Le comportement des acridiens, influence des facteurs écologiques

I – 1 – 5 – Influence des facteurs écologiques

I – 1 – 5 – 1 – Température

Dans la nature, l’influence des changements de température sur le comportement des acridiens est considérable. Tous les mouvements semblent conditionnés par ce facteur et l’étude de son action apporte la notion d’un optimum au dessus et au dessous duquel les mouvements subissent un ralentissement aboutissant, lorsqu’on s’en éloigne, à l’immobilité, puis à la mort. La température préférentiel le ou préférendum thermique varie beaucoup suivant les espèces et selon le stade de développement. Chez le Criquet pèlerin Schistocerca gregaria, Bodenheimer (1930) in Dajoz (1971), trouve les préférendum suivants :

Adulte en période de ponte : 29,4°C Larve du premier stade : 30,1°C Larve du second stade : 28,8°C Larve du troisième stade : 31,6°C Larve du quatrième stade : 37,1°C Larve du cinquième stade : 36,7°C Jeune adulte : 39,3°C

L’importance du préférendum thermique est grande; elle explique très souvent les particularités de la répartition des animaux dans leurs biotopes ainsi que leurs déplacements. Les limites extrêmes sont généralement assez éloignées, allant parfois de -5 à +55 °C soit une tolérance de 60 degrés environ; toutefois les insectes ne sont capables d’une activité normale et de s’alimenter qu’entre 20 et 30 °C environ (Chopard, 1949). Selon Charras (1979), la température représente le facteur écologique essentiel puisque son influence se fait sentir de façon constante sur les oeufs, les larves et les adultes. Elle influe sur l’émergence, l’activité de vol, la reproduction, le développement embryonnaire, la nutrition et le métabolisme Albrecht et al., (1978), notent que l’activité de vol est considérablement augmentée chez Schistocerca comme chez Locusta, lorsque les insectes sont élevés à une haute température diurne. Encore plus souvent, le facteur limitant est la moyenne des températures non pas de toute l’année, mais seulement de certains mois, les plus importants pour le cycle de l’espèce. Ceci se manifeste particulièrement pour les organismes qui passent la mauvaise saison à l’état de vie ralentie. Ils sont donc pendant ce temps là insensibles à l’action des températures défavorables. Par exemple, en Europe Orientale, le Criquet migrateur Locusta migratoria a besoin d’une moyenne de juin supérieure à 20°C (Dreux, 1980).

I – 1 – 5 – 2 – Humidité

Toutefois, si tous les insectes doivent trouver dans le milieu où ils se développent l’eau nécessaire à leurs besoins, chaque espèce fait preuve d’exigences particulières. Certaines se montrent tout spécialement hygrophiles. La répartition de chaque insecte dans un milieu donnée traduit très précisément ses préférences écologiques (Charras, 1979). Selon Dajoz (1971), les stades les plus sensibles à l’humidité sont souvent les stades larvaires. Les migrations d’acridiens sont en partie causées par la sécheresse qui réduit les possibilités d’alimentation des larves.

Dreux 1990 montre chez Locusta migratoria, espèce très importante du point de vue économique par les ravages terribles qu’elle cause dans beaucoup de pays, que la vitesse de maturité sexuel le et la fécondité des femelles atteignent leur maximum à une humidité relative de 70%.

I – 1 – 5 – 3 – Photopériode

En tant que facteur écologique, la lumière représente un élément déterminant de la vie des insectes mais la plupart des auteurs considèrent que son rôle reste secondaire comparé à l’action de la température ou de l’humidité. Charras (1979), précis qu’il a été établi que c’est la durée de l’éclairement ou longueur des jours qui détermine la diapause. Il n’est pas possible d’en dissocier totalement les conditions trophiques et surtout la température qui agit en synchronisme avec la lumière. Chez la Sauterelle pèlerine, la performance au vol est à son maximum lorsque les insectes groupés sont exposés à des Jours longs ou de durée croissante (Albrecht et al., 1979). Les déplacements à longue distance des essaims de Schistocerca gregaria sont typiquement longitudinaux. Ils se produisent au printemps et à la fin de l’été lorsque les populations sont exposées à des Jours longs ou de durée croissante et à des températures croissantes ou élevées.

I – 1 – 5 – 4 – Sol

D’après la nature des conditions exigées on peut distinguer des sous groupes. Les plus importants sont constitués par les spécialistes de la nourriture et par ceux du substrat. Les Orthoptères sont des spécialistes du substrat. Ils apparaissent régulièrement là où règne une composition particulière du sol. Ils sont liés à des sols sableux (Kuhnelt, 1969). Le Criquet pèlerin recherche pour pondre des sols sableux meubles en général; en l’absence de ces derniers, des sols allant des argiles aux graviers fins peuvent être acceptés si l’oviscapte de la femelle arrive à y pénétrer. Le facteur limitant le plus important est sans doute l’humidité du sol car si elle fait défaut la ponte n’a pas lieu ou bien les oeufs périssent rapidement dans une terre trop sèche (Dajoz, 1974).

I – 1 – 5 – 5 – Végétation

En conditions naturelles, l’insecte choisit des plantes hôtes appropriées pour sa nutrition, sa survie et celle de sa progéniture et comme abri contre ses ennemis naturels (Vincent et Boivin, 1986). Les acridiens selon Chopard (1949) présentent en général une teinte rappelant de façon remarquable celle de l’endroit où on les a capturés. Chaque espèce d’Orthoptère recherche un micro habitat précis au sein de la végétation là où elle trouve un microclimat adéquat et surtout un camouflage (Delarze, 1990). D’après Gillon (1989), l’importance de la végétation ne tient pas seulement à la nature des plantes consommées, mais aussi à la structuration du milieu. C’est ainsi que dans une savane le peuplement acridien change avec la structure du tapis végétal.

