La pisciculture: Origine, diffusion et Sortes d’étangs

Généralités sur la pisciculture – Chapitre premier:

I.1. Définition

D’après la FAO (1997), le terme aquaculture désigne: « La culture d’organismes aquatiques, y compris poissons, mollusques, crustacés et plantes aquatiques dans les eaux saumâtres salées. Le terme culture implique une quelconque forme d’intervention dans le processus d’élevage en vue d’améliorer la production, telle que l’empoissonnement à intervalle régulier, l’alimentation, la protection contre les prédateurs…

Cette culture implique également la propriété individuelle ou juridique du stock d’élevage. Du point de vue des statistiques, les organismes aquatiques récoltés par un individu ou une personne juridique les ayant eu en propriété tout au long de leur période d’élevage sont donc des produits de l’aquaculture.

Par contre, les organismes aquatiques exploitables publiquement en tant que ressource de propriété commune, avec ou sans licences appropriées, sont à considérer comme des produits de la pêche. »

Dans le cas présent, nous nous intéressons à la culture de poissons ou pisciculture.

I.2. Origine et diffusion de la pisciculture

L’idée d’élever des organismes aquatiques n’est pas nouvelle. C’est en Chine et en Inde qu’une pisciculture d’eau douce très simple s’est développée 1.500 ans avant notre ère. Le premier traité de pisciculture connu a été écrit par Fan-Li en 475 avant J.C.

En Europe centrale, la pisciculture d’eau douce de la carpe commune (Cyprinus carpio) prend naissance au Moyen Âge et la maîtrise complète du cycle biologique conduit rapidement à une véritable domestication de cette espèce (Karg, 2013).

L’aquiculture Congolaise repose essentiellement sur la pisciculture familiale de subsistance dans laquelle la culture de tilapias est prédominante malgré les potentialités d’élevage d’autres espèces aquacoles.

Les premiers essais de pisciculture se situent entre 1937 et 1945, en un premier temps dans les Provinces du Katanga (à Lubumbashi et plus précisement à Kipopo) et du Kasaï Oriental (à Ngandajika), ensuite dans le Bandundu (Kwango et Kwilu) et enfin dans les Provinces Orientale (Yaekama et Bambesa) et du Kivu (Kisamba et Nyakabera) et de l’Equateur (Luki et Kiala). (Deceuneck, 1995 cité par Bondombe, 2015 et 2018).

En 1959, environs 120.000 à 300.000 étangs avaient été construits couvrant une superficie totale de 4.000 ha et produisant plus de 6.000 tonnes de poissons par an, soit environ 4% de la production halieutique nationale. Cette production aquacole vaudrait aujourd’hui 12 millions de dollars des Etats-Unis (Janssen, 1990).

Il n’existe pas de tradition piscicole dans le pays. Les tilapias sont élevés par des paysans dans des étangs en terre construits dans des vallées et autres milieux humides, en systèmes extensifs et semi-intensifs de pisciculture familiale en vue d’améliorer la nutrition des populations autochtones et rurales (Micha, 2005).

De 1945 à 1960, les stratégies déployées pour atteindre les résultats énoncés ci-dessus ont consisté à:

→ Installer à travers le pays des infrastructures d’appui, de démonstration, de recherche et de formation composées de plus de 25 centres d’alevinage principaux et secondaires dont la superficie totale atteignait 33,92 ha.

→ Installer des étangs de relais dans certains territoires et secteurs.

→ Encadrer les pisciculteurs par des techniciens diverses, tandis que la vulgarisation était de la responsabilité de l’administration territoriale.

→ Promouvoir la recherche piscicole en station, exécutée par l’Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo (INEAC-Belgique) soit l’actuel INERA (Institut National d’Etude pour la Recherche Agronomique).

Le rendement piscicole moyen oscillait alors entre 180 et 450 kg/ha/an en milieu paysan tandis que dans les centres d’alevinage, il était de 900 à 3 600 kg/ha/an.

Depuis le départ de l’assistance techniques belge, française et américaine, active au cours de la période 1980-1990, le rendement moyen des étangs ne dépasse guère 3.000 kg/ha/an en milieu péri-urbain et 1.500 à 1.800 kg/ha/an en milieu rural (Coche et Falter, 2005).

I.3. Parties d’un étang

Un trou avec de l’eau n’est pas un étang de pisciculture. Rien n’est fait quand le poisson est dans l’eau, il faut pouvoir l’en sortir facilement. Un étang de pisciculture doit présenter un milieu optimal pour la production à n’importe quel moment de l’année. C’est donc une pièce d’eau que l’on peut aisément remplir et vider. (Nyongombe, 2003).

Ainsi défini, l’étang se compose des parties suivantes, à savoir: la digue, le fond de l’étang ou assiette, le système de vidange et d’alimentation d’eau.

I.3.1. Digue

La digue est une construction à base des terres déployées qui servent à faire le remblai autour de l’étang. Elle sert à retenir l’eau, elle doit être imperméable et solide. Elle doit former avec le fond de l’étang un récipient aussi étanche que possible et ne pas se déformer sous la pression de l’eau. En section, la digue se présente comme un trapèze dont la petite base au sommet est horizontale.

I.3.2. Lit ou assiette ou fond de l’étang

Il est la partie idéale de l’étang qui doit recevoir d’eau et permettre aux poissons à excaver leurs nids pour non seulement se reproduire, mais également se protéger contre les prédateurs. Le fond de l’étang doit répondre à certains critères, à savoir:

  • – Créer un biotope plus ou moins idéal pour les poissons;
  • – Faciliter la reproduction, la vidange en rassemblant des poissons près du système de vidange (moine);
  • – Assainir aisément l’étang d’herbes, des parasites, des prédateurs et des poissons. (Bondombe, 2018).

I.3.3. Système de vidange

Son premier rôle est de permettre la vidange plus aisée de l’étang sans qu’au temps normal les poissons puissent évader et son rôle secondaire est de maintenir l’eau dans l’étang à un certain niveau lorsqu’il n’y a pas des vannes noyées à l’arrivée d’eau ou lorsqu’il n’y a pas de trop plein (Bondombe, op cit).

I.3.4. Alimentation en eau

Un étang de barrage peut être alimenté par des sources qui jaillissent dans son assiette (eau de résurgence) soit par un ruisseau ou une rivière soit par l’eau de pluie. Dans le cas de cette dernière, cependant doit être en quantité et qualité suffisante que possible.

L’approvisionnement de l’étang avec des eaux de pluie ne présente pas de garantie évidente parce que pendant la saison sèche, il y a pénurie d’eau et voir même au cours de la saison pluvieuse suite à sa réparation irrégulière au courant de l’année (perturbation climatique) (Bondombe, op cit).

I.4. Espèces exploitées en pisciculture d’étangs

Beaucoup d’espèces sont usitées en pisciculture compte-tenue de leur exigence écologique, leur régime alimentaire, leur capacité de tolérance en oxygène même leur mode de reproduction.

On peut citer par exemple: Tilapia rendhalii, Oreochromis niloticus, Clarias spp, Cyprinus caprio m.fario (Carpe commune) et Heterotis niloticus et Chrysichthys wagenaari et C. nigradigitatus, Cithanium gibbosus, Citharinidium ansorgii, Parachanna insignii (P. obscura), Labeo lineatus, L. velifer, Heterobranchus longifilis, Marcusenuis petersen, Cyphotilapia frontosa, Sarotherodon galilens, Tilapia melanopleura syn. Tilapia zillii, etc. (Bondombe, 2015).

I.5. Méthodes d’élevage (types de pisciculture)

Diverses méthodes d’élevage de tilapia présentant des niveaux d’intensifications très variables se sont développées selon les conditions topographiques, physico-chimiques et socio- économiques des milieux. De ces méthodes, on peut citer: l’élevage en étang, l’élevage par classe d’âge mélangées et séparées etc. (Nsaka, 2008).

Le terrain et l’eau sont les besoins les plus évidents et plus pressants, il faut que sa quantité et sa qualité soient correctes. La qualité de l’eau dépend des substances dissoutes ou en suspension dans l’eau. Si les matières nutritives sont présentes et en quantité suffisante, il aura une production des nombreux organismes microscopiques. L’eau des ruisseaux qui traversent des champs fertiles sera riche de ces matières et bonne pour l’agriculture.

I.6. Sortes d’étangs

Selon le site choisi, on peut construire différents types d’étangs: les étangs en dérivation ou les étangs de barrage.

I.6.1. Les étangs en dérivation

Contrairement aux étangs de barrage, qui retiennent toute l’eau de la source d’eau, les étangs en dérivation n’utilisent qu’une partie de l’eau. Ce sont donc des étangs au travers desquels passe une partie de l’eau provenant de la source et non la totalité. L’entrée et la sortie d’eau dans l’étang sont contrôlées.

On va donc dévier une partie du cours d’eau dans un canal d’alimentation qui apportera l’eau aux bassins. La prise d’eau sur le cours d’eau se construit d’habitude devant un petit barrage de déviation.

Ce barrage assure un niveau d’eau constant dans le canal d’alimentation. Tout le surplus d’eau dont on n’a pas besoin passe par le déversoir du barrage. Les bassins alimentés par un canal en dérivation peuvent être construits en parallèle ou en série.

La pisciculture: Origine, diffusion et Sortes d’étangs

Les étangs en dérivation de type contour sont construits sur les pentes d’une vallée et sont composés essentiellement par trois digues. Ces étangs sont en général peu coûteux, sans risque d’inondation et bien vidangeables.

I.6.2. Les étangs de barrage

Ils sont faits en construisant une digue au travers d’un cours d’eau naturel. Les étangs sont donc de petits lacs de retenue. L’avantage des étangs de barrage est qu’ils sont faciles à construire.

Cependant, ils sont très difficiles à contrôler: les poissons sauvages entrent facilement dans l’étang et une bonne part de la nourriture ajoutée est emportée par le courant. Les étangs de barrage correctement construits (avec déversoir) ne débordent que dans des circonstances exceptionnelles.

I.7. Différents type de pisciculture

D’après Fermon (2013), les types de piscicultures dépendent principalement de l’investissement, de la quantité de poisson produit par unité de surface et de la destination des produits. Ils sont généralement caractérisés par leur degré d’intensification, lui-même défini selon les pratiques d’alimentation; l’aliment exogène représente en effet en général plus de 50 % du coût total de production dans les systèmes intensifs.

Cependant, l’intensification concerne de nombreux autres facteurs de production, comme l’eau, le foncier, le capital et le travail.

Il existe plusieurs types de production piscicole et une première classification peut être établie de la manière suivante:

a) Les systèmes de production piscicole extensifs

Ces systèmes sont basés sur la productivité naturelle de l’environnement ou de la structure d’élevage des poissons, sans ou avec très peu d’apports d’intrants. On entend généralement des élevages installés dans des bassins ou des étendues d’eau de moyenne ou de grande dimension.

La nourriture est tout simplement fournie par la productivité naturelle du plan d’eau, que l’on favorise très peu ou légèrement. Les apports extérieurs sont limités, les coûts restent faibles, le capital investi est réduit, les quantités de poisson produites par unité de surface sont modestes.

Bref, le contrôle des facteurs de production reste à un bas niveau. Les systèmes d’intégration de rizi-pisciculture appartiennent à cette catégorie extensive, puisque le poisson bénéficie des intrants apportés pour la culture du riz.

b) Les systèmes de production piscicole semi-intensifs

Ils reposent sur l’utilisation d’une fertilisation ou sur l’emploi d’une alimentation complémentaire, sachant qu’une part importante de l’alimentation du poisson est fournie in situ par l’aliment naturel.

Les élevages associés du type volaille-poisson ou porc-poisson appartiennent typiquement à ce type de pisciculture.

c) Les systèmes intensifs et super intensifs

Dans ce système, tous les besoins nutritionnels des poissons sont satisfaits par l’apport exogène d’aliments complets, avec pas ou très peu d’apports nutritionnels issus de la productivité naturelle du bassin ou du plan d’eau dans lequel le poisson est élevé (lac, rivière).

L’aliment utilisé dans ces systèmes d’élevage est généralement riche en protéines (25 à 40 %); il est par conséquent coûteux.

L’aquaculture intensive signifie que les quantités de poissons produites par unité de surface sont élevées. Pour intensifier l’élevage et pour améliorer les conditions, les facteurs de production (aliments, qualité de l’eau, qualité des alevins) doivent êtres contrôlés.

Le cycle de production exige un suivi permanent. Les principales infrastructures d’élevage de ce type de pisciculture sont les enclos ou les cages, avec des taux de renouvellement de l’eau très élevés.

L’évolution d’un système extensif vers un système intensif qui sont les deux extrêmes, est liée à l’investissement évolutif global de faible à important. Une autre typologie de production piscicole peut être proposée entre autres:

** La pisciculture en étang

La pisciculture en étang permet le contrôle de l’eau et facilite la maitrise de la population des poissons. Elle a l’avantage d’assurer l’exploitation rationnelle de tous les niveaux trophiques, car il est en effet possible d’optimiser l’utilisation des ressources naturelles des zones humides par l’intégration de la composante de l’élevage à d’autres sous-systèmes tels que: la Riziculture, les cultures maraichères et fruitières.

Les produits issus des uns peuvent partiellement servir d’intrant aux autres et contribuer ainsi à une augmentation significative de la production totale de l’écosystème agro-piscicole et donc du revenu des exploitations.

De ce fait, le type de pisciculture doit être adapté aux pisciculteurs, à ses aptitudes et ses moyens. Ainsi, on en distingue deux dont la pisciculture rurale et la pisciculture commerciale.

* Pisciculture rurale

La pisciculture rurale est une pisciculture qui peut couvrir les besoins en protéines animales d’une famille normale, même si l’exploitant ne nourrit absolument pas les poissons (Nyongombe, 2003), c’est la pisciculture de Papa. Ces étangs seront munis d’un système de vidange. Le type de digue percée plus ou moins perfectionnée est à conseiller.

Au milieu de la digue percée, on peut également utiliser un tuyau en terre cuite ou en bambou servant des déversoirs. La profondeur des étangs sera d’environ 1m près du système de vidange.

* Pisciculture commerciale

Cette forme de pisciculture est conçue en vue de la vente régulière de poissons. Elle se fait dans les étangs dont la superficie individuelle donnera environ la quantité des poissons qui peut être liquidée en une seule fois. D’après Micha (2006), les normes pour une pisciculture commerciale sont les suivantes:

  • ∴ Objectif optimum: pisciculture de 10 ha dont 15 à 30% de la surface selon le niveau d’intensification constituent les étangs de service (reproduction, alevinage);
  • ∴ Reproduction (6% de surface totale en eau);
  • ∴ Superficie des étangs 2 à 4 ares;
  • ∴ Densité des géniteurs 1 à 5 individu/m² selon l’alimentation et le niveau de supplémentation;
  • ∴ Poids moyen des géniteurs (♂inférieur 200 g, ♀ supérieur à 200 g);
  • ∴ Récolte des larves à l’épuisette, ou sennage bihebdomadaire, ou vidange bimensuelle (d’un étang à l’autre si possible).

I.8. Aliments pour poissons

Il y a deux types de la nourriture que le poisson peut manger: la nourriture produite naturellement dans l’étang et la nourriture complémentaire apportée de l’extérieur. La nourriture naturellement produite dans l’étang comprend les phytoplanctons et les zooplanctons, elle susceptible d’être augmentée par la fertilisation de l’étang.

La nourriture complémentaire est celle qui est apportée de l’extérieur et donnée régulièrement aux poissons pour augmenter la quantité de nourriture disponible (Assiah et al., 2014).

a. Nourriture naturelle

Elle est constituée en majeure partie par les algues. L’oxygène est un gaz que produisent toutes les plantes dans l’étang (y compris les algues) à l’aide de l’énergie solaire. Plus la lumière solaire est forte, plus la quantité d’algues est grande, plus la production d’oxygène dans l’étang sera élevée.

L’oxygène produit se dissous partiellement dans l’eau et le reste s’échappe dans l’aire. Le niveau d’oxygène de l’eau varie au cours de la journée car la production et l’absorption d’oxygène par les plantes changent avec la lumière et l’obscurité.

Le manque d’oxygène est la principale cause de mort des poissons dans les systèmes où l’étang a été trop fertilisé ou trop nourri. Un niveau d’oxygène suffisamment élevé est important pour une bonne production de poissons (Assiah et al., op.cit).

b. Nourriture complémentaire

Tous les déchets de transformation des produits agricoles et agro-industrielles peuvent être utilisés en pisciculture, une partie est consommée directement par les poissons et le reste contribue à la fertilisation des étangs piscicoles.

On peut distinguer des aliments simples et composés qui peuvent être distribués selon diverses formes comme pulvérisation, brute et granulée.

La plupart de poissons élevés en pisciculture sont des espèces carnivores dont l’alimentation est constituée des farines et des huiles d’origines végétales et des poissons provenant de la pêche.

Les rations alimentaires doivent satisfaire au besoin nutritionnel des poissons et devront être calculées et adaptées aux différents stades d’élevages. La distribution alimentaire doit se faire en une fréquence de deux par jour pour permette au poisson de bien produire.

Les études montrent qu’il est également possible de remplacer l’huile de poisson pendant la phase de croissance par des huiles végétales (lin, soja, colza …). Toutefois, en fin de période d’élevage, il est nécessaire d’utiliser de l’huile de poisson pour rétablir la composition naturelle de la chair en acide gras.

Le maintien de la qualité diététique de la chair des poissons est important notamment pour la source d’acides gras poly-insaturés W-3 qu’ils représentent pour l’alimentation humaine. L’effet bénéfique d’un apport régulier de ces acides gras pour la santé est démontré par exemple pour la prévention des maladies cardiovasculaires, leur rôle dans la vision ou le développement cérébral (Muhindo, 2010).

I.9. Gestion piscicole

I.9.1. Empoissonnement d’un étang

L’empoisonnement, c’est l’action de peupler des poissons en l’occurrence dans un étang. L’empoissonnement doit être raisonné; quelques règles de base permettent d’éviter les mauvaises surprises.

Le stock de poissons à introduire dépend des multiples considérations entre autre la capacité biogénétique de l’étang, l’équilibre biologique, et les objectifs du propriétaire.

⇒ La surveillance d’aspect sanitaire des poissons fournis

Il convient de vérifier le bon état du poisson à l’aide de certains critères visuels comme la couleur du poisson, la forme des nageoires ou encore la présence des certains parasites externes.

Le poisson est un animal à sang froid, il supporte mal les variations thermiques; mélanger progressivement l’eau de l’étang a l’eau de bac de transfert permet d’éviter les chocs thermiques pour les alevins.

⇒ L’empoissonnement de départ

Cet empoissonnement va permettre de tester, d’une part la productivité de l’étang et d’autre part, les espèces adaptées à l’étang. Ces deux tests permettront de déterminer la formule optimale de mise en charge. Il est réalisé au minimum un mois après la remise en eau, dans un étang vide de poisson.

Le mieux est d’introduire des sujets représentant des classes d’âges mélangés et des espèces variées afin d’exploiter au minimum le milieu aquatique et donner une idée du potentiel de l’étang. Mais pour des raisons pratiques (approvisionnement, débouchés …) le nombre de classes et d’espèces sera limité.

D’une manière générale, le rendement de l’étang peut être évalué en comparant la mise en charge totale de l’empoissonnement à la production obtenue à la fin de l’année. Par exemple: pour un empoissonnement de 70 kg, une récolte de 120 kg représente un étang de faible productivité; par contre une récolte de 300 kg à 400 kg met en évidence un étang à forte productivité. A noter aussi que la mortalité représente environ 10 % de l’empoissonnement.

Lorsque le rendement de l’étang est faible, la mise en charge pourra être réduite ou la production primaire sera améliorée par des apports minéraux ou organiques (fertilisants, fumure organique, amendements calciques …).

Par ailleurs, dans les étangs pauvres, il est préférable de mettre des poissons âgés d’un an. Ainsi l’utilisation de nourriture naturelle sera meilleure du point de vu de l’augmentation du poids. L’introduction d’une densité trop élevée de poisson provoque une croissance individuelle faible pouvant aller jusqu’au phénomène de nanisme (Muhindo, 2010).

