provient des citoyens. Il aurait été intéressant d’interroger trois ou quatre citoyens qui étaient à la base de projets communautaires.

Comment percevaient-ils ces initiatives d’inclusion vers le bas ?

À défaut, nous avons pensé orienter nos recherches de contact vers des praticiens qui sont impliqués dans le secteur de la participation (des entreprises spécialisées, des acteurs de l’Agence Nationale des Collectivités Territoriales [ANCT] ou des indépendants).

Après, le déroulement des entretiens dépendait fortement des réponses et du bon vouloir des potentiels interviewés sur Linkedin.

En complément, la temporalité de référence des interviews a été comprise entre le début de l’implémentation des outils participatifs jusqu’à aujourd’hui. En substance, les questionnaires se voudront être adaptés à l’interlocuteur c’est-à- dire qu’il y a eu peu de redondances dans les questions.

  • La matière de l’enquête.

Les déterminants sociaux : la tradition ancrée de la démarche participative communale. Les comportements : une approche participative ascendante.

Les pratiques : L’initiative des projets vient de la base et l’équipe municipale vient accompagner ces intentions.

  • Le plan d’analyse.

Les mesures statistiques suivantes :

– Des statistiques univariées pour le questionnaire de territoire complétées par une analyse sociologique des répondants ;

– Une Analyse Propositionnelle du Discours (APD)33.

33 Une méthode qui cherche à établir une grille d’analyse des entretiens selon une technique de réécriture lexicale. Elle se divise en quatre parties : (i) établir une liste des référents-noyaux, (ii) la réécriture du texte, (iii) la réduction des propositions et (iv) généralisation des propositions et élaboration de modèles argumentatifs. Pour plus d’informations se référer à MESSU M., 1991, pp. 6-17.

Faut-il obtenir des estimations pour les sous-populations ? : Non.

Choix de l’outil d’enquête : par le biais du logiciel d’analyse Tropes pour les entretiens et principalement Sphinx pour le questionnaire de territoire.

VIGNERON David

École de management de Normandie - Mémoire de Master en MS Stratégie de développement & territoires

VIGNERON David (CV)

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