Historique et Enjeux et limites du tourisme durable

Première partie : TOURISME DURABLE ET ECOTOURISME

I : TOURISME DURABLE : présentation générale

B- Historique.

Pour mieux saisir les origines du tourisme durable, il convient de déterminer celles du développement durable dont il est issu.

1- Développement durable.

Le développement durable correspond à la volonté de se doter d’un nouveau projet de société qui tente de remédier aux excès d’un mode de développement dont les limites sont devenues perceptibles dès le début des années 1970. A cette époque, on découvre que les activités économiques génèrent des atteintes à l’environnement visibles et localisées (déchets, fumées d’usine, pollutions des cours d’eau,…) dont les responsables sont aisément identifiables.

Au cours des années 1980, c’est l’existence de pollutions et de dérèglements globaux, tels que le trou dans la couche d’ozone, les pluies acides, la désertification, l’effet de serre, la déforestation qui est découverte et portée à la connaissance du public. Ces atteintes aux milieux naturels sont diffuses et leurs origines (liens de cause à effet) et leurs responsables ne sont pas clairement identifiables.

Par ailleurs, sur le plan économique et social, il apparaît que les politiques de ces vingt dernières années maintiennent voire accentuent les inégalités entre pays riches et pays pauvres, population riche et population pauvre au sein d’un même pays, d’une même région ou d’une même ville. Le creusement des inégalités est tel qu’il conduit par glissement à l’exclusion et à la constitution d’une société duale. Pourtant, les pays développés n’ont jamais été aussi riches et les progrès du développement aussi sensibles.

Le credo de la croissance à tous crins met l’homme au service des intérêts économiques alors qu’il devrait être maintenu au centre d’un processus de développement destiné à répondre à ses besoins fondamentaux et à assurer son bien-être, au Nord comme au Sud. De même, il conduit à une exploitation des ressources naturelles qui ne saurait se poursuivre sans dégradation irrémédiable de notre environnement (ce qui nous entoure) immédiat et planétaire. Le développement économique ne peut plus se concevoir, aujourd’hui et pour l’avenir, sans prendre en compte le progrès social, la lutte contre les inégalités et la préservation de l’environnement et des ressources naturelles. C’est le sens que revêt la notion de développement durable.

La problématique du développement durable5 s’est construite progressivement, au cours des trois dernières décennies. Les travaux du Club de Rome, à la fin des années 60, sont souvent cités comme point de départ. Les universitaires du Massachusetts Institute of Technology et les entrepreneurs qui le composent dénoncent dans leur rapport publié en 1972 et intitulé « Halte à la croissance » le danger que représente une croissance économique et démographique exponentielle du point de vue de l’épuisement des ressources, de la pollution et de la surexploitation des systèmes naturels. Le message qu’ils délivrent, limiter l’accroissement de la population et tendre vers une croissance zéro, déclenche de nombreuses réactions critiques et contribue à lancer le débat sur les liens entre développement économique et protection de l’environnement.

Maurice Strong, organisateur de la conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement de Stockholm (1972), réunit à Founex (Suisse), à la veille de cette conférence, une équipe de chercheurs, composée principalement d’économistes du Nord et du Sud afin d’examiner les liens entre environnement et développement en dehors de toutes controverses. Ses réflexions vont nourrir le rapport de Founex, la déclaration de Stockholm et la déclaration de Cocoyoc, issue d’une conférence des Nations unies organisée au Mexique en 1974. Ces documents spécifient qu’il est nécessaire mais aussi possible de concevoir et de mettre en œuvre des stratégies de développement socio-économique équitable, respectueuses de l’environnement, appelées stratégies d’éco développement.

La notion d’éco développement, sur laquelle travaille l’équipe d’Ignacy Sachs en France, s’attache à réconcilier deux approches apparemment antagonistes, celle du développement humain et de l’environnement, indissociable l’une de l’autre, et contribue à remettre en cause les modes de développement du Nord et du Sud, générateurs de pauvreté et de dégradations environnementales. La conférence de Stockholm uniquement consacrée à l’environnement, s’ouvre donc modestement aux questions du développement. La notion d’éco développement aura cependant une vie officielle courte puisqu’elle est condamnée officiellement par Henry Kissinger (Chef du département d’État – États-Unis) lors de la conférence de Cocoyoc ; elle sera désormais écartée du vocabulaire institutionnel international. Mais l’idée d’un développement qui ne soit pas uniquement guidé par des considérations économiques mais également par des exigences sociales et écologiques va faire son chemin ; la notion d’éco développement fera, en effet, l’objet d’une réappropriation par les anglo-saxons qui lui substitueront la notion de « sustainable development ».

Le terme de « sustainable development », traduit successivement par développement soutenable puis développement durable ou développement viable est cité pour la première fois par l’Union Internationale de la Conservation de la Nature dans son ouvrage « Stratégie mondiale de la conservation » en 1980. Il sera ensuite mis à l’honneur dans le rapport commandé par les Nations unies à une commission présidée par Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien, et enfin consacré par la Conférence de Rio sur l’environnement et le développement en 1992.

C’est le rapport Brundtland (Notre avenir à tous) qui va contribuer à faire connaître la notion de développement durable. Il affirme en substance la nécessité d’un développement, notamment au Sud, compatible avec la préservation écologique de la planète et de ses ressources et prenant en compte les générations futures et les populations les plus pauvres, davantage pénalisées par les dégradations écologiques. Le développement durable est ainsi défini comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

Du principe à l’action

Vingt ans après la conférence de Stockholm, la conférence de Rio, qui réunit 110 chefs d’État et de gouvernement et 178 pays, lie définitivement et plus étroitement les questions d’environnement et de développement. Cette conférence est marquée par l’adoption d’un texte fondateur, « la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement » et d’une déclaration de propositions, non juridiquement contraignantes mais faisant autorité : l’agenda pour le XXIème siècle dit Agenda 21. En outre, deux conventions, l’une sur la biodiversité et l’autre sur les changements climatiques, et deux déclarations, l’une sur la forêt et l’autre sur la désertification, sont adoptées.

Cet engagement international marque l’essor du principe de développement durable et va commander la mise en place de structures institutionnelles relais dans chaque pays (Commissions nationales du développement durable) destinées à coordonner les initiatives prises à l’échelon national. L’Agenda 21 a en effet le mérite de déterminer les responsabilités qui incombent à chacun des acteurs de la société civile dans l’application du principe de développement durable. Les États, notamment, sont invités à se doter d’une stratégie de développement durable et les collectivités locales à mettre au point des Agendas 21 locaux. C’est le sens de l’engagement pris par les États signataires.

A partir de 1992, le développement durable devient un principe, une référence incontournable réitéré dans toutes les conférences internationales organisées par l’ONU : la conférence du Caire sur la population, la conférence de Copenhague, baptisée « Sommet pour le développement social », la conférence sur les femmes organisée à Pékin et enfin la conférence d’Istanbul, Habitat II, consacrée aux établissements humains et aux villes. Il fait d’autre part son apparition dans les stratégies et programmes d’action d’autres institutions telles que l’OCDE ou la Commission européenne et suscite réflexions et travaux dans le monde scientifique. La notion de développement durable est alors tantôt décriée du fait de son caractère flou ou peu opérationnel, tantôt considérée comme porteuse d’une vision nouvelle de l’évolution des sociétés pouvant induire de nouvelles actions et recompositions. L’Assemblée générale des Nations unies réunie à New York en juin 1997, cinq ans après la conférence de Rio, pour tirer un bilan du Sommet de la Terre, se clôt néanmoins sur un constat de relatif échec. La déclaration politique adoptée par les représentants des 170 pays présents reconnaît que l’environnement de la planète s’est considérablement dégradé en 5 ans, qu’aucun accord n’a été trouvé pour y répondre et se contente de réaffirmer les principes adoptés à Rio en 1992. L’incapacité des participants à tenir leurs engagements sur l’aide publique au développement, l’absence d’accord sur le principe d’une convention pour la protection des forêts, le refus d’engagement sur la limitation des gaz à effet de serre de la part des États-Unis explique cette déconvenue.

Il n’empêche que, même si au plus haut niveau international, des consensus n’ont pu être trouvé, entre des États aux intérêts divergents, lors de cette conférence, le développement durable progresse dans les consciences et les pratiques. Les conventions signées à Rio font aujourd’hui l’objet de débats internationaux (conférences de Kyoto (1997) et de Buenos Aires (1998) sur l’effet de serre ; conférences sur la biodiversité), qui s’inscrivent dans la perspective d’un développement durable. Les ONG et les membres de la société civile qui ont participé au Sommet de la Terre se sont engagés, chacun à leur niveau, dans la promotion et la mise en œuvre du développement durable. D’autre part, de plus en plus d’acteurs de la société civile s’intéressent au principe et tentent de voir dans quelle mesure il peut renouveler leurs approches et leurs stratégies d’action. Des initiatives voient donc le jour un peu partout dans le monde. Le rapport 1997 de la Commission française du développement durable est d’ailleurs intitulé, à juste titre, « De la prise de conscience à la mobilisation », alors que la France n’est pas considérée comme l’un des pays les plus avancés sur ces questions. Aux visions globales succède l’action au niveau local.

2- Emergence du tourisme durable

Les réflexions autour du tourisme durable sont nées à partir du sommet de Rio en 1992 sur le développement durable6. L’extension au tourisme du concept de « durabilité » tel que défini en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio a pris forme, en 1995, au cours d’une conférence organisée à Lanzarote (Îles Canaries) par l’Organisation mondiale du tourisme. Cette conférence, à laquelle participaient plusieurs centaines de partenaires du tourisme, a donné lieu à la publication de la « Charte du tourisme durable ». Le rôle du tourisme pour le développement des pays en développement est définitivement reconnu par l’OMT en 2001 à travers « la Déclaration des Iles Canaries » et il est à l’agenda du Sommet de la Terre à Johannesburg en 2002.

C- Enjeux et limites du tourisme durable7

Les rapports entre tourisme et environnement sont ambigus et contradictoires, le tourisme peut être analysé, tour à tour, comme facteur de « dégradation » de l’environnement et comme source de préservation de celui-ci.

Donc, il existe, dans nos sociétés, un besoin de nature qui, en partie au moins, est alimenté par le système touristique (des reportages sur des lieux remarquables et éventuellement « menacés » par les pratiques touristiques elles mêmes). Ainsi, pour des scientifiques, attirer l’attention de l’opinion publique pour mobiliser en faveur de la défense d’un espace menacé, c’est aussi immanquablement, donner l’idée à d’autres d’imaginer un nouveau produit touristique.

Il s’agit donc de trouver les moyens de prendre en compte à la fois les besoins économiques et sociaux des populations concernées et la préservation des milieux jugés remarquables.

1- Les enjeux du tourisme durable

Le tourisme « durable » est aujourd’hui la formule incontournable de tout discours sur le tourisme, qu’il s’agisse du discours des politiques ou du discours des scientifiques. Il s’agit d’une politique qui a pour objectif de concilier l’écologique, l’économique et le social.

Le tourisme durable doit associer les notions de durée et de pérennité des ressources naturelles (eau, air, sols, diversité biologique) et des structures sociales et humaines. Il ne saurait se réduire à une politique environnementale.

L’objectif du développement durable est de rendre compatibles l’amélioration des conditions et des niveaux de vie qui résultent du développement et le maintien des capacités de développement des générations futures.

La notion de tourisme durable est directement déduite du développement durable. Le tourisme durable « n’est pas un produit, ni une nouvelle façon de vendre une activité ou un pays ; mais c’est un processus, un mode de développement qui dépend de facteurs globaux et locaux, puisqu’il veut s’adapter aux territoires et aux populations locales dans sa mise en œuvre et dans ses retombées ». Et qui doit permettre de répondre aux besoins du touriste tout en préservant les chances du futur.

L’enjeu du tourisme durable est apparu essentiel à la suite de la constatation de l’existence d’inégalités croissantes dans le développement touristique mondial.

Ainsi, alors que le tourisme international dans le monde connaît une progression, l’écart entre pays a tendance à s’accentuer. Les nuisances du tourisme sont particulièrement importantes et graves en termes d’environnement naturel et surtout du point de vue social et humain.

Dans ces conditions, la notion de tourisme durable ne concerne pas seulement les régions touristiques traditionnelles qui doivent lutter contre les détériorations de l’environnement naturel résultant des projets de développement des infrastructures touristiques, mais également les régions du monde qui étaient, jusqu’à présent, à l’écart de l’expansion des grands courants touristiques mondiaux.

En somme, le développement durable appliqué au tourisme est celui qui équilibre l’économique, le social et l’humain, ainsi que l’utilisation des ressources.

– Au niveau économique, le tourisme durable implique l’amélioration de la compétitivité des entreprises cela concerne directement les organisateurs de voyages et de séjours, les agences de voyages, l’hôtellerie et la restauration, les sociétés gérant des attractions touristiques. Cela concerne également des sociétés de transports, les commerces et les services d’accueil, d’information et d’assistance dont bénéficient les touristes.

– Au niveau social, le tourisme durable doit satisfaire les besoins et répondre aux attentes de trois catégories de personnes : les touristes, les personnes employées dans le tourisme et les populations locales résidant dans les destinations touristiques. Le tourisme durable doit apporter une réponse appropriée à toutes les catégories de touristes potentiels, et en particulier les jeunes, les personnes âgées, les personnes handicapées. Une autre aspiration sociale à satisfaire concerne l’amélioration des conditions de travail des personnes employées dans le tourisme. La troisième grande préoccupation sociale concerne les formes de tourisme qui ne respectent pas la culture et le mode de vie local, et qui n’améliorent pas de manière significative le bien-être des populations locales, en termes de revenu et de qualité de vie. Elles provoquent inévitablement des phénomènes de rejet. Le tourisme durable doit en tenir compte.

– Au niveau environnemental, le tourisme durable doit mettre en valeur tout le potentiel d’un territoire sans être trop consommateur d’espace. Il nécessite en particulier une gestion rationnelle des ressources en eau, une prévention des pollutions et un traitement approprié des eaux usées avant leur rejet dans leur milieu naturel. Il implique une bonne gestion des déchets et doit accroître l’efficacité énergétique et l’utilisation des énergies renouvelables. Aussi, il doit conduire à une gestion rationnelle des flux de visiteurs, promouvoir des formes de transport qui ne provoquent pas une congestion du trafic, et favoriser le tourisme de proximité.

En réconciliant ces préoccupations économiques, sociales et environnementales, le tourisme peut apporter une contribution décisive au développement durable. Il peut améliorer la situation des entreprises et le bien être des populations, favoriser un comportement responsable des touristes tout en répondant à leurs attentes et faciliter la gestion du patrimoine naturel et culturel.

Le tourisme durable devient un objectif primordial afin de préserver un équilibre entre « les détenteurs de trois valeurs : le progrès économique, la préservation des ressources et la vie des populations locales », une utopie qui vise à instaurer une nouvelle gouvernance.

2- Les limites du développement de tourisme durable

Le tourisme doit-il être « durable » ? Peut-il l’être ? On peut faire le constat dans un contexte socio-économique, où la massification du tourisme et son industrialisation montrent leurs limites, mais les choix en faveur de vacances différentes, plus soucieuses des équilibres écologiques ou socioculturels, sont ils de réelles valeurs sûres ou au contraire sont-ils de simples produits d’appel limités engendrant des surcoûts importants ?

Ce qui pose une interrogation : cette tendance amorcée en faveur d’une consommation plus équilibrée et plus respectueuse de l’environnement va-t-elle se poursuivre durant les vingt prochaines années ?

Le premier obstacle à la mise en place de ce tourisme durable vient d’une vision du futur très floue pour le décideur, qui est souvent une collectivité publique. Affirmer que le développement durable doit prendre en compte le long terme est une tautologie. Le tourisme durable a besoin d’une vision à long terme et il doit se projeter sur une durée de dix à vingt ans.

La question est : comment y parvenir, sous la pression quotidienne du court terme, des exigences de retour sur investissement rapide, des durées de mandatures de cinq à six ans ? Cela est difficile, car à ce jour peu de travaux de prospective existent dans le domaine du tourisme. L’acteur public ou privé, en adoptant une attitude passive vis-à-vis du changement, aura beaucoup de difficultés à opter pour un tourisme durable.

Un deuxième obstacle au développement du tourisme durable peut également être soulevé. En effet, le concept de tourisme durable a jusqu’à présent principalement donné lieu à des applications dans le domaine des politiques de développement touristique. C’est ainsi que ce concept est largement appliqué dans le cadre de la planification touristique, notamment du point de vue régional.

En revanche, son application au secteur des entreprises touristiques, avec l’évaluation des projets de développement touristique de petite dimension réalisés généralement par des opérateurs privés individuels ou dans le cadre de petites et moyennes entreprises, est rarement mise en œuvre. Cette situation résulte de l’insuffisance des outils d’application du concept de développement durable aux projets micro-économiques.

Une troisième limite au développement du concept de tourisme durable concerne les risques liés au financement. En effet, les dispositions pour un tourisme différent, qui ne pourront être qu’incitatives, risquent de modifier le coût du capital. Les éventuels surcoûts ou de nouvelles charges peuvent, par exemple, augmenter certains prix de revient en matière de transport ou d’hébergement.

En raison du degré d’exposition du tourisme durable à la concurrence et du risque de la dégradation de la valeur marchande, le tourisme durable ne risque-t-il pas d’être réservé à quelques espaces privilégiés (parcs naturels…) à quelques consommateurs, à quelques opérateurs qui s’inscriront dans une stratégie de forte différenciation.

Aujourd’hui, les projets touristiques qui s’inscrivent dans un développement durable sont encore peu nombreux. En raison à la fois des pesanteurs sociopolitiques et de la nécessité de changer les problématiques traditionnelles en matière de gestion de projet touristique.

Penser long terme demande un effort, c’est une discipline, une règle, que doit se fixer le décideur soucieux de développement durable. C’est un choix à priori, de principe, et qui pose quatre types de problèmes : celui de la faiblesse de la décision publique, celui de la nécessité d’une veille technologique active, celui d’arbitrages socio-économiques, et celui de choix stratégiques pour le futur.

3- Une nouvelle gouvernance

Le tourisme durable suppose de nouveaux modes de gouvernance. Il permet que s’instaure un dialogue entre les détenteurs de trois valeurs : le progrès économique, la préservation des ressources naturelles et la vie de la population locale. Il veut moraliser l’industrie du tourisme en comblant ses lacunes ou en limitant ses effets négatifs.

Alors, il est nécessaire de mettre en place des outils : des outils pour la concertation et la négociation permanentes ; des outils pour observer ; des outils pour l’action ; des outils de repérage et de mesure (indicateurs) et des financements publics spécifiques ; et ainsi de créer un nouveau modèle à suivre. Mais, le tourisme durable ou, plutôt, le développement durable du tourisme, est l’application, au secteur du tourisme, des concepts du développement durable, à savoir « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Le développement durable est donc une démarche qui dépasse largement les notions de tourisme solidaire, équitable ou responsable.

Le tourisme durable et responsable doit répondre aux besoins des touristes, contribuer à l’amélioration des conditions et des niveaux des personnes locales et maintenir les capacités de développement des générations futures Introduire une conception de tourisme durable ne peut se réaliser sans une représentation établie des différents domaines d’intervention et de leurs modes d’action dans la prise d’initiative et de décision des stratégies de développement touristique. Puisque la planification traditionnelle ne paraît plus devoir répondre aux nouveaux objectifs du développement touristique. Elle consiste le plus souvent à choisir une ou des zones d’aménagement touristique concerté qui aboutissent en cas de réussite à une très forte concentration des touristes c’est-à-dire à une situation contraire aux objectifs du développement durable du tourisme.

Dans ces conditions, la gestion du développement touristique doit pouvoir jouer un rôle nouveau qui est celui de favoriser un mode développement touristique durable sans aboutir à une trop forte concentration des flux touristiques et à l’accentuation des nuisances due à cette concentration. Ce qui éviterait un rejet final du tourisme par les populations locales.

Cela implique une planification mise en œuvre par les autorités publiques en partenariat avec le secteur privé et la société civile. Cette planification touristique est nécessaire, compte tenu des caractéristiques du secteur. Celui-ci est à la fois un domaine d’investissements conséquents (infrastructures touristiques, hôtellerie…) et un secteur de services nécessitant un personnel important. La concurrence entre populations locales et touristes dans l’accès aux ressources naturelles ou énergétiques, aux infrastructures et aux équipements publics justifie également cette planification.

Tourisme durable et écotourisme : axes de développement socio-économique et de sauvegarde patrimonial pour le Cameroun
Mémoire de fin d’études Administration et Gestion des Entreprises – Touristiques et Hôtelières
Institut Supérieur International De Tourisme De Tanger

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  • 5 www.wikipedia.fr, Seloua GOURIGA, Tourisme et développement durable : quelles conjugaisons ? Cas du Maroc
  • 6 www.veilleinfotourisme.com
  • 7 Seloua GOURIGA, Tourisme et développement durable : quelles conjugaisons ? Cas du Maroc
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