Evolution de la dette publique en Tunisie de 1986 à 2018 - WikiMemoires

Evolution de la dette publique en Tunisie de 1986 à 2018


L’évolution de la dette publique en Tunisie de 1986 à 2018

Section 3 : Evolution de la dette publique en Tunisie de 1986 à 2018

Depuis plusieurs décennies, l’objectif de la Tunisie est d’atteindre une croissance économique durable ainsi que des équilibres macroéconomiques stables.

Figure 3 : Evolution de la dette publique en Tunisie par rapport au PIB 1986-2018
Evolution de la dette publique en Tunisie par rapport au PIB 1986-2018

D’après cet histogramme, nous pouvons diviser l’évolution de la dette publique en Tunisie sur trois épisodes. Le premier épisode de 1986 à 2001, le deuxième de 2002 à 2010 et le troisième de 2011 à 2018.

I. Evolution de la dette de 1986 à 2001

Pendant les années 1982-1983 et 1986 le déficit budgétaire été non soutenable en Tunisie. C’était une période des instabilités politiques caractérisée par la hausse des prix du pain qui a entrainé une guerre civile, engendrant une crise connu sous le nom de « crise de pain » avec le Gouvernement de Mzali.

Ces perturbations ont causé la crise d’endettement de 1986 en Tunisie. Afin de résoudre ces problèmes la Tunisie a suivi un « Programme d’Ajustement Structurel », qui se traduit par la libéralisation de la majorité de ses secteurs. En effet, un accord de libre-échange a été signé entre la Tunisie et l’Union Européenne.

Suite à ce programme la Tunisie s’est transformée d’un Etat producteur à un Etat régulateur, d’où la diminution de sa recette fiscale, l’augmentation de ses déficits budgétaires et l’accumulation de sa dette publique.

Pendant cette durée, afin de minimiser le taux élevé de l’endettement, la solution été de minimiser la dette publique extérieure vu qu’elle a représenté à peu près 75% de la dette publique. Selon Gabsi (2004), « la maîtrise de l’endettement extérieur de l’Etat ne s’est pas traduite par une baisse du taux d’endettement public puisque celui-ci est passé de 57.4%, en 1986, à une moyenne annuelle de 61% entre 1997 et 2000.

Cette évolution peut être expliquée par la politique de substitution de l’endettement intérieur à l’endettement extérieur adoptée par l’Etat après la crise de 1986. »

La Tunisie s’endette chaque année pour financer son déficit budgétaire brut qui est par définition la somme de déficit budgétaire net plus la principale de dette.

Figure 4 : Evolution du déficit budgétaire brut (MD)


D’autre part, l’évolution de la dette a comme conséquence une augmentation du service de la dette qui peut être dû à son tour à la croissance du coût moyen de l’endettement (taux d’intérêt nominal).

Parmi les principales causes de l’augmentation du coût moyen de la dette extérieure est la dépréciation du dinar. En effet, la dépréciation de dinar permet d’augmenter la dette surtout lorsque la part de la dette payée en devise est élevée.

Concernant les coûts moyens de la dette intérieure, Gabsi (2004) a affirmé que c’est « la volonté de l’Etat de financer sa dette aux conditions de marché et ce par l’émission de titres sur le marchés monétaire et financier. »

II. Evolution de la dette de 2002 à 2010

Selon l’histogramme, la dette publique a commencé à diminuer progressivement à partir de 2002 jusqu’à 2010. Le taux d’endettement par rapport au PIB pendant cet intervalle de temps a été au tour de 47.81%.

La Tunisie a reconnu une accélération de son PIB à partir de 2003 qui a atteint 5.5% contre 1.7% en 2002 et il a continué à s’améliorer jusqu’à 2007 avec un taux de 6.3% avant de commencer à se détériorer de nouveau.

Figure 5 : Le taux de croissance du PIB

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La crise financière 2008 a également touché la Tunisie en baissant l’IDE de 29%, ce qui explique la diminution de PIB à partir de cette date. D’autre part, la crise de la zone euro a des lourdes conséquences sur le secteur industriel.

III. Evolution de la dette de 2011 à 2018

Les pays de la zone MENA ont vécu plusieurs chocs économiques suite au « printemps Arabe ». A partir de janvier 2011, des séries des révolutions ont commencé à s’éclater dans la région de MENA, dont la première a été en Tunisie.

Parmi les objectifs de cette révolution ; la dignité, la liberté, le travail et l’égalité entre les régions. Dans le but d’atteindre ces objectifs, le Gouvernement a augmenté les recrutements et les salaires au niveau de secteur publique, il y’avait donc une augmentation des dépenses publiques. Mais malheureusement, cela a détérioré la situation budgétaire du pays.

En effet, en 2015, le Gouvernement a se met d’accord avec le syndicat à suivre un calendrier d’augmentation des salaires, d’où le passage d’une masse salariale de 10.7% à 14.6% de 2010 à 2016.

Pour arriver à financer ses déficits la Tunisie s’est appuyée sur des ressources officielles. En effet, grâce aux garanties Japonaise et Américaine de 2014, le Gouvernement a lancé un Euro bond en 2015, ce qui lui a permis de collecter 1 milliard de dollar. En 2016, la Tunisie a collecté de plus, 320 million de dollar au prés de l’FMI, 420 million de dollar de l’Union Européenne et 500 million de dollar de la BAD.

Malgré les différents essais de la Banque Centrale de Tunisie et du Gouvernement, la situation n’a pas pu s’améliorer, mais au contraire elle s’est aggravée de plus. En effet, la dépréciation de taux de change a atteint 3.42 et 2.99 respectivement euro/dinar et dollar/dinar en 2018.

Selon le rapport de l’FMI 2018 « la dépréciation de dinar va augmenter le ratio de la dette publique par rapport au PIB de 70.3% en 2017 à 72% en 2018. La dette extérieure représenterait 93% en 2020 contre 82.6% en 2017, avant de commencer à reculer à partir de 2021. »

D’après ces trois périodes, la cause majeure de l’accumulation de la dette publique en Tunisie est le déficit budgétaire. En effet, mathématiquement parlant, la dette à la date t est égale à la dette à la date t-1 plus le solde budgétaire. Par définition, ce solde représente la différence entre les recettes et les dépenses de l’Etat, s’il est positif alors l’Etat a dégagé un excédent primaire et par conséquent la dette baisse, sinon la dette va s’accentuer.

La nouvelle théorie financière fait la distinction entre déficit cyclique et déficit structurel. Le déficit cyclique c’est la partie de budget que l’Etat ne peut pas l’influencer, il est obtenue par le revenu national d’une part et par le niveau de production d’autre part. Pour le déficit structurel il représente la partie active de l’Etat, définie à travers le montant des dépenses, infrastructures, niveau d’imposition, éducation etc.

Le budget cyclique est un indicateur d’évaluation des effets économiques sur le budget. Il permet de déterminer les différentes variations des dépenses, des recettes ainsi que des déficits dans les périodes d’expansion et de récession. Ce budget désigne l’écart entre le déficit effectif et le déficit optimal.

Concernant le budget structurel, il permet de donner une appréciation sur les montants des dépenses, des recettes et des déficits d’une économie.

Cette distinction est fondamentale sur le plan macroéconomique vu qu’elle permet de détecter les changements des politiques économiques ainsi que ses effets (du cycle économique).


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