La consommation chez les imagos d’Acrotylus patruelis

VI – 2 – 2 – Etude quantitative de la consommation chez les imagos d’Acrotylus patruelis

Nous parton de l’hypothèse que les quantités d’épidermes végétaux rejetés dans les excréments sont proportionnelles à celle ingérées. On admet aussi comme hypothèse de travail que les coefficients de digestibilité des différentes espèces végétales consommées sont égaux.

VI – 2 – 2 – 1 – Résultats

Tableau 35. Taux, indice d’attraction et surface végétales moyennes consommées par 50 mâles d’Acrotylus patruelis en milieu cultivé de Béni Isguen.

Espèces végétales consommées

1992

1993

Smm2T(%)IA

Smm2T(%)IA

N = 50

N = 50

Cynodon dactylon

27,5

70,7

58,9

29,9

53,3

44,4

Setaria verticillata

5,7

14,6

14,5

18,8

33,4

33,0

Cyperus rotundus

4,5

11,5

57,8

7,5

13,3

66,3

Lageneria vulgaris

1,1

2,8

7,0

Amaranthus hybridus

0,1

0,2

2,1

(-) : espèces végétales absentes

Smm2 est la surface moyenne du végétal consommé. T(%) est le taux de consommation du végétal par rapport à l’ensemble des végétaux ingérés. IA est l’indice d’attraction d’une espèce végétale donnée. C’est le rapport entre le taux de consommation et le recouvrement global des espèces végétales prises en considération dans un transect de 500m2. Nous partons de l’hypothèse que le recouvrement global des espèces végétales présentes dans le transect est le même à la même époque pour les deux années d’étude.

Tableau 36. Taux, indice d’attraction et surface végétales moyennes consommées par 50 femelles d’Acrotylus patruelis en milieu cultivé de Béni Isguen.

Espèces végétales consommées

1992

1993

Smm2T(%)

IA

Smm2T(%)IA

N =

50

N = 50

Cynodon dactylon

76,0

46,7

38,9

116,1

70,9

59,1

Setaria verticillata

68,4

42,0

41,6

37,4

22,8

22,6

Cyperus rotundus

2,7

1,6

8,3

7,1

4,3

21,7

Lageneria vulgaris

11,6

7,1

17,8

3,1

1,9

4,7

Amaranthus hybridus

0,5

0,31

2.56

Tribulus terrester

3,1

1,9

13,61

Lycopersicum esculentum

0,4

0,25

0,82

(-) : espèces végétales absentes

VI – 2 – 2 – 2 – Discussion

La quantité de nourriture consommée chez Acrotylus patruelis varie en fonction de temps est du sexe. En 1992 les femelles d’Acrotylus patruelis semble avoir consommé 4 plus de végétaux et plus de trois fois en 1993 que les mâles. En 1992 les mâles d’A. patruelis consomment par repas une surface moyenne de 27,5mm2 de Cynodon dactylon, 5,7mm2 de Setaria verticillata, 4,5mm2de Cyperus rotundus et de 1,1mm2 d’Amaranthus hybridus. Par contre durant l’année 1993 nous avons enregistré 29,9mm2de Cynodon dactylon, 18,8mm2 de Setaria verticillata, et 7,5 de Cyperus rotundus (tableau 35). Il est a constater que C. dactylon est l’espèce végétale la plus consommée pour les deux années. Quant à S. verticillata la surface moyenne a augmenté, passant de 5,7mm2 en 1992 à 18,8mm2 en 1993. Elle a plus que triplé. Pour C. dactylon nous avons noté une petite différence. En effet, le taux de consommation de cette espèce diminue de 70,7% en 1992 à 53,3% en 1993. Cela est dû au fait qu’en 1992 Acrotylus patruelis consomme beaucoup plus de C. dactylon que les autres espèces végétales. L’indice d’attraction montre que les mâles de cet Oedipodinae marquent des préférences pour certaines espèces végétales. C’est le cas de C. rotundus. Cette espèce végétale présente un indice d’attraction de 57,8% en 1992 et de 66,3% en 1993. Cela est dû au fait que cette espèce a un taux de recouvrement de 0,20% contre 1,20% pour C. dactylon et 1,01% pour S. verticillata (tableau 9, chapitre III). Les femelles d’A. patruelis ont consommé en 1992 en moyenne par individus et par repas 76,0mm2 de C. dactylon, 68,4mm2 de S. verticillata, 2,7mm2 de C. rotundus, 11,6mm2 de Lageneria vulgaris, 0,4mm2 de Lycopersicum esculentum, 0,5mm2 d’Amaranthus hybridus, et 3,1mm2 de Tribulus terrester (tableau n°33). Par contre en 1993 on note certaines différences. En effet C. dactylon est l’espèce végétale la plus consommée durant cette année, avec une surface moyenne de 116,1mm2. Au contraire la surface moyenne de S. verticillata a diminué passant de 68,4mm2 en 1992 à une valeur de 37,4mm2 en 1993, soit une différence de 31mm2. D’après Mezreb (1993), C. dactylon est faiblement consommée par Calliptamus barbarus. Cet acridien consomme une surface moyenne de 0,40mm2 dans la station Bouadas et 11,7mm2 dans la station de Tala Guemdounen.

Par contre Bouanane (1993) n’a pas signalé C. dactylon dans le régime alimentaire de Dociostaurus maroccanus dans la région de Sidi-Bel-Abbès.

Le taux de consommation de C. dactylon par les femelles d’Acrotylus patruelis est passé de 46,7% en 1992 à 7,9% en 1993, soit une augmentation de 1,5 fois. Cela est dû au fait qu’A. patruelis a consommé beaucoup plus C. dactylon en 1993 que d’autre espèces végétales. L’indice d’attraction de Tribulus terrester est relativement fort.

Il est de 22,1. Pourtant cette espèce végétale est faiblement consommée. Elle n’est représentée que par un taux de consommation de 1,9%. Cela s’explique par un taux de recouvrement faible soit de 0,14% (tableau n°6, chapitre III).

VI – 2 – 2 – 3 – Conclusion

D’après les résultats précédents, il ressort qu’A. patruelis présente des préférences pour certaines espèces végétales.

En effet, parmi les 7 espèces végétales consommées par A. patruelis, seulement Cynodon dactylon et Setaria verticillata sont les plus consommées. Quantitativement les taux de consommation les plus élevés sont enregistrés pour C. dactylon.

Ils sont de 70,9% chez les femelles en 1993 et de 70,7% chez les mâles en 1992.

Il est à constater aussi que la quantité consommée est variable selon le sexe. A cet effet les résultats nous montrent que les femelles d’A. patruelis ont consommées plus de 4 fois de nourriture en 1992 et plus de trois fois en 1993 que les mâles.

L’indice d’attraction de C. rotundus est relativement élevé. Il est de 57,8 en 1992 et de 66,3 en 1993. Pourtant cette espèce végétale est faiblement consommée.

Elle n’est représentée que par un taux de consommation de 11,5% en 1992 et de 13,3 en 1993. Cela s’explique par un taux de recouvrement faible soit 0,2%.

Conclusion générale

L’étude est effectuée aux environs de Ghardaïa dans la partie septentrionale du Sahara. Le bioclimat de cette région est de type saharien à hiver doux.

Les prospections dans différents milieux, un milieu cultivé, un milieu non cultivé et une palmeraie, ont permis d’inventorier 29 espèces d’Orthoptères Caelifères, soit 20,7% des espèces acridiennes en Algérie et 42,6% des espèces Caelifères signalées au Sahara par Louveaux et Ben Halima (1987).

Nous avons notés aussi la présence de 12 sous familles et 18 genres. La sous famille des Oedipodinae est la mieux représentée en espèces dans la région de Ghardaïa. Elle englobe plus de 31% des espèces recensées dont les genres Sphingonotus et Pseudosphingonotus représentent plus de la moitié des espèces.

L’étude relative aux caractéristiques écologiques et biologiques des peuplements Orthoptéroloqiques dans la région de Ghardaïa nous a permis de mettre en évidence le comportement des principales espèces étudiées.

A travers l’étude écologique nous avons pu faire la distinction entre les espèces qui préfèrent les milieux humides comme Ochrilidia gracilis et les espèces qui tolèrent les variations de température et d’humidité telles que Truxalis nasuta et Pyrgomorpha cognata. Quant à la biologie des principales espèces d’Orthoptères, il est difficile de conclure à propos du nombre de générations de certaines espèces acridiennes.

D’où nous proposons à ce que l’aspect biologique soit étudié avec beaucoup plus d’attention en modifiant le protocole expérimental en augmentant le nombre de relevés.

L’analyse statistique et écologique des résultats nous a renseignées sur la dynamique des populations des acridiens dans la région de Ghardaïa.

A travers l’analyse factorielle des correspondances nous avons pu comprendre les affinités écologiques de chaque espèce d’Orthoptère et la formation de groupes bien distincts.

Le calcul de la fréquence nous a aidé à déterminer les espèces les mieux représentées dans chaque milieu. De même le calcul de la constance a permis de faire ressortir les espèces caractéristiques de chaque station. En effet Ochrilidia gracilis s’avère être une espèce constante dans la palmeraie.

Le milieu cultivé comprend 43,8% d’espèces constantes contre 18,2% en palmeraies et 16,7% en milieu non cultivé.

Il faut souligner que le fort taux d’espèces accidentelles soit 66,7% concerne le milieu non cultivé. Le calcul de l’indice de dispersion nous révèle la présence de deux espèces à répartition de type contagieux durant presque toute l’année. Il s’agit d’Ochrilidia gracilis en palmeraie et Acrotylus patruelis en milieu cultivé.

L’indice de diversité de Shannon-Weaver varie en fonction des conditions climatiques. Les indices de diversité les plus élevés sont notés en milieu cultivé durant les mois d’out et de septembre avec respectivement 3,6 et 3,8. Par contre l’indice de diversité le moins élevé est enregistré en palmeraie au mois de novembre avec une valeur de 0,96.

L’analyse du régime alimentaire de 200 individus d’Acrotylus patruelis montre que cet acridien utilise 35% de l’ensemble des espèces végétales présentes.

Malgré sa polyphagie, Acrotylus patruelis a montré une véritable tendance vers la consommation des graminées. Cynodon dactylon est l’espèce végétale la plus consommée par Acrotylus patruelis, soit 65% de son régime alimentaire. Les femelles consomment beaucoup plus d’espèces végétales que les mâles.

Pour mieux comprendre le régime alimentaire nous avons complété le travail par une étude quantitative à travers une estimation des surfaces des espèces végétales rejetées dans les excréments.

En effet les femelles d’Acrotylus patruelis ont consommées quatre fois plus de nourriture en 1992 et plus de trois fois en 1993 que les mâles. Le calcul de l’indice d’attraction révèle qu’une espèce végétale peut être consommée même si elle est très faiblement représentée dans le milieu.

En perspective, quelques points méritent d’être ultérieurement développés concernant la dynamique de population, le nombre de générations et le déplacement des populations Orthoptéroloqiques d’un endroit à un autre.

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