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Université kasdi merbah – OUARGLA - Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie
Présentée en vue de l'obtention du diplôme de Doctorat ès sciences en Sciences Agronomiques - 2019/2020

M’Zab : précipitations, humidité relative de l’air et insolation

  1. Inventaire et bioécologie des orthoptères dans la vallée du M’Zab
  2. Vallée du M’Zab : situation géographique et températures
  3. M’Zab : précipitations, humidité relative de l’air et insolation
  4. Diagramme ombrothermique et climagramme pluviométrique d’Emberger
  5. Caractéristiques des stations d’étude, la vallée du M’Zab
  6. Détermination des othoptères, méthodes utilisés au laboratoire
  7. Méthodes d’exploitation des résultats des indices écologiques
  8. Inventaire concernant la faune orthoptérologique (M’Zab)
  9. Estimation de la richesse spécifique et densité des orthoptères
  10. Abondance relative des espèces d’Orthoptères
  11. Espèces d’orthoptères : constance ou fréquence d’occurrence
  12. Diversité d’espèces d’orthoptères: Indices de Shannon-Weaver et Pielou
  13. Analyse factorielle des correspondances : tendances écologiques des Orthoptères
  14. Cycle biologique des principales espèces Acridiennes (M’Zab)
  15. La consommation chez les imagos des espèces Acridiennes, étude qualitative
  16. Etude de la consommation chez les imagos des espèces Acridiennes
  17. Ochrilidia gracilis et acrida turrita

M’Zab : précipitations, humidité relative de l’air et insolation

I.3.2.Précipitations

La région de Ghardaïa est marquée par une période pluvieuse relativement courte.

Le tableau 2 regroupe les quantités de pluie mensuelles pour une période de 10 ans.

Tableau 2. Les précipitations en (mm) pour une période de 10 ans (2009 à 2018) dans la région de Ghardaïa.

Mois I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII Cumul
Précipitations

(mm)

10,5 3,04 8,39 4,45 2,75 3,58 1,49 3,79 15,73 4,09 4,02 3,54 65,37

(O.N.M., 2019)

Les précipitations ont pratiquement toujours lieu sous forme de pluies. Ces dernières sont caractérisées par leur faible importance quantitative et les pluies torrentielles sont rares (Dubief, 1953).

L’insuffisance de pluies sahariennes est accompagnée d’une irrégularité très remarqué du régime pluviométrique et d’une variabilité inter annuelle considérable, se qui accentue la sècheresse (Ozenda, 1991).

La pluviométrie moyenne annuelle ne dépasse pas 65,37mm dans cette région (Tableau 2). Ces précipitations sont caractérisées essentiellement par leur rareté ainsi que par leur irrégularité au cours de l’année.

Les mois les plus pluvieux sont septembre, janvier et mars. Au niveau des Oasis, ces quelques millimètres de pluie ne peuvent, à eux seuls, suffire pour assurer une bonne production agricole. L’agriculture doit obligatoirement avoir recours à l’irrigation.

D’une manière générale, les précipitations, faibles et d’origine orageuse sont caractérisées par des écarts annuels et inter-mensuels très importants et également par leur intensité. Lorsque la hauteur de la pluie dépasse 10 mm, les oueds se mettent à couler sur une longue distance.

L’eau est le facteur clé déterminant de la qualité d’un habitat pour le criquet, permettant la création d’une humidité suffisante pour la ponte et le développement des œufs ainsi que la croissance de la végétation qui assurera la nourriture des jeunes larves issues des pontes (Lecoq, 2012).

Les précipitations selon Sabu et al., (2008), sont le principal facteur influant sur le développement des insectes. La pluie est nécessaire pour que les œufs des sauterelles et des criquets éclosent (Walton et al., 2003).

Trop peu de pluie signifie parfois que le sol ne contient pas suffisamment d’humidité pour que les œufs se développent correctement, ou même si les œufs éclosent, il est possible que la pluie ne soit pas suffisante pour permettre la croissance de plantes alimentaires adaptées aux jeunes larves (Steedman, 1990).

En effet d’après Hunter et al., (2001), le manque de précipitations est le principal facteur limitant l’augmentation de la population acridienne, par son effet sur la qualité et l’abondance des aliments. Hernándes-zul et al., (2012), notent que les fortes précipitations peuvent affecter négativement la population d’insectes.

Chandra (1990), a démontré que les fortes pluies de mousson ont entraîné une diminution des invasions acridiennes et une mortalité acridienne élevée, en particulier au stade œuf, qui a été causée par l’humidité excessive du sol.

D’autre part, l’augmentation des précipitations améliore fortement la richesse en espèces et la productivité primaire des communautés végétales (Yang et al., 2011), qui pourrait avoir une influence positive sur les sauterelles au niveau de la communauté (Zhu et al., 2017).

Les précipitations peuvent augmenter l’abondance des sauterelles en augmentant la végétation disponible. Cependant, les conditions humides promouvoir les champignons pathogènes qui peuvent nuire affecter les populations de sauterelles (Hao et al., 2015).

D’après Barton et al., (2009), l’augmentation des précipitations dans un terrain d’une région tempérée d’Amérique , provoque une baisse de l’abondance des sauterelles, ce qui s’est traduit par une réduction de 15% des dommages causés par les sauterelles sur les plantes.

Selon Ovadia & Schmitz (2004), des niveaux élevés de précipitations peuvent réduire la survie des sauterelles, en réduisant ainsi l’effet d’herbivorie sur les plantes.

I.3.3.Humidité relative de l’air

Selon Dreux (1980), les vols des insectes sont rares lorsque l’humidité relative de l’air est supérieure à 75% et la température inférieure à13°C. L’humidité relative moyenne en pourcentage à Ghardaïa durant la période 2009 – 2018 est présentée dans le tableau 3

Tableau 3. Valeurs moyenne mensuelle de l’humidité (%) dans la région de Ghardaïa.

Mois I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII
Humidité

(%)

45,8 42,3 34,6 32,9 28,4 24,9 19,8 28,9 37,4 42,4 48,9 55,4

(O.N.M., 2019)

L’humidité relative de l’air ou degré hygrométrique est le rapport entre la teneur réelle de l’air en vapeur d’eau et la teneur d’un air saturé à la même température. Au Sahara l’humidité relative de l’air est très faible. Elle est comprise entre 15% et 50% (Ozenda, 1983).

Les données recueillies de la station de Ghardaïa donnent une moyenne annuelle de l’ordre de 36,81%. Les moyennes mensuelles varient de 42,3% à 55,4% en hiver et de 19,8 à 28,9% en été (Tableau 3).

Les valeurs de l’humidité mensuelle sont inversement proportionnelles à la température moyenne mensuelle. Les précipitations et l’humidité vont déterminer le développement d’une végétation verte et d’un milieu propice à la présence du criquet, à sa ponte et au développement des larves (Lecoq, 2012).

I.3.4.Vent

Le vent à la Chabka du M’Zab a une action indirecte, en activant l’évaporation, augmentant donc la sécheresse. Selon Seltzer (1946) le sirocco est le vent le plus redouté. Il joue le rôle de facteur de mortalité vis à vis des insectes.

D’après Beniston & Beniston (1984) c’est un vent extrêmement sec. Il entraîne le sable en tourbillonnant. La vitesse mensuelle du vent pour une période de 10 ans est enregistrée dans le tableau 4.

Tableau 4. La vitesse du vent moyenne mensuelle en m/s pour une période de 10 ans (2009 à 2018) dans la région de Ghardaïa.

Mois I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII
Vitesse du vent

(m/s)

2,14 2,2 2,58 2,44 2,42 2,44 2,26 2,3 2,48 2,14 2,04 1,78

(O.N.M., 2019)

Malgré les apparences, le Sahara n’est pas un pays venteux, mais un pays ou, par suite de sa dénudation, on ressent le plus facilement le vent (Dubief, 1953).

Les effets du vent sont partout sensibles et se traduisent par le transport et l’accumulation du sable, le façonnement des dunes, la corrosion et le polissage des roches et surtout l’accentuation de l’évaporation (Monod, 1992).

Les vents surviennent habituellement au mois de février et se poursuivent jusqu’à la fin d’avril avec une intensité variable.

Les vents du Nord-Ouest dominent en automne, en hiver et au printemps. Par contre en été, ce sont les vents chauds du Sud qui sont les plus fréquents. Ces derniers ont une action indirecte, en activant l’évaporation, augmentant donc la sécheresse.

La vitesse du vent moyenne annuelle est de 2,27 m/s avec un maximum au mois de mars 2,58 m/s, et un minimum enregistrée au mois de décembre 1,78 m/s (Tableau 4).

Parmi les facteurs environnementaux, le vent avait la plus forte influence sur le comportement d’Orthoptères. La direction des essaims du criquet dépend de la direction du vent.

Comme les avions, les acridiens se posent et s’envolent face au vent (WMO & FAO, 2016). L’escalade et la locomotion diminue généralement avec l’augmentation de la force du vent (Matenaar et al., 2014).

Les essaims du criquet pélerin peuvent voler jusqu’à neuf ou dix heures par jour, se déplaçant sous le vent bien que des essaims matures puissent parfois se déplacer sur une courte distance face au vent si celui-ci est faible.

Un essaim se déplace généralement à une vitesse légèrement inférieure à la vitesse du vent et peut facilement couvrir 100 km ou plus en une journée (Lecoq, 2012).

Le vent peut transporter des criquets volants vers la mer, où beaucoup d’entre eux peuvent se noyer, ou dans les pics glacés de hautes montagnes, où ils peuvent mourir de froid. Des vents forts entraînent parfois loin le sol contenant les oothèques, qui se dessèchent ensuite, entraînant la mort des œufs.

De plus, des vents forts poussent parfois le sable à enterrer vivants les criquets sédentaires quand ils sont trop froids pour se déplacer (Steedman, 1990). Selon Gardiner (2006), la distance de dispersion des sauterelles, dans un pâturage, était significativement réduite par vent fort (> 2,5 m / s).

En outre, la protection contre le vent semble influencer la répartition des Orthoptères sur les zones agricoles dans les zones tempérées (Gardiner & Dover, 2008).

Chez les Orthoptères les espèces et les sexes diffèrent dans leur réponse comportementale aux facteurs abiotiques (vent, température, etc.) en raison de la taille différente de leur corps (Matenaar et al., 2014).

Le chant des Orthoptères est complètement inhibé à une température inférieure à 17 ° C, pendant un vent fort et pluie. Ainsi, le succès et la fréquence des accouplements sont fortement affectés par ces facteurs (Stiedl & Bickmeyer, 1991).

M’Zab  précipitations, humidité relative de l’air et insolation

I.3.5.Insolation

Le tableau 5 regroupe les valeurs de la durée d’insolation de la région de Ghardaïa.

Tableau 5. Moyenne mensuelle de la durée d’insolation dans la région de Ghardaïa pour une période de 10 ans (2009-2018).

Mois I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII
Insolation 254,5 241 278,6 299,6 336,5 342,9 349,8 328,2 265,8 280,5 256,3 240,9

(O.N.M., 2019)

Les radiations solaires sont importantes au Sahara car l’atmosphère présente une grande pureté durant toute l’année. Cette forte luminosité est un facteur favorable pour l’assimilation chlorophyllienne, mais elle a en revanche un effet desséchant, car elle augmente la température (Toutain, 1979).

La durée moyenne de l’insolation est de 289,55 heures/mois, avec un maximum de 349,8 heures en juillet et un minimum de 240,9 heures en décembre. La durée d’insolation moyenne annuelle entre 2009 et 2018 est de 3474,6 heures/an, soit environ 10 heures/jour (Tableau 5).

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