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Université Paris-Descartes - Faculté des sciences humaines et sociales
Mémoire de recherche Master 2 - Magistere de sciences sociales appliquees a l’interculturel dans les organisations, la consommation et l’environnement - JUIN 2041

Catégorisation des adolescents selon l’apparence au lycée

  1. Modes vestimentaires chez les adolescents
  2. Les dimensions identitaires et la consommation vestimentaire
  3. Argent de poche, source d’autonomie de l’adolescent
  4. Poids économique des jeunes : le marché vestimentaire
  5. Achats des vêtements en famille ou avec des pairs
  6. Choix du lieu d’acquisition des vêtements et des vêtements
  7. Choix des vêtements et Validation parentale au retour
  8. Achats : signes de construction identitaire
  9. Choix des vêtements au quotidien
  10. Vêtements pour les fêtes entre amis – Adolescents
  11. Styles des adolescents – Styles vêtements
  12. Evolution du style selon le cycle de vie, style des jeunes
  13. L’imitation des pairs, l’uniformisation des vêtements
  14. L’imitation des styles des pairs et des icônes
  15. Les marques de vêtements : imitation ou distinction ?
  16. La distinction au travers de leurs choix vestimentaires
  17. Style vestimentaire pour les autres
  18. L’éducation parentale autour d’autonomie et de règles
  19. Valeur perçue des vêtements et Gestion des demandes onéreuses
  20. L’autonomisation ou le contrôle – Education parentale
  21. Négociation avec les parents, une liberté sous condition
  22. Stratégies employées, Négociation des adolescents / parents
  23. Relation parents-adolescents: confiance, contrôle et partage
  24. Adolescent et ses pairs : L’apparence (La mode, jalousie…)
  25. Le cercle intime de l’adolescent : la sphère chaude
  26. Identité personnelle et générationnelle de l’adolescent
  27. L’intégration, Norme vestimentaire des pairs de l’adolescent
  28. Tenues et Vêtements interdits au collège et lycée
  29. Signes religieux stigmatisants et liberté vestimentaire
  30. Au lycée les normes vestimentaires sont plus tolérantes?
  31. Les normes vestimentaires par genre : masculinité et féminité
  32. Normes vestimentaires selon le territoire : Cité et Perpignan
  33. Leaders de goûtvestimentaire et poids des marques
  34. Catégorisation des adolescents selon l’apparence au lycée
  35. Les signes objectifs des goûts musicaux ou sportifs
  36. Les tribus, une juxtaposition de styles hétéroclites
  37. La bande, un imaginaire médiatisé et L’exclu
  38. Propositions de typologie des adolescents

C. L’exclusion
La présentation physique de soi semble valoir socialement pour une présentation morale. La mise en scène de l’apparence livre l’acteur au regard évaluatif de l ‘autre (David le Breton, 1992, p 97). Le pair, le semblable, le proche et même l’ami, sont des évaluateurs. Le regard des pairs est «très lourd » comme le souligne Laurence, il peut être impitoyable car pour D. Le Breton, leur jugement s’énonce moins sur un monde moral que dans la coïncidence ou non à des modèles ambiants et provisoires du groupe. Il conduit ainsi à la catégorisation, à l’étiquetage, voire à l’exclusion sociale en fonction de la parure et de la présentation de soi.
Au-delà des attractions interpersonnelles, la stylisation des goûts tend à donner un pouvoir classant fort à l’apparence physique et vestimentaire. Ainsi, se construisent des catégorisations plus globales qui organisent le collectif en groupes homogénéisés sur la base des appréciations de la beauté et de son mode de mise en valeur par les signes vestimentaires. L’adolescence est une période importante de catégorisation et de stigmatisation entre groupes de pairs, entre tribus (les fashion victimes versus les skaters , rappeurs, tecktoniques, chals…). L’enquête de l’Insee « Histoire de vie- Construction des identités » de 2003 a montré que les jeunes se sentent beaucoup plus souvent discriminés ou stigmatisés que les adultes, en premier lieu, sur leur apparence physique et vestimentaire..
1. La catégorisation
L’apparence est vecteur d’agrégation. Le vêtement est naturellement utilisé pour faire les distinctions entre les groupes, ces distinctions sont plus ou moins subtiles selon les adolescents. Dans sa façon de catégoriser, Salomé confirme la prégnance du paraître sur l’être au collège. Très narcissique, c’est la seule à intégrer et à prioriser le critère de la beauté physique.
« Les critères le plus important, c’est le style de vêtement, c’est plus important que l’attitude. Je les classerai en ceux qui s’habillent le mieux, moyen, et mal.
Enfin, mon classement personnel, ce serait les plus beaux, les plus belles, les intellos, les bêtas, les chals (ceux qui montrent qu’ils ont de l’argent, de la Marque sur eux, ils veulent montrer qu’ils sont mieux que les autres). Y en a pas dans ma classe, mais dans d’autres classes de 3ème. »(Salomé,3ème, 15 ans, Neuilly)
Pour la majorité des adolescents, figurent le critère de l’investissement dans la mode (les fashion victimes versus les ringards ou bolos), le critère de l’importance accordée aux marques (les bling-bling, les chals, les freshers), et souvent le critère normal, cool, décontracté. Dans les milieux plus populaires et les cités, nous trouvons des critères spécifiques, les filles-gaçons versus les pouff(iasse)s, le port du jogging, mais aussi ceux qui prennent du recul versus « ceux qui se la jouent ». Les critères sont systématiquement explicités par des signes concrets, prouvant-là la clarté de la catégorisation et de son décodage pour les adolescents.
« Y a le groupe de ceux qui sont très marques, ils mettent beaucoup en valeur l’insigne Ralph Lauren, l’écharpe retournée pour qu’on voie le sigle.
Y a ceux qui sont à la mode comme moi, mais qui s’habillent de façon un peu décontractée et bien.
Ceux qui ne font pas très attention à comment ils s’habillent, ils sont bien comme ils sont.
Ceux qui ont mauvais goût, ils mettent les vêtements que je portais en 6ème et 5ème.
Tous ces groupes sont mixtes. » (Axelle, 3ème, 14 ans, Paris)

Enfin, pour les plus âgés, la personnalité et le comportement interactionnel peuvent dominer dans la catégorisation.
« Je les classerai en ceux qui sont plus réservés, pas très à l’aise en soi, pas très ouverts filles et garçons, ceux qui se foutent des vêtements, à l’aise, très bien comme ils sont, ceux qui font très attention, très fashion victims. Des filles qui se coiffent et remaquillent à chaque intercours. Filles et garçons, y a même un garçon qui s’est fait un défrisage. » (Mathilde, 1ère, 16 ans, Asnières)
Lire le mémoire complet ==> (Modes vestimentaires chez les adolescents)
Modes vestimentaires chez les adolescents : Construction de l’identité et du lien social
Mémoire de recherche Master 2
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