Entretien Avec Dominique Dumeste


ENTRETIEN AVEC DOMINIQUE DUMESTE MERCREDI 30 JANVIER 2019

Lucie GRANDPIERRE DU GAL 2018-2019

Robe de princesse
Ou
Camion de pompier :

Pourquoi choisir ?
Comment permettre plus d’égalité de genre chez les enfants en ludothèque ?

Lucie Grandpierre – Mai 2019

Guidante : Marion Lapeyre

L : Je fais mon mémoire sur jeux et genre DD : yes, très belle thématique !

L : (rires) … sur comment amener plus d’égalité entre les filles et les garçons au sein de la ludothèque. Est-ce que tu peux te présenter déjà s’il te plait ?

DD : donc moi je suis Dominique Dumeste, coordinatrice de Ludambule depuis 15, 16 ans et qui a fait son mémoire de DU de ludothécaire sur ce thème là feminin masculin et jeu en 2002 L : Très bien, ce qui m’intéresse énormément

DD : eh ouais !

L : du coup j’ai une question, comment dans les activités de la ludothèque tu essayes de déve-

lopper l’égalité hommes/femmes, filles/garçons ?

DD : Alors, déjà avec une équipe mixte et puis en essayant au niveau donc de l’équipe de ne pas envoyer systématiquement les garçons sur les jeux vidéos sur les ados etc mais aussi autour de la petite enfance, du soin pour favoriser un petit peu cette mixité. Ca c’est une première cho se. Deuxio, par exemple aussi Christian qui est coordinateur anime, co-anime avec moi des for mations pour plus d’égalité entre les filles et les garçons dans des lieux d’accueil du jeune en fant ou des accueils collectifs de mineurs etc. Aussi, en invitant souvent les filles et les garçons à jouer ensemble par exemple en faisant des équipes, je ne laisse pas forcément les enfants choisir et je leur dit “ben voilà la règle on va faire, on va jouer a la tour de froebel par exemple et y aura une fille, un garçon, une fille, un garçon …. voilà”.

Je suis un petit peu directive parce que je m’aperçois que si on n’est pas un peu directif tout de suite toutes les filles se mettent en semble et tous les garçons … J’essaye aussi dans mon langage d’employer des mots épicènes et puis de ne pas parler de ne pas dire, “les filles arrêtez” mais “les enfants” ou bien “Arthur et Marie” par exemple.

On a un mobilier avec des petites chaises ou y a des chaises roses Hello kitty et des chaises bleues plutôt Cars ou autre et donc on essaye de mélanger les chaises pour inviter à s’asseoir filles et garçons en même temps parce que si on met une table avec que des chaises roses, y a pas beaucoup de garçons qui vont s’asseoir sur le chaises roses. mais par exemple quand un garçon s’assied sur une chaise rose je le félicite en lui disant que “c’est bien que tu penses que tu peux t’asseoir sur une chaise rose alors qu’il y en a plein qui n’aurait pas osé”.

Aussi par exemple quand il y a des enfants qui font une activité alors surtout, des garçons qui vont bercer de la poupée etc leur dire, les encourager, les féliciter en leur disant mais “tu t’entraines à être un bon papa” etc et puis idem quand des filles, ce qui arrive beaucoup plus fréquemment investissent un univers plus masculin avec mille guillemets, et puis aussi quand j’entends des propos un peu stéréotypés j’invite alors que ce soit des parents, des professionnels, des enfants à leur dire “mais est-ce que tu es vraiment sûr que un garçons peut pas jouer à la poupée ne peut pas s’habiller en rose ?” (pause). Alors ce qu’on essaye de faire au niveau des espaces notamment de jeux symboliques c’est de pas mettre d’un côté de la pièce un univers lié par exemple au château et de l’autre univers de la domesticité mais de mettre les choses un petit peu très proches pour que ce soit facile d’avoir accès aux deux.

