Définition et état de lieux de l’achat en ligne

  1. Facteurs explicatifs de l’achat en ligne au Cameroun
  2. ADAM BOUKAR TCHARI
  3. TIC et historique du commerce électronique
  4. Définition et état de lieux de l’achat en ligne
  5. TIC au Cameroun et comportement du consommateur
  6. Les plates-formes de commerce en ligne au Cameroun
  7. L’achat en ligne, analyse et composantes du risque perçu
  8. Les dimensions du risque perçu par le consommateur
  9. Influence du risque perçu sur l’achat en ligne
  10. Le concept de culture dans l’achat en ligne
  11. Influence de la culture dans l’achat en ligne
  12. Les facteurs influençant l’intention d’achat en ligne
  13. Analyse des facteurs : l’échec de l’achat en ligne
  14. L’achat en ligne: le risque perçu et la culture d’achat

Définition et état de lieux de l’achat en ligne au Cameroun

III- Définition et état de lieux de l’achat en ligne

Dans cette partie, nous présenterons quelques définitions relatives à l’achat en ligne et l’état de lieux de l’achat en ligne au Cameroun

1. Définition de l’achat en ligne

Le commerce électronique a fait l’objet de plusieurs définitions. Dans ce qui suit, nous allons évoquer les plus pertinentes d’entre elles.

1.1 Définition de l’AFTEL (Association française du télématique et multimédia)

Pour l’AFTEL, l’achat en ligne désigne « l’ensemble des échanges commerciaux pour lesquels l’achat s’effectue sur un réseau de télécommunication.

Il couvre aussi bien la prise de commande que l’achat avec paiement. Il concerne autant les achats de biens que de service, qu’ils soient eux-mêmes directement consommé en ligne (service d’information, jeux en réseau…) ou non ».

Mais il désigne aussi l’ensemble des usages commerciaux des réseaux, y compris ceux dans lesquels une entreprise ne fait que présenter ses produits, la commande s’effectuant hors ligne (Andrea et al., 2002)

1.2 Définition de l’OCDE

L’OCDE définit le commerce électronique comme étant « la vente ou l’achat de bien ou de service effectués par une entreprise, un individu, une administration ou toute autre entité publique ou privé, et réalisés au moyen d’un réseau électronique».

Cette définition inclut, non seulement les achats et ventes réalisés à travers un site, mais également les achats par minitel, par un système téléphonique interactif (type Audiotel) ou encore à travers des relations directes et automatisées d’un ordinateur à un autre excluant les transactions passées sur un mode non interactif, par un fax et téléphone.

Par ailleurs, les biens et les services sont commandés par l’intermédiaire du réseau électronique, le règlement financier, mais la livraison pouvant être réalisé par d’autres moyens.

Une autre définition envisage le commerce électronique comme un ensemble de transaction commerciale à destinations des particuliers (B to C : Business to Customer) ou entre entreprises (B to B : Business to Business) utilisant exclusivement internet ou un moyen électronique comme mode de commande, en revanche le paiement et la livraison peuvent s’effectuer par des méthodes traditionnelles.

2. Etat de lieux de l’achat en ligne

Nous présenterons l’état de lieu de l’achat en ligne dans le monde en générale et en Afrique en particulier.

2.1 Etat de lieux de l’achat en ligne dans le monde

C’est en 1994 que le commerce électronique est apparu dans le monde avec la vente en ligne de Ten Summoner’s Tales, le quatrième album de Sting.

En adoptant une conception large du commerce électronique, incluant les échanges avec l’administration, les prémices du commerce électronique sont apparues en France dans les années 1980 avec la vente par correspondance et le Minitel.

Le commerce électronique a véritablement pris son essor aux États-Unis dans les années 1990 avec des sociétés comme Amazon, EBay ou AOL qui ont collecté en bourse des masses financières très importantes, jusqu’à l’explosion de la bulle Internet en 2000.

Aujourd’hui, le commerce électronique a gagné en maturité et se développe partout dans le monde, et particulièrement en Asie, grâce notamment à l’essor du téléphone mobile.

Le paysage du commerce électronique évolue rapidement dans le monde et surtout dans les pays développés. Toutefois, l’absence de statistiques sur le commerce électronique est un obstacle majeur pour cartographier la pénétration du commerce électronique et pour en mesurer ses effets.

Il n’existe pas de données officielles détaillées sur la valeur du commerce électronique aux niveaux national et international. Seuls quelques pays développés pour la plupart compilent actuellement des données sur les revenus provenant du commerce électronique.

On dispose généralement de plus de renseignements sur les transactions électroniques d’entreprise à consommateur (B2C). Cependant, en nous basant sur les informations sur la valeur des transactions, nous mettons en exergue l’état des lieux de l’achat en ligne dans le monde.

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a compilé des données officielles sur les ventes B2C dans les principaux marchés en ligne en 2015 (CNUCED, 2017).

Types du commerce électronique: B2C, B2B, G2B et C2C

Ces données montrent que le commerce électronique B2C au niveau mondial a atteint 25 300 milliards de dollars en 2015, soit une augmentation spectaculaire de 9 000 milliards de dollars par rapport à la valeur en 2013.

Les ventes B2C se sont élevées à un peu plus de 2 900 milliards de dollars, soit un peu plus de 11% du montant global estimé dans le monde.

Selon la CNUCED (2015), même si le commerce B2B représente la majeure partie du commerce électronique, le commerce B2C semble se développer plus rapidement. En 2015, la Chine avait le plus grand marché de commerce électronique B2C, avec 617 milliards de dollars, suivie de près par les États-Unis, avec 612 milliards de dollars.

Les États-Unis étaient cependant le leader des ventes B2B, avecplus de 6 000 milliards de dollars, loin devant le Japon (2 400 milliards de dollars).

Dans les dix économies pour lesquelles on dispose de données sur le commerce électronique, les ventes en ligne représente plus du tiers du PIB total; au Japon et en Corée, elles représentent bien plus de 50% du PIB.

D’après le cabinet de conseil eMarketer, le commerce électronique B2C a doublé et passé de 1 200 milliards de dollars en 2013 à 2 400 milliards de dollars en 2018.

Les pays d’Asie et du Pacifique ont enregistré la croissance la plus rapide, avec une part de marché passant de 28% en 2013 à 37% en 2018. À l’inverse, la part combinée de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord ont diminué, de 61% à 53%.

Le Moyen-Orient et l’Afrique sont les seules autres régions dont la part du marché mondial a augmenté, passant de 2,2% à 2,5% pendant la même période.

Cependant, Bien que le commerce électronique mondial soit toujours dominé par les pays développés, c’est dans les régions en développement, en particulier en Asie, que l’on observe la plus forte croissance.

Ces observations sont étayées par les estimations faites par des bureaux de consultants privés consigné dans le tableau ci-contre.

Tableau1. Commerce électronique B2C dans dix grandes économies

Ordre Pays Marché B2C Milliards de $
1 Chine 617
2 États-Unis 612
3 Royaume-Uni 200
4 Japon 114
5 Allemagne 93
6 France 73
7 Corée 48
8 Canada 48
9 Australie 28
10 Espagne 25

Sources: CNUCED (2017), Ministers to discuss opportunities and challenges of e-commerce with Jack Ma, eBay, Jumia, Huawei, Etsy, PayPal, Vodafone and more.

2.2 Etat de lieux de l’achat en ligne en Afrique

Dans la littérature sur l’adoption de l’Internet, les inégalités d’accès et d’usage des services numériques sont expliquées par les caractéristiques économiques et sociales des territoires et des individus. «Les zones à faible revenu, souffrant de privation financière, ne risquent pas de réaliser des dépenses pour des choses qui pourraient ne pas sembler nécessaire comme l’accès à Internet » (Geach, 2007)

La Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, la CNUCED (2017), affirme : «moins de 21 millions d’Africains avaient fait des achats en ligne au cours de l’année 2017.

C’est peu pour un continent qui compte une classe moyenne de plus 300 millions de personnes ».

L’Afrique détient une position encore marginale et demeure la région qui présente la plus faible pénétration du commerce électronique (en anglais, e-commerce). Les monographies des trois pays (Maroc, Tunisie, Egypte) vont s’employer à décrire l’état de lieu du commerce électronique en Afrique.

* La Tunisie

La Tunisie est un pays de longue tradition commerçante avec une vocation exportatrice tournée notamment vers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. L’un des pionniers du e-commerce en Tunisie est étonnamment Pizza Hutt.

La chaine de pizzeria a en effet proposée dès 1994 d’offrir une pizza à ses clients passant la commande depuis le site internet de la marque. En 1995 deux futurs géants du e-commerce naissaient : il s’agit d’Amazon et d’EBay.

D’après le baromètre du e-commerce Tunisien en 2018, la pratique de l’achat en ligne est très développée en Tunisie : 58% des internautes ont effectué un achat sur un site tunisien au cours des 12 derniers mois.

Le e-acheteur tunisien se montre assez mature.il achète à une fréquence élevée (49% une fois/mois), principalement auprès des sites marchands (71%), en utilisant aussi bien le PC (71%) que le Smartphone (66%).

Le paiement en ligne est couramment utilisé (77%), dépassant le COD (62%). Pour des raisons pratiques, l’internaute tunisien a pris l’habitude de payer certains services importants en ligne (billetterie, factures : plus de 50%) et d’acheter sur Internet plusieurs types produits notamment des articles de loisirs, sport, habillement, électronique et électroménager.

Les raisons de son engouement pour l’achat en ligne sont principalement le gain de temps (acheter sans se déplacer : 72%), les prix avantageux, la rapidité de trouver le produit qu’on cherche sur le web, la possibilité d’acheter à n’importe quel moment et le fait de pouvoir comparer facilement.

La satisfaction des e-consommateurs est au top car 2/3 se déclarent satisfaits de leur expérience. Pour les acheteurs non satisfaits, ils reprochent notamment des problèmes de SAV (produit livré non conforme, retard de livraison, dysfonctionnement du paiement en ligne).

