La gestion d’un portefeuille de crédit dans la banque

 
  1. La gestion de risque et rentabilité bancaire
  2. Différents modèles d’évaluation du risque de crédit
  3. Modèles basés sur la VaR – Evaluation du risque de crédit
  4. Les résultats du modèle de la VAR
  5. Formule d’Altman : Analyse financière et modèles d’évaluation
  6. Le risque systémique et le type de modèle nécessaire
  7. La gestion d’un portefeuille de crédit dans la banque
  8. Le transfert du risque de crédit : les dérivés de crédit
  9. Intérêts des dérivés de crédit et rentabilité des fonds propres
  10. Risque de crédit, quel impact sur la rentabilité bancaire ?
  11. L’impact de la fonction de crédit sur la rentabilité bancaire 
  12. Gestion du risque de crédit et de profitabilité des fonds propres
  13. Le ratio de rentabilité économique RoA, financière RoE et Cook

La gestion d’un portefeuille de crédit dans la banque

Chapitre 2 : Le risque de crédit, sa maîtrise, et son impact sur la rentabilité bancaire

Depuis le début des années 80, les systèmes bancaires d’un grand nombre de pays ont connu des crises financières d’une ampleur considérable.

Selon une étude faite par Goodhart.C (1997)6. L’auteur a recensé depuis 1980, 41 crises bancaires et 108 problèmes importants touchant au total 133 pays sur 181 pays membres du FMI.

Ce qui laisse à penser qu’aucun pays n’est épargné. Les origines de ces difficultés bancaires nouvelles sont « la promptitude de la déréglementation, la déficience des systèmes du contrôle interne des risques et la carence de la discipline du marché » selon Garcia G. (1996)7( ).

En effet, les disfonctionnements importants survenus sur le marché bancaire proviennent essentiellement du changement brutal des règles du jeu, et l’inaptitude des agences de crédit de se prémunir des risques auxquels elles s’exposent.

Nous nous intéresserons dans ce deuxième chapitre à étudier l’impact de l’évènement de crédit sur la rentabilité des établissements financiers, après avoir présenté dans un premier temps les procédures suivies dans la maîtrise et le transfert du risque de crédit.

Section 1 : La maîtrise du risque de crédit dans la banque

1.1. La gestion d’un portefeuille de crédit

1.1.1. Mesure d’une performance ajustée pour le risque de crédit :

Reprenons l’exemple de calcul de la VaR de la page 128, nous avons fixé le capital économique à 30, soit environ 2 fois la volatilité des pertes. Supposons que le revenu net du coût de la dette, des frais généraux et de la perte statistique est de 5.

Cette rentabilité comptable n’est pas ajustée pour le risque. Que les clients soient des sociétés financières solides ou des PME risquées ne change rien à une telle mesure de performance. Pourtant, la différence est de taille. Un risque élevé aujourd’hui se traduira par des pertes futures que le résultat comptable ne peut pas capter.

Comment ajuster le revenu pour le risque ? C’est la question à laquelle nous allons essayer de répondre. Il suffit de rapporter le revenu net au risque de crédit, mesuré par le capital économique. Ce ratio, connu sous le nom de RAROC, ou « Risk Adjusted Return on Capital ».

RAROC = revenu net au risque / capital économique.

Dans notre exemple il est de 5/30 = 16,67% avant impôts.

Ce ratio permet de définir un seuil de rentabilité minimal.

Par exemple, s’il faut procurer aux fonds propres une rentabilité de 12% après impôts, soit environ 20% avant impôts, il faudrait que ce ratio soit supérieur à 20%.

En valeur absolue, ce ratio est tributaire du multiple de la volatilité des pertes qui a conduit au capital de 30. Mais si ce capital économique est globalement réconcilié avec celui de la banque, on peut dire que le seuil de rentabilité est correct. En outre, l’utilisation d’un multiple commun à toutes les mesures les rend comparables entre activités.

Le mode de calcul d’une VaR pour risque de crédit

Dans cet exemple la rentabilité semble insuffisante. Ce n’est pas nécessairement le cas, si l’on considère qu’il s’agit de celle d’une entité parmi d’autres d’une même banque, il faut dans ce cas réduire la consommation du capital de 30 à cause de l’effet de la diversification.

1.1.2. La mesure de l’effet de diversification sur un portefeuille de crédit

La VaR permet de quantifier l’effet de la diversification obtenu en consolidant les risques des diverses entités. Il suffit de prendre l’exemple des deux centres de responsabilité, spécialisés géographiquement ou par industrie.

Nous pouvons espérer que si l’un se porte mal, il n’en va pas nécessairement avec l’autre. Comment mesurer dans ce cas l’économie des risques, donc des fonds propres, liés à cet « effet portefeuille » ?

Les caractéristiques des deux activités sont les suivantes : Les engagements, 1000 pour A et 1000 pour BLa volatilité des taux de défaut est de 1,5% pour A et 3,5% pour B

Les risques étant indépendants. Nous laissons de côté la perte statistique supposée déduite des marges. Les volatilités des pertes sur A et B sont respectivement de 1,5%×1000 = 15 et de 3,5%×1000 = 35.

Avec un multiple de 2, chacune consomme respectivement le double, soit 30 pour A et 70 pour B. Mais le risque ne s’additionne pas arithmétiquement. Deux risques de 1 font en général un risque total inférieur à 2.

Avec les volatilités les calculs sont simples. Il faut connaître le degré d’association entre le risque de A et celui de B. Nous supposons dans notre exemple qu’ils sont indépendants pour la simplification.

Dans ce cas la volatilité de perte de A+B est inférieure à la somme des volatilités, soit 15+35 = 50. Les règles statistiques montrent qu’elle est égale à 38,08.

Ce chiffre est inférieur à 50. L’écart 50-38,08 = 11,92 est le gain de risque imputable à la diversification ; ce gain est immédiatement traduisible en fonds propres, donc en rentabilité.

Ainsi, au lieu d’avoir besoin de 2×50 = 100 de fonds propres, il suffit de 2×38,08 = 76,16 pour couvrir des risques diversifiés de portefeuille A+B, soit un gain de 23,84.

La gestion d'un portefeuille de crédit dans la banque

1.1.3. L’allocation des fonds propres globaux

Si les fonds propres globaux deviennent 76,16 chaque secteur consomme moins de fonds propres qu’il n’y parait à première vue. C’est-à-dire, la contribution de A au risque global du portefeuille de crédit est inférieure à son risque « isolé ».

La détermination de ces allocations des fonds propres globaux, se fait selon une règle simple est intuitive qui consiste à les effectuer au prorata des risques isolés, soit 30 et 70 pour A et B respectivement.

Les allocations des fonds propres globaux sont alors de 30% pour A et 70% pour B, soit respectivement, 22,85 pour A et 53,31 pour B. Le Total est de 76,16 au lieu de 100.

La rentabilité ajustée par le risque pour A s’est donc améliorée. Les 5 de revenu net n’ont pas à être rapportés à 30, car il s’agit d’un risque « isolé », c’est-à-dire non diversifié de A, mais à 22,85.

La rentabilité ajustée pour le risque devient 5 /22,85 = 21,90% au lieu de 16,67% pour risque isolé. Elle est devenue supérieure au seuil de 20%. Cela suppose que les fonds propres réels de la banque sont égaux au capital économique de 76,16.

1.1.4. La réallocation de limites

La banque dispose toujours de 76,16 de fonds propres, mais elle voudrait réallouer ses engagements entre A et B. Les comités des engagements fixent des autorisations en encours de 1000 sur A et 1000 sur B.

Si l’autorité sur B, le secteur le plus risqué, est réduite de 100, de combien peut-on augmenter celle de A ?

Un calcul approximatif suffit en considérant que les fonds propres sont approximativement proportionnels aux encours. Les 1000 de B consomment 53,31 sur un total de 76,16.

Ce qui signifie que 100 de réduction sur B économise un capital approximatif de 10%×53,31= 5,33. Ces 5,33 sont réalloués sur A. Sachant que A consomme 22,85 pour 1000 d’encours en risque.

Si les fonds propres autorisés sur A passent à 22,85 + 5,33 = 28,18, l’accroissement est de 5,33/22,85 = 23,3%. Finalement, on constate que 233 (23,3%) d’encours de risque sur A sont équivalents à 100 (10%) d’encours sur B.

Pour conclure on peut dire que l’exposition n’est pas le risque lui-même, car le risque c’est la perte potentielle. Ce principe est à l’origine de l’idée de fixation de limites, non en autorisation d’encours, mais en dotations en fonds propres.

Il revient ensuite aux responsables des centres de profit de choisir les risques et les revenus qu’ils souhaitent du moment qu’ils respectent une enveloppe de fonds propres et une « rentabilité suffisante » sur cette dotation.

L’objectif principal de cette démarche c’est la gestion globale d’un portefeuille sous des contraintes de fonds propres. Pour se faire il faut distinguer entre les bonnes et les mauvaises structures de portefeuille de prêt.

Exemple : Le secteur A engendre une marge nette de 0,5%, celle de B est de 1,3%, plus élevée pour compenser un risque plus élevé.

Avec les expositions initiales de 1000 et 1000, les revenus respectifs sont des 5 et 13 avant pertes potentielles (avant risque). La marge totale est donc de 18, soit 23,64% du capital économique.

Si les encours sur A et B deviennent 1700 et 808 respectivement au lieu de 1000 et 1000, le capital économique reste inchangé (76,16), la marge devient de 19, soit une rentabilité de 24,95%.

A un niveau de risque constant, la rentabilité a été accrue par une réallocation des encours. Il existerait peut être des combinaisons plus rentables, si les fonds propres pouvaient varier. Tel est le sens d’une optimisation « quantitative » du couple rentabilité- risque du portefeuille de prêt.

Pour citer ce mémoire :

Auteur·trice·s :
CHEBBI MED RAFAA
La première page du mémoire (avec le fichier pdf) - Thème :
La gestion de risque et rentabilité bancaire
Université :
Université Internationale de Tunis
Année de soutenance :
Pour l’obtention du Diplôme de Maîtrise en Finance - 2009 / 2010
Source :
https://wikimemoires.net/2022/03/la-gestion-de-risque-et-rentabilite-bancaire/
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