Le tourisme durable et l’écotourisme : cas du Cameroun

Royaume Du Maroc
Ministère Du Tourisme, De L’économie Sociale Et De L’artisanat
Département Du Tourisme

Institut Supérieur International De Tourisme De Tanger
Administration et Gestion des Entreprises
Touristiques et Hôtelières

Mémoire de fin d’études

Tourisme durable et écotourisme : axes de développement socio-économique et de sauvegarde patrimonial pour le Cameroun
Tourisme durable et écotourisme :
axes de développement socio-économique et de sauvegarde patrimonial pour le Cameroun

Réalisé par :
MAA OMGBA Véronique

Encadré par :
M. Mimoun HILALLI.

Année universitaire
2007-2008

Dédicaces et Remerciements

Plan :

  • Introduction
  • Première partie : TOURISME DURABLE ET ECOTOURISME
  • I : TOURISME DURABLE : présentation générale.
  • A – définitions
  • B – historique
  • C- enjeux et limites du tourisme durable
  • II : ECOTOURISME : présentation générale
  • A – Genèse de l’écotourisme
  • B – Définitions de l’écotourisme
  • C – Spécificités de l’écotourisme
  • D- Les impacts de l’écotourisme
  • Deuxième partie : LE CAMEROUN ET L’IMPACT DU SECTEUR TOURISTIQUE SUR L’ECONOMIE CAMEROUNAISE
  • I : CAMEROUN : « l’Afrique en miniature »
  • A- géographie : un territoire aux multiples facettes
  • B- Histoire : des clans à la formation d’une république unie
  • C- Economie
  • D- Tourisme et patrimoine : à la découverte du cœur de l’Afrique
  • II : IMPACT DU TOURISME SUR L’ECONOMIE CAMEROUNAISE
  • A- Options gouvernementales
  • B- Retombées économiques et financières
  • C- Handicaps du tourisme camerounais
  • Troisième partie : ADOPTION DE LA POLITIQUE DE TOURISME DURABLE ET DEVELOPPEMENT DE L’ECOTOURISME AU CAMEROUN
  • I : ADOPTION DU TOURISME DURABLE AU CAMEROUN
  • A- planification
  • B- administration et évaluation de l’impact sur l’environnement
  • C- normes d’aménagement et de conception pour les installations touristiques
  • D- normes de qualité et d’équipements
  • II : DEVELOPPEMENT DE L’ECOTOURISME AU CAMEROUN
  • A- Le Cameroun : un paradis écotouristique
  • B- Commercialisation et partenariat pour le développement de l’écotourisme au
  • Cameroun
  • C- Avantages et inconvénients pour les communautés locales
  • Conclusion

Table des sigles et abréviations

  • OMT : organisation mondiale du tourisme
  • SIDA : syndrome d’immunodéficience acquise
  • IATA : association internationale du transport aérien OACI : organisation internationale de l’aviation civile PATA : pacifique asia travel association
  • TCSP : conseil pour le tourisme dans le pacifique sud
  • IRHA : association internationale de l’hôtellerie et de la restauration
  • PNUE : programme des nations unies pour l’environnement
  • CEMAC : communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale
  • PPA : parité des pouvoirs d’achats
  • CDC : Cameroon development corporation
  • PIB : produit intérieur brut
  • BEAC : banque des états de l’Afrique centrale
  • SODECOTON : société de coton
  • CICAM : cotonnière industrielle du Cameroun CFA : communauté financière africaine CHOCOCAM : chocolaterie du Cameroun
  • COBAC : commission bancaire et l’Afrique centrale
  • PME : petites et moyennes entreprises SOSUCAM : société sucrière du Cameroun ALUCAM : aluminium du Cameroun SITABAC : société industrielle de tabac HEVECAM : hévéa du Cameroun
  • SOCAPALM : société camerounaise de palmeraie
  • CIMENCAM : cimenterie du Cameroun SONARA : société nationale de raffinerie CCC : complexe chimique du Cameroun CAMAIR : Cameroon Airlines
  • UNESCO: United nations educational, scientific and cultural organization. SOCATOUR : société camerounaise de tourisme
  • ATA : african travel association
  • CTO : carribean tourism organization
  • Sites internet : www.cameroon-plus.com www.natureholding.org www.wikipédia.fr www.wikinews.org www.astocaf.com www.internet-general.info www.cameroun-info.net

Introduction

Le tourisme est l’une des plus anciennes activités du monde, il s‘est développé avec l’évolution technologique et démographique et constitue désormais un secteur économique fondamental dans de nombreux pays développés comme dans des pays en développement, qui en font un facteur essentiel de leur développement.

Le chiffre d’affaires du tourisme n’est précédé que par ceux des industries de pétrole et de l’automobile. Mais aujourd’hui le tourisme représente la première industrie de service dans le monde. Il favorise l’ouverture des grands chantiers d’avenir d’une nation.

Son rôle est capital car il peut jouer en tant que secteur moteur de développement économique et social des pays. Ce secteur est la principale source de créations d’emplois dans un grand nombre de pays. Non seulement dans l’industrie touristique elle-même mais aussi, par effets d’entraînement, dans d’autres secteurs.

L’impact économique du tourisme et des voyages est également considérable puisqu’ils sont à l’origine de la croissance de l’investissement en infrastructures et qu’ils constituent une source de devises d’une grande importance non soumises à des obligations d’achat et à des paiements déterminés.

De même grâce de sa nature diversifiée, le tourisme touche pratiquement tous les domaines de l’activité économique, il exerce une grande influence sur les autres secteurs tels que l’agriculture, la construction, l’artisanat, le commerce et surtout les services de transport.

Le secteur touristique est le principal consommateur des produits de l’artisanat local, rural et urbain, ainsi que pour le mobilier et l’équipement de base.

Le tourisme touche aussi la société. C’est un moyen de communication et d’échange culturel entre les peuples surtout dans les pays de séjour plus spécialement dans le tourisme de masse. Par conséquent, les régions touristiques connaissent certaines mutations. Elles s’ouvrent sur l’extérieur, ce qui élargit le champ du dialogue entre les cultures et ouvrir de nouvelles perspectives à la coopération entre les hommes.

L’Afrique ne reste pas moins concernée par ce phénomène en expansion qu’est le tourisme, elle recherche également une place sous ce nouveau soleil qu’est le tourisme. Sa présence est visible sur le marché touristique international, elle offre des produits et destinations divers, facilement remarquables qui se distinguent par leur nature, leur identité originale, leur qualité, leur volume et leur authenticité. Le continent africain a enregistré en 2005 la plus forte croissance du nombre de touristes comparativement aux autres destinations. D’après les chiffres fournis par l’organisation mondiale du tourisme (OMT) à Madrid où elle a son siège, 36,7 millions de visiteurs se sont rendus en Afrique, soit plus 10,1% par rapport à l’année 2004.

Mais c’est un continent au contexte généralement pauvre, mal géré, miné par les guerres, les maladies, la famine et le manque d’infrastructures.

Le tourisme apparaît donc comme un secteur salvateur en Afrique, car c’est un continent riche en ressources naturelles et humaines, qui exploitées de bonne manière ne pourraient que contribuer a une avancée moderne, économique, prospère et profitable à toutes ses populations.

Cependant, il est important de souligner que dans tous les pays du monde, l’adoption ou le développement du tourisme comporte tout aussi bien des avantages que des inconvénients, selon les politiques de tourisme appliquées et les types de tourisme pratiqués. Il faut alors mettre sur pied ou choisir une politique touristique qui répond tant bien aux aspirations des populations locales ou des pays récepteurs qu’aux objectifs de l’état et des investisseurs.

Dans ce sens, le tourisme durable et l’écotourisme s’imposent comme politique et type de tourisme à instaurer en Afrique car ils s’inscrivent dans une longue durée, reposent sur des engagements solides, et entraînent une large cohésion socio-économique. De plus l’Afrique dispose d’un large patrimoine écologique et naturel, qui peut contribuer à son essor global.

Le Cameroun à l’instar des autres pays africains n’est pas moins concerné par les apports avantageux que pourrait constituer le tourisme durable. Il a adopté le tourisme comme facteur de développement depuis 1960 et pour mener à bien cette activité, plusieurs aspects et actions ont été mis en œuvre: construction, développement et entretien des infrastructures, mise en place de politiques et planifications du tourisme. Cependant, aucunes mesures n’ont été prises pour un développement durable du tourisme dans le pays, le développement de certaines formes de tourisme par rapport aux ressources du pays et une implication des populations réceptrices aux activités touristiques se déroulant sur l’ensemble du territoire.

Il convient alors de se poser la question de savoir dans quelles mesures l’instauration d’une politique de tourisme durable, et le développement de l’écotourisme en particulier, pourrait contribuer au développement socio-économique du Cameroun ? Pour répondre a cette question, nous ferons premièrement une présentation des concepts majeurs a savoir le tourisme durable, l’écotourisme et le Cameroun ; en suite nous étudierons le tourisme tel qu’il est actuellement pratiqué au Cameroun et son impact sur l’économie camerounaise ; enfin nous nous attèlerons a démontrer comment le Cameroun en tant que pays du tiers monde, peut à travers son vaste et merveilleux potentiel touristique relever son économie, assurer un niveau de vie convenable à ses populations et redorer le blason d’un pays souvent appelé « Afrique en miniature ». 3

Première partie : TOURISME DURABLE ET ECOTOURISME

I : TOURISME DURABLE : présentation générale

A- Définition et principes.

1- Définitions.

A l’heure où nous sommes préoccupés par les effets de la mondialisation, de la détérioration de l’environnement, de la propagation du SIDA, et par beaucoup d’autres problèmes qui influent sur notre milieu et notre qualité de vie, le développement durable s’impose comme une solution à plusieurs maux. Issu du rapport de Brundtland, le développement durable sous entend « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs 1». Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de  » besoins « , et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »

Autrement dit, il s’agit, en s’appuyant sur des valeurs (responsabilité, participation et partage, débat, partenariat, innovation, pérennité, réversibilité, précaution et prévention et solidarité ; sociale, géographique et transgénérationelle) d’affirmer une approche double et conjointe :

– Dans l’espace : chaque habitant de cette terre a le même droit humain aux ressources de la terre ;

– Dans le temps : nous avons le droit d’utiliser les ressources de la terre mais le devoir d’en assurer la pérennité pour les générations à venir.

Le monde touristique n’y échappe pas ; le tourisme a évolué à un tel point que la croissance des flux touristiques n’est pas sans conséquences sur l’environnement, tan social que physique des destinations visitées. Désormais il convient de mieux piloter le développement et l’expansion touristiques pour appliquer les concepts du développement durable.

L’OMT étant le principal organisme qui régit le tourisme dans le monde, nous nous focaliserons sur ses travaux et résultats pour donner une définition claire du « tourisme durable »

D’après l’OMT, le rapport intitulé « notre avenir à tous » qu’avait préparé en 1987 pour l’assemblée générale des nations unies la commission mondiale de l’environnement et du développement définissait une politique de développement durable comme « répondant aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations à venir à satisfaire leurs propres besoins » Lors de la conférence des nations unies sur l’environnement et le développement plus connue sous le vocable « sommet de la terre » qui s’est tenu à Rio de Janeiro en 1992, le principe de développement durable a été approfondi. Depuis lors, les autorités nationales ont fait de la durabilité le fondement de leur politique de développement. L’OMT l’ayant elle-même retenu comme pertinent, en applique le principe à toutes ses études sur le développement et la planification touristique.

Le développement d’un tourisme durable répond aux besoins des touristes et des régions qui les accueillent, tout en ménageant et améliorant les possibilités futures. Il doit se traduire par une gestion de toutes les ressources permettant à la fois de satisfaire les besoins économiques, esthétiques, et sociaux et de préserver l’intégrité culturelle, les écosystèmes, la biodiversité et les systèmes de soutien de la vie.

A la lumière de cette définition large, on peut préciser diverses notions sous-jacentes du développement d’un tourisme durable, à savoir :

– les ressources touristiques – naturelles, historiques, culturelles ou autres, conservées de manière à ce qu’on puisse continuer d’en tirer partie dans l’avenir, tout en profitant à la société actuelle.

La démarche du développement durable revêt une importance particulière pour le tourisme, parce que celui-ci dépend avant tout d’attractions et d’activités en rapport avec le milieu naturel ainsi qu’avec le patrimoine historique et culturel dans une région d’accueil. S’il advient que ces ressources soient dégradées ou détruites, le tourisme ne prospère plus ; d’autre part, la mise en valeur du tourisme favorise souvent la préservation de certaines de ces ressources. La conservation des traditions dans ce qu’elles ont de désirable et de l’identité ethnique est une composante importante dans la préservation du patrimoine culturel d’une région;

– la planification et la gestion du développement touristique se font de telle manière qu’il n’en résulte pas de problèmes écologiques ou socioculturels graves dans la région concernée. La planification environnementale et les analyses de capacité sont des techniques de choix pour empêcher que le tourisme occasionne des problèmes de ce genre. L’utilisation des techniques qui ménagent le milieu peut fortement contribuer à réduire les effets indésirables du développement touristiques ;

– la qualité générale de l’environnement de la région touristique est préservée et au besoin, améliorée. Les touristes souhaitent en majorité visiter des lieux attrayants, bien organisés, propres et non pollués. Le tourisme peut inciter à préserver et, s’il le faut à améliorer la qualité de l’environnement et fournir ce qu’il faut pour cela. Un environnement de haute qualité est de même très important pour le bien être des habitants. Le tourisme peut aider ceux-ci à prendre mieux conscience de la qualité du milieu qui est le leur et à en soutenir la préservation voire au besoin l’amélioration ;

– le niveau de satisfaction des touristes doit être maintenu de sorte que les destinations conservent leurs attraits et leur potentiel commercial. Si une région à vocation touristique n’apporte pas de satisfaction aux visiteurs ; elle sera dévalorisée sur le marché du tourisme et elle cessera d’être une destination digne de ce nom. Les stations anciennes exigent d’être revitalisées pour pouvoir continuer d’exister et atteindre leurs objectifs de commercialisation.

– le tourisme doit largement profiter à tous les membres de la société. La planification et la gestion du développement touristique doivent se faire de sorte que sur place, les bénéfices socioéconomiques du tourisme soient distribués le plus largement possible à tous les membres de la société. Les projets touristiques à base communautaire représentent un très bon moyen de faire profiter les habitants du tourisme.

En outre il faut absolument que le tourisme soit politiquement acceptable sans que sa durabilité s’en trouve compromise : faute d’appui et d’engagements politiques en faveur du tourisme durable, les projets touristiques fondés sur ces principes de durabilité resteront sans suite. C’est par une planification, un développement et une gestion soigneux du secteur touristique que le tourisme durable a le plus de chance d’aboutir.

Cependant la planification2 du tourisme intervient à différents niveaux, du plus général et global au plus particulier et ponctuel. A chacun des ces niveaux, on s’attache à des considérations spécifiques. Idéalement, on se consacre d’abord à la macro planification, la planification locale se conformant au cadre que constitue celle-ci. Les niveaux de planification3 sont définis ainsi que suit :

– Au niveau international : ici la planification porte sur les services de transport internationaux, la programmation des circuits et excursions se déroulant dans plus d’un pays, sur l’élaboration collective de produits et parfois la commercialisation conjointe. Des organisations internationales comme l’OMT et ses commissions régionales, arrêtent des politiques et normes touristiques régionales et mondiales, procèdent à des études à l’échelon mondial, encouragent la coopération entre les pays ou entre le secteur public et le secteur privé. L’IATA (association internationale du transport aérien) ou l’OACI (organisation internationale du transport aérien) s’occupent de toutes sortes de questions relatives au transport aérien international, normes comprises. Des organisations régionales pour le tourisme – (PATA) pacific asia travel association, (TCSP) conseil pour le tourisme dans le pacifique sud, (CTO) carribbean tourism organization, etc.- mettent sur pied des politiques et des programmes régionaux et incitent leurs membres à coopérer. Les associations pour le commerce touristique tel que le conseil mondial du voyage et du tourisme (l’association internationale de l’hôtellerie et de la restauration : IHRA) fixent une base volontaire des normes et des systèmes de certification de la qualité, tout en se prononçant sur des sujets en rapport avec leurs intérêts commerciaux.

– Au niveau national : la planification touche la politique touristique nationale, les structures, les moyens d’accès internationaux au pays, les grands systèmes de transport présents sur le territoire national ; les principaux lieux d’intérêt touristique, le programmes de circuits et d’excursions, la fixation des normes nationales pour les installations et les services, la définition des normes applicables aux établissements d’instruction et de formation pour le tourisme – et parfois, la création de tels établissements – les politiques d’investissement, la commercialisation du tourisme et la disponibilité de services d’informations dans tout le pays.

– Au niveau régional : opérant souvent au premier échelon infrarégional (états ou provinces) cette planification concerne la politique touristique régionale et les structures, les programmes de circuits et d’excursions régionaux, l’accès aux régions et le réseau de transport, éventuellement la création de normes pour les installations et les services et, parfois le choix de la politique d’investissement régionales et la commercialisation du tourisme régional. A ce niveau, le lancement et la coordination de programmes d’éducation et de formation au tourisme peuvent représenter une fonction planificatrice importante.

– Au niveau local ou communautaire : il s’agit ici de planifier le tourisme à l’échelon infrarégional, dans les villes, les villages et stations, en zone rurale ou sur certains lieux d’attraction. Cette planification débouche sur des plans de zonage touristiques étendus, par des plans de tourisme urbains et par des plans d’aménagements des sols pour les stations, les lieux d’attractions, etc. des programmes spécifiques – écotourisme ou séjours ruraux – sont menés à l’échelon local. A ce même niveau on peut organiser dans une certaine mesure l’éducation et la formation au tourisme, assurer partiellement la commercialisation, organiser des services d’information et remplis diverses taches de gestion.

2- Principes fondamentaux

Le développement durable est devenu l’une des préoccupations majeures de notre temps. Le tourisme, dont le caractère transversal met en jeu les territoires, le patrimoine naturel et humain, ne peut plus faire l’impasse sur les principes régissant son propre développement.

Le premier principe général du développement durable repose sur l’idée que les réponses apportées aux besoins actuels ne doivent pas compromettre la capacité des futures générations à répondre aux leurs. La conférence de Rio avait abouti à la mise en place de l’Agenda 21, comprenant les principes fondamentaux d’un développement durable.

En ce qui concerne le tourisme, on peut reprendre la déclaration de principe de la rencontre euro méditerranéenne à Hyères en septembre 1993:

[…] Le tourisme ne pourra évoluer harmonieusement que dans le cadre d’une vision de développement durable. Il doit, donc, être conçu et géré comme une activité globalement bénéfique pour les communautés d’accueil, dans le respect de leurs coutumes et traditions. Aujourd’hui, la plupart des responsables et des acteurs opérant dans le secteur du tourisme ressentent le besoin d’un véritable consensus sur le concept de durabilité. Plus précisément, les principes fondamentaux interviennent à l’interface des territoires et des hommes (voir tableau ci-dessous)

Tableau : principes fondamentaux du tourisme durable.

Principes environnementaux Principes socioculturels Principes économiques
Respect des paysages Protection des cultures locales Maîtrise des investissements
Protection de la flore et de la faune Intégration des locaux Expertise des impacts
Gestion qualitative de l’eau Gestion paritaire du territoire Planification budgétaire
Gestion de la pollution. Maîtrise de l’emploi. Vérifications périodiques

Source : www.veilleinfotourisme.com

Ainsi, les participants à la Conférence mondiale du Tourisme durable, réunis à Lanzarote, îles Canaries, Espagne, les 27 et 28 avril 1995, conscients que le tourisme est un phénomène de portée mondiale qui répond aux plus profondes aspirations de tous les peuples, ainsi qu’un important élément de développement social, économique et politique pour de nombreux pays ; en appellent à la communauté internationale et demandent, en particulier, aux gouvernements, aux pouvoirs publics, aux décideurs et aux professionnels du monde du tourisme, aux associations et aux institutions publiques et privées dont les activités sont liées au tourisme et aux touristes eux-mêmes, d’adopter les principes et les objectifs de cette Déclaration4, qui sont:

Article 1

Le développement touristique doit reposer sur des critères de durabilité; il doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique et équitable sur le plan éthique et social pour les populations locales. Le développement durable est un processus encadré visant une gestion globale des ressources afin d’en assurer la durabilité, tout en permettant de préserver notre capital naturel et culturel, y compris les espaces protégés. Le tourisme étant un puissant instrument de développement, il peut et doit jouer un rôle actif dans la stratégie de développement durable. Une bonne gestion du tourisme doit donc garantir le caractère durable des ressources dont cette activité dépend.

Article 2

Le tourisme doit contribuer au développement durable, en s’intégrant dans le milieu naturel, culturel et humain; il doit respecter les équilibres fragiles qui caractérisent de nombreuses destinations touristiques, en particulier les petites îles et les zones écologiquement fragiles. Les incidences du tourisme sur les ressources naturelles, sur la biodiversité et sur la capacité d’assimilation des impacts et des déchets engendrés, doivent rester acceptables.

Article 3

L’activité touristique doit considérer ses effets induits sur le patrimoine culturel et sur les éléments, les activités et la dynamique traditionnels de chaque population locale. La reconnaissance de ces facteurs locaux et le soutien de leur identité, de leur culture et de leurs intérêts doivent être des points de référence incontournables lors de la conception des stratégies touristiques, en particulier dans les pays en voie de développement.

Article 4

La contribution active du tourisme au développement durable présuppose nécessairement la solidarité, le respect mutuel et la participation de tous les acteurs, du secteur public et privé, impliqués dans le processus. Cette concertation doit se baser sur des mécanismes efficaces de coopération à tous les niveaux: local, national, régional et international.

Article 5

La préservation, la protection et la mise en valeur de la richesse du patrimoine naturel et culturel offrent un cadre privilégié pour la coopération. Cette approche implique que tous les responsables relèvent ce véritable défi qu’est l’innovation culturelle, technologique et professionnelle, et concentrent leurs efforts pour créer et mettre en œuvre des instruments de planification et de gestion intégrés.

Article 6

Les critères de qualité visant à assurer la préservation de la destination touristique et le degré de satisfaction du touriste, critères définis de manière conjointe avec les populations locales et basés sur les principes du développement durable, doivent être des objectifs prioritaires lors de la formulation des stratégies et des projets touristiques.

Article 7

Pour participer au développement durable, le tourisme doit se baser sur l’éventail de possibilités qu’offre l’économie locale. Les activités touristiques doivent pleinement s’intégrer dans l’économie locale et contribuer de manière positive au développement économique local.

Article 8

Toute option de développement touristique doit avoir une incidence effective sur l’amélioration de la qualité de vie de la population, et contribuer à l’enrichissement socioculturel de chaque destination.

Article 9

Les gouvernements et les autorités compétentes doivent entreprendre des actions de planification intégrées du développement touristique en partenariat avec les ONG et les populations locales pour contribuer au développement durable.

Article 10

Reconnaissant l’objectif de cohésion économique et sociale entre les peuples de la planète comme un des principes fondamentaux du développement durable, il est urgent que soient mises en place des mesures permettant un partage plus équitable des bénéfices et des charges engendrés par le tourisme. Cela implique un changement dans les modèles de consommation et l’introduction de méthodes de fixation de prix permettant l’intégration des coûts environnementaux.

Les gouvernements et les organisations multilatérales devraient donner priorité et renforcer les aides directes ou indirectes destinées aux projets touristiques contribuant à l’amélioration de la qualité de l’environnement. Dans ce contexte, il convient d’étudier l’application harmonieuse au niveau international d’instruments économiques, juridiques et fiscaux, afin de garantir l’utilisation durable des ressources dans les activités touristiques

Article 11

Les régions vulnérables, aujourd’hui et à l’avenir, du point de vue de l’environnement et de la culture, doivent être considérées comme prioritaires pour la coopération technique et les aides financières en vue d’un développement touristique durable. Les régions particulièrement dégradées par des modèles touristiques obsolètes et à fort impact doivent aussi faire l’objet d’une attention particulière.

Article 12

Le développement des formes alternatives de tourisme respectant les principes du développement durable ainsi que la diversification des produits touristiques constituent des facteurs de stabilité, à moyen comme à long terme. Il convient, dans ce sens, et en particulier dans le cas de nombreuses petites îles et des zones écologiquement fragiles, de favoriser et de renforcer de manière active la coopération régionale.

Article 13

Les gouvernements, l’industrie, les autorités, et les ONG compétentes en matière de tourisme doivent encourager et participer à la création de réseaux accessibles de recherche, de diffusion d’information, et de transfert de connaissances et de technologies appropriées en matière de tourisme durable.

Article 14

La définition d’une politique en matière de tourisme durable suppose le soutien et la promotion de systèmes de gestion touristique compatibles avec l’environnement, d’études de faisabilité permettant la transformation du secteur, tout comme la mise en œuvre de projets de démonstration et le développement de programmes de coopération internationale.

Article 15

L’industrie touristique, en collaboration avec les organismes et les ONG dont les activités sont liées au tourisme, doivent définir le cadre spécifique de mise en œuvre des actions actives et préventives pour un développement touristique durable. Ils doivent élaborer des programmes afin de favoriser l’application de ces mesures dans la pratique. Ils sont chargés d’assurer le suivi des actions, d’informer des résultats obtenus et d’échanger leurs expériences.

Article 16

Le rôle et les effets sur l’environnement du transport lié au tourisme doivent faire l’objet d’une attention particulière. Il convient dans ce sens de créer des instruments et de prendre des mesures afin de réduire la part des énergies et des ressources utilisées non renouvelables, et d’encourager les mesures visant à recycler et à réduire les déchets engendrés dans les installations touristiques.

Article 17

Afin que le tourisme soit une activité durable, il est essentiel que les principaux acteurs intervenant dans les activités touristiques, les membres de l’industrie en particulier, adoptent et appliquent des codes de conduite favorisant la durabilité. De tels codes de conduite peuvent être des instruments efficaces pour le développement d’activités touristiques responsables.

Article 18

Toutes les mesures nécessaires pour informer et favoriser la prise de conscience de l’ensemble des parties intervenant dans l’industrie touristique, qu’elles soient locales, nationales, régionales ou internationales, sur le contenu et les objectifs de la Conférence de Lanzarote doivent être mises en œuvre.

Tous les grands principes demandent une méthode d’application, plus ou moins définie selon un étroit partenariat entre secteur privé et secteur public. Pour les entreprises de tourisme, la prise en compte de tous ces principes est loin d’être évidente ; tandis que pour les collectivités territoriales se pose le problème de la formation et de la compétence des hommes ou des conseillers capables d’orienter les choix stratégiques et opérationnels.

__________________________________________

1 Seloua GOURIGA, Tourisme et développement durable : quelles conjugaisons ?

2 Source : OMT, Développement durable du tourisme : guide à l’intention des autorités locales, 2002.

3 Source : OMT, Développement durable du tourisme : guide à l’intention des autorités locales, 2002.

4 www.veilleinfotourisme.com

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