Cependant, le marché en ligne en Tunisie s’avère très prometteur puisque près de 80% des e-acheteurs souhaitent renouveler leur expérience, et plus de 50% des non acheteurs ont l’intention d’acheter en ligne. Toutefois, rappelons que les indices utilisés ci-dessus sont tirés du rapport du baromètre du e-commerce Tunisien.

* Maroc

Le Maroc est le pays étudié dans lequel on trouve le plus de données sur le commerce électronique grâce aux publications annuelles de la Fédération marocaine des entreprises de e-commerce (FNEM), qui réalise une enquête auprès de ses membres et qui compare et mets en cohérence les données recueillies avec celles de l’Agence nationale de régulation des télécommunications (ANRT) et celles du Centre monétaire interbancaire (CMI).

En effet, d’après une enquête annuelle sur les indicateurs des TIC publié par l’ANRP en fin 2018, 62% de la population marocaine est connectée, une condition sine qua non pour garantir la pérennisation des sites marchands.

Aujourd’hui, tous les indicateurs confirment la croissance soutenue du e-commerce au Maroc. Selon le classement International en 2018 de la CNUCED basé sur l’indice du commerce électronique d’entreprise à consommateur (BtoC), le Maroc se hisse au 5ème rang derrière d’autres pays comme le Nigéria et l’Afrique du Sud en matière de la taille de marché de l’e-commerce. Le royaume est ainsi passé de la 85e à la 81e place sur 151 pays évalués.

Le cœur de l’e-commerce est la possibilité pour des Marocains de se procurer en ligne des produits marocains et étrangers commercialisés par des entreprises (B2C). Selon la CNUCED, Le site de commerce électronique le plus fréquenté au Maroc est celui de Jumia, avec un taux de fréquentation de 84,6 % à partir du Maroc et 15,4 % à partir du reste du monde, sans doute avec une part importante de la diaspora marocaine.

La FNEM fait état de 903 000 acheteurs en ligne, contre 769 000 en 2013, sur un total de 18 millions d’internautes.

Les achats concernent principalement les services (49 %), les biens de consommation (34 %), le tourisme (11 %) et les services publics (5 %). selon un sondage d’opinion effectué toujours par la CNUCED, les principaux freins au non-achat étaient les peurs des contrefaçons (38 %) ou de l’utilisation des données personnelles (26 %), le manque de conseil lors de l’achat (24 %) et le manque de garantie sur la livraison (22 %).

* Egypte

L’Egypte est le troisième pays le plus peuplé d’Afrique avec 99,3 millions d’habitants et son taux de pénétration d’Internet a accru de façon spectaculaire au cours des dernières années.

Le nombre d’Internautes a atteint 49,2 millions fin 2017 (Internet World Stats), ce qui représente 50% de la population. Si ce taux reste supérieur à la moyenne africaine (35,2%), il reste inférieur à la moyenne mondiale (54,4%). Néanmoins, cela représente une augmentation de 41% par rapport à janvier 2017 (14 millions de nouveaux utilisateurs en 12 mois).

En outre, cette augmentation à permis à l’Egypte d’avoir le deuxième plus grand nombre d’internaute d’Afrique.

Le marché égyptien en ligne est en plein essor et devrait devenir le plus important d’Afrique grâce à sa population importante et à la croissance rapide du taux de pénétration d’Internet. En tant que pays au carrefour du monde arabe et de l’Afrique, les sites de e-commerce panarabe et panafricain sont très populaires en Egypte.

On dénombre : le Souq, Jumia, Lynks et Eshtereely. Selon le rapport du ministère des communications et de la technologie de l’information, en 2017, le chiffre d’affaire du e-commerce en BtoC en Egypte a augmenté de 22% pour atteindre le 5 milliards de dollars.

Le commerce en ligne égyptien se développe rapidement, mais il estloin d’atteindre son potentiel pour devenir le plus grand marché en ligne d’Afrique et du Moyen-Orient.

Toutefois, le nombre d’acheteurs augmente régulièrement, passant de 15,2 millions à 17,7 millions entre 2015 et 2016. En effet, l’accés au marché en ligne est très diffèrent entre la population urbaine et rurale (70% des acheteurs en ligne se trouvent en urbaine). Les acheteurs de moins de 30 ans sont les acheteurs le plus actifs et représente la moitié des consommateurs.

Le téléphone portable était le produit le plus acheté en 2017 (61%) suivis des ordinateurs portables (37%) et des vetements (34%).

Le consommateur egyptien sont des acheteurs plutôt fréquents.selon un sondage de Hootsuite(2018), 40% des internautes ont cherché un produit ou service à acheter en ligne, alors que 35% d’entre eux ont visité un magasin en ligne et 22% ont fini par acheter en ligne.

En somme, il était question dans cette section d’analyser les concepts de base lié à l’achat en ligne. Cette analyse a été organisée autour de trois grandes parties. Dans la première, nous avons définies et présenter la base de l’évolution des TIC. Dans le second point, nous avons présenté l’histoire du commerce électronique.

Ce faisant, on a présenté deux approches : l’échange de donné informatisé (EDI) comme point de départ et, le passage de l’EDI au commerce électronique. Enfin nous avons soldé la section par la définition et l’état de lieux de l’achat en ligne.

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