Stratégies de l’opposition politique en vue de l’alternance

2.2. Analyse des stratégies de l’opposition politique en vue de l’alternance dans le délai

En principe un parti doit disposer d’une idéologie, un projet de société et un programme de gouvernement qui dans le contexte actuel devraient avoir pour finalité de sortir le pays du sous-développement économique, social, politique,… C’est sur la base de ce programme que les électeurs se prononcent en faveur de l’un ou l’autre. Les programmes des partis peuvent être légèrement similaires ou totalement différents. Les partis politiques de l’opposition sont en quelque sorte de contrepoids, des contre-pouvoirs. Ils peuvent offrir comme tous les autres acteurs politiques la possibilité d’alternance et de renouvellement de régime politique.

En RDC est réputé parti de l’opposition, un parti ou un regroupement de partis politiques qui ne participent pas à un gouvernement (exécutif) et/ou ne soutient pas son programme d’action et qui a fait une déclaration d’appartenance à l’opposition.

Nous n’avons pas l’intention ici d’esquisser toutes les stratégies mises en œuvre par l’opposition politique en RDC, nous comptons néanmoins présenter certaines cadrant avec notre objet d’étude.

Ainsi nous pouvons citer par exemple : la défense du respect strict de la constitution de la RDC telle que modifiée en 2011, de la loi électorale et rejeter toute initiative de leurs révisions, la formation des blocs unis dont le front national pour le respect de la constitution, le Rassemblement des Forces Sociales et Politiques Acquises au Changement, l’organisation des marches, journées villes mortes, la présentation d’un candidat unique à l’élection présidentielle prévue fin 2016,…

2.2.1. Jeux d’alliance des partis de l’opposition

L’alternance au pouvoir entre deux partis politiques diamétralement opposés du point de vue idéologique n’est possible que dans un système bipartisan ou bipolarisé. La formation de coalitions électorales par des partis de l’opposition constitue une stratégie allant dans le sens de la création d’un tel système.

Plus d’une plateforme ont vu le jour au sein des partis de l’opposition en vue de réunir les forces ensemble pour maximiser les chances d’une lutte féconde, susceptible de promouvoir l’alternance démocratique en RDC. C’est ainsi qu’on verra naitre :

1. Le front citoyen pour le respect de la constitution

Une plateforme politique pour exiger l’application stricte de la constitution en RDC a été lancée samedi 29 octobre 2016, à Kinshasa. Le front citoyen pour le respect de la constitution, qui rejette l’accord issu du dialogue national s’est formé autour du Mouvement de Libération du Congo (MLC). 46 partis politiques, 31 associations de la société civile et quelques personnalités ont rejeté les conclusions de l’accord politique du 18 octobre 2016.

Pour Eve Bazaiba, il n’y a que deux possibilités : « soit nous optons pour cet accord qui viole La constitution, qui nous amène dans une dérive dictatoriale, ou alors nous optons pour la constitution qui amène dans la paix et la stabilité de notre pays »

Au lieu du dialogue, le front pour le respect de la constitution, qui s’est formé dix jours après la conclusion de l’accord de la cité de l’Union Africaine a proposé une réunion technique pour relire la constitution telle qu’elle devrait être comprise. Pour Eve Bazaiba, le 19 décembre et pas au-delà, le président Kabila doit quitter son poste à la fin de son mandat.

Parmi ceux qui rejettent les conclusions du dialogue national, certains estiment que le président du Sénat, Léon Kengo wa dondo, devrait diriger la transition après le 19 décembre 2016, et organiser une élection présidentielle à laquelle il ne devait pas pouvoir être candidat.

2. Le rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement

Une conférence s’est tenue à Genval en Belgique du 08 au 09 juin 2016 à l’initiative du président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi. Au cours de cette conférence, les forces politiques et sociales acquises au changement de la RDC se sont réunies afin de sceller leur unité et réunir leurs forces pour une lutte commune. Les forces politiques et sociales représentées à ces assises étaient : l’UDPS, La dynamique, le G7, l’AR, le front du peuple, la MPP, le G14, la convention des Républicains et la société civile.

