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2012

L’exclusion sociale : définition, historique et formes chez les jeunes

  1. Les Jeunes : une génération face à la précarité
  2. L’exclusion sociale : définition, historique et formes chez les jeunes
  3. Les causes de la précarité : familles monoparentales, étudiants..
  4. Les difficultés d’insertion des jeunes : logement et chômage
  5. Enquête, détermination des causes de la précarité chez les jeunes
  6. La précarité des jeunes, résultats de l’enquêtes
  7. Le contrat d’insertion dans la vie sociale CIVIS
  8. Les jeunes sans qualification et la précarité
  9. Mise en œuvre du CIVIS : contenus de l’action et l’évaluation

L’exclusion sociale : définition, historique et formes chez les jeunes

2) Définition de l’exclusion sociale

2.1) Historique du terme « exclusion sociale »

Depuis une vingtaine d’années, le terme d’exclusion sociale tend à se substituer à celui de pauvreté pour traduire certaines formes de dysfonctionnements de la Société moderne (Clavel, G., 1998, p.15) . L’exclusion est « l’effet, la conséquence la plus malheureuse d’un processus qui prend source en amont » (Frétigné, C. 1999, p.109) .

La notion d’exclusion fit son apparition en France au milieu des années 1960, elle désignait alors « non pas le phénomène de dégradation du marché de l’emploi et d’affaiblissement des liens sociaux, mais plutôt une survivance visible et honteuse d’une population maintenue en marge du progrès économique et du partage des bénéfices » (Paugam, S. 1996, p.9) .

L’exclusion sociale se définit, depuis 2006, comme un processus multidimensionnel de ruptures progressives, se déclinant à la fois dans le domaine professionnel et relationnel (Vandecasteele, I. & Lefebvre, A. 2006, p.142) .

L’exclusion sociale peut affecter les gens « quelle que soit leur situation dans la hiérarchie sociale, à n‘importe quel moment ou sous n’importe quel aspect de leur existence » (Goguel d’Allondans, A. 2003, p.44) .

Ce processus de ruptures progressives qu’est l’exclusion sociale touche d’autres domaines que l’emploi comme le logement ou l’accès aux soins (Vandecasteele, I. &Lefebvre, A. 2006, p.142) .

Les personnes les plus touchées par ce processus d’exclusion sont celles qui vivent dans des situations de précarité sociale comme les jeunes non qualifiés, les chômeurs de longue durée ou encore les mères célibataires (Vandecasteele, I. & Lefebvre, A. 2006, p.142) .

Selon Fabre, cité par Doumont, cinq facteurs génèrent l’exclusion sociale, à savoir « l’isolement, la précarité d’un logement voire son absence, un faible niveau d’instructions, la précarité professionnelle voire l’absence d’emploi et le degré de protection sociale » (Doumont, D. 2000, Dossier n°10) .

Les travaux de Jean-Marie Firdion et Maryse Marpsat (2000, p.257) montrent clairement que le risque de devenir SDF et de couper le lien social est fortement accru par le fait d’avoir vécu des graves problèmes familiaux durant sa jeunesse.

Ces résultats sont confirmés par les enquêtes de Maryse Esterle-Hedibel (1997, p.19-20) qui constate que nombreux jeunes ayant subit des problèmes familiaux dérivent et s’engagent dans des bandes aux comportements violents.

25 Clavel, G. (1998) . La Société d’exclusion : comprendre pour en sortir, L’Harmattan, p.15.
26 Frétigné, C. (1999) . Sociologie de l’exclusion, L’Harmattan, p.109.
27 Paugam, S. (1996) . L’exclusion, l’état des savoirs, Paris, La découverte, p.9.
28 Vandecasteele, I. & Lefebvre, A. (2006) . De la fragilisation à la rupture du lien social : approche clinique des impacts psychiques de la précarité et du processus d’exclusion sociale, Cahiers de psychologie clinique, 2006/1, n°26, p.142.
29 Goguel d’Allondans, A. (2003) . L’exclusion sociale : les métamorphoses d’un concept, L’Harmattan, p.44.
30 Claude Fabre, professeur qui a écrit en 1995, un article Les recours aux urgences hospitalières : un mode d’accès aux soins spécifiques des populations défavorisées dans Revue Prévenir, n°28, pp.129-135.
31 Doumont, D., Aujoulat, I. & Deccache, A. (2000) . L’exclusion de la santé : comment le processus se construit-il et quels facteurs y contribuent-ils ? Dossier n°10.
32 Firdion, J.-M. & Marpsat, M. (2000) . La rue et le foyer : une recherche sur les sans domiciles et les mal-logés dans les années 90, Travaux et Documents de l’INED n°144, PUF Diffusion, p.257.

2.2) Les formes de l’exclusion sociale chez les jeunes

L’exclusion sociale génère plusieurs formes, celle de l’emploi, de l’éducation, de la santé mais également celle du culturel (Ballet, J., 2001, p.39) .

Représentant le cumul de plusieurs facteurs de vulnérabilité comme le handicap, le décrochage scolaire, les difficultés d’accès au logement ou à la santé (Gagnon & Saillat, 2009, p.8) , cette notion touche principalement l’emploi et les jeunes « sans avenir » (Gagnon, 2009, p.32) .

Toutefois la forme principale de l’exclusion sociale est celle du marché du travail liée à la crise économique et aux transformations de l’emploi (Gagnon, 2009, p.30) .

Les grands mouvements sociologiques qui affectent la jeunesse se concentrent sur trois évolutions majeures : l’accès de plus en plus tardif des jeunes à l’autonomie qui renvoie à différentes sphères comme le travail, le logement, la parentalité ; le vieillissement de la population européenne et enfin les situations de forte exclusion sociale qui concernent principalement les jeunes sans qualification, les jeunes filles dépourvus de diplômes et les jeunes issus de l’immigration.

La difficulté ou l’impossibilité aux services publics est également une forme d’exclusion sociale pour les jeunes. Ils ont de grandes difficultés d’accès à ces services ou ne sont pas en mesure de les utiliser.

On compte parmi ces services le transport, les loisirs, le médecin, le dentiste… Les jeunes subissent les défaillances actuelles du système français et sombrent petit à petit dans la précarité.

Sont mêlés à ceci les jeunes familles monoparentales, les étudiants, les jeunes peu ou non diplômés et ceux dont les parents ne peuvent plus subvenir à leurs besoins à partir de leur majorité. Cela nous conduit à définir la notion du mot « jeunes ».

33 Esterle-Hedibel, M. (1997) . La bande, le risque et l’accident, Logiques Sociales, pp.19-20.
34 Ballet, J. (2001) . L’exclusion : définitions et mécanismes, L’Harmattan, Logiques Sociales, P.39
35 Patricia Loncle, Les jeunes, questions de société, questions de politique, La documentation Française, 2007.

L’exclusion sociale  définition, historique et formes chez les jeunes

3) Définition du mot « jeunes »

La jeunesse est une phase de transitions résidentielles, professionnelles et relationnelles entre l’enfance et l’âge adulte (Brum Schappi, P., 2011) . Elle est définie comme un groupe d’âge oscillant de 15 à 24 ans (Agora n°19, 2000) .

Selon Olivier Galland « la jeunesse peut être définie sociologiquement comme la phase de préparation à l’exercice de ces rôles adultes, ce que les sociologues appellent la socialisation » (Galland, O. 2007, p.127) .

La jeunesse n’a pas d’existence sociale dans les Sociétés traditionnelles (Galland, O. 2007, p.129) . La jeunesse est considérée comme postérieure à l’adolescence et à ses difficultés psychosociales (Aduayi Diop 2010) .

Selon le dictionnaire Larousse de 1999, la jeunesse était tout d’abord « une cérémonie rituelle qui marquait le passage de l’enfant à l’âge adulte dans les sociétés dites traditionnelles ou archaïques. Ainsi chacun savait-il toujours à quel univers s’identifier et quels devaient être ses modèles de référence ».

Pour Olivier Galland (1993) , cité dans l’ouvrage de Aduayi Diop (2010) , « la jeunesse est le résultat d’une construction socio-historique constamment en redéfinition dans la Société moderne, elle constitue la période de la vie qui s’allonge ».

La jeunesse est le temps « qu’il faut pour trouver sa place et l’âge de la vie où s’opère le double passage de l’école à la vie professionnelle et de la famille d’origine à la famille de procréation » (Papinot, C. &Vultur, M. 2011, p.4) .

Elle est également un temps d’expérimentations, de tâtonnements dans la vie mais reste cependant une période faite d’apprentissages, d’échanges et de créations (Bordes, V. & Vulbeau, A. 2004, p.22) et aussi de formations (Richez, J.-C. 2007, p.31) .

Ils bougent beaucoup, se croient libres, pensent que tout est permis et aiment découvrir de nouvelles choses.

La population « jeune » de 16 à 25 ans est presque pour moitié composée d’étudiants, l’autre moitié composée d’actifs, jeunes occupant un emploi, jeunes demandeurs d’emploi ou jeunes en réinsertion.

Cela amène à me poser la question : d’où vient cette précarité ? Je vais tenter d’émettre les principales causes de cette précarité si subite et qui ne cesse de s’accroître.

36 Brum Schappi, P. (2011) . L’intervention auprès des jeunes : sociologies implicites. P.8.
37Agora n°19. (2000) . Les jeunes et la mondialisation. P.18.
38 Galland, O. (2007) . Sociologie de la jeunesse. Armand Colin, pp.127&129.
39 Aduayi Diop, R. (2010) . Survivre à la pauvreté et à l’exclusion : le travail des adolescentes dans les marchés de Dakar. Afrimap, p.20.
40 Papinot, C. & Vultur, M. (2011) . Les jeunesses au travail : regards croisés France-Québec. P.4.
41 Jean-Charles LaGree & Patricia Loncle, « Jeunes et citoyenneté », La documentation Française, 2001.

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