Les 3 causes de la précarité : familles monoparentales, étudiants..

  1. Les Jeunes : une génération face à la précarité
  2. L’exclusion sociale : définition, historique et formes chez les jeunes
  3. Les 3 causes de la précarité : familles monoparentales, étudiants..
  4. Les difficultés d’insertion des jeunes : logement et chômage
  5. Enquête, détermination des causes de la précarité chez les jeunes
  6. La précarité des jeunes, résultats de l’enquêtes
  7. Le contrat d’insertion dans la vie sociale CIVIS
  8. Les jeunes sans qualification et la précarité
  9. Mise en œuvre du CIVIS : contenus de l’action et l’évaluation

Les causes de la précarité : familles monoparentales, étudiants..

III] Les causes de cette précarité

La précarité et l’exclusion sociale touchent particulièrement les enfants des rues, les familles monoparentales et concerne une ample diversité de facteurs sociaux et économiques comme le chômage, la santé, l’éducation, le logement (Ballet, 2001, p.17) .

Le Secours Catholique accueille des jeunes qui ont plus de 16 ans et qui ont décroché au niveau scolaire ainsi que des jeunes étudiants (2011) .

J’ai donc choisis de présenter et développer trois causes principales de précarité chez les jeunes : les familles monoparentales, les étudiants ainsi que les jeunes non diplômés.

1) Les familles monoparentales

Les familles monoparentales apparaissent dans les populations les plus pauvres en France (D’Agostino & Duvert, 2008, p.29) . La précarité des jeunes est souvent assimilée, comme je l’ai observé sur mon lieu de stage, aux familles monoparentales.

Une monoparentalité principalement jeune et féminine, et où les catégories socio professionnelles les moins qualifiées sont surreprésentées (Cingolani, 2005, p.95) .

Selon l’INSEE (2008) , la famille monoparentale se définit comme étant « une famille formée d’un seul parent et de ses enfants à charge vivant dans un même logement.

Sont comptabilisés comme enfants tous les individus célibataires (non mariés, non divorcés, non veufs) vivant dans le même ménage que leurs parents, sans conjoint, ni enfants dans le ménage, sans limite d’âge ».

Dans 85% des cas ce sont les mères seules qui élèvent leurs enfants (INSEE, 2007) . Dans 18% des familles monoparentales le parent est une femme de moins de 35 ans (INSEE, 2007) .

Les trois quarts des familles monoparentales sont aujourd’hui constitués suite à une séparation ou un divorce, ce qui représentent 75% des cas, soit parce que le père n’a jamais reconnu l’enfant (15% des cas) , soit parce que l’un des deux parents est décédé (DREES) .

Entre 1990 et 1999, l’INSEE estime que le nombre de familles monoparentales est passé de 1 397 000 à 1 640 000. 11.6% des familles monoparentales ont moins de 30 ans contre 40,3% qui ont entre 40 et 49 ans (INSEE, 1999) .

42 Ballet, J. (2001) . L’exclusion : définitions et mécanismes, L’Harmattan, Logiques Sociales, p.17.
53 Article publié le 08 novembre 2011 sur le site www.paris-normandie.fr
44 D’Agostino, S. & Duvert, N. (2008) . La Pauvreté, Bréal, pp. 29&30.
45Cingolani, P. (2005) . La Précarité, que sais-je ? PUF, p.95.
46 www.insee.fr, visité le 20 novembre 2010.
47 DREES : direction de la recherche des études de l’évaluation et des statistiques, n°389, avril 2005.

Tableau n°1 : Répartition des familles monoparentales selon l’âge des parents

Age Femmes Hommes
Moins de 30 ans 11,6 4,7
30-39 ans 33,2 20,3
40-49 ans 40,3 44,3
50 ans ou plus 14,9 30,7
Total 100,0 100,0

Champ : familles monoparentales avec enfants de moins de 25 ans.

Source : Insee, enquête étude de l’histoire familiale 1999.

En 2005 (INSEE) sur 8,8 millions de familles en France, 1,6 millions sont monoparentales. En 2007 les familles monoparentales représentent 2 millions de personnes (INSEE) . Elles sont 2,5 fois plus nombreuses qu’en 1968 et 17,7% des enfants de moins de 25 ans vivent dans une famille monoparentale, contre 7,7% en 1968 (INSEE) .