Quatre points ont été inscrits à l’ordre du jour de la conférence :

• L’évaluation du contexte politique,

• Le processus électoral

• La mise en œuvre de la résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 30 mars 2016;

• Le mécanisme de suivi de la mise en œuvre des conclusions de la conférence et de la coordination des actions de l’opposition.

Face au processus électoral, les parties prenantes à la conférence ont réaffirmé leur foi en la démocratie et ont convenu de mettre en commun leurs forces et énergies en vue de faire échec à toutes velléités de renversement de l’ordre constitutionnel.

Les participants à cette conférence de Genval ont renouvelé leur adhésion à la lettre et à l’esprit de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité de Nations Unies. Pour matérialiser les engagements solennels pris lors de la conférence, les forces politiques et sociales acquises au changement ont décidé de mettre en place un mécanisme de suivi, dénommé Rassemblement comportant deux organes :

• Le conseil des sages, composé des représentants de chaque partie prenante et présidé par l’initiateur de la conférence, Etienne Tshisekedi qui après son décès le poste a été attribué à son fils, Felix Tshisekedi.

• La coordination des actions, chargée d’exécuter les résolutions de la conférence et de coordonner les actions en vue de favoriser l’avènement de l’alternance démocratique en RDC.

Au cours de la conférence, les parties prenantes ont pris les engagements suivants :

1. L’attachement indéfectible à la constitution de la RDC et à son strict respect. Pour ce faire, le Rassemblement s’attaque à toute idée ou projet de référendum pour élaborer une nouvelle constitution, s’oppose au dialogue convoqué par ordonnance présidentielle du 28 novembre 2015, et également au dédoublement des partis;

2. Les forces politiques et sociales acquises au changement ont exigé :

• L’organisation des élections dans le délai constitutionnel avant le 19 décembre 2016 conformément à l’article 73 de la constitution,

• La dissolution des formations politiques ayant adopté les mêmes dénominations, symboles et signes distinctifs que les partis politiques régulièrement constitués;

• La mise en œuvre intégrale de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sous la modération du facilitateur international renforcé par un panel des représentants des Nations Unies, de l’union Européenne, de l’union africaine, de l’Organisation Internationale pour la Francophonie ainsi que des Etats Unis d’Amérique;

• La libération immédiate et sans condition des détenus politiques et d’opinions, des activistes des droits de l’homme et des journalistes;

• Le retour au pays de tous les exilés politiques congolais;

• La libéralisation de l’espace politique;

• L’ouverture des médias privés fermés arbitrairement et/ou confisqués;

• Le libre accès aux médias publics à tous les courants politiques et sociaux;

• L’arrêt et l’abandon des tracasseries fiscales, administratives, policières ainsi que de toute procédure judiciaire arbitraire contre les membres de l’opposition et de la société civile;

• L’examen de la question de l’organisation et du fonctionnement de la CENI et de la cour constitutionnelle;

• La convocation par la CENI du scrutin pour l’élection du président de la République le 19 septembre 2016 conformément à l’article 73 de la constitution.

3. Les forces politiques et sociales acquises au changement ont pris acte de la fin du deuxième et dernier mandat du Chef de l’Etat le 19 décembre 2016 à minuit et ont salué son départ du pouvoir le 20 décembre 2016 à 0h00;

4. Le rassemblement demeure engagé dans l’unité des forces de l’opposition pour aboutir la lutte du peuple congolais au service de l’alternance et de l’Etat de droit.

Une stratégie n’est viable qu’à partir du moment où, elle atteint une issue escomptée.

2.2.2. La mobilisation par l’opposition des masses aux manifestations publiques (marches, journées villes mortes,…);

L’organisation des manifestations publiques s’inscrivent dans le cadre du renforcement de la participation citoyenne à l’action politique. Et cela n’est possible que dans un Etat qui se veut « démocratique ». C’est dans le même registre que SPINOZA estime que nul ne peut revendiquer ses droits comme c’est le cas dans une démocratie. Les partis de l’opposition dans leur lutte pour le pouvoir au sommet de l’Etat dans le délai ont recouru et ne cessent de recourir à des manifestations bien que certaines soient réprimées par le régime en place. Cela trouve une justification par le fait que quand les institutions démocratiques ne jouent plus leur rôle de déploiement et de dépassement des tensions, la régression et la violence deviennent la seule issue. Dans le cadre de notre travail, nous avons retenu les manifestations les plus marquants en l’occurrence :

Le 04 aout 2014 alors que le président Kabila était en sommet aux Etats Unis, à Kinshasa, l’opposition a demandé le départ du pouvoir de Kabila après son retour à Washington. Elle a appelé ses partisans à manifester pour protester contre toute modification de la constitution. Les nombreux militants de l’opposition ont été invités à rejeter la révision constitutionnelle proposée par la majorité : « Touche pas à ma constitution » a été le mot d’ordre donné à cette occasion. Pour eux, pas de troisième mandat pour Joseph Kabila que les opposants accusent de vouloir confisquer le pouvoir. Pour Bruno Mavungu, Secrétaire général de l’UDPS, Kabila doit partir immédiatement après son retour de Washington.

Certains congolais, surtout ceux de l’opposition ont décelé une manœuvre subtile visant à renvoyer l’élection présidentielle au-delà de 2016. Ces doutes ont vite cédé place aux ardeurs de rue qui, à leur tour, ont conduit aux manifestations violentes vécue du 19 au 21 janvier 2015 à Kinshasa et à l’intérieur du pays, attisées par les intermédiaires congolais intéressés soit par le devenir démocratique du pays soit par la soif du pouvoir.

Jeudi 26 mai 2016, plusieurs regroupements de l’opposition ont appelé à des manifestations pacifiques en RDC pour protester contre le dernier arrêt de la cour constitutionnelle relatif à la fin du mandat du président Kabila, réclamer l’organisation des élections dans le délai constitutionnel et manifester la solidarité envers des habitants de Beni victimes de tueries répétées depuis deux ans. La marche a été organisée dans plusieurs villes de la RDC : Kinshasa, Lubumbashi, Bunia, Kalemie et Moba, Bukavu, Goma voire Beni. Certaines manifestations ont été réprimées, notamment celles de Bunia où la marche de la dynamique de l’opposition et du front citoyen 2016 a été dispersée par la police. A Goma, une vingtaine de personnes ont été interpellées mais à Bukavu cette marche s’est déroulée dans un climat apaisé.

Le 27 juillet 2016, Etienne Tshisekedi est rentré au pays. Attendu par de milliers de congolais, il a annoncé qu’il va tenir un meeting le 30 juillet. Au cours de ce meeting, le leader de l’opposition a recommandé aux congolais de mettre en garde la machine électorale et si elle n’arrive pas à organiser les élections le 19 septembre, il a proposé de présenter un mémorandum, « le carton jaune » à la CENI pour n’avoir pas organisé les élections dans le délai constitutionnel selon l’article 73 de la constitution.

Le 19 septembre 2016 quelques centaines des manifestants rassemblés au siège du principal parti de l’opposition ont été dispersés par la police avec des grenades lacrymogènes. Le Rassemblement, coalition politique formé autour de Tshisekedi, a annoncé avoir décrété le deuil national de trois jours, du 26 au 28 septembre pour l’inhumation des victimes des affrontements entre forces de l’ordre et jeunes qui réclamaient le départ de Kabila.

Le 04 octobre 2016, l’UDPS a organisé à Limete un conclave à l’issue duquel elle a proposée l’instauration d’un gouvernement spécial susceptible d’amener le pays aux élections libres et transparentes.

Le 10 octobre un deuxième carton jaune a été donné au Président de la République en guise d’avertissement pour lui rappeler qu’en décembre 2016 il doit céder le pouvoir à quelqu’un d’autre.

Le 19 octobre, deux jours après la signature des accords issus d’un dialogue national récusé par une partie de l’opposition, des opérations de « villes mortes » ont fleuri dans beaucoup d’endroits. Le 05 novembre, l’UDPS a appelé à un meeting d’Etienne Tshisekedi. Le 19 décembre c’était prévu qu’un carton rouge soit donné aux institutions à mandats électifs. L’opposition était mobilisée pour rassembler le peuple en vue de contester le pouvoir en place, mais de l’autre côté, la majorité au pouvoir n’a pas baissé le bras pour laisser l’opposition agir comme bon lui semble. C’est ainsi que certaines manifestations ont été réprimées, en date du 19 décembre, un rassemblement de 10 personnes était érigé en infraction, la police et les services de renseignement se sont installés sur toutes les artères principales pour empêcher une quelconque manifestation de quelque nature que ce soit. Ce constat amer est l’une de caractéristiques des Etats africains que FODJO KADJO qualifie de terreur pour un maintien au pouvoir au nom de la démocratie en ces termes : « Lorsqu’on veut se maintenir au pouvoir en violation des règles du jeu démocratique, on ne peut que commettre des abus : tripatouillage de la constitution, fraudes électorales, épurations des forces de défense et de sécurité, persécution des opposants et des journalistes, confiscation des libertés, répression sanglantes, exécutions sommaires, etc. »

Au moment où le Président Kabila s’activait pour consulter les groupes politiques et sociaux qui ont pris part à l’accord politique inclusif du 31 décembre 2016, l’opposition a lancé un mouvement de grève générale le lundi 03 avril à Kinshasa et à Lubumbashi, les deux principales villes du pays. L’opposition congolaise sur appel du Rassemblement de Felix Tshisekedi à travers cette « journée ville morte » a exigé du pouvoir l’application de l’accord de cogestion signé le 31 décembre entre les deux parties sous l’égide de l’Eglise catholique ».

Les principaux partis de l’opposition prônent une démarche de « lutte non violente », l’UDPS de Tshisekedi en particulier comme c’était le cas du MNC-Lumumba dans les années de l’indépendance. Cette politique s’est traduite par le choix de « journée ville morte » comme forme privilégiée de manifestation contre le Président de la République et sa mouvance.

La ville morte est une protestation passive et en ce sens pacifique : la population est appelée à cesser toute activité. Cependant, des barrages édifiés sur les routes, des jets de pierres contre les véhicules peuvent contraindre à l’obéissance des récalcitrants.

L’efficacité de ce type de manifestation n’est pas évidente. Dans une ville où « les travailleurs ne travaillent pas, les étudiants n’étudient pas, les ministres n’administrent pas, les élèves ne s’élèvent plus, les éducateurs n’éduquent pas », la « journée ville morte », le coup d’arrêt à la débrouille générale dérange encore davantage le petit peuple que les nantis. Et la portée symbolique de ces manifestations est ambiguë. Comme les pillages, les journées ville morte témoignent plus d’un désespoir et d’une impuissance collectifs que d’une capacité de mobilisation révolutionnaire.

La mobilisation des masses a été doublée de l’appel à la communauté internationale. Raison pour laquelle le 24 avril 2017, Felix Tshisekedi, président du Rassemblement s’est tourné vers l’union Africaine et les organisations régionales.

« le rassemblement a lancé un appel aux chefs d’Etats africains, particulièrement aux présidents de l’Union Africaine (Alpha Condé), de la communauté de développement d’Afrique Australe, SADC (le Roi Mswati III, dont le vice-président est le sud-africain Jacob Zuma) et de la conférence internationale pour la région des Grands Lacs (l’angolais José Eduardo Dos Santos) afin qu’ils s’impliquent aux côtés du Secrétaire Général de l’ONU (Antonio Guterres), dans le cadre de la Résolution 2328 du Conseil de sécurité, en vue d’un dénouement rapide de la crise congolaise. Felix prévient que sans l’application de l’Accord du 31 décembre, toutes les institutions à mandat électif sont illégitimes.

2.2.3. La présentation d’un candidat unique aux élections prévues en 2016

Depuis son accession à la magistrature suprême, 15 ans déjà, Joseph Kabila n’envisage pas céder le fauteuil bien que le bilan de ses divers gouvernements est loin d’être reluisant quant à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Les différents gouvernements de la 3e République n’ont certainement pas contribué à améliorer la situation du citoyen lambda. Il ne fait donc aucun doute que le candidat de la majorité présidentielle ait du mal à présenter des réalisations concrètes issues des promesses faites et des attentes légitimes du peuple congolais, tant sur le plan sécuritaire, économique et social.

De plus, les prétendants à la magistrature suprême ont finalement compris que pour maximiser leur chance, advenant la candidature du président sortant, en violation de la constitution, la seule chance pour l’opposition politique, dans une élection à tour unique, est celui de fédérer leurs forces autour de l’un d’entre eux qui réunit suffisamment d’atouts pour battre Joseph Kabila. En effet, une campagne présentielle n’est pas qu’un bon programme, c’est un ballet complexe mettant en jeu simultanément plusieurs facteurs, dont les moyens financiers, matériels et humains. De plus, une bonne équipe de campagne est le premier élément essentiel sur lequel peut reposer une victoire.

A cet effet, Moise Katumbi présente un avantage comparatif du fait qu’il dispose des moyens matériels et financiers nécessaires pour mener une campagne électorale sur l’ensemble du territoire congolais, grand comme un continent, sans infrastructure de transport efficace. A titre d’exemple malheureux, aux élections de 2006 et 2011, la plupart des candidats ont fait campagne seulement à Kinshasa et dans leurs provinces respectives, faute de moyen de transport pour couvrir l’ensemble du territoire national.

Un autre fait est la popularité de M. Katumbi qui faisait certainement peur à Joseph Kabila même pendant qu’il était gouverneur de la province du Katanga. Le capital de sympathie dont jouit Katumbi auprès de la population congolaise et particulièrement de la jeunesse congolaise n’est pas dû à sa fortune, mais bien à son engagement sportif.

En effet, on a beau dire que le sport n’a rien à voir avec la politique, il reste que le sport n’est pas qu’un jeu, c’est un enjeu. Patron d’un grand club de football africain qui fait la fierté de la RDC, Moise Katumbi peut bien se servir des exploits sportifs de son équipe de football comme étalon de success-story pour courtiser l’électorat jeune, un groupe d’électeur le plus nombreux en RDC. Ceux qui pensent que le sport et politique ne se mélangent pas font de l’aveuglement volontaire.

La situation légale de Moise Katumbi s’est dégradée le 22 juin 2016, quand il a été condamné à 3 ans de prison par un tribunal de paix à Lubumbashi pour une affaire de spoliation immobilière. Le verdict rendrait Katumbi inéligible au moment des élections présidentielles. Le mandat d’arrêt controversé contre l’ancien gouverneur du Katanga, et sa condamnation par contumace marquent une escalade dans la répression de l’opposition. C’est aussi la preuve de l’instrumentalisation de la justice par le gouvernement pour régler des comptes avec les opposants ou les empêcher, le cas échéant, de se présenter aux élections. Au cours d’un entretien accordé à la presse internationale, le Ministre de justice, Alexis TAMBWE MWAMBA a annoncé que l’opposant en exil (Katumbi) peut rentrer au pays quand il veut mais il devra se représenter devant un juge.

Raison pour laquelle nous estimons que les stratégies ci haut évoquées, mobilisées par l’opposition en vue de l’application de l’alternance dans le délai ont trouvé des ripostes. En ce qui concerne la mobilisation de masse, pour y faire face, on a fait recours à la répression des manifestations et au besoin les interdire, pour la présentation d’un candidat unique, les poursuites judiciaires ont été faite à l’endroit des opposants hostiles au régime à travers l’instrumentalisation de la justice, les jeux d’alliances des partis de l’opposition ont été anéanti par l’affaiblissement de l’opposition à travers le débauchage de certains de ses membres [concession de pouvoir et l’octroi de hauts postes à certains opposants,…] voilà au moins en dehors de l’absence d’une conscience politique en son sein, ce qui a rendu stérile les stratégies mises en jeux par les partis de l’opposition. Cette situation explique le génie du camp de Joseph Kabila dans la mise sur pied des stratégies susceptible de conserver le pouvoir au sommet de l’Etat mais également pousse à confondre l’opposition et la majorité au pouvoir car toutes deux au cours de cette « transition » participent au gouvernement à l’issu de la conclusion des accords du 31 décembre après échec de ceux du 18 octobre 2016. L’opposition a d’une certaine manière contribuée à légitimer le pouvoir du régime « Kabila ».

Les partis politiques constituent non seulement un tremplin susceptible de permettre aux aspirants au pouvoir de conquérir et d’exercer le pouvoir politique. Mais également, ils figurent parmi les agents de socialisation politique et dans leur lutte pour le pouvoir peuvent entrainer un changement de régime politique voire sa légitimation au sein d’une société.

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