Après y a des choses qu’on ai merait bien faire mais qu’on ne peut pas faire tout de suite mais ca fait partie de nos rêves, de nos projets puisqu’‟on est une ludothèque itinérante d’avoir des paravents pour préserver l’inti mité des enfants dans le jeu de rôle.

Au niveau des déguisements et qu’ils puissent se planquer avec des glaces et puis alors par exemple j’ai acheté des talons, des chaussures, des talons ai guilles dans une ressourcerie en disant “mais tiens y a peut être des filles qui vont le faire, qui vont y aller” et puis les garçons qui vont aussi se dire “mais qu’est-ce que ça fait d’être une fil le” et pour ce faire ils ont besoin d’être dans une attitude un peu exacerbée, caricaturale de la fille avec du maquillage etc pour pouvoir vraiment entrer dans le rôle.

Après on est aussi, on a pas mal de bouquins, des albums jeunesses qu’on met aussi à disposition et puis après qu’on va, on va inviter les enfants à les emprunter pour les amener dans leur familles et surtout quand le papa ou la maman sont un peu, nous semblent avoir un petit peu des stéréotypes pour aussi invi ter à échanger de ce côté là.

Et puis on a aussi des jeux soit des jeux très genrés et là on va par exemple on va utiliser, avoir piratatak et diamoniak et on va demander aux enfants qui lisent la règle “mais y a pas quelque chose qui vous gène ?” et moi je me souviens y a un garçon qui a dit “ouais y a écrit les joueuses et moi je suis un garçon j’ai envie de jouer” et puis presque, on presque près à écrire à l’éditeur pour dire qu’il aurait pu dire “les joueuses et les joueurs” ou mettre le point médian etc.

Il y a aussi l’utilisation du point médian, j’essaye de le diffuser au près de notre réseau et de nos équipes. Que dire d’autre ?

L : avec l’ALF, puisque t’es impliquée dans l’ALF PACA et l’ALF nationale y a eu des projetsnotamment de chantier rose est-ce que tu l’as utilisé ? Est-ce que tu l’as mis en jeu ?

DD : alors d’une part j’ai contribué à l’élaboration de ce chantier rose, alors juste c’était la thé matique d’un stand au festival des jeux de cannes, alors le chantier rose où il y a des briques roses, une bétonnière rose avec des coeurs et des petites fleurs, des chasubles roses, des casques roses et puis y avait en bleu y avait l’univers plutôt domestique mais qui n’avait pas vraiment été bien construit. Ya avait aussi, parallèlement, on avait fait une expo en agrandissant le bou quin “a quoi tu joues” des éditions Sarbacanes je crois et Amnesty International ou y a “un gar çon ça pleure jamais” et on voit une fille qui pleure et on ouvre un petit volet et on voit Yannick Noah qui pleure toutes les larmes de son corps etc. Et donc on avait mis ça en exposition, et donc on l’utilise assez souvent parce que c’est un thème, comment dire, qu’on diffuse et puis qu’on veut pas mettre en oeuvre simplement le 8 mars parce que c’est la journée internationale des droits des femmes et d’ailleurs j’ai une anecdote a raconter a cette occasion, j’étais dans un centre de loisirs maternel et au dessus, y avait un centre de loisirs pour des plus grands et donc on avait installé le chantier rose et filles et garçons jouaient sans aucun soucis avec le chantier rose et y a un garçon , le grand frère d’un petit garçon qui lui a dit “non c’est pas possible que tu joues, que tu te mette un casque rose et un chasuble rose” et moi, bon ben j’ai invité le petit garçon à dire “non mais moi j’ai envie, ça me gène pas etc” mais on voit quand même que les stéréotypes sont comment dire, ont la peau dure. Et je peux même dire que quand j’ai soutenu mon mémoire, une des personnes qui était avec moi a dit qu’elle regrettait d’avoir laissé un en fant jouer à des déguisements de dame parce qu’il était devenu homosexuel. (soupirs) ça m’est encore resté en travers de la gorge. Heureusement qu’il y avait Vincent Berry, qui était le deuxième mais je sens aussi beaucoup, comment dire, je pense aussi qu’il y a la peur de l’ho mosexualité qui est très présente. C’est pour ça aussi que par exemple on va mettre en avant le jeu des 8 familles de JFK, où sont présentées des familles d’aujourd’hui monoparentales, re composées et homoparentales et en, là par exemple je vais dire, y en a qui me disent “ah bah on voudrait un jeu de 7 familles” “ ah bah on a pas de 7 familles mais on a le jeu des 8 familles” et je laisse les enfants jouer avec ce jeu, je laisse trainer une petite oreille et puis je vois que, y en a qui disent “mais c’est pas possible, il manque quelqu’un” et puis d’autre qui disent “mais si mais ils sont homos” “et puis moi j’ai mon tonton qui s’est marié avec un garçon” et donc les enfants échangent et puis parfois j’interviens pour surtout que personne ne se sente… , qu’on a le droit de dire que ça nous gène, que l’homosexualité nous gène mais qu’on se dit qu’on res pecte chacun. Que aussi, que les choix sont appartiennent à chacun pour qu’il n’y ait pas à la fois de la stigmatisation dans un sens ou dans l’autre parce que je pense que ça peut aussi être aussi violent pour la personne qui par rapport à ses valeurs. Et deuxième anecdote aussi, y avait un magasin de jeux à Gap qui vendait les jeux de François Korr, les Jeux FK et un jour j’y vais pour acheter le jeu des 8 familles et puis je lui dit “tiens mais t’as vendu tous les jeux des 8 fa milles, c’est le seul que tu n’as pas ?” “non je l’ai pas pris parce que ce ne sont pas mes va leurs”. *gloups* mais j’étais partagée entre “oui il a des valeurs qui ne sont pas les miennes” mais j’étais quand même un petit peu gênée. C’était un papa de famille nombreuse très catholi que etc. Voilà quelques petites choses mais y en a certainement d’autres

L : moi j’ai une question par rapport aux parents, quelle démarche tu as quand justement t’en tends des réflexions des parents ? qui par exemple disent “non c’est un jeu de filles”, “non c’est un jeu de garçon”, quelle réaction tu as envers les parents et envers les enfants ?

DD : Alors j’ai la chance de pas en avoir beaucoup quand même, ça on peut dire que c’est peut être par rapport aux personnes qui, comment dire, qui viennent à Ludambule qui ont quand mê me une certaine démarche. Et souvent, j’annonce l’espace en disant “voilà, tout l’espace est pour vous, y a pas de jeux de filles, y a pas de jeux de garçons. Quand on est petit et quand on est grand on a le droit de jouer aussi a des jeux de petit” après si le cadre est présenté, ce que j’essaye de faire c’est de pas avoir une réponse de ludothécaire mais d’interroger la personne, “est-ce que ça vous gêne ? que votre enfant … vous savez une ludothèque c’est un lieu où on va expérimenter plein de rôles et c’est utile pour la construction de l’enfant”. Après parfois je vais faire semblant de pas avoir entendu mais glisser quelque chose en soutenant l’enfant dans son rôle et là quand même faut vraiment voir que les filles jouent a des jeux de garçons c’est moins, ça semble moins gênant mais que les garçons jouent à des jeux de filles là ça peut parfois être gênant et là je soutiens bien. Surtout que c’est souvent, alors c’est pas systématique, mais c’est souvent des enfants qui par ailleurs peuvent être stigmatisés parce que ce sont des garçons avec des cheveux longs, parce qu’ils n’ont pas, comment dire, le look du petit mec etc. Après par exemple je vais aussi inviter à lire “les droits des mamans” les droits des papas”, “les droits des garçons”, “les droits des filles” où ya plein de petits bouquins en leur disant “mais tiens si vous avez envie ….” en essayant de ne pas être, surtout pas dans le jugement en invitant chacun à s’ouvrir un petit peu vers l’autre.

L : Est-ce que t’as observé une évolution depuis que tu as monté Ludambule jusqu’à aujour d’hui ? Que ce soit dans un sens ou dans l’autre d’ailleurs ?

DD : (silence) pas vraiment, pas tant que ça. Ce qui a évolué c’est qu’il y a quand même beau coup d’acteurs qui militent et qui agissent pour plus d’égalité

Donc ça a changé plus du côté des professionnels que …

DD : plus du côté des professionnels, les professionnels sont bien intéressés. Beaucoup de pa rents essayent aussi de pas… , d’être le plus ouvert possible par contre au niveau des catalogues de jeux et de la présentation des jeux et des jouets dans les magasins y a pas beaucoup d’évolu tion. J’ai posé un peu la question et ils me disent “on a pas de place et y a des acheteurs qui ont besoin de savoir que c’est un jeu de fille ou un jeu de garçon”. Parfois on nous demande aussi “j’ai un petit garçon de tel âge et il voudrait ….” après, comment dire, néanmoins, j’essaye en fonction, tiens je donne l’exemple : une petite fille autiste je vais partir de ses goûts pour l’invi ter, donc par exemple on va, je me dis “bah tiens elle aime bien tout ce qui est très très girly” pour qu’elle entre en relation avec d’autres je vais peut-être plutôt lui proposer Licorne dans les nuages qui est un jeu que j’aime bien malgré le côté girly assez horrible à mon goût. Parce que je sais qu’elle va bien s’y retrouver et qu’elle va pouvoir rencontrer d’autres et que ça va être un marche pied. Si je lui met tout de suite quelque chose où elle va pas du tout se reconnaître, ça peut, comment dire, ça peut la freiner des 4 fers. Et je me dit que l’évolution il faut y aller petit à petit en respectant là où en sont les personnes par rapport à leur histoire de vie et le poids des générations qu’il y a par dessus et y aller petit à petit comme je vais avoir par exemple un casse tête évolutif de Dora l’exploratrice parce que y a certains garçons qui se reconnaissent “ah oui Dora ça fait partie de ma culture” et on considère pas que Dora c’est de la merde donc on ne me considère pas comme de la merde et il s’avère que Dora l’exploratrice le casse tête évolutif c’est un jeu de logique, la logique est attribuée entre gros guillemets aux garçons mais ça per met de, comment dire, de faire rentrer des enfants qui n’auraient pas osé rentrer dans quelque chose de beaucoup plus, comment dire, dur. ça fait un petit parcours sinueux pour atteindre des objectifs mais c’est un peu du même acabit que par exemple un jeu comme Ricochets robots d’Alex Randolph qui est très, alors, que je trouve très moche mais la beauté c’est très relatif, nous on en a fait un, on a fait “ricochet robots dans les Hautes Alpes” avec des petits prome neurs qui vont aller chercher des, comment dire, qui vont manger des tourtons, ils vont aller voir des marmottes, ils vont voir des fleurs d’ici et si je met ces deux jeux, les deux jeux qui sont le même, il y a peut-être des femmes par exemple qui vont aller, on travaille beaucoup aus si pas que avec les enfants, on travaille avec les adultes et avec les femmes, elle vont dire “ah mais comme c’est joli, comme c’est sympa”, je vais leur faire découvrir, alors elles vont aimer ou pas aimer parce que c’est quand même un jeu pas très facile mais je vais les encourager aussi a dépasser des a-priori qu’elles peuvent avoir “ah non non c’est pas pour moi, je suis nulle en orientation, j’ai pas l’esprit logique ce jeu là c’est pour mon mari” et moi j’essaye beaucoup de lutter contre “ah ce jeu là c’est pour mon mari” parce que c’est des réflexions qu’on entend beaucoup. Donc souvent l’habillage du jeu fait qu’on a envie d’y jouer. Il y a un jeu que j’aime bien qui s’appelle Siam de chez Ferti, je me souviens pas l’auteur, un jeu de pure stratégie mais parce que ce sont des éléphants et des je sais plus quelle autre animal et des montagnes, alors que ça aurait été des pièces noires et des pièces bleues ça aurait pas fonctionné. Et ça je pense que c’est aussi l’aspect que le côté symbolique nourrit aussi le jeu de règle. D’autres exemples aussi par exemple je vais mettre un bel awalé qu’on a envie de caresser où on va prendre les graines et on va les remuer etc et y a des femmes qui vont dire “wow c’est beau, ca vient d’afri que” etc je leur dit “ben c’est un jeu de stratégie africain” et là, le truc classique “ah oui, ça va plaire mon mari” ou alors “c’est pas pour moi, j’ai pas du tout l’esprit, je suis nulle en maths” etc et pui je leur dit “alors on va essayer quand, de toutes façons on peut jouer que 5 minutes” et puis petit à petit ça vient et je vois quand je vois la petite lueur de plaisir de se dire “tiens tiens”, alors parfois là j’essaye de jouer moins bien que ce que, c’est rarissime que je fasse ça, mais là je me dit parce que si je joue comment dire, du mieux possible, quand je vais défoncer la per sonne et ça va pas être drôle du tout et là quand qqun, quand elle commence à comprendre les règles et je vois la petite lueur de plaisir de malice je dis “mais alors vous êtes sûre que c’est pour votre mari ? vous êtes pas du plaisir aussi ?” et donc j’essaye d’inviter les joueurs mais ça c’est pas récent à explorer des champs de plaisir qu’ils n’ont pas l’habitude d’explorer alors ca peut etre des garçons qui vont jouer à des jeux de communication des jeux comme “dixit” par exemple que certains ou certaines qui aiment bien les gros jeux de velus comme on peut dire et où y a de la finesse ou on est pas obligé de, on maitrise pas tout parce que c’est un peu au fee ling, à l’intuition et je me dis quel bonheur aussi d’inviter des gens qui sont pas dans l’intuition dans la finesse qui veulent être que dans la logique à se dire “mais oui c’est aussi un plaisir” et je pense qu’un aspect, mais ça c’est surtout au niveau des femmes quel que soit l’âge l’idée du jeu, le jeu et les femmes, les femmes jouent moins que les mecs pour plein de raisons, parfois elles jouent mais en tant que mère et “je joue parce que j’ai lu Françoise Dolto et on m’a dit que c’était bien de jouer avec mes enfants mais je n’aime pas jouer” ou alors maman d’enfant han dicapé, “attend là je vais te le stimuler pour qu’il dépasse son handicap et le jeu je sais que ça marche bien” et ça marche pas parce que y a trop l’aspect je veux stimuler et pas assez le plaisir du jeu et donc d’aider les femmes à être dans quelque chose qui va être juste du domaine du plaisir pourquoi on joue, parce qu’on a plaisir à jouer en disant toujours essayons d’agrandir nos différents plaisirs de jeu. ça change aussi un peu l’héritage de “on a autre chose a faire que jouer” parce qu’il y a tellement de choses à faire dans la maison et de s’autoriser à faire qqch pour leur simple plaisir parce qu’elles le valent bien comme dirait la pub, là la pub a raison par ce que là aussi on est dans l’estime de soi et je m’autorise à faire quelque chose qui va me faire du bien, ça change parce que moi je me souviens ma tante elle me disait “mais je m’ennuie pas, j’ai plein de choses à faire et j’ai aps besoin de jouer” maintenant ça y est je l’ai convaincu et ça je pense que ça permet aussi à certaines femmes de prendre soin d’elles avec aussi un aspect de “si je sais bien prendre soin de moi je sais, ça veut dire que je sais encore mieux prendre soin des autres parce que sinon je vais attendre que ce soit les autre qui prennent soin de moi. Bon c’est bien qu’ils prennent soin de moi aussi un petit peu mais je suis quand même la mieux pla cée pour prendre soin de moi parce qu’en plus parfois y en a ils vont prendre soin de moi mais c’est pas du tout comme ce que je veux, ils vont me prendre dans les bras et je déteste les câ lins.” Voilà, voilou

L : Par rapport au jeu de construction, j’ai vu que dans les animations y en avait systématique ment, toutes celles que j’ai faites en tous cas pour l’instant y a du jeu de construction, est-ce que t’as remarqué selon le jeu de construction que c’est, si y a plus de filles, plus de garçons ? Est ce qu’il ya une appréhension particulière par rapport au jeu de construction ?

DD : (silence) je pense parfois y a l’effet grégaire de, y a quelques garçons et vite y a d’autres garçons qui vont arriver. Souvent on voit quand même que si on intervient pas un petit peu tou tes les filles se retrouvent dans l’espace symbolique par exemple la cabane des copains de la forêt et les garçons au train, aux briques, aux kapla, etc alors ce qu’on fait peut-être c’est de les mettre, après parfois ils se disent “mais tiens !”, j’en amène des petits, on va prendre, amener des petits copains de la forêt dans l’espace de construction et puis aussi dire “tiens, vous êtes à la cabane des copains de la forêt vous pouvez pas aussi faire une petite route ?” faire des passe relles entre le jeu d’assemblage et le jeu symbolique. Après par exemple on a, aime beaucoup mettre des tomtect et moi j’ai des images aussi de mamans qui s’asseyaient pour faire des tom tects pour leur, vraiment pour leur plaisir après beaucoup de papas adorent les tomtect mais je vois moins de différence

L : est-ce qu’il y a plus de différence quand c’est les grosses briques Wesco ou la grosse cons truction entre les grosses briques de construction et les petits, les kaplas ou les tomtect qui sont plus de l’assemblage un peu plus précis où on s’assoit et on est à une table et les 50 brique qu’il y a par terre pour construire un énorme château ?

DD : j’ai pas l’impression, j’ai pas repérer bcp de différence de ce coté là. L : D’accord

DD : après par exemple ce qu’on a, on a un château je sais pas ou il est passé mais dans ce châ teau on a mis plein de personnages et aussi des personnages de princesse, de chevaliers etc pour que quelque part les filles, certaines filles qui ont besoin de ça parce que toutes n’en ont pas be soin puissent se dire “mais oui le château ça fait aussi partie de mon univers”. Si je voulais aus si raconter quelque chose on a travaillé autour des jeux turbulents, c’était sur une thématique des Rencontres Ludiques sur la prise de risque dans le jeu et donc on était intervenus dans une école en milieu rural ou ils disaient qu’il y avait beaucoup de violence dans la cour de récré et on avait fait une animation alors avec des jeu coopératifs de plateau (pause nous avons été coupées). (00:28) Alors donc, jeux turbulents. Avec l’idée que pour qu’il y ait moins de violen ce, que ce soit de la violence physique, mentale, enfin sexuelle qui est physique mais quand mê me assez spéciale, parce que la violence mentale ça se voit moins mais c’est peut être beaucoup plus difficile à soigner et donc on avait fait des jeux coopératifs corporels, des jeux coopératifs de plateau, de la construction parce que pour moi la construction c’est aussi un jeu coopératif, ca peut etre un jeu coopératif et puis on avait aussi construit des épées en papier et j’avais fait un subterfuge pour que les filles et garçons se battent ensemble. j’avais donné d’abord à toutes les filles une épée et puis après, donc toutes filles avaient une épée et je leur avait donné une deuxième épée en leur disant “mais tiens vous allez donner l’épée à qqun qui n’en a pas” et il s’est avéré que c’était que des garçons donc filles et garçons, … et puis je leur ai dit “c’est votre adversaire la règle „était pas tapé pour se fair mal etc” et y a eu juste une fois dans l’après midi où y a un petit garçon qui a tapé un peu fort mais qui tout de suite s’est excusé en disant …, ils étaient vraiment dans le jeu et on avait bien défini qu’est ce que le jeu et entre le jeu et la bagarre, quelle est la différence. Et puis après on avait des gourdins que j’ai acheté, c’est casse noisette qui faisait ça, des gourdins et des boucliers et je donnais les gourdins aux petites filles et les boucliers aux garçons et pour que les filles aussi osent taper pour rire mais quelque part qu’elles, au début elles n’osaient pas et puis après elles y allaient, et qu’elles découvrent aussi le plaisir du jeu turbulent quelque part et qu’elles s’autorisent. Et ce jeu là des gourdins et des boucliers aussi je l’ai, je l’ai pas expérimenté avec des femmes mais j’ai des images, y a des petits films que Pascal Deru a fait où …, et c„est un jeu qui est utilisé dans des activités, par des groupes féministes et je trouve ça vraiment très très intéressant pour l’idée de s’autoriser à quelque chose qui est un peu tabou, quelque part.

