Prévalence du diabète sucré dans la ville de Kamina

Prévalence du diabète sucré dans la ville de Kamina

République Démocratique du Congo
Haut-Lomami/Kamina/Sante publique

Prévalence du diabète sucré dans la ville de Kamina
Prévalence du diabète sucré dans la ville de Kamina

Étude menée à l’hôpital général de référence de Kamina

Expert François Kalenga Luhembwe

Co-auteur :
Pierre Ndaya, Christelle Lenge, Patrice Nsenga

Résumé

Ce présent travail a traité du diabète sucré dans la zone de santé de Kamina et plus précisément à l’hôpital général de référence de Kamina, dont l’objectif général a été de déterminer la prévalence du diabète sucré dans la ville de Kamina afin de contribuer à l’amélioration de la santé de la population.

Nous avons mené une étude descriptive transversale rétrospective appuyée par la technique d’analyse documentaire secondée par une fiche de collecte des données.

Notre population d’étude a été constituée de tous les patients diabétiques ayant consulté l’hôpital général de référence de Kamina. En vue d’obtenir un résultat représentatif, nous avons pris tous les cas de diabètes enregistrés de Janvier 2017 au Décembre 2018.

Notre étude s’est avérée donc exhaustive et a concerné tous les 43 cas de diabètes enregistrés au cours de notre période d’étude.

Après analyse des données, les résultats suivants ont été retenus : La prévalence du diabète sucré dans notre milieu d’étude est de 6,8%. La tranche d’âge la plus touchée par le diabète est celle comprise entre 36 ans et plus avec 69,8% et la moins touchée est celle comprise entre 5 à 15 ans avec 4,7%.

La découverte fortuite reste la circonstance de la découverte de la maladie la plus fréquente dans notre étude avec 55,8%. Le type de diabètes le plus rencontré dans notre milieu d’étude reste le diabète non insulino-dépendant avec une proportion de 74,4%.

Il a été observé aussi que les principaux facteurs étