Le grand nord Cameroun: une région touristique par excellence

4- Le grand nord : une région touristique par excellence.

Du plateau de l’Adamaoua jusqu’au lac Tchad la population dominante est constituée de sahélo-soudanais (foulbé, mboun, arabe choa, kotoko…) avec des souches anciennes (nyem- nyem, Sao…). De la savane arborée au sahel désertique, on trouve essentiellement les éleveurs peuls qui se sont adaptés à tous les cas de figures depuis qu’ils ont maitrisés le cheval et pratiquent la transhumance sur de longues distances à la recherche de points d’eaux et prairies utiles pour nourrir leurs troupeaux. Les kotoko, kanuri et arabes choa en font de même. Face aux cavaliers impétueux et conquérants les populations anciennes ont gagné les massifs, refuges plus défendables et se sont adaptés à une vie plus dure. Elles utilisent peu d’eau pour pratiquer leurs cultures extensives mais très riches. Les autres métiers de fer forgé, de potiers à l’adresse éprouvée, de tisserands, chasseurs ou pêcheurs y sont très développés et rapportent des bénéfices suffisants pour faire vivre de grandes familles.

Les scènes de pêche traditionnelle dans les cours d’eau ou les lacs de retenu comme à Lagdo par les gbaya, nyem-nyem, mboum, sont des activités économiques qui rapportent des revenus substantiels à la population par la vente du poisson fumé, mais sont aussi des évènements écotouristiques qui rapporteraient beaucoup de devises (par la facturation de ces activités dans les prix des circuits) si on fait découvrir tout son coté spectaculaire aux touristes.

Il est impossible de parler du grand nord Cameroun, sans évoquer le premier facteur d’unité qu’est la fantasia. La civilisation du cheval va de Banyo plus au Sud jusqu’à l’extrême nord où le chameau fait son apparition. La fantasia est tout un art qui va du harnachement de la bête à la tenue complète du cavalier de l’étrier au turban sans oublier les armes : sabres, arcs et carquois en cuir décoré, lances aux pointes uniques ou multiples. La cavalerie du lamidat de Garoua offre de superbes spectacles de danses à cheval au son de l’alghaïta et kakaki (instruments de musiques à vent).

A la cour du lamido de Ngaoundéré, la danse douce et noble dite « danses des concubines du roi » est très séduisante.

Quelques kilomètres plus loin l’habitat de Mousgoum s’intègre au paysage ensoleillé avec sa forme typique qui lui a valu le nom de « case-obus ».

A Oudjila près de Maroua et de Mora, les villages kirdi s’accrochent dans le paysage rocailleux et tourmenté avec leurs cases rondes aux toits pointus coiffés d’un collier d’argile cuite. Chaque hameau est entouré d’un mur de pierres habilement superposées. Les paysages de la région de Rhumsiki et Kapsiki avec leurs pains de sucre qui rappellent le décor lunaire attirent les touristes désireux de rêver et d’escalader les dykes aux parois vertigineux, mais très accueillants et accessibles.

La grande réserve de Waza avec ses troupeaux de girafes et d’éléphants ressemble à un jardin zoologique où les animaux sont presque domestiqués car ils sont nombreux et ne craignent presque plus les photographes. De nombreux campements touristiques ont été aménagés dans la région notamment à Waza, Rhumsiki, à Boubandjida pour permettre aux visiteurs de profiter et d’admirer les merveilles de la nature et de la région.







Lac de cratère, cavaliers de la fantasia et girafes du Nord Cameroun, source : www.astocaf.com

La province du nord est considérée comme la plaque tournante qui dessert l’Adamaoua et l’extrême-nord en touristes. Elle offre des atouts propres, riches de civilisations millénaires, des tourismes de vision et cynégétiques, avec :

– Le magnifique et géant pont de la Bénoué à Garoua ;

– Le zoo de Garoua ;

– Le célèbre sultanat de Rey bouba, citadelle aussi inaccessible que Tombouctou, avec ses traditions, son protocole, et le sultan personnage légendaire, qui reçoit rarement ;

– Le parc national de la Bénoué ;

– Le parc national de boubandjida ;

– La réserve du Faro ;

– La retenue d’eau de lagdo, imposant barrage qui produit de l’électricité pour toute la région septentrionale, et permet l’irrigation des terres environnantes ;

– Le pittoresque et riche marché ombragé de Pitoa où l’on se rend pour vendre, acheter ou flâner.

– le site de dinosaures de Manangia (Mayo Rey), datant de 120 millions d’années fut découvert en 1988. Deux cent quarante empreintes et une cinquantaine de pistes de dinosaures y sont fossilisées.

L’extrême nord est une destination touristique de premier choix, avec :

– Le parc de Waza, réserve faunique la plus importante d’Afrique centrale ;

– Les villages Rhumsiki, où le « sorcier aux crabes » prédit l’avenir et ; Oudjila situé au sommet d’un mont dominant la région. L’enceinte de ce dernier village est tricentenaire et le « saré » du chef est un labyrinthe de cases authentiques.

– Mokolo, fief des Mafa où on peut admirer de hauts fourneaux primitifs et visiter des forges avec des articles d’une grande originalité ;

– Tourou et Mabas, villages près de la frontière nigériane, au bord d’une falaise d’où on a une vue panoramique sur la vaste plaine nigériane.

La province de l’Adamaoua est une grande région touristique. Elle compte une quarantaine d’établissements d’hébergements et plus d’une trentaine de sites répertoriés et classés : lacs d’une beauté exceptionnelle, grottes millénaires, chutes pittoresques, ranchs et campements de chasses. Sa capitale provinciale est Ngaoundéré ville étape entre le Nord et le Sud. Elle doit son nom à l’une des montagnes en forme de nombril qui l’entourent. Ses centres d’intérêt sont :

– La grande mosquée, bâtiment moderne et pittoresque qui accueille les fidèles pour la prière du vendredi.

– Le palais du lamidat dont les décorations murales des salons et à l’entrée au toit conique de chaume font revivre les époques lointaines ;

– L’école hôtelière et de tourisme du Cameroun ;

– Le lac de Mbalang long d’un kilomètres et aux formes irrégulières, avec un ilot e son centre. la pratique du ski nautique y est possible, de même que la voile, la pêche et des prises de vue ;

– Le lac naturel Mayam, entouré d’une forêt où on retrouve hippopotames et crocodiles ;

– Les chutes spectaculaires de Tello, de la Vina, de Béni, et de Lancrenon, dont certaines offrent des possibilités d’hydro-électricité ;

– Les grottes des nyem-nyem (refuge de résistance contre les allemands), de Damougaré, d’Ossere Tchoumbal ;

– Le ranch de Ngaoundaba situé dans un parc boisé, des possibilités d’hébergement et de restauration existent dans le campement ;

– Les barrages Mbakaou et de la Mape ;

– La source thermale de Wouldé qui jaillit sur une rupture de pente entre le plateau et la plaine, libérant de l’eau chaude à 70°C.

La beauté et la multiplicité des paysages du grand nord, libre cours à la pratique du tourisme de safari-photo et de chasse, dans les nombreuses réserves et les parcs de la région48, par l’aménagement de parcours et campements, la création d’unités de location de matériel de chasse pour les touristes, dont l’utilisation génère des bénéfices, l’aménagement de pistes praticables et de moyens de transport pour les visites. les autorités publiques doivent donc réorganiser le gestion de ces parcs souvent laissés à la merci des populations locales ou des braconniers qui y trouvent leur gagne-pain en abattant systématiquement tous les animaux dont la chaire est consommable, entrainant ainsi la disparition de certaines espèces animales très importantes pour l’écosystème et le développement de l’écotourisme. A cet effet, des gardes forestiers, maitrisant la région et les diverses ressources qui sont à protéger doivent être formés parmi les populations locales, pour une implication de celles-ci, de même que des guides touristiques.

Tout comme les hommes des grasslands, ceux du grand nord son restés jusqu’à ce jour très jaloux de leurs traditions millénaires, les méthodes de travail des divers artisans (tisserands, potiers, forgerons, cordonniers, etc.) sont ancestrales et archaïques. Il faut donc promouvoir la vente de ces magnifiques produits locaux afin de dynamiser l’artisanat de la région par l’ouverture d’ateliers d’arts ou de d’unités de commercialisation dans les établissements d’hébergement ou autres lieux a fort potentiels touristiques.

Par ailleurs la région est dominé par la religion musulmane ce qui a renforcé la soumission des populations locales aux divers rois ou sultans intronisés de générations en générations depuis plusieurs siècles ; et a permis une large conservation des cultures ancestrales.

Les grandes cérémonies traditionnelles, telles les fantasias, le festival des nyem-nyem, ou le carnaval bororo, sont des catalyseurs pour le tourisme culturel, qui permettrait aux touristes de la région de découvrir les cultures aux milles couleurs du Nord, de même que l’artisanat local qui est resté très authentique avec l’utilisation de calebasses et de marmites en terre cuite comme ustensiles de cuisines, la fabrication de sandales, portefeuilles et autres en peaux d’animaux (serpents, chèvres, moutons,…), fabrication de pagnes, souvent ornés e broderies faites à la main.

La région étant d’un fort potentiel touristique, les hôtels doivent y être rénovés et bien entretenus pour un accueil et des séjours satisfaisants des touristes. Les jeunes de la ville doivent amplement profiter de l’école hôtelière et touristique de Ngaoundéré, qui offrirait de larges possibilités de travail si elle était réorganisée et mieux gérée.

Cependant, le Nord souffre d’une certaine isolation par rapport au reste du pays, du fait que les voies d’accès terrestres sont en mauvais état ou très souvent envahies par les « coupeurs de routes » brigands, qui agressent et pillent tout usager imprudent qui s’y aventure. Ce qui rend l’accès difficile et le déplacement quelques fois incertain. Les pouvoirs publics doivent alors mettre sur pied des mesures de sécurité visant à protéger les passagers lors de leurs voyages ou procéder à l’arrestation de ces brigands, et améliorer les moyens et conditions de transport en direction de la région riche d’un potentiel agricole, pastorale, artisanal et touristique qui convenablement utilisé et mis en valeur ne peut que se développer.

Les moyens financiers mis en œuvre seront ici ceux issus des caisses de l’état et une part des bénéfices prélevés sur les tarifs des voyages que paient les touristes par les organisateurs d’activités touristiques sur place.

Le désenclavement de la région se traduit aussi par le fait que les tribus vivent dans des zones rurales pauvres et dépourvues d’infrastructures de sanitaires, scolaires et de transport, d’ailleurs le Nord est la région qui enregistre le taux d’analphabétisation le plus élevé du pays. Les revenus générés par les activités touristiques dans ces zones rurales doivent donc contribuer à la fourniture d’infrastructures telles que les routes, écoles et hôpitaux, pour l’amélioration des conditions de vie des populations rurales.

L’aspect communautaire est parfois négligé, pourtant il constitue un élément fondamental dans l’implication davantage de personnes dans le tourisme en Afrique. Les gouvernements ont un rôle primordial à jouer dans l’éducation et le renforcement des capacités e faveur des communautés. Il importe de procéder au changement des composantes de l’industrie touristique qui a besoin d’intégrer davantage de groupes défavorisés, notamment les groupes ruraux pauvres.

Si on veut faire profiter aux populations des retombées du tourisme, il est important de les impliquer dan l’industrie touristique et dans la gestion des entreprises. Elles peuvent être employées dans la planification et la gestion des activités des parcs selon les compétences des uns et des autres pour le guidage, gardiennage, entretien des animaux et des espaces naturels. Les communautés locales doivent pouvoir gérer les zones naturelles en dehors des aires protégées et établir des jointures et d’autres accords avec les secteurs qui gèrent le tourisme (public et privé).

Les populations locales ont besoin d’être impliquées dans la gestion du tourisme et de la nature à l’intérieur des aires communautaires protégées, surtout lorsqu’elles sont à proximité des habitations

Sur l’ensemble du territoire et les diverses régions visitées la création de coopératives pour la commercialisation des produits locaux est un projet très important qui permettrait aux populations locales de mieux s’organiser pour vendre le fruit de leur travail. Un matériel moderne et adéquat doit donc mis à la disposition des populations par rapport à leurs activités (pêche, agriculture, artisanat).

Ainsi au Sud, à l’Ouest, et à l’Est, les paysages verdoyants et les terres fertiles permettent l’implantation de coopératives agricoles peuvent être crées pour la culture des produits de consommation local et d’exportations. Au Nord des coopératives artisanales, pastorales et de chasse (fourniture d’un matériel de chasse et regroupement du gibier obtenu pour la vente) sont plus adaptées car le climat y limite les activités agricoles et les populations sont plus tournées vers l’élevage. La région océanique quant à elle bénéficierait plus de coopératives de pêche, pour la promotion des produits de la mer.

La direction générale de ces coopératives étant remises aux autorités publiques ou à des organismes privés, les bénéfices obtenus par l’exploitation des produits locaux, doivent servir au développement global de la région, par la l’aménagement ou la rénovation d’infrastructures nécessaires selon la région : écoles, hôpitaux, routes, lignes électriques, lignes téléphoniques, centres commerciaux.

Les formations dont les autorités publiques ou privées et le personnel (hôteliers, guides, restaurateurs) recruté dans un premier temps auront besoin, ne sont pas des formations complètes comme celles fournies dans les écoles hôtelières, car elles prendraient plus de temps et ne feraient que repousser le processus de développement du tourisme sur le territoire entier. Il conviendra alors aux autorités compétentes et responsables du tourisme de faire au personnel des formations accélérées de 2 ou 3 mois pour se familiariser avec le milieu et les exigences du tourisme.

Ensuite, de promouvoir dans le système éducatif et surtout universitaire camerounais des formations en tourisme, pour avoir un personnel qualifié à long terme répondant aux besoins du marché touristique.

A ces métiers s’ajoutent souvent des besoins en main d’œuvre pour l’aménagement ou la construction de structures touristiques, tels que les maçons, menuisiers, ingénieurs, architectes, dont le recrutement sur le territoire ouvre de nouvelles possibilités ou un nouveau marché d’emplois, diminuant ainsi le taux de chômage.

Concernant les infrastructures d’hébergement touristiques dans le pays, les acteurs du tourisme doivent veiller à ce qu’elles soient aménagées selon les normes de qualité et de sécurité définies par le tourisme durable, afin d’assurer la sécurité et le bien être des touristes et des collectivités locales, ainsi que la préservation de l’environnement naturel.

Certaines ethnies du pays par l’autorité des chefs qui les dirigent sont jusqu’à ce jour, très attachées à des éléments naturels (chutes, montagnes, grottes, arbres, rivières, rochers) de leurs régions qu’ils considèrent comme sacrés.

L’accès y est généralement interdit sous peine de malédiction mystique ou de mort. Ces prises de position sont liées à des coutumes et traditions ancestrales ancrées dans le quotidien, et très respectées. Cependant ces éléments naturels s’avèrent utiles et très rentables pour le développement et la réalisation de l’écotourisme. L’équation la plus difficile à résoudre à ce niveau est donc de convaincre les autorités locales pour un accès à ces sites.

Du fait que ces populations soient généralement pauvres, le filon à exploiter pour persuader les chefs de villages est l’amélioration des conditions de vie des populations et le développement de la région par l’aménagement de routes, écoles, hôpitaux, marchés, moyens de transport, qui sont les principales ressources que nécessitent les populations rurales, souvent éloignées ou recluses.

Toutefois lorsque l’accès à ces sites est permis les responsables des activités touristiques doivent veiller à la protection de ces sites et limiter les arrivées touristiques pour éviter la dégradation des lieux, satisfaisant ainsi la curiosité des touristes, et les autochtones par le respect de leurs traditions et la conservation de leur environnement.

En outre, pour une meilleure collaboration et une plus large implication des populations locales aux activités et au développement du tourisme sur l’ensemble du territoire, des ateliers de formation et de sensibilisation doivent être réalisés, pour informer le public des motivations des voyageurs, de la nature des activités réalisées sur leurs territoires et les bénéfices qu’ils peuvent en tirer.

La sensibilisation des populations ici est très importantes, car le tourisme est généralement mal perçu et vu comme une « activité réservée aux riches et qui ne rapporte rien ». Pour que la population accepte dont de participer, il faut qu’elle obtienne une contre partie bénéfique.

Cette sensibilisation ne doit cependant pas être limitée aux populations rurales, elle doit s’étendre dans les zones urbaines à travers les programmes scolaires et même les programmes diffusés à la télévision afin de développer la culture touristique des voyages dans l’esprit des camerounais, ce qui ne pourrait qu’encourager le tourisme interne et national.

D’autre part, la sensibilisation et la mise à la disposition de toutes informations nécessaires pour les touristes dès leur arrivée sur le territoire ou leur installation dans les unités d’hébergement sont très importantes, car elles les mettent en condition et les préparent à plusieurs éventualités.

Les organisateurs de circuits touristiques doivent harmoniser les circuits de façon à ce que plusieurs régions qui célèbrent leur fête dans la même période soient visitées et découvertes avec leurs richesses artistiques et écologiques.

Le concept de capacité de charge est très important ici, il détermine le nombre de touristes qu’un endroit peut accueillir sans porter préjudice à l’environnement ou à la population d’accueil, ni diminuer la satisfaction des touristes. Les autorités responsables de la planification du tourisme et des activités écotouristique devront définir pour chaque région, des limites à ne pas dépasser concernant le nombre de touristes, établir des règles visant à préserver les espaces naturels visités avec des sanctions ou des amendes envers les visiteurs irrespectueux de ces règles, organiser avec des activités de reboisement, de nettoyage, ou de décoration en impliquant les communautés locales qui se sentiront ainsi pris en compte et responsables de la protection de leur environnement.

Cette capacité de charge49 prend en compte, la capacité écologique : qui limite les répercussions sur l’environnement et s’articule autour de la limitation des pollutions et la dégradation des espaces naturels ; la capacité de socioculturelle : qui détermine les effets de la présence étrangère sur la société d’accueil, la préservation et la valorisation de ses cultures ; la capacité psychologique qui détermine l’aptitude des populations à recevoir des visiteurs et les comportements qu’elles adopteront vis-à-vis de ces étrangers ; la capacité des infrastructures avec le nombre d’unités d’hébergement, de restauration et des équipements qu’un région possède ou qu’il est nécessaire d’aménager ; et la capacité de gestion qui renvoie aux flux touristiques acceptables par rapport aux compétences des gestionnaires et aux types de tourisme à pratiquer selon la région.

L’écotourisme et l’implication des populations locales : Campo-ma’an, une expérience vécue.

Attestant des possibilités de développement de l’écotourisme au Cameroun, une expérience écotouristique a réussie dans la province du Sud par l’unité technique opérationnelle (UTO) de Campo-ma’an plus précisément a Ebodje, pour la conservation de la biodiversité, la promotion des forêts et le développement socio-économique des collectivités locales.

Le potentiel touristique de Campo-ma’an comprend :

– Le parc national avec une diversité floristique et faunique

– Une zone côtière naturelle où les tortues marines pondent sur les plages

– Les chutes de Memve’ele et de la Lobé, le fleuve du Ntem avec ses rapides, les rivières pour les ballades à pirogues

– Des grottes dont certaines peuvent servir de grottes pour passer la nuit

– Une diversité de modes de vie différents et un large échange culturel : peuple côtier vivant avec la mer, peuple forestier sédentaire ou nomade

– Proximité de Kribi, l’une des principales villes touristiques du pays.

Ebodje est un village côtier de l’arrondissement de Campo-ma’an situé à 50 kilomètres de Kribi, c’est la plus grande concentration de la tribu Iyassa de l’arrondissement, on y trouve plus de 800 habitants, et il s’étend sur 2700 mètres environ, la population vit principalement de la pêche.

A Ebodje, les populations participent d’une manière active au développement du tourisme par la création d’un comité de tourisme local qui coordonne toutes les activités dans le village. Ce comité est constitué d’un président, trésorier et délégués qui représentent chacun les différents services qu’offre le village. Plusieurs maisons ont été aménagées et mises à la disposition du comité de tourisme pour l’accueil des touristes. Une équipe de femmes assure la restauration sous la responsabilité du comité, et une équipe de guides est chargée d’accompagner les touristes lors des sorties et ballades.

Un programme de séjour est composé de quelques activités touristiques est proposés aux touristes :

– Ballades en forêt ou en mer

– Excursions sur la rivière Likodo

– Visite du village avec ses caractéristiques (fumage du poisson, fabrication d’une pirogue…)

– Visite du musée des tortues marines

– Soirées culturelles avec des danses traditionnelles.

Les frais des services et activités offerts sont perçus par le comité, qui en prélève 10% pour ses caisses et remet le reste aux différents prestataires de services touristiques.

Une contribution de 1000 francs CFA est requise de chaque touriste comme compensation des efforts de protection environnementale. Ces fonds sont gérés par la population et servent à réaliser des projets communautaires.

Actuellement 35 personnes du village dont 10 femmes et 25 hommes sont actives dans le développement du tourisme dont ils trouvent un intérêt économique. Leur niveau d’instruction va du primaire au secondaire. Tous parlent et comprennent bien français, ce qui constitue un atout pour le tourisme.

En 2000 Ebodje a reçu une centaine de touristes, un début assez timide, mais il a fallu du temps à la population pour mettre son organisation à jour et aménager les infrastructures d’accueil. Actuellement, il y a lieu de se lancer dans un marketing pour attirer l’attention des potentiels touristiques et des tours opérateurs. Dans ce contexte la mise en place d’un office de tourisme à Kribi en cours, pourra jouer un grand rôle.

L’évaluation de l’écotourisme dans la zone passe par le remplissage de formulaires de satisfaction par les touristes. Les informations obtenues ont relevées l’hospitalité et l’accueil chaleureux de la population ; la compétence des guides au départ inexpérimentés, mais qui ont été formés aux tâches et comportement axées sur la compréhension des cultures étrangères ; l’amélioration de l’offre et des programmes touristiques ; la satisfaction et la grande appréciation des mets locaux (poisson braisé, légumes, banane plantain…) ; et la caractère simple des hébergements ainsi que leur aménagement, mais dont la salubrité reste largement a améliorer.

Pour l’acceptation du tourisme en général, il est indispensable de mettre beaucoup d’intérêt à la gérance des fonds destinés aux projets de la communauté. Chaque touriste, tour opérateur ou acteur économique participe directement à la compensation environnementale qui est versé dans la caisse de la communauté. L’exécution de projets de développement montre aux habitants un impact positif du tourisme dans leur région et ne peut que les encourager à s’impliquer.

Le cas du village d’Ebodje doit servir d’exemple aux autres localités du pays pour planifier et organiser des activités dans le cadre de l’écotourisme.

Tourisme durable et écotourisme : axes de développement socio-économique et de sauvegarde patrimonial pour le Cameroun
Mémoire de fin d’études Administration et Gestion des Entreprises – Touristiques et Hôtelières
Institut Supérieur International De Tourisme De Tanger

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47 Emmanuel ONDO NDONG, Tourisme et développement économique d’un pays : exemple du Cameroun, (école normale supérieure, Yaoundé 2003)

48 « Cameroun : toute l’Afrique dans un pays » manuel de vente, publication du ministère du tourisme 2008.

49 Planification intégrée du tourisme (ISITT) dispensé par M. RAHOUTI

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