Le poids de la menace d’utilisation d’armes chimiques

  1. La menace terroriste chimique et biologique
  2. Le gaz sarin, un danger inodore et invisible
  3. Le gaz moutarde, les armes chimiques
  4. La propagation des armes biologiques
  5. Le bioterrorisme, les armes biologiques
  6. Etats et menaces terroristes chimiques et biologiques
  7. Le processus de destruction des armes chimiques
  8. Le cas des fabrications d’armes chimiques
  9. Irak : l’actualité du terrorisme chimique et biologique
  10. Les stocks libyens des armes chimiques
  11. Le poids de la menace d’utilisation d’armes chimiques
  12. Le gouvernement et l’utilisation de la menace terroriste
  13. Plans de défense nationaux et la lutte contre le terrorisme
  14. Les plans spécialisés NRBC et le terrorisme chimique

Le poids de la menace d’utilisation d’armes chimiques

Chapitre 2 : le poids de la menace

« Lorsque le monde est en paix, un homme de bien garde son épée à son côté ».
L’Art de la guerre de Sun Tzu

Ces armes chimiques et biologiques sont moins connues du grand public que les armes nucléaires.

En effet, la majorité des attentats commis par Daesh se produit avec des kamikazes, comme le prouvent les éléments récents, tels que les attentats de Paris, d’Orlando, d’Istanbul, ou pire encore l’attentat de Bagdad.

Il est donc question de savoir quelle est l’arme la plus avantageuse pour les terroristes (section 1), et s’ils sont à même, à l’heure actuelle, d’utiliser leurs stocks d’armes chimiques (section 2), car posséder de telles armes ne signifie pas qu’ils pourront s’en servir, cela implique des moyens technologiques et logistiques.

Section 1 : L’opportunité de l’utilisation d’armes chimiques ou biologiques plutôt que d’armes nucléaires

Les armes de destruction massive représentent les armes qui ont été conçues pour tuer une grande quantité de personne, que ce soit des civils ou des militaires. En général, ces armes ne sont pas utilisées dans un objectif très précis, mais plutôt sur une zone étendue d’un rayon qui dépasse le kilomètre.

Les effets sont dévastateurs pour les personnes, les infrastructures et l’environnement.

Leur action comme leur nom l’indique, est non sélective, c’est-à-dire qu’elle est massive, et leurs effets sont de longue durée puisque ces armes constituent un risque d’extermination des populations, y compris chez l’attaquant en cas de représailles par armes de destruction massive si le pays ciblé en dispose aussi.

Ainsi, ces armes sont liées au concept de dissuasion : il s’agit du degré ultime de l’armement avec des conséquences lourdes en termes de politique étrangère.

Les armes chimiques et biologiques font parties de la catégorie des armes de destruction massive, avec également les armes nucléaires. En effet, les armes nucléaires peuvent tenter ceux qui cherchent à disposer d’une capacité de destruction massive: leurs effets étant plus destructeurs et prévisibles que ceux des armes chimiques et biologiques. De ce fait, les armes nucléaires sont considérées comme plus fiables et peut être même plus crédibles que les autres.

D’une certaine manière elles évoquent une idée de « prestige » car elles relèvent d’une prouesse technologique en raison de la difficile maitrise de ces armes.

Toutefois les armes chimiques sont tout aussi appréciées par les acteurs étatiques ou non qui cherchent des armes de destruction massive, puisqu’elles sont utilisables dans les attaques terroristes contre des civils. L’avantage de ces armes c’est que leur fabrication et entretien sont nettement plus faciles et coûtent beaucoup moins cher que ceux des armes nucléaires.

Il n’empêche que, d’un point de vue militaire, les armes chimiques sont inférieures aux armes nucléaires en raison de leurs effets imprévisibles et des autres inconvénients.

Un certain nombre de pays ont fabriqué des armes chimiques et de nombreux autres disposent des capacités nécessaires pour les produire. Les armes chimiques sont toutefois interdites par le droit international depuis 1993.

Du côté des armes biologiques : elles sont encore plus faciles à fabriquer que les armes chimiques ou nucléaires et coûtent beaucoup moins cher. En effet, tout pays ou tout groupe infra-étatique déterminer à fabriquer un agent biologique peut le faire avec un investissement minimal et, même si la diffusion des agents biologiques est difficile, certains moyens de dissémination peuvent être obtenus assez facilement.

Section 2 : l’éventualité d’une attaque terroriste chimique ou biologique

Si Daesh souhaite utiliser ces armes, des problèmes techniques (§1) vont se poser à eux, comme la dispersion des produits par le vent par exemple.

L’exemple de l’Unité 731 prouve que par le passé des hommes ont trouvé le moyen de manipuler ces armes. La question est donc de savoir si à l’heure actuelle il est possible de craindre la naissance d’une Unité 731 des temps modernes (§2).

§1. La barrière logistique

La menace d’utilisation d’armes chimiques est réelle, parce qu’on sait que Daesh a utilisé des armes chimiques sur les théâtres syriens et irakiens. L’organisation d’interdiction des armes chimiques a mené une enquête et a révélé que Daesh avait utilisé dans la province d’Alep, du gaz moutarde.

C’est suffisamment inquiétant pour se poser la question d’une attaque chimique.

Toutefois, il est beaucoup plus compliqué de mener un attentat chimique ou un attentat biologique qu’un attentat conventionnel, d’autant plus que Daesh a à sa disposition des kamikazes. Il y a donc un certain nombre de barrières techniques et logistiques qui doivent être levées avant de commettre un attentat chimique et biologique efficace.

Il n’est pas certain que Daesh puisse lever ces barrières techniques et logistiques, ce qui rend la menace réelle, mais faible (à l’heure actuelle). La France dispose de moyens logistiques et thérapeutiques pour faire face à ce type d’attaques, ce qui constitue une réponse post-attentats de Paris.

En effet, pour mener une attaque chimique ou bactériologique de grande ampleur, il faut coupler l’agent chimique à un mode de dissémination, c’est-à-dire le militariser, selon Olivier Lepick (expert et écrivain), qui précise qu’il « faut être capable de le projeter dans l’atmosphère, de l’aérocolies de manière efficace, c’est très compliqué, et ce n’est pas aujourd’hui à la portée d’une organisation comme Daesh, aussi puissante et riche soit-elle », l’avenir nous montrera la véracité de ses propos.

Quoi qu’il en soit, l’Etat français a pris la décision d’approvisionner le Samu en atropine « au cas où ». En effet, Daesh possède des armes chimiques, il ne faut donc pas écarter l’hypothèse d’un attentat chimique sur le territoire national.

§2. Guerre bactériologique : peut-on craindre une nouvelle unité 731 ?

La fameuse unité japonaise 731 a été parmi les précurseurs d’utilisateurs d’armes bactériologiques lors de la seconde guerre mondiale. Ils ont transmis le choléra, la maladie du charbon ou encore la peste à des civils et des prisonniers de guerre. Les japonais leur faisaient des injections obligatoires, leur donnaient des confiseries empoisonnées, lâchaient des puces porteuses maladies, qui décimaient les populations.

La menace biologique reste plus que jamais d’actualité.

Il y a différentes sortes de menaces terroristes biologiques : la maladie du charbon, le botulisme, la petite vérole. Il existe de nombreux agents biologiques, on en trouve dans l’atmosphère, dans l’environnement, et quelqu’un pourrait prendre ces organismes, les transformer et les disséminer ensuite dans une communauté et causer des maladies délibérément.

La possibilité d’une guerre bactériologique est donc imminente. Il est même possible que des virus biologiques aient déjà été créés et soient déjà là.

La question est : lequel utiliseront-ils?

Comment est-ce que les Etats-Unis réagiraient face à une attaque terroriste biologique ? En 2001, le gouvernement américain a exécuté un exercice appelé « iverson ». Il s’agissait de simuler une épidémie de variole sur la ville d’Oklahoma. Le test a révélé que le gouvernement américain et le système de santé n’étaient pas suffisamment préparés pour affronter une telle épidémie : seuls 5% des habitants pouvaient bénéficier du vaccin.

Si l’attaque avait été réelle, 1 million d’américains seraient morts en quelques semaines.

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