En 2011, selon l’Insee, plus de 1,6 millions de personnes en France représentent une famille monoparentale. Parmi celles-ci on retrouve plus de 74 000 jeunes parents de 18 à 24 ans n’ayant pas ou peu de diplômes (Insee, 2011) . Ces familles sont confrontées aux difficultés de vie quotidienne (Boutin & Durning, 2008, p.208) .

« La monoparentalité est souvent associée à des conditions de vie plus difficiles, aussi bien d’un point de vue matériel (les ressources de la famille, l’habitat,…) que d’un point de vue social ou même psychologique (isolement, assumer seul le rôle parental…) » (DREES, 2005) .

Malgré les aides sociales dont bénéficient les familles monoparentales les plus en difficulté, celles-ci « demeurent très exposées au risque de pauvreté monétaire » (Eydoux & Letablier, 2007) .

Les jeunes enfants issus de familles monoparentales ont moins souvent des mères occupant un emploi ou diplômées, ils connaissent des conditions de logement plus difficile que les enfants ayant leurs deux parents (Eydoux & Letablier) .

48 www.insee.fr, visité le 20 novembre 2010.
49Boutin, G. & Durning, P. (2008) . Enfants maltraités ou en danger. L’apport des pratiques socio éducatives. 49L’Harmattan.
50 Eydoux, A. & Letablier, M.-T. (2007) . Rapport sur les familles monoparentales en France.

D’après l’INSEE, « un enfant sur cinq habite un logement où il manque une pièce, contre un sur dix pour les enfants vivant avec un couple.

Les enfants vivant avec un couple ont une probabilité plus forte de vivre avec au moins un parent bachelier (60%) que les enfants vivant avec un parent seul (40%) . 38% des enfants issus de familles monoparentales vivent avec une mère bachelière contre 50% des enfants vivant avec un couple ».

En 2006, près d’une personne sur trois issue d’une famille monoparentale est touchée par la précarité monétaire (D’Agostino & Duvert, 2008, p.30) .

2) Les étudiants

Le monde étudiant a été marqué par la révolte du printemps 1968 (Neyrat, 2010, p.7) .

Cette révolte a transformé « le rapport étudiant en profondeur avec l’université » (Neyrat, 2010, p.7) . Les mouvements des étudiants ne cessent de se répéter en France et soulignent les difficultés rencontrées par les étudiants, notamment la précarité (Neyrat, 2010, p.7) .

On assiste alors à la détérioration de leurs conditions de vie, de leur état de santé, l’insuffisance alimentaire va se créer alors le mouvement « corporatiste » prônant la création d’institutions ayant pour but d’aider les étudiants touchés par la crise économique.

En France, on compte 100 000 étudiants vivant en dessous du seuil de pauvreté (Juillard, 2005) . De ce fait, un tiers des étudiants doivent travailler en complément de leurs études pour pouvoir les financer (Juillard, 2005) .

Depuis 2008, une aide financière a été mise à contribution des étudiants (FNAU : Fonds National d’Aide d’Urgence) (Article, « Vies de famille », 2009) . Il permet d’apporter aux étudiants « une aide financière rapide et personnalisée (Vies de famille, 2009) .

Il peut s’agir soit d’une aide ponctuelle en faveur de l’étudiant qui rencontre momentanément de graves difficultés ; soit d’une aide annuelle accordée à l’étudiant qui rencontre des difficultés pérennes » (Vies de famille, 2009) .

51 Site www.insee.fr/fr/themes/document.asp?refid=ip1216 , visité le 15 janvier 2011.
52 Neyrat, Y. (2010) . Les cultures étudiantes. Socio anthropologie de l’univers étudiant. L’Harmattan, p.7.
53 Valérie Erlich, « Les nouveaux étudiants. Un groupe social en mutation », Armand Colin, 1998.
54 Juillard, B. (2005) . Article sur la précarité des étudiants, Journal l’Humanité.
55 Extrait de l’article publié dans le magazine, Vies de famille, 2009.

Les causes de la précarité  familles monoparentales, étudiants..

3) Les jeunes non diplômés

« Sont considérés comme n’ayant aucun diplôme les jeunes qui entrent sur le marché du travail et ne sont pas titulaires d’un CAP ou d’un BEP ou d’un baccalauréat (général, technologique ou professionnel) ».

Ainsi, par exemple, ne sont pas considérés comme diplômés des jeunes sortis au niveau IV mais ayant uniquement obtenu un Brevet des collèges ou tout autre diplôme général d’un niveau inférieur au baccalauréat (INSEE, 2011) .

Les garçons représentent 57% des jeunes sortis du système de formation initiale sans diplôme puisque l’on sait que « les filles réussissent mieux les études » et « mènent des études plus longues » (Rosenwald, 2006) .

Comme le montre depuis de nombreuses années la sociologie de l’éducation, 70% des jeunes entrent actuellement en sixième et la plupart n’atteindront pas le niveau V (Bordigoni, 2000) .

Les jeunes sans diplômes ou peu de diplômes sont souvent issus de familles nombreuses et de milieux populaires, repérés par la catégorie socio professionnelle des parents qui sont pour la majeure partie, ouvriers (Bordigoni, 2000) . 116 000 jeunes ont quitté le système éducatif sans diplôme en 1998 (Roux & Gasquet, 2006) .

Ces jeunes ont plus de difficultés à trouver un emploi que les autres (Roux & Gasquet, 2006) . Les jeunes arrivant sur le marché du travail sont affectés par le chômage et connaissent la précarisation des contrats de travail, ils cumulent difficultés scolaires et sociales.

L’exclusion sociale : définition, historique et formes chez les jeunes

Le tableau ci-dessous nous montre bien que les plus forts taux de chômage sont assimilés aux jeunes n’ayant pas ou peu de diplômes.

56 Bordigoni, M. (2000) . Rapport sur Jeunes sans diplômes et risques d’exclusion sociale.
57 www.insee.fr, visité le 15 janvier 2011.
58 Rosenwald (2006) . Rapport sur les filles et les garçons dans le système éducatif depuis vingt ans. La Société française. Données sociales.
59 Roux, V. & Gasquet, C. (2006) . Economies et statistiques n°400.
60 Valérie Roux & Céline Gasquet, « Economie et statistiques n°400 », 2006.

Tableau n° 2 : Situation des 15-29 ans face à l’emploi selon le diplôme

Diplôme du supérieur Bac + 2 Bac ou équivalent CAP ou BEP BEPC seul Aucun diplôme ou CEP
Uniquement emploi à durée indéterminée 67,6 72,2 59,9 56 40 42,7
Emploi à durée indéterminée et emploi temporaire 3,8 4,1 4 5,3 6,2 2,6
Uniquement emploi temporaire 8,8 10,1 8,4 19,2 12,2 7,7
Emploi et chômage ou inactivité 13,9 10,3 21,2 20,8 23,2 27,2
Uniquement chômage ou inactivité 5,9 3,3 6,5 8,7 18,2 19,9
Total 100 100 100 100 100 100

Unité : %

« Source : Insee – Enquête Emploi, Actifs occupés de 15 à 29 ans interrogés pour la première fois en 2003 et présents lors des quatre trimestres suivants (sont exclues les personnes en cours d’études initiales, les stagiaires et les apprentis) ».

Le taux de chômage apparaît comme doublé pour les non diplômés que les jeunes titulaires d’un CAP ou un BEP ou un Baccalauréat (Frétigné, C. 2011, p.97) . Comme le souligne Lopez « le niveau de diplôme apparaît comme un facteur de promotion » (2008, p.72) .

D’après l’article 371-2 du code civil « chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant.

Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l’enfant est majeur ». Les jeunes se retrouvent alors confrontés à la dure réalité et l’abandon parental (Giaud, M., 2008, pp.20-21) .

Bon nombre des jeunes deviennent alors SDF, vivent dans des foyers d’hébergement et cherchent de l’aide à travers des associations telles que le Secours Populaire, la Croix Rouge, les Restaurants du Cœur (Giaud, 2008, pp.20-21) . Les jeunes sont alors confrontés aux difficultés de pouvoir se loger (Giaud, 2008, pp.20-21) .

61Tableau issu du site www.discriminations.inegalites.fr/spip.php?article83, visité le 20 novembre 2010.
62 Giaud, M. (2008) . Le jeune SDF, socioanalyse de la précarité, L’Harmattan, Logiques sociales, pp.20-21.

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :

La première page du mémoire (avec le fichier pdf) - Thème :
Les Jeunes : une génération face à la précarité
Auteur·trice·s :
Laetitia KALLFASS
Laetitia KALLFASS
Année de soutenance :
2012
Source :
https://wikimemoires.net/2022/04/les-jeunes-une-generation-face-a-la-precarite/
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