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Institut supérieur de gestion ISG Paris - MBA Management du développement durable
Thème de mémoire - Octobre 2011

Coopération décentralisée: développement durable et action économique

  1. Le développement durable dans la coopération décentralisée
  2. La coopération décentralisée: défi., principes et enjeux
  3. Les facteurs du succès de la coopération décentralisée
  4. Coopération décentralisée: développement durable et action économique
  5. Les limites du management actuel de la coopération décentralisée
  6. 3 questions pour améliorer la démarche de développement durable

Coopération décentralisée: développement durable et action économique

Chapitre III : Valorisation et approfondissements méthodologiques

3.1 : Coopération décentralisée : Développement durable et action économique

La coopération décentralisée constitue une forme originale de croisements entre la dynamique des coopérations économiques et l’intégration d’éléments de développement durable au cœur des projets de territoire.

La coopération décentralisée à dominante économique

Le développement économique d’un territoire dépend de plus en plus souvent de son attractivité à l’échelle internationale. Avec ses pôles de compétitivité48, la France s’est dotée de plateformes territorialisées multi-acteurs recherchant l’excellence reconnue et exportable dans leur domaine.

La coopération décentralisée avec une collectivité étrangère devient alors un cadre adapté pour la mise en œuvre de nouvelles synergies dans le domaine économique.

Tout en prenant en considération que ce type de coopération peut activer des concurrences non souhaitées, les collectivités s’engagent petit à petit dans des partenariats à dominante économique, spécialement avec les pays développés et émergents.

Division géographique de la direction des archives du Ministère des Affaires étrangères et européennes

Source : Division géographique de la direction des archives du Ministère des Affaires étrangères et européennes 19 Janvier 2011

Les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre peuvent se positionner en amont de la démarche des entreprises, en vertu de leurs compétences en matière d’aménagement de l’espace et de développement économique.

Ils peuvent par exemple œuvrer pour la mise en place d’un environnement propice au développement économique du territoire intercommunal, ou encore accompagner les relations entre les opérateurs économiques.

48 Pour davantage d’informations, on consultera le portail de l’Aménagement du Territoire de la DATAR : site internet : http://territoires.gouv.fr

Des partenariats entre collectivités territoriales peuvent faciliter des partenariats industriels, notamment lorsque les élus intègrent de manière systématique les acteurs économiques dans leurs délégations.

Qu’est-ce que le développement durable ? Quelle est son histoire ?

On notera que des coopérations touchant les universités, les autres établissements d’enseignement supérieur et le monde de la recherche permettent des partenariats innovants, des “parrainages”, qui facilitent l’échange des savoirs et la circulation des cerveaux, sans que celle-ci ne soit une perte de substance unilatérale pour les pays en développement.

La demande sociale de développement durable.

Dans le contexte de la mondialisation, la priorité globale du développement, qu’il s’agisse des pays développés, des pays émergents ou de pays en développement, bouscule nombre d’habitudes et de situations acquises.

De façon endogène tout autant qu’exogène, l’exigence de développement durable génère une approche interactive des secteurs d’activités et des opérateurs. Celle-ci conduit par nécessité – sous peine quelquefois d’incompréhensions et d’échecs – à examiner attentivement les entités territoriales concernées (Régions, villes, villages, etc.).

Chacune d’entre elles, constitue un lieu d’intégration complexe d’opérateurs publics et privés. Tout particulièrement pour les actions extérieures, cette complexité les conduit nécessairement à s’engager dans des examens très attentifs, vers les objectifs à atteindre, avec une multitude de partenaires, pas toujours bien identifiés les uns par les autres.

Le développement durable donne ainsi aux services de l’État (MAEE/DAECT, MINEFI, AFD etc.) et représentants élus locaux (CUF, AMF, ARF etc.) et aux agences locales de développement (CNER49) des responsabilités nécessairement plus complexes, visant à renforcer sans cesse la professionnalisation de leurs agents.

Le développement doit être par définition durable, c’est-à-dire pérenne sur le plan économique, social et environnemental.

Par exemple la responsabilité sociétale des entreprises50 (RSE) mais aussi des autres acteurs du territoire est un point focal qui est parfois abusivement avancé sans qu’il puisse être toujours perceptible à l’analyse des résultats (coûts, avantages, comptes d’exploitation).

C’est pourquoi les projets de développement doivent contribuer à une croissance équilibrée et partagée, porteuse de valeurs, respectueuse de l’environnement et des droits sociaux et humains.

Pour une dimension économique du développement durable dans la coopération décentralisée : une approche critique et pragmatique d’intégration.

Pour beaucoup d’élus et de techniciens, la coopération décentralisée se trouve aujourd’hui à un choix : elle peut soit rester dans l’aide traditionnelle au développement, unilatérale, sans réciprocité toujours bien évidente, apparaissant surtout comme un outil de promotion économique pour chacune des collectivités, soit accentuer bien plus ses principes de solidarité dans un esprit coopératif.

Néanmoins, chacune de ces approches fait aujourd’hui l’objet de critiques. D’une part, on reproche à la coopération d’aide au développement d’être des projets couteux exclusivement tournés vers le Sud et sans retour réel pour la population de la collectivité du Nord (sans « intérêt local ») dans un contexte européen de restriction budgétaire massive pour les États et les collectivités.

D’autre part, la coopération décentralisé à dominante économique est vue par certains comme l’un des derniers avatars de la pensée néocoloniale, qui permettrait aux collectivités d’ouvrir des débouchés à leurs entreprises tout se parant du voile mélioratif de l’aide au développement.

49 CNER (Conseil National des Economies Régionales) : http://www.cner-france.com/

50 Site internet du Ministère : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Responsabilite-societale-des.html

Nous souhaitons ici montrer que c’est dans la conjonction de ces deux approches, développement durable et développement économique, que la coopération décentralisée peut se justifier actuellement.

A bien des égards, la coopération décentralisée peut être regardée comme un moyen de mis en œuvre d’une « politique du lien »51 au cœur de processus complexes.

Elle permet la construction sociale de proximités professionnelles et institutionnelles politiques et économiques, nourrissant ainsi la capacité de résilience des territoires (développement durable).

La coopération décentralisée constitue une opportunité réelle de fédérer les énergies de différents acteurs (collectivités, entreprises, ONG, associations de citoyens, etc.) en projetant à l’extérieur un projet de territoire cohérent et homogène.

En demandant une coordination efficace entre acteurs de plusieurs niveaux, elle constitue un moyen privilégié de cohérence territoriale.

Cette double approche d’intégration est critique et pragmatique, elle ne refuse ni l’aide au développement, ni la promotion économique mais, en jouant sur les deux plans, se trouve un modèle de coopérations gagnant-gagnant (intérêts réciproques).

Cette approche d’intégration est critique à deux égards, d’abord parce qu’elle refuse une association uniquement tournée vers l’un des deux pôles (aide au développement ou promotion économique) mais repose sur l’idée que c’est dans leur association que peut émerger une véritable coopération durable et un développement décentralisé.

Ensuite, l’intégration est critique dans le sens où elle pousse au maximum la logique des partenariats multi-acteurs, en réunissant des acteurs publics et privé.

Ainsi, les projets de coopération décentralisée envisagés à la fois sous l’angle du développement durable et du développement économiques se trouvent être pragmatiques, recherchant la mise en place de partenariats durable et effectifs, bénéficiant à chacun.

L’association développement durable – développement économique permet donc à la coopération décentralisée de laisser une empreinte spécifique, souvent institutionnelle, sur les territoires concernés, sur le plan qualitatif et quantitatif.

Nous avons ainsi perçu la demande et la nécessité d’un travail de capitalisation des réussites et échecs dans ce domaine, d’un benchmarking appliqué à cette nouvelle forme de coopération décentralisée.

C’est pourquoi, dans le cadre du stage effectué au Ministère des Affaires étrangères, au sein de la Délégation pour l’Action Extérieure des Collectivités Territoriales (DAECT), nous œuvrons actuellement à la tenue d’un séminaire52 sur ce sujet, réunissant une délégation interministérielle, des experts, des techniciens et des élus, afin d’aider à la construction de rencontres multi-acteurs productives et efficientes.

51 Xabier Itçaina, La politique du lien. Les nouvelles dynamiques territoriales de l’économie sociale et solidaire, PU Rennes, coll. « Espace et Territoires », 2010

52 Le séminaire, préparé conjointement avec le CNER, devrait se tenir en Ile de France fin Janvier 2012.

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