I – 1 – 5 – 6 – L’Homme

Les transformations de l’environnement par l’homme provoquent de profonds bouleversements dans les peuplements. Ceux-ci régressent ou disparaissent en mme temps que diminue la diversité végétale (Gillon, 1989). Moissonnie et al. (1977), ont étudié l’action humaine sur des groupements d’Orthoptères. Ils ont montré que l’influence humaine se manifeste de la manière la plus nette dans les prairies où la fauchaison annuelle favorise l’augmentation de Chorthippus longicornis dont le pourcentage est souvent supérieur à 80%. A l’inverse, les prairies abandonnées où la strate herbacée se développe, sont colonisées par les Ensifères dont le pourcentage peut atteindre localement 40 à 50%.

I – 1 – 5 – 7 – Les ennemis naturels

A côté des facteurs abiotiques qui regroupent les facteurs météorologiques, nous avons les facteurs biotiques qui sont représentés par les différents ennemis naturels. Ces derniers contribuent à la limitation des populations d’Orthoptères. Beaucoup de chercheurs se sont intéressés à l’étude des ennemis naturels des acridiens. Citons entre autres les travaux de Balachowsky et Mesnil (1936), Roehrich (1951), Bonnemaison (1961), et Duranton et al., (1982).

I – 1 – 5 – 7 – 1 – Parasites

I – 1 – 5 – 7 – 1 – 1 – Parasites des oothèques

Parmi les parasites des œufs, il y a lieu de citer de nombreux Diptères, notamment les Anthrax dont les larves évoluent à l’intérieur des coques ovigères qu’elles vident totalement. En Algérie, dans certaines localités jusqu’à 30% des oothèques de Dociostaurus maroccanus étaient parasitées par cette espèce. D’autres Diptères jouent un rôle identique notamment Stomatorrhina lunata parasite des oeufs de tous les Orthoptères vivant aux dépens des œufs de Schistocerca gregaria et de Chortophila florilega. Parmi les Coléoptères il faut signaler, en premier lieu les Mylabres et les Clérides, dont les larves évoluent à l’intérieur des oothèques.

I – 1 – 5 – 7 – 1 – 2 – Parasites des larves et des ailés

Parmi les parasites des larves et des ailés d’acridiens les plus actifs sont des Nématodes et des Mouches.

Nématodes : Mermithidae : Agamermis, Mermis

Diptères : Nemestrinidae : Neorhynchocephalus, Symmictus Calliphoridae: Sarcophaga, Blaesoxipha Tachinidae: Schistocercophaga. Tachina, Ceracia Muscidae: Acridomyia.

I – 1 – 5 – 7 – 2 – Prédateurs

I – 1 – 5 – 7 – 2 – 1 – Prédateurs des oothèques

Les insectes prédateurs des oeufs d’acridiens déposent en général leurs oeufs près d’une oothèque où pondent dans le bouchon spumeux c’est le cas de Systoechus et de Trox. Dans le premier cas la larve pénètre dans la masse ovigère dans le second, elle est directement en place pour consommer les oeufs.

I – 1 – 5 – 7 – 2 – 2 – Prédateurs des larves et des ailés

Les prédateurs importants sont les oiseaux et certains insectes surtout en cas de fortes concentrations :

Hyménoptères : Sphecidae : Sphex, Tachysphex

Diptères : Asilidae : Asilius

Oiseaux : Ciconia ciconia, Falco tinnunculus, Milvus migrans

Les ennemis moins importants sont les araignées, les mantes, les Tettigoniidae, les Coléoptères, les Lézard et les Rongeurs.

I – 1 – 5 – 7 – 3 – Maladies

I – 1 – 5 – 7 – 3 – 1- Protozoaires

Papillon et Cassier (1978), notent chez le Criquet pèlerin Schistocerca gregaria la présence d’un parasite Malameba locustae identifié dans les tubes de Malpighi, provoquant une atrophie du corps gras une diminution de la protéinémie et de ce fait, un ralentissement de l’activité ovarienne. Henry et Onsager (1982), ont observé l’apparition d’une infection chez le Criquet Mormon, Anabrus simplex Haldeman due à des spores de Nosema locustae.

I – 1 – 5 – 7 – 3 – 2- Champignons

La contamination des acridiens par les champignons se fait, par voie orale ou par contact externe. Henry et al., (1985), ont isolé des champignons chez Oedaleus senegalensis et Anacridium sp en Afrique de l’Ouest.

I- 1 – 5 – 7 – 3 – 3- Entomopoxvirus

Meynadier et al., (1992), ont isolé un entomopoxvirus de l’Orthoptère Anacridium aegyptium. La maladie se traduit par un ralentissement des mouvements et un allongement de la vie larvaire. L’Orthoptère Acheta domestica est atteint par une virose du type densonucleose. Ce virus polytrope se multiplie dans le noyau cellulaire de la plupart des tissus. La mort des Grillons, larves et imagos est précédée par un état de paralysie.

La mortalité s’échelonne sur au moins 20 jours (Meynadier et al., 1977). En Afrique de l’Ouest Henry et al., (1985) ont isolé des entomopoxvirus de Catoloipus fuscocoerlipes (Krauss), Catoloipus cymbiferus (Krauss), Oedaleus senegalensis (Krauss). Oedaleus nigeriensis Uvarov, Kraussaria argulifera (Krauss) et Heteracris annulosus (Walker).

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