L : c’est ce qu’on observe régulièrement, les garçons ils expriment leur violence à l’extérieur et les filles c’est vers l’intérieur donc c’est de l’automutilation etc et dans beaucoup de livres que j’ai lu c’est ça, la violence on la cache chez les filles donc elles en ont mais du coup c’est en vers elles même et les garçons on les laisse exprimer et extérioriser

DD : et envers soi même c’est tellement dangereux au niveau de la santé et c’est là où on peut faire le lien avec le travail sur les émotions et on essaye de beaucoup, alors déjà le jeu on essaye de mettre en avant des jeux où on va exacerber les émotions, la peur, le plaisir d’avoir peur, de faire semblant etc et puis aussi de s’autoriser à être en colère, de dire aucune émotion est négati ve mais que les émotions doivent sortir. la récemment et ça faisait longtemps que je voulais qu’on ait un punching ball et ce qui m’a plu c’est que sur le, et ça c’est assez rare pour être sou ligné, sur l’emballage d’oxybul du punching ball c’est une fille qui est en train faire de la boxe. et je pense aussi que c’est comme ça, avec des images aussi qui rompent un peu les stéréotypes qu’on va pouvoir aussi changer

L : c’est toute l’histoire de la représentation, moi j’ai appris par exemple récemment que psy chomotricien c’était plutôt un métier de femme, il y a beaucoup plus de psychomotriciennes pour moi, dans ma tête psychomotricien c’était un métier d’homme parce que j’en connaissais qu’un seul et c’était un homme donc c’est là que je me suis rendu compte de l’importance de la représentation et …

DD : alors que je pense que sur 1000 psychomotriciens et psychomotriciennes, y a peut être 10 hommes. Après moi, je me demande pourquoi, la parité en politique contribue à faire changer les choses mais si je trouve ça dramatique qu’on soit obligé de faire ça mais comme je trouve ça dramatique qu’il y ait des stages de rigolothérapie ! Mais je me dit que ça permet, si y’avait pas ça, on en resterait, on est tellement arriéré en France de ce côté là et moi j’irai plus loin par rap port à la mixité dans les professions, et surtout toutes les professions de la santé et là j’ai vrai ment l’impression qu’on régresse depuis que j’ai fait mon mémoire en 2002, la santé et l’éduca tion, bon le plafond de verre par rapport aux cadres etc

L : postes à responsabilités oui …

D : après y a parfois des petites astuces du style, ben tiens quand on a une réunion d’enfant j’es saye de pas quand on demande l’avis je fais ce qui s’appelle Shabadabada, une fille un garçon, pour alterner la parole et ça je me dis que tu as un truc de ciné club ou une conférence même si c’est quelque chose où y a beaucoup de femmes, on s’aperçoit que le peu d’hommes qu’il y a parle beaucoup plus que les femmes et donc là aussi y aurait besoin du pouvoir de donner la parole aux unes et aux autres.

L : est-ce que t’as quelque chose à rajouter

DD : pas comme ça mais peut être plus tard, on a encore 10 jours L : oui.

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