I.9.2. Récolte des poissons

Généralement, la vidange se prépare à la veille et les passionnaires doivent être soumis au jeûne pour faciliter l’opération de vidange. La récolte se fait dans une pièce conçue pour la récupération de tous les passionnaires (alevins, poissons adultes …) (Okitayela, 2009).

Pour prévenir la surpopulation, on peut pécher régulièrement les gros poissons sans pour autant vidanger l’étang. Ces pêches régulières, au filet ou à la ligne sont de mise surtout en cas d’élevage par classes d’âges mélangées.

I.9.3. Transport des poissons

Il existe pour le transport des poissons vivants deux grands systèmes (fermé et ouvert). Par le système fermé on entend un conteneur hermétiquement clos présentant toutes les conditions nécessaires à la survie des poissons, le procédé le plus simple étant un sac en plastique rempli d’eau et d’oxygène.

Par système ouvert, on entend un conteneur rempli d’eau qui reçoit en permanence de l’extérieure les éléments nécessaires à la survie des poissons et qui consiste sous la forme la plus simple en un bac muni d’un diffuseur d’aération. Il va falloir tenir compte des facteurs ci-après pour bien réalisé le transport des poissons:

  • ⇒ Qualité du poisson;
  • ⇒ Oxygène;
  • ⇒ pH, gaz carbonique et l’ammoniac;
  • ⇒ La température.

De ce qui est la densité, il faut tenir compte de l’espace dont disposent les poissons.

I.10. Maladies des poissons

D’après Fermon (2013), les maladies des poissons risquent d’infliger des pertes graves dues à:

  • ⇒ Un ralentissement de la croissance et de la production des poissons;
  • ⇒ Une vulnérabilité accrue aux prédateurs;
  • ⇒ Une sensibilité accrue à toute dégradation de la qualité de l’eau;
  • ⇒ Une mortalité accrue des poissons.

Bien qu’il soit difficile d’éviter complètement les maladies de poissons, il est préférable de chercher à prévenir leur apparition plutôt que de les laisser se déclarer et d’essayer ensuite de les soigner après qu’elles aient commencé à créer des problèmes. Dans certains cas, les poissons qui survivent sont tellement affaiblis qu’il est difficile d’appliquer un traitement véritablement efficace.

Les trois principales causes de maladie sont: une alimentation inadéquate, le stress et les agents pathogènes.

La prévention des maladies peut se faire grâce à une gestion adéquate. Il faut veiller à:

  • ⇒ Assurer une bonne qualité de l’eau par une alimentation suffisante, une teneur en oxygène dissous adéquat et eau non polluée;
  • ⇒ Maintenir un environnement sain de l’étang en empêchant l’envahissement, contrôlant les végétaux, en préservant un bon équilibre entre phyto et zooplancton et en renouvelant l’eau si nécessaire;
  • ⇒ Maintenir les poissons en bonne santé en respectant la densité de stockage;
  • ⇒ Empêcher l’introduction d’organismes pathogènes provenant de l’extérieur;
  • ⇒ Empêcher la multiplication d’organismes pathogènes dans l’enceinte des étangs.

I.11. Systématique des poissons

La systématique, quant à elle, est l’étude de la diversité des organismes et des relations entre ces organismes. Elle a pour objectif de classer les espèces et de rechercher quelles sont les phylogénies, ce qui est différent dans son essence des objectifs de la taxinomie (Mbega, 2013).

Exemple:

  • Règne: Animalia
  • Phylum: des Chordata
  • Sous-phylum: des Vertebrata
  • Classe: des Osteichthyes (Pisces)
  • Sous-classe: des Actinopterygiens
  • Ordre: des Perciformes
  • Sous-ordre: des Percoidei
  • Famille: des Cichlidae
  • Genre: Oreochromis (Tilapia)
  • Espèce: Oreochromis niloticus (Tilapia nilotica)
  • Sources: Coudre (1993), Shumway et al. (2002), Daget et Durant (1970).


Abonnez-vous!
Inscrivez-vous gratuitement à la Newsletter et accédez à des milliers des mémoires de fin d’études !
Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *