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Impact de la microfinance sur les micro-entrepreneurs


Analyse des impacts de la microfinance en Haïti – Chapitre 4 :
Section 2 – Leur impact sur les micro-entrepreneurs en Haïti:
Experts et institutions internationales considéraient que l’évaluation des performances financières, institutionnelles et commerciales était suffisante pour démontrer l’impact positif des microcrédits sur les bénéficiaires : si les clients utilisent les services proposés par l’institution de microfinance de manière répétée et remboursent les prêts à temps, cela signifie qu’ils valorisent ce service et le considèrent comme utile, voire indispensable.
Dans cette section nous allons essayer d’aborder la notion d’impact sous un autre angle tout en clarifiant la méthodologie de recherche utilisée durant ce travail.

2.1. La notion d’impact

De manière générale, l’impact se rapporte le plus souvent aux changements qui découlent directement ou indirectement de l’introduction, dans un système social et économique existant, d’une nouvelle activité et/ou technologie, en fonction des objectifs ou des stratégies initiaux (Lefebvre-Navré et Al, 2003).
Rapporté dans un contexte microfinancier nous pouvons dire que c’est l’étude des interactions (relations causes à effets) entre l’institution et son milieu environnant ( CERISE, 2003).
Autrefois la fidélité des bénéficiaires était considérée comme un indicateur d’impact positif et, comme cette fidélité était une condition nécessaire à la rentabilité de l’institution de microfinance, la rentabilité était par conséquent, indirectement, une preuve suffisante de l’impact positif. En effet, la fidélité des clients est une preuve nécessaire, mais pas suffisante, de son impact positif.
Plus vraisemblablement, la fidélité peut aussi s’expliquer par d’autres facteurs, comme l’absence d’une source alternative de financement (Copestake, 2002). Cette approche fut l’objet de critiques qui donnèrent naissance aux études d’impact social.
La tendance populaire vise à argumenter dès qu’il y a augmentation du revenu cela engendre du même coup l’amélioration des conditions de vie (alimentation, santé, éducation).
Ainsi le premier impact de la microfinance chez le bénéficiaire peut se mesurer par l’augmentation du revenu et le second impact peut se mesurer bien que plus difficile par des indicateurs non financiers reflétant les conditions de vie des populations : possession d’objets matériels, type d’alimentation, niveau d’éducation des enfants, dépenses de santé, etc.
Cet exercice est en réalité complexe : Les effets d’une institution microfinance sont directs et indirects; ils s’exercent à différents niveaux (individus, ménages, économie locales, etc) et dans différents champs (impact économique et social, impact sur la santé etc).
En termes d’impact économique et social, on s’interroge le plus souvent sur les indicateurs suivants :
– Revenus, patrimoine et capacité à épargner de la clientèle
– Impact sur les conditions de vie de la population touchée (accès aux soins de santé, éducation et scolarisation des enfants, améliorations de l’habitat etc)
– Création d’emploi
– Renforcement de la position sociale des individus dans leur famille et au sein de leurs communautés, construction du capital social (Boyé et al, 2009)
Il est de tout importance pour les acteurs du secteur de savoir quels sont les principaux changements apportés par leur programme d’où l’importance de l’analyse d’impact qui :
a) Permet aux praticiens du secteur de démontrer l’importance de leurs contributions dans la lutte contre la pauvreté pour attirer des financements publics ou privés
b) S’oriente vers les clients, afin d’identifier aux mieux leurs besoins en vue de leurs offrir des services plus adaptés
Il est donc essentiel pour les acteurs du secteur, de comprendre et de mesurer l’impact que peut avoir la microfinance sur la qualité de vie des personnes qui en bénéficient.

2.2. Eléments de méthodologies

Comme l’exige le processus de la démarche scientifique ce travail suit une démarche méthodologique. Ainsi dans cette recherche nous avons fait recours à la méthode hypothético- déductive c’est-à-dire que l’étude part d’hypothèse théorique et empirique puiser dans des idées préexistantes par différents auteurs sur la microfinance.
Pour ce faire, ce travail comprend d’abord une partie théorique où les informations sont collectées à partir des entrevues réalisées avec des professionnels évoluant dans le domaine de la microfinance et par la méthode dite documentaire qui a servi sert à la rédaction de l’étude en sélectionnant les informations dans des ouvrages, des articles, des revues spécifiques et des sites fiables recommandés.
Cette première partie englobera toute la partie théorique du travail qui a contribué, à faire une revue critique de la littérature existante avec une analyse documentaire des publications des institutions compétentes.
Ce dernier est suivit de la deuxième partie, celle empirique où nous nous sommes inspirés en partie des travaux de Mohamed L. DOUMBOUYA et Eugène A. KAMALAN pour mener une analyse descriptive et explicative à l’aide des variables quantitatives sur la microfinance haïtienne pour valider nos différentes hypothèses.

2.2.1. Limite du travail

Voulant basés nos résultats sur un échantillon représentatif de l’ensemble des IMF mais ne disposant pas de temps et d’assez de ressources et à cause du manque d’information liée au secteur de la microfinance en Haïti notre travail est circonscrit sur la période de 2006 à 2012.
Période durant laquelle le projet HAITI MSME financée en partie par l’USAID a vu le jour dans le but de combler le déficit d’information qui obscurcissait ce secteur. Les données consolidées en place des données inférentielles ont été utilisés de façon à avoir des résultats basés sur l’échantillon étudié.

2.3. Impact de la Microfinace sur la qualité de vie

Pour étudier l’impact de la micro-finance sur la qualité de vie, il nous semble approprié d’étudier la relation qui existe entre la micro-finance et l’Indice du Développement Humain (IDH). Cet indice composé qui mesure la qualité de vie moyenne de la population d’un pays, théoriquement, varie de 0 (exécrable) à 1 (excellent).
Il tient compte de trois dimensions du développement humain: la santé, le niveau de l’éducation et le niveau de vie.
La santé se résume d’abord, dans la possibilité d’avoir une vie longue et en santé en se fondant sur l’espérance de vie à la naissance. La santé / longévité, mesurée par l’espérance de vie à la naissance, permet d’évaluer indirectement la satisfaction des besoins matériels essentiels tels que l’accès à une alimentation saine, à l’eau potable, à un logement décent, à une bonne hygiène et aux soins médicaux.
Ensuite, le niveau de scolarisation, évalué à partir du taux d’analphabétisme et de la fréquentation des différents niveaux du système scolaire, le savoir ou niveau d’éducation. Il est mesuré par la durée moyenne de scolarisation pour les adultes de plus de 25 ans et la durée attendue de scolarisation pour les enfants d’âge scolaire.
Il traduit la satisfaction des besoins immatériels tels que la capacité à participer aux prises de décision sur le lieu de travail ou dans la société.
Enfin, le standard de vie, calculé à partir du produit intérieur brut (PIB) per capita en tenant compte du pouvoir d’achat (PPA). Le niveau de vie (logarithme du revenu brut par habitant en parité de pouvoir d’achat), englobe les éléments de la qualité de vie qui ne sont pas décrits par les deux premiers indices tels que la mobilité ou l’accès à la culture.
En termes d’évaluation du niveau de vie, l’IDH est un bon indicateur pour faire notre analyse. Nous allons apprécier son évolution (et si possible celle de ses composantes) en fonction de l’évolution de la micro-finance.
Notre modèle d’analyse s’appuie sur une série d’approches quantitatives inspirées par les travaux de Mohamed L. DOUMBOUYA et Eugène A. KAMALAN qui se sont intéressés au lien controversé entre la micro-finance et le bien-être des populations bénéficiaires, en tenant compte, en particulier, des indices de développement humain (IDH). Nous étudierons les changements induits par les programmes de microfinance à partir des indicateurs susmentionnés.
Par ailleurs, pour ce qui est de la micro-finance, nous faisons le choix de ne retenir que des indicateurs qui impactent directement le bien-être des clients et de façon indirecte celui de leur famille respective. Trois indicateurs sont retenus à cet effet :
1) Les bénéficiaires directes du crédit : il s’agit ici des emprunteurs quelque soit l’institution ou la méthodologie de crédit adoptée.
2) Les bénéficiaires totaux : ils comprennent les bénéficiaires directs et indirects du crédit. Nous entendons par bénéficiaires indirects l’ensemble des personnes qui partagent un même ménage que l’emprunteur du microcrédit.
Les statistiques de l’institut haitien de statistique et d’informatique (IHSI) et celles des fonds des nations unies pour la population (UNFPA) considèrent qu’en moyenne chaque ménage est composé de 4.6 personnes en Haïti. Ce chiffre est donc retenu pour calculer l’effectif des bénéficiaires totaux.
3) Le taux de pénétration des microcrédits, c’est le rapport de l’effectif de bénéficiaires totaux à la population totale.

2.3.1. Sources des données utilisées

Diverses sources de données ont été utilisées :
1) Le projet Haïti MSME
Dans le cadre de son appui au secteur de la microfinance en Haïti, USAID/Haïti, dans le cadre du projet HAITI MSME, en collaboration avec d’autres acteurs sur le terrain dont DID, ANIMH, KNFP, ANACAPH, a décidé, au début de l’année 2008, de réaliser une étude sur le secteur de la microfinance en Haïti.
L’étude a été effectivement lancée en mai 2008 selon une approche d’enquête par questionnaires auprès de 80 institutions sur les 200 existantes. 80 institutions, composées de 4 IMF liées à des banques commerciales (à titre de filiales, de satellites ou d’unités spécialisées), de 12 ONG- fondation-association et 64 Caisses d’Epargne et de Crédit. La majorité des données consolidées de 2006 à 2012 utilisés dans ce travail de recherche concernant la microfinance sont issus de ce projet.
2) Les statistiques de l’Université de Sherbrooke accessibles en ligne suivant le lien http://perspective.usherbrooke.ca, les statistiques du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), les statistiques de la Banque Mondiale et l’atlas des statistiques sur les pays disponibles en ligne suivant le lien https://fr.actualitix.com ont complétés la liste des données manquantes.

2.4. Analyse des résultats

Plusieurs auteurs ont été amenés à constater au cours de leurs analyses que les IMF ne répondent pas à leur mission de lutte contre la pauvreté, ces résultats sont-ils aussi concluants pour Haïti ?
Pour essayer de comprendre l’impact de la microfinance sur les bénéficiaires en Haïti analysons les différents résultats obtenus.

2.4.1. IDH et microfinance

L’Indicateur de Développement Humain a comme objectif d’essayer de mesurer le niveau de développement des pays, sans en rester simplement à leur poids économique déterminé par le Produit intérieur brut (P.I.B.) par habitant.
On doit préciser que selon l’appréciation de la valeur de l’IDH, les pays, ayant un indice en dessous de 0.5, ont un très bas niveau de développement humain, le niveau du bien-être est très faible. Nous pouvons remarquer que sur cette période malgré une faible variation de 4,44% en sept ans (graphique 8) le pays est toujours resté dans la liste des pays à développement humain faible.
Graphique 8 : Evolution de l’IDH d’Haiti (2006- 2012)
Evolution de l’IDH d’Haiti (2006- 2012)
Source : Programme des nations unies pour le développement (PNUD)
Toutefois des efforts certes, mais insuffisantes ont été constaté au niveau du PIB réel/habitant passant de 1443 à 1614 dollars USD malgré une chute en 2010 surement dû au séisme qui a frappé le pays durant cette année (annexe D). Des progrès ont été constatés au niveau de la santé où l’espérance de vie est passée de 59,1 à 62,03 pour la période sous étude.
On perçoit aussi des progrès au niveau de l’éducation bien que les données sont difficilement disponibles où selon MENFP le Taux Net de Scolarisation (TNS)34 est passé de 43% en 1990 à 88% en 2011 et 78,7% d’hommes contre 73,6% de femmes (âgées entre 15 et 49 ans) sont alphabétisés en 2012.
Ces informations nous montrent que même si des progrès ont été réalisés au niveau d’amélioration du bien-être de la population l’évolution de l’IDH reste mitigée sur la période.
Graphe 9 : Evolution de l’IDH et du taux de pénétration de la micro-finance
Evolution de l’IDH et du taux de pénétration de la micro-finance
Lorsqu’on compare le taux de pénétration de la microfinance qui représente le poids de la microfinance par rapport à la population totale et l’indicateur de développement humain (graphe on constate globalement que le développement des activités micro-financières évolue dans le même sens que l’amélioration du bien-être des populations.
Par ailleurs, s’il est possible de montrer que l’accès au crédit contribue favorablement au bien- être des bénéficiaires, l’inverse pourrait aussi se vérifier. Néanmoins, on ne saurait tirer des conclusions hâtives parce qu’aucune relation forte n’est mise en évidence entre le taux de pénétration, et l’indicateur de développement humain.

2.4.2. Bénéfice de la microfinance

En Haïti, l’industrie de la microfinance est l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie haïtienne où les microentrepreneurs représentent 70% de la force de travail exerçant un emploi. Le graphe ci-dessous montre que la micro-finance pourrait avoir une incidence sur le bien-être de la population haïtienne.
Le constat est que dans la plupart des IMF, les emprunteurs ont compris qu’ils doivent mener une activité rentable pour être capables de rembourser sans problème.
Il est important de dire que la plupart des institutions de microfinance exigent que les fonds prêtés soient destinés à une activité génératrice de revenu, toutefois dans la réalité, les crédits peuvent être demandés pour différents mobiles, cependant ils sont octroyés principalement pour développer une activité génératrice de revenus quel soit ancienne ou nouvelle.
En effet, la micro- finance couvrait environ, et directement, 191 mille personnes en 2012, contre environ 131 mille personnes en 2006 soit une augmentation d’environ de 45% en sept ans. Cette croissance nette et régulière atteste l’intérêt que manifestent les populations, pour les programmes de micro-finance.
Graphe 10 : Bénéficiaires de la microfinance au niveau de la population haïtienne
Bénéficiaires de la microfinance au niveau de la population haïtienne
En générale, la majorité des crédits vont aux opérations de commercialisation souvent liées à des activités de stockage et de transformation. L’intensité de la demande de services financiers est aussi mesurée à l’aide des indicateurs : bénéficiaires totaux et taux de pénétration.
En effet, environ 881 mille haïtiens vivaient directement ou indirectement des services de micro-finance en 2012, contre 606 mille en 2006. Rapporté à la population, ce sont plus de 8% d’haïtiens qui bénéficient des retombées de la microfinance en 2012 (quoique le pic observé en 2010 dû au séisme), contre 6% en 2006 selon les données des 80 institutions recueillies sur les 200 existants (annexe D).

2.4.2.1. L’épargne tout aussi importante que le crédit

Les ménages ne se contentent pas seulement d’avoir accès au crédit, ils essaient aussi de sécuriser leur consommation future en cas d’éventuelle urgence.
La liquidité est un critère important pour les ménages pauvres qui veulent disposer rapidement de leurs fonds en cas d’urgence (maladies, vols, calamités naturelles ou humaines) ou d’opportunité d’investissement.
Déposer son argent, son épargne, en sécurité est en effet le plus demandé de tous les services de microfinance. En l’absence de lieu de dépôt, les ménages ont recours à des méthodes et moyens de thésaurisation peu recommandables par exemple enfouir son argent dans le sol, le cacher sous son matelas ou dans des tiges de bambou.
Aussi est-il exposé à des risques de vol, de perte ou parfois même à l’incapacité de l’utiliser à l’avenir, ayant été détérioré par des conditions de conservation inappropriées. Pour les personnes pauvres, il est fondamental de disposer d’un endroit sûr pour conserver leur épargne. De même, Les IMF recherchent de l’épargne stable pour pouvoir recycler l’argent en faisant des prêts.
Leurs produits d’épargne sont simples et peu diversifiés : ils sont à vue et à terme. Les dépôts à vue qui constituent la plus grande partie de l’épargne ne sont pas rémunérés tandis que les dépôts à terme sont rémunérés.
Tableau 13 : Nombre total d’épargnant des IMF (2006-2012)

Année Epargne consolidée Epargne volontaire Epargne obligatoire
2006 230 460 180 335 50 125
2007 394 536 337 037 57 499
2008 491 424 445 832 45 992
2009 545 917 487 563 45 992
2010 581 053 541 343 39 710
2011 691 189 647 740 43 449
2012 679 292 635 085 44 207

En générale les déposits d’argent nécessaires à l’obtention de crédits appelées « épargne obligatoire » ne sont pas considérés comme épargne du fait la précarité des conditions de vie et de travail de la plupart des ménages, les incite à déposer leur épargne dans les institutions financières non pas pour les sécuriser parce qu’insuffisante; mais pour pouvoir obtenir un crédit quand ils en auront besoin pour le refinancement ou le développement substantiel de leur commerce.
Mais malgré cela nous constatons une augmentation soutenue de l’épargne volontaire au sein de la population haïtienne durant toute la période passant de 180 mille en 2006 à plus de 630 mille en 2012 (tableau 12). Ces chiffres témoignent l’inclusion financière favorisée par la microfinance en Haïti.
Les populations développent diverses stratégies pour sécuriser leurs flux de revenus. Leur objectif est d’obtenir au moment voulu la somme d’argent nécessaire. Quand elles gèrent leur liquidité, les populations ne sont pas uniquement préoccupées par le présent.
Elles anticipent également leurs besoins futurs. L’accès à des revenus supplémentaires ne va pas forcément conduire à une hausse des dépenses dans l’alimentation. Les populations sont prêtes à réduire leur consommation de nourriture car elles prévoient d’autres dépenses tout aussi importantes à leurs yeux.
Ils ont besoin de sécuriser leur quotidien. L’épargne est aussi importante que le crédit, sans épargne, le ménage est plus propice à subir des perturbations qui pourraient lui faire perdre ses acquis.

2.4.3. Microfinance et genre en Haïti

Les IMF ciblant prioritairement les femmes est un phénomène mondialement observée comme nous l’avons vu précédemment (graphe 1). La microfinance est un moyen efficace pour renforcer le pouvoir des femmes car les femmes sont représentées de façon disproportionnée parmi les plus pauvres de ce monde et il est connu que leurs taux de remboursement sont supérieurs à ceux des hommes.
Graphe 11 : Evolution de l’équité genre des bénéficiaires de crédit (2006-2012)
Evolution de l’équité genre des bénéficiaires de crédit (2006-2012)
On constate que sur toute la période les IMF haïtiennes accordent des crédits prioritairement aux femmes qu’aux hommes. Cela s’explique parce que l’intégration des femmes peut permettre d’améliorer l’impact tant au niveau individuel que collectif.
Lorsque l‘on traite de la question « Microfinance et Genre en Haïti », l‘intention exprimée ou non par les organisations est d‘abord la rentabilité financière de l‘intervention.
En effet, depuis la commercialisation et la professionnalisation de la microfinance haïtienne, la croissance du secteur s‘est appuyée principalement sur le commerce et accessoirement sur les services. Or traditionnellement, le petit commerce a toujours été une activité féminine en Haïti (Rhodes, 2001).
Aussi, la cible des IMF était alors naturellement les femmes. Les femmes sont à la fois celles qui sont le plus souvent exclues du système bancaire et celles qui présentent un meilleur taux de remboursement.
L’argent, quand il est utilisé par une femme dans un ménage, profite davantage à l’ensemble de la famille que lorsqu’il est utilisé par un homme » (Mohammed Yunus). Le ciblage des femmes génère donc un effet multiplicateur qui élargit l’impact des activités de microfinance.

2.4.4. Activité financé par les IMF en Haïti

L’impact positif de la microfinance sur les bénéficiaires dépend de la nature (type d’institutions), des objectifs et du mode de gouvernance des institutions de microfinance (Labie, 2004), mais également de l’utilisation des crédits attribués et du profil socio-économique préalable (Koloma, 2009).
Contrairement à certains pays en développement comme Madagascar où la microfinance s‘est engagée à soutenir le secteur primaire (essentiellement l‘agriculture) (Morvant-Roux, 2008; Wampfler, 2000; Wampfler et al., 2000), la microfinance haïtienne octroie principalement du crédit aux activités commerciales comme nous le constatons dans le graphe ci-dessous.
C‘est pourquoi, dans une certaine mesure, elle participe indirectement à soutenir le processus de tertiarisation de l‘économie haïtienne (Paul, Daméus et Garrabé, 2011).
Tableau 14 : Ventilation de l’allocation du crédit des bénéficiaires de la microfinance par activité (2006-2012)

Année Montant brut (Milliards HTG) % allant à la production % au commerce % au service % à la consommatio n % au logement % à l’éducation
2006 2,366,258,923 4,61% 81,74% 4,70% 4,09% 4,54% 0,32%
2007 2,811,478,962 4,59% 81,73% 4,68% 3,86% 4,88% 0,26%
2008 3,078,324,549 4,82% 79,11% 4,55% 6% 4,89% 0,64%
2009 3,383,336,425 6,15% 76,47% 4,79% 6,45% 5,25% 0,90%
2010 3,678,151,731 5,46% 77,58% 4,87% 6,17% 5,19% 0,72%
2011 4,767,969,015 5,57% 76,42% 6,44% 5,45% 5,44% 0,68%
2012 5,282,414,094 5,63% 77,32% 4,71% 4,71% 5,43% 1,44%

La majorité des crédits pour la période sous étude sont alloués au secteur du commerce (graphe 10)tandis que les autres secteurs porteurs de croissance comme la production sont traités en parent pauvres. Au final ce qui fait la force de la microfinance est aussi la cause de sa faiblesse.
Les activités microfinancées relevant le plus souvent du petit commerce ambulant, non- imposable, sortent peu de la sphère de l‘économie informelle d’où probablement une des limites dans les rapports du secteur avec l’Etat.
Le financement des activités commerciales de produits importés a permis de générer des flux de revenus réguliers, car il s‘agit de produits alimentaires ou de première nécessité (vêtements usagés, produits cosmétiques, services de transport) à usage quotidien.
La problématique d’un client d’une IMF n’est pas de se projeter sur le long terme afin d’améliorer son niveau de vie mais d’assurer quotidiennement un niveau de ressources financières suffisant pour faire face à ses besoins de base, aux urgences et aux opportunités. Ils ont besoin de sécuriser leur quotidien.
Il faut dire aussi que, d‘un point de vue institutionnel, les fréquences et les durées de remboursement ne laissent pas d‘autre choix à l‘emprunteur.
Cela s’explique en partie par la fréquence de remboursement des prêts exigée par les IMF qui sont généralement mensuel ou hebdomadaire pour une durée ne dépassant pas un an. Ces effets ont aussi pour conséquence un développement de ces activités aux dépens des autres secteurs, notamment le secteur agricole.
Nous savons que les campagnes d‘activités agricoles dépassent généralement cette échéance, même pour les cultures de courtes saisons comme les maraîchers, il faut en général deux mois entre le semis et la récolte. Pour un pays à vocation agricole, l‘agriculture se trouve exclue et ne peut profiter directement de la microfinance haïtienne.
Tant que les IMF n‘établissent pas de programmes prenant en compte les spécificités du secteur primaire, la microfinance haïtienne ne pourra permettre le développement économique haïtien du fait qu’elle finance indirectement l’importation à travers la prédominance du crédit dans le tertiaire; qui dégrade la balance commerciale du pays et consolide la dépendance extérieure du pays.

Conclusion

L’objectif de notre travail était de mesurer l’impact de la microfinance sur l’amélioration des conditions de vie de ses bénéficiaires. Notre analyse s’est basée sur un échantillon de 80 IMF issu du projet de HAITI MSME où nous avons essayé de faire ressortir leur apport sur la qualité de vie des bénéficiaires.
La première hypothèse vérifiée que nous avons émise est que « la microfinance contribue à l’inclusion financière des micro-entrepreneurs en Haïti mais ne favorise pas pour autant l’amélioration de leur niveau de vie »
En effet plus de 800 mille haïtiens vivaient directement ou indirectement des services de microfinance en 2012 selon l’échantillon de notre étude. Les bénéficiaires directs c’est-à-dire les emprunteurs sont plus 191 mille en 2012 contre 131 mille en 2006.
Alors que l’inclusion financière d’une population est généralement mesurée par la proportion de détenteurs de comptes de dépôt, la microfinance a failli triplé son nombre de déposants volontaire passant de 180 335 en 2006 à de 635 085 déposants en sept ans soit une augmentation d’environ 252%; où le ratio déposant/emprunteur est de 2,88 en moyenne ce qui met clairement en évidence la capacité des IMF à attirer l’épargne c’est-à-dire des déposants ayant d’autres motifs que l’obtention du crédit.
Ce sont des statistiques incontestables qui témoignent de l’apport de la microfinance dans l’inclusion financière de la population haïtienne.
La microfinance aide les pauvres à avoir accès au crédit et dans certains cas améliorent leurs revenus mais ne réduit pas nécessairement de manière importante le taux de pauvre dans un pays, car l’octroi du crédit n’est pas une panacée et qu’il y a bien d’autres facteur complètement indépendant en jeu. L’obtention d’un prêt n’est pas systématiquement synonyme de réussite dans l’exercice d’une activité.
Certains connaissent ainsi des fortunes diverses dans leurs activités tandis que d’autres ont rencontré des difficultés à développer les leurs.
Le caractère ambivalent de la microfinance est celui de faire des heureux mais également des malheureux; et un échec se traduit souvent par un défaut de remboursement, d’épargne et même la perte totale du capital de leur activité. Ainsi la pression et les sanctions en faveur du remboursement entament la cohésion des groupes, augmentent l’endettement des ménages et créent plus de pauvreté.
L’impact de la micro-finance sur la réduction de la pauvreté ou encore l’amélioration des conditions de vies reste floue, à la lumière des résultats obtenus du fait que malgré les efforts observés des indicateurs de l’IDH, son évolution reste limitée; mais une chose est sûre c’est que la microfinance permet a beaucoup plus de personnes d’avoir accès au crédit.
Deuxièmement, l‘hypothèse selon laquelle la microfinance ne favorise pas le développement économique haïtien puisque la majorité des crédits alimentent le secteur informel a été confronté à la réalité où nous avons constaté que plus de 70% du crédit était alloué au secteur tertiaire qui par ailleurs sortent peu de la sphère de l‘économie informelle.
Effectivement dans les pays pauvres, comme Haïti, l‘activité économique est essentiellement réalisée dans le secteur informel, jusque vers la fin des années 90, il était avancé que l‘informel comptait pour près de 70% de l‘économie nationale (UNCDF, 1997). Or, les microentreprises informelles ne contribuent ordinairement pas au fisc, d‘où l‘impossibilité de mener à bien une politique de redistribution.
Les femmes (principales bénéficiaires des IMF) qui accompagnaient leurs maris dans la commercialisation des produits agricoles s‘adonnent désormais à la revente de produits alimentaires importés dont l‘approvisionnement paraît plus stable. Du même coup, l‘activité de ces femmes entrent directement en compétition avec les travaux agricoles ancestraux.
Si dans le court terme, cette tertiarisation a des effets positifs à l‘échelle de l‘individu ses conséquences nationales peuvent être dévastatrices dans le long terme si elles ne sont pas suffisamment encadrées; par exemple au printemps 2008, des émeutes de la faim ont éclaté dans le pays et ont forcé le gouvernement à faire des remaniements précipités.
Le pourcentage des produits locaux dans la couverture des besoins alimentaires a baissé sensiblement, constate la FAO (FAO, 2010) pendant que 72% de la consommation intérieur globale provient des importations, la dépendance alimentaire du pays reste chronique.
La micro finance a sans doute ses limites, mais avec ses quelques 59 367 emplois en 2000 et ses emplois directs en 2010 (ANIHM) elle a contribué à faire augmenter considérablement le niveau de crédit dans l’économie haïtienne, ainsi qu’une augmentation considérable des micros-entreprises dans l’aire métropolitaine. Il se pose alors une limite au développement national dans la mesure où les auto-emplois soutenus ne sont enregistrés nulle part et ne paient pas le fisc.
Cette tertiarisation pourrait être favorable s‘il s‘agissait du développement de l‘artisanat, par exemple, comme l‘a observé Milgram aux Philippines (Milgram, p. 219,2001). Le développement économique national ne se fera pas sans une formalisation sinon une réduction de l‘informel.
La micro-finance ne peut résoudre tous les problèmes du développement.). Les autorités publiques doivent mettre en place de véritables stratégies nationales pour la micro-finance en construisant les infrastructures nécessaires de transport et de communication pour la pénétration des marchés ruraux par les institutions de microfinance; en allégeant les démarches légales (administratives et fiscales) pour monter une PME, de façon à encourager la formalisation des micro entreprises; en dotant le secteur non coopératif de la microfinance d’un cadre légal ce qui permettrait notamment d’élargir l’offre de services.
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34 Le taux net de scolarisation (TNS) correspond au quotient de la population scolarisée et ayant l’âge officiel d’une scolarisation par rapport à la population scolarisable ayant l’âge officiel d’une scolarisation

Annexe

Annexe A : Taux de pauvreté et pauvreté extrême par département en 2012
Taux de pauvreté et pauvreté extrême par département en 2012
Taux de pauvreté et pauvreté extrême par département en 2012
Annexe B : Distribution des institutions de microfinance coopératives en Haiti
Taux de pauvreté et pauvreté extrême par département en 2012
Annexe C : Distribution des institutions de microfinance non coopératives en Haiti
Distribution des institutions de microfinance non coopératives en Haiti
Annexe D- Données de l’étude

Année Esp/vie PIB/hab PPA IDH Bénéficiaires directs Bénéficiaires totaux Population totale Taux de pénétration
2006 59,61 1443 0.45 131 954 606 988 9 409 457 0.064
2007 60,02 1507 0.45 164 882 758 457 9 556 889 0.079
2008 60,45 1526 0.45 169 363 779 070 9 705 029 0.080
2009 60,88 1561 0.46 165 345 760 587 9 852 870 0.077
2010 61,30 1472 0.46 145 589 669 709 9 999 618 0.066
2011 61,70 1572 0.47 183 664 844 854 10 145 254 0.083
2012 62,03 1614 0.47 191 548 881 121 10 289 210 0.085

Sources multiples : Tableau élaboré par l’auteur

Bibliographie
* Ouvrage

• ALLEMAND S., La microfinance, la fin de l’exclusion, Edition Ellipses. Paris. 2011
• ATTALI, J., ARTHUS-BERTRAND, Voyage au cœur d’une révolution, La microfinance contre la pauvreté, Paris, Jean-Claude Lattès, 286 pages, 2007.
• BEAULIERE, A., Haïti dans l‘impasse économique et sociale: une analyse en terme de gouvernabilité, in Haïti : les recherches en sciences sociales et les mutations sociopolitiques et économiques, Pierre, L. N. 2007.
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• François Latortue, L’économie rurale et les problèmes de développement en Haïti, Port- au-Prince, 1998.
• Fred Doura, Economie d`Haïti Dépendance, crise et développement, les éditions Dami, Septembre 2003.
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* * Article

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• Emmanuelle BENICOURT, La pauvreté selon le PNUD et la Banque mondiale
• CGAP, L‘impact de la microfinance, Contribuer à améliorer l’efficacité de l’aide, 2003
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• Barlet, K., « Les Taux d’Intérêts des Microcrédits sont-ils Abusifs ? » BIM, 28 avril 2009.
• Portail microfinance, Pourquoi les IMF pratiquent-elles des taux d’intérêt aussi élevés ? Décembre 2013.
• Fonds d’équipement des Nations Unies « Evaluation de l’impact des programmes de microfinance », Présentation des études de cas réalisées à Haïti, au Kenya, au Malawi et au Nigeria, 128 p, 2003.
• MEF, Actes du Colloques sur la microfinance, Port-au-Prince, 2011.
• HUDON, M.), Microfinance et financement des exclus bancaires du Sud, Esprit Libre, n° 43, 2006.
• Institut Haïtien de Statistique et d‘Informatique (IHSI), Population totale, population de 18 ans et plus estimées en 2009, Port-au- Prince, 95 pages, 2009.
• USAID/Haiti MSME, Directoire des institutions de microfinance haitienne, 33 pages, 2008.
• USAID/Haiti MSME, Recensement sur l’industrie de la microfinance Haïtienne, 2006- 2007, 90 pages, Septembre 2008.
• USAID/Haiti MSME, Recensement sur l’industrie de la microfinance Haïtienne, 2007- 2008, 90 pages, Aout 2009.
• USAID/Haiti MSME, Recensement sur l’industrie de la microfinance Haïtienne, 2008- 2009, 92 pages, Février 2011
• USAID/Haiti MSME, Recensement sur l’industrie de la microfinance Haïtienne, 2009- 2010, 90 pages, Aout 2011.
• USAID/Haiti MSME, Recensement sur l’industrie de la microfinance Haïtienne, 2010- 2011, 96 pages, Septembre 2012.
• USAID/Haiti MSME, Recensement sur l’industrie de la microfinance Haïtienne, 2011- 2012, 94 pages, Juin 2012.
• DAI/FINNET, présentation de l’offre de la microfinance en Haiti, Avril 2003.
• DAI/FINNET, Base de Données sur les Institutions de Microfinance, 2005.
• Riphard Serent, Analyse des couts et des avantages d’une expansion de la microfinance et du programme de graduation pour lutter contre la pauvreté, Mars 2018.
• Banque de la république d’Haiti (BRH), le secteur de la microfinance en Haiti, Mars 2018.
• SERVET, J.-M.), L‘absence de prise en compte de l‘exclusion financière : une erreur conceptuelle de définition de la pauvreté dans les OMD, Revue Economie & Management, n°10, 16 pages, 2010

* * Mémoire consulté

• Bénédique Paul, Le capital institutionnel dans l’analyse du changement économique et social : Application dans le secteur de la microfinance en Haïti. Economies et finances. Université Montpellier I, 2011.
• Cécile DAMBRICOURT, La microfinance, un outil informationnel au service des initiatives d’investissement, Thèse de doctorat, Université Aix-Marseille, 2012.

Table des matières

Introduction générale 1
Chapitre préliminaire : Présentation du cadre de l’étude 4
1.1. Contexte de l’étude 4
1.2. Problématique 5
1.3. Hypothèses de l’étude 6
1.4. Objectif général de l’étude 6
A – Première partie : La microfinance un outil de lutte contre la pauvreté
Chapitre 1 : Micro finance et développement économique; une approche conceptuelle et théorique 8
Section 1 : Cadre conceptuel de la recherche 8
1.1. Définition microfinance 8
1.2. Microcrédit et microfinance 9
1.3. La pré-défaillance 10
1.4. Le credit scoring 10
1.5. La notion du taux d’intérêt 11
1.5.1. La détermination des taux d’intérêt en microfinance 11
1.6. Le développement économique 12
1.6.1. L’indicateur de développement humain(IDH) 13
Section 2 : Antécédents théorique et empirique 13
2.1. Antécédents théoriques 13
2.1.1. La théorie de la répression financière 13
2.1.2. La théorie des coûts de transaction 14
2.2. Antécédents empiriques 16
Chapitre 2 : La microfinance, son histoire, son evolution et ses pratiques 19
Section 1 : Les débuts et l’évolution de la microfinance 19
1.1. Brève histoire de la microfinance 19
1.2. Population ciblée par la microfinance 21
1.3. Les produits financiers de la microfinance 22
1.3.1. Le microcrédit 22
1.3.2. Le microcrédit solidaire 22
1.3.3. Le microcrédit individuel 23
1.3.4. L’épargne 24
1.3.4.1. L’épargne obligatoire 25
1.3.4.2. L’épargne volontaire bloquée 25
1.3.4.3. Les dépôts à vue et les comptes semi-liquides 25
1.3.5. Les nouveaux produits financiers 25
1.3.5.1. La micro-assurance 26
1.3.5.2. Le crédit habitat 26
1.4. Le financement des IMF 27
1.4.1. Dons et subventions 27
1.4.1.1. Les bailleurs de fonds 27
1.4.2. Dépôts des membres/clients 28
1.4.3. Les banques commerciales 28
1.4.4. Fonds de financement spécialisés 29
Section 2 : La microfinance un mouvement planétaire 29
2.1. La micro finance dans les pays industrialisés 29
2.2. La micro finance dans les pays en voie de développement 30
B- Deuxième partie : La microfinance en Haïti, quel bilan ?
Chapitre 3 : La microfinance en Haïti 34
Section 1 : La situation socio-économique d’Haïti 34
1.1. Contexte démographique 34
1.2. Situation du marché du travail 35
1.3. De l’exclusion à la finance informelle 36
1.3.1. Le Solde 37
1.3.2. Le Sabotage 37
1.3.3. L’usure 37
1.4. La pauvreté en Haïti 38
1.4.1. La pauvreté non monétaire 40
1.5. Autres indicateurs 42
Section 2 : Le système financier haïtien 43
2.1. Offre des services financiers 43
2.2. Les institutions financières 44
2.2.1. Les banques 44
2.2.2. Les coopératives et les institutions de microfinance 47
2.2.3. Sociétés Financières de Développement 48
2.2.4. Fournisseurs de service de Transferts Internationaux 48
2.2.5. Fournisseurs de Monnaie Electronique et Agents Non Bancaires 49
2.2.6. Assurance 50
Section 3 : Le développement de la microfinance en Haïti 50
3.2. Le contexte favorisant l’entrée de la microfinance en Haïti 50
3.2.1. Des mesures inefficaces 51
3.2.1.1. Les actions de la BRH 51
3.2.1.2. Les actions du MARNDR 52
3.2.2. Expansion du secteur informel 53
3.2.3. La libéralisation des taux d’intérêt 54
3.3. Historicité de la microfinance en Haïti 55
3.3.1. Cadre réglementaire de la microfinance 58
3.3.1.1. Les IMF de types coopératifs 58
3.3.1.2. Les IMF des types non-coopératifs 59
3.4. Structure du secteur microfinancier haïtien 60
Chapitre 4 : analyse des impacts de la microfinance en Haïti 62
Section 1 : Les opérateurs de la microfinance 62
1.1. Les opérateurs de types coopératifs 62
1.1.1. Les Caisses d’Epargne et de Crédit (CEC) / Le Levier 62
1.2. Les opérateurs de types non coopératifs 63
1.2.1 Action contre la misère (ACLAM) 64
1.2.2. Association pour la coopération avec la microentreprise (ACME) 64
1.2.3. Kredi pou tout moun 64
1.2.4. Kredi POpilè 65
1.2.5. Catholic Relief Services (CRS) 65
1.2.6. Fonds Haïtien d’Aide à la Femme (FHAF) 65
1.2.7. Fondasyon Kole Zepol (FONKOZE) 66
1.2.8. Groupe d’Appui pour l’Intégration de la Femme du Secteur Informel (GRAIFSI) 66
1.2.9. Micro Crédit Capital (MCC) 67
1.2.10. Micro Crédit National (MCN) 67
1.2.11. Société Générale de Solidarité (SOGESOL) 67
Section 2 : Leur impact sur les micro-entrepreneurs en Haïti 68
2.1. La notion d’impact 68
2.2. Eléments de méthodologie 69
2.2.1. Limite du travail 69
2.3. Impact de la microfinance sur la qualité de vie 69
2.3.1. Sources des données utilisées 71
2.4. Analyse des résultats 71
2.4.1. IDH et microfinance 71
2.4.2. Bénéfice de la microfinance 73
2.4.2.1. L’épargne tout aussi importante que le crédit 74
2.4.3. Microfinance et genre en Haïti 75
2.4.4. Activité financé par les IMF en Haïti 76
Conclusion


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