Analyse pragmatique du discours politique ( Macron )

Université Abderrahmane Mira – Bejaia-
République Algérienne Démocratique et Populaire

Faculté des Lettres et des Langues
Département de français

Mémoire de master
Option : Sciences du langage

Analyse pragmatique du discours politique
Cas du dernier discours d’Emmanuel Macron précédant son élection présidentielle de 2017

Présenté par :

Melle BACHIRI Sonia

Le jury :
M. BENNACER Mahmoud, président
M. SADI Nabil, directeur
M. BESSAI Bachir, examinateur

-2018/2019-

Remerciements

Résumé :

Les recherches en analyse du discours intéressent de plus en plus les scientifiques qui tentent de comprendre les choix méthodologiques possibles et les appliquer sur des discours journalistiques, publicitaires ou encore politique etc. Dans le but d’arriver à des conclusions pertinentes.

Ce mémoire représente une analyse pragmatique du discours politique dont l’objectif est d’étudier les éléments linguistiques employés par Emmanuel Macron dans son discours pour persuader son public. La problématique est par conséquent la suivante : Quels sont les procédés persuasifs et rhétoriques auxquels a eu recours Macron dans son dernier discours avant son élection pour persuader ses auditeurs ? Quelles sont les stratégies discursives utilisées par Macron pour faire adhérer ses sympathisants à son idéologie politique ? Et qu’est ce qui caractérise son discours ? Le confond ou le distingue des discours d’autres présidents français ?

Pour répondre à la problématique, nous procéderons à une démarche pragmatique basée sur la théorie des actes du langage d’Austin présentée dans son ouvrage « Quand dire, c’est faire » (1970), qui considère que le langage ne sert pas uniquement à décrire le monde mais plutôt à agir sur lui.

Les réponses récoltées montrent que le discours de Macron est très riche par ses différentes composantes linguistiques. En effet, nous avons relevé un nombre considérable de procédés persuasifs, dont la deixis et la modalisation et des figures rhétoriques ainsi que des stratégies discursives qui nous permettent de cerner la visée argumentative de l’énonciateur. Nous déduisons que la stratégie de Macron est de s’appuyer sur le côté émotionnel pour ainsi gagner le cœur de son public et le faire adhérer à son idéologie politique, mais aussi sur le plan actionnel en proposant de nouvelles réformes pour ainsi inciter son public à le suivre dans son projet. Le discours de Macron est différent des autres discours politiques français par son style particulier, qui est à la fois poétique et performatif.

Mots clés : Analyse du discours, démarche pragmatique, Discours politique, composantes linguistiques, procédés persuasifs et rhétoriques, stratégies discursives, réformes, idéologie politique, Emmanuel Macron.

Abstract:

Discourse analysis research is of increasing interest to scientists who are trying to understand possible methodological choices and apply them to journalistic, advertising or political discourses etc. In order to reach logical conclusions.

This memory represents a pragmatic analysis of political discourse whose objective is to study the linguistic elements used by Emmanuel Macron in his speech to persuade his audience. The problem is therefore as follows: What persuasive and rhetorical procedures did Macron use in his last speech before his election to persuade his listeners? What discursive strategies does Macron use to get his supporters to adhere to his political ideology? And what characterizes his speech ? Confuses or distinguishes it from the speeches of other French presidents?

To answer the problem, we will proceed to a pragmatic approach based on the theory of acts of Austin’s language presented in his book « Quand dire, c’est faire » (1970), which considers that language is not only used to describe the world but rather to act on it.

The responses collected show that Macron’s speech is very rich in its various linguistic components. Indeed, we were able to identify a considerable number of persuasive processes, including deixis and modalisation and rhetorical figures as well as discursive strategies that allow us to identify the enunciator’s argumentative aim. We deduce that Macron’s strategy is to rely on the emotional side to win the hearts of his audience and make them adhere to his political ideology but also on the action plan by proposing new reforms and thus encourage their public to follow him in his project. Macron’s speech is different from other French political speeches in its particular style, which is both poetic and performative.

Keywords: Discourse analysis, pragmatic approach, Political discourse, linguistic components, persuasive and rhetorical processes, discursive strategies, reforms, political ideology, Emmanuel Macron.

Table des matières

  • Introduction 7
  • Chapitre I : Méthodologie et cadrage théorique 8
  • 1. Problématique 8
  • 2. La démarche méthodologique 8
  • 3. Choix et motivations… 9
  • 4. Description du corpus 10
  • 5. Discours : production orale et discours politique 10
  • 5.1. Discours politique 10
  • 5.2 Analyse du discours 11
  • 5.3 Approche pragmatique 11
  • 5.4 Les actes de langage 12
  • 6. L’art oratoire 15
  • 6.1 La rhétorique : de l’antiquité à nos jours 15
  • 6.2 Les théories de l’argumentation… 17
  • 6.3 Les techniques de persuasion… 18
  • 7. Emmanuel Macron : Candidat aux élections présidentielles françaises de 2017 7.1 Biographie de Macron… 21
  • 7.2 Le Contexte socio-politique de France 21
  • 7.3 Idéologie politique de Macron. 23
  • Chapitre II : Le discours de Macron : entre procédés persuasifs /rhétoriques et stratégies discursives 24
  • 1. Méthodologie et grille d’analyse 24
  • 2. Les procédés persuasifs 24
  • 2.1 La deixis 24
  • 2.2 Les verbes énonciatifs 36
  • 2.3 La modalisation 49
  • 2.4 Le discours rapporté 45
  • 3. Les procédés rhétoriques 47
  • 3.1 Les figures de style 47
  • 3.1.1 Les figures d’analogie 48
  • 3.1.2 Les figures d’insistance 52
  • 3.1.3 Les figures d’opposition 61
  • 3.1.4 Les figures de substitution 63
  • 3.2 L’apostrophe oratoire 64
  • 4. Les stratégies discursives 66
  • 4.1 L’ethos discursif 66
  • 4.2 La stigmatisation 67
  • 4.3 La présupposition… 68
  • 4.4 La promesse 70
  • Conclusion 73

Introduction

À l’ère de la démocratie représentative moderne, les campagnes électorales constituent de véritables rituels de la vie sociale, ainsi le paysage politique français n’a pas cessé de se réinventer régulièrement aux cours de ces dernières années. Dans un contexte plutôt agité entre la crise migratoire en Europe, des questionnements sur le devenir de l’union européenne et une montée des incertitudes géopolitiques due à des attentats terroristes islamistes, un nouveau mouvement politique est apparu, sous le nom de « La république en marche ». Lancé le 06 avril 2016 par Emmanuel Macron, qui finit par remporter les élections présidentielles le 07 mai 2017. Son dernier discours précédant son élection fait l’objet de notre analyse et constitue notre corpus.

Le discours politique représente le lieu où se rassemblent les politiciens et les citoyens pour tenter de définir et redéfinir la situation sociale, économique et politique de leur pays. Ce type de discours n’a pas de sens hors de l’action. En effet, le but de l’homme politique est d’agir sur l’auditoire, l’influencer et l’amener à adhérer à son idéologie politique. Pour ce faire, il adopte des techniques et des stratégies argumentatives, qui visent à faire faire, à faire dire ou à faire penser le sujet visé en le mettant dans une relation de soumission à la position du sujet communiquant1.

Dans le cas du discours que nous analyserons, nous soulignons la présence d’une grande part de procédés persuasifs et rhétoriques qui s’inscrivent dans la dimension argumentative du discours de Macron. Nous constatons également différentes stratégies discursives, car lorsqu’un énonciateur cherche à persuader son destinataire, il met en place des opérations linguistiques orientées dans une perspective argumentative qui laisseront des marques tangibles dans son énonciation2.

Chapitre I : Méthodologie et cadrage théorique

1. Problématique

Cette recherche a pour objectif d’analyser le discours politique à travers sa perspective actionnelle. En se basant sur une approche pragmatique et en prenant en considération le contexte d’énonciation dans lequel est inscrit le discours, nous tenterons de répondre aux questions suivantes :

  • -Quels sont les procédés persuasifs et rhétoriques auxquels a eu recours Emmanuel Macron dans son dernier discours avant son élection pour persuader ses auditeurs ?
  • – Quelles sont les stratégies discursives utilisées par Macron pour faire adhérer ses sympathisants à son idéologie politique ?
  • -Qu’est ce qui caractérise le discours de Macron ? Le confond ou le distingue des discours d’autres présidents français ?

Afin de pouvoir apporter des réponses à nos interrogations, nous nous baserons sur les hypothèses suivantes :

  • – Le discours politique est axé sur une perspective actionnelle, c’est autour de cette action qu’il exerce son pouvoir sur les autres afin qu’ils y adhèrent.
  • -La rhétorique représente une mise en scène du discours politique.
  • -Les stratégies discursives réfèrent aux choix langagiers dans une énonciation pour persuader.

2. La démarche méthodologique

Dans notre travail de recherche, nous adopterons une démarche pragmatique basée sur la théorie des actes de langage d’Austin présentée dans son ouvrage « Quand dire, c’est faire » (1970), qui considère que le langage ne sert pas uniquement à décrire le monde mais plutôt à agir sur celui-ci. De ce fait, nous essayerons de dégager la visée argumentative de l’énonciateur à travers les procédés persuasifs et rhétoriques ainsi que les stratégies discursives qu’il a employés dans son discours pour faire adhérer son auditoire.

Cette analyse pragmatique du discours ne peut se réaliser sans tenir compte de la situation d’énonciation, qui permet d’étudier le langage dans des situations concrètes. Comme l’explique D. Maingueneau : « Une énonciation politique, par exemple, implique un citoyen s’adressant à des citoyens […] elle définit le statut des partenaires et un certain cadre spatio-temporel » (2007: 61).

Ainsi, nous avons subdivisé notre travail en deux chapitres :

Le premier chapitre nous l’avons consacré à la définition des notions de base ainsi qu’à la présentation des différentes théories rhétoriques et argumentatives du discours politique.

Le deuxième chapitre est réservé à l’analyse du corpus, par l’identification des procédés rhétoriques/persuasifs et des stratégies discursives et leur interprétation. Ainsi que les caractéristiques du discours de Macron.

3. Choix et motivations

Notre choix s’est d’abord porté sur une analyse pragmatique du discours, qui implique l’analyse d’une matérialité linguistique, c’est-à-dire les formes d’organisation lexico- sémantiques et syntaxiques de séquences discursives données. Dans le but de mieux saisir notre objet d’étude qui est l’utilisation de la langue.

Nous avons pris aussi en considération un autre paramètre, le domaine politique, car s’intéresser à la politique, c’est jeter un œil sur le monde actuel. Il faut dire que la politique est présente dans nos sociétés modernes à travers tous ces médias qui contribuent à édifier l’espace public et qui diffusent plus ou moins explicitement leurs tendances idéologiques et leurs programmations sociales. Ceci dit, qu’on le veuille ou non, on est tous impliqués dans le domaine politique, ne serait-ce parce que c’est à ce niveau là que se dressent les sphères sociales et économiques qui représentent les piliers de tous les pays.

Choisir le discours politique comme corpus, c’est avant tout le considérer comme pesé et réfléchi par son orateur, avec un lexique soigneusement choisi et assumé par l’homme politique.

Enfin notre choix s’est porté sur un discours d’Emmanuel Macron, un intérêt personnel sur l’homme, ce personnage qui se présentait comme porteur de la voix de la jeunesse et du changement. En particulier son dernier discours avant son élection, qui est très décisif pour sa victoire.

4. Description du corpus

Il s’agit du discours « Albi », le dernier meeting avant le second tour qu’Emmanuel Macron a tenu le 04 mai 2017. En plein air à la place du Vigan dans la commune d’Albi, face à 4000 personnes réunies sur place.

Macron choisit d’adresser son dernier discours à Albi (Tarn), en hommage à Jean Jaurès qui a également été élu dans cette ville et qu’il cite d’ailleurs dans son ultime discours de campagne pour adresser un message à la jeunesse.

Nous avons recueilli le discours retranscris du site officiel du parti politique « la république en marche » : [https://en-marche.fr/ ]. Afin de mener à bien notre analyse pragmatique qui nécessite le support écrit de ce discours et qui comporte 7 pages, rédigé avec la police Arial MT/ taille 12.

5. Discours : production orale et discours politique

5.1. Le discours politique

Le discours politique représente une communication publique tenue par des professionnels de la politique qui ciblent un auditoire précis. Cette parole politique qui s’inscrit dans une pratique discursive et sociale recouvre les stratégies énonciatives auxquelles le locuteur aura recours dans son discours pour atteindre sa visée communicative.

Dans l’antiquité, le discours politique est appelé « discours délibératif », qui représente l’un des trois genres répertoriés de la rhétorique ancienne. « Chez Aristote, le discours délibératif, destiné à réguler la vie de la Cité, est au centre du dispositif rhétorique. Fondé sur l’exhortation et la dissuasion, il vise l’avenir en termes d’avantages et d’inconvénients. C’est en des termes similaires qu’on définit aujourd’hui la communication politique qui, en régime démocratique, tente de faire adhérer les destinataires aux choix politiques qui leur sont proposés » (Gerstlé, 2008 :79).

Ce genre de discours s’adresse à une assemblée publique pour la persuader ou la dissuader à accomplir une action concernant l’ensemble de la société. Ce faisant, le discours politique est le lieu où s’exerce l’action des politiciens sur l’auditoire. Ils utilisent ce moyen de communication pour transmettre leurs idéologies ainsi que leurs intentions à produire un effet sur l’auditoire.

5.2. Analyse du discours

Les recherches en analyse du discours s’inscrivent dans le domaine des sciences humaines et sociales ainsi que les sciences du langage. Cette étude interdisciplinaire est née vers les années 50 suite à la publication de Zellig Harris d’un article intitulé « Discourse analysis » (1952), qui propose une méthode d’analyse dépassant le cadre de la phrase, c’est- à-dire l’analyse d’énoncé.

L’analyse du discours fut le produit d’un long processus d’études. Effectivement, plusieurs linguistes se sont consacrés à la recherche de la fonction du langage dans une communication, à l’instar de Chomsky qui publie un livre intitulé « Structure syntaxique » (1957), où il affirme que le langage humain vient d’une capacité innée3. Quant à Benveniste, il s’est intéressé à l’énonciation dans le discours qu’il définit comme : « l’acte individuel par lequel un locuteur met en fonctionnement le système de la langue ; “la conversion de la langue en discours” » (1970 : 12-13).

D’autres linguistes se sont interrogés sur l’argumentation dans le discours à l’exemple de Ruth Amossy, qui dans son ouvrage « L’argumentation dans le discours », affirme que : « le discours argumentatif vise un auditoire et son déploiement ne peut se comprendre en- dehors d’un rapport d’interlocution » (2000 : 31).

Citons également Austin qui a adopté la théorie des actes du langage dans son ouvrage (« Quand dire, c’est faire » (1970), dont la méthode représente le point d’appui de notre recherche, qui considère que le langage ne représente pas seulement une description du monde mais plutôt une action sur celui-ci

5.3. Approche pragmatique

La pragmatique est une discipline récente de la linguistique qui a émergé vers les années 60 dont le terme est attribué à Charles Morris, qui la définit comme suit :

 » La pragmatique est cette partie de la sémiotique qui traite du rapport entre les signes et les usagers des signes » (1938)4. Elle devient par la suite une composante importante pour les linguistes qui s’accordent à la définir comme l’étude de l’utilisation du langage.

Chaque discipline étudie le discours à partir de son propre cadre d’analyse, dans le cas de la pragmatique, elle s’intéresse à l’utilisation du langage dans une situation de communication telle que l’argumentation, l’implicite, ou les actes du langage, etc.

L’analyse pragmatique est rattachée à l’énonciation, que Benveniste définit comme suit : « L’énonciation est cette mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation » (1974 : 80). A côté de cela, on retrouve également les travaux de Kerbrat- Orecchioni dans son ouvrage « L’énonciation de la subjectivité dans le langage », qui affirme qu’il s’agit de : « la recherche des procédés linguistiques (shifters, modalisateurs, termes évaluatifs, etc.) par lesquels le locuteur imprime sa marque à l’énoncé, s’inscrit dans le message (implicitement ou explicitement) et se situe par rapport à lui (problème de la “distance énonciative”) » (1980 : 36).

5.4. Les actes de langage :

La théorie des actes de langage s’est développée à partir des travaux d’Austin, qui remet en cause la conception descriptive du langage et défend l’idée que le langage permet également d’accomplir des actions.

Le philosophe anglais John Austin était insatisfait du manque de clarté des philosophes sur le fonctionnement du langage. Dans son ouvrage « Quand dire c’est faire » (1970) où il réunit douze conférences prononcées à Harvard en 1955, distingue entre l’énoncé constatif et l’énoncé performatif.

« L’énoncé performatif se distingue de l’énoncé constatif (ou descriptif) en ce que

  • a) Il ne peut être évalué en termes de vérité ou fausseté, mais en termes de bonheur ou malheur ;
  • b) Il ne relève pas de l’activité du dire, mais du faire (il réalise une action) ;
  • c) La réalisation de l’action en question est fonction de l’énonciation (l’action est donc produite par le fait de dire) » (Moeschler, 1985, p 26).

Exemples :

  • a- La fleure est rouge.
  • b- La séance est levée

A est un énoncé constatif car il décrit un élément La fleur par sa couleur. B est un énoncé performatif parce qu’il s’agit d’accomplir une action

Selon Austin, la performativité : « désigne le fait pour un élément linguistique de constituer lui-même l’action qu’il décrit lors de son énonciation » (1970 : 40).

Lorsqu’un locuteur s’adresse à son interlocuteur, il produit un effet sur lui, il peut ou pas dans ce cas-là le conduire à réaliser des actions selon le contexte d’énonciation. Mais encore cela dépend de la réception du message, car le destinataire peut comprendre ou pas l’intention du locuteur et ainsi l’interpréter de plusieurs façons.

Prenons l’exemple-type de ce fait5 :

a- Il pleut

Le locuteur parle du faite qu’il pleuve, mais aussi il peut vouloir inciter implicitement à accomplir des actions. Dans ce cas-là, le destinataire peut faire différentes interprétations de cet énoncé en rapport à l’intention de l’énonciateur :

  • – Il serait préférable de ne pas sortir
  • – Sortez couvert !
  • – Prenez avec vous un parapluie

Austin remarque qu’un simple énoncé constatif « Il pleut », peut conduire à réaliser des actions, et il s’est rendu compte par la suite que la distinction entre les énoncés constatifs et performatifs n’était plus aussi évidente. Car des constatifs peuvent devenir des performatifs implicites. Alors il abandonne cette opposition d’énoncés et propose une nouvelle théorie générale en faisant une taxonomie des actes du langage en distinguant trois catégories d’actes de langage : l’acte locutoire, illocutoire et perlocutoire.

« La notion d’acte illocutoire décrit l’actes réalisé en disant quelque chose (…) L’acte locutoire consiste simultanément en l’acte de prononcer certains sons (acte phonétique), certains mots et suites grammaticales (acte phatique) et enfin certaines expressions pourvues d’un sens et d’une référence (acte rhétique). De son côté, l’acte perlocutoire consiste en la production de certains effets sur l’auditoire. » (Moeschler, 1985, p 28-29).

Lors de notre étude, nous nous intéresserons davantage aux actes illocutoires, qui nous informent sur les actes de parole réalisés par Macron lors de son discours.

Les actes de langage s’inscrivent dans le discours politique, en effet puisqu’il s’agit d’un discours à la fois argumentatif et performatif dont l’objectif est de faire agir le destinataire, donc celui qui adresse le discours choisis ses mots en fonction des actions qu’il souhaiterait faire faire à son auditoire de manière explicite ou bien implicite. Néanmoins ces actes de langage sont conditionnés par un environnement social, qui inscrit l’énonciateur et le co-énonciateur dans la situation de communication. Effectivement Austin précise que :

« Nous voyons de plus en plus clairement que les circonstances d’une énonciation jouent un rôle très important et que les mots doivent être « expliqués » pour une bonne part, par le « contexte », où ils sont destinés à entrer ou dans lequel ils sont prononcés, de fait, au cours de l’échange linguistique » (1970 : 113).

On interprète les actes de langage à partir des énoncés qui ont un enjeu dans l’énonciation. Dans le discours politique, il s’agit des énoncés qui ont une activité illocutoire, que Ducrot définit comme « L’ensemble des actes qui s’accomplissent immédiatement et spécifiquement par l’exercice de la parole » 6 (DNPD7, p 36).

Cette énonciation est conditionnée par des éléments du contexte qui permettent de déterminer le locuteur et le destinataire, le lieu de l’énonciation ainsi que la visée énonciative.

Sommaire :

  1. Analyse pragmatique du discours politique ( Macron )
  2. L’art oratoire : rhétorique, argumentation et la persuasion
  3. Le discours de Macron : les procédés persuasifs
  4. Le discours de Macron : les procédés rhétoriques
  5. ….

_________________________________

  • 1 Patrick Charaudeau, « A quoi sert d’analyser le discours politique * ? », Análisi del discurs polític, 2002. In http://www.patrick-charaudeau.com/A-quoi-sert-d-analyse-le-discours.html
  • 2 Blandine Pennec, « Stratégies discursives implicites et manipulation », Parole et pouvoir, 2005. In https://books.openedition.org/pur/31015?lang=fr#notes
  • 3 Patrick Juignet, « Noam Chomsky et l’autonomie du langage », philosophie, science et société, 2015. In https://philosciences.com/philosophie-et-humanite/psychologie-representation-cognition/95-noam-chomsky- autonomie-langage
  • 4 Françoise Armengaud, « La pragmatique », Presse Universitaire de France, 2007, p.6. In https://www.cairn.info/la-pragmatique–9782130564003.htm
  • 5 Nerlich Brigitte, « Un exemple type de la théorie des actes de langage : « il pleut », « it’s raining », « es regnet », Histoire Épistémologie Langage, 1986. pp.149. In https://www.persee.fr/doc/hel_0750- 8069_1986_num_8_2_2229
  • 6 Habert Benoît « Enonciation et argumentation : Oswald Ducrot », Mots, n°5, 1982. p 203 In https://www.persee.fr/doc/mots_0243-6450_1982
  • 7 DNPD : Direction nationale de la planification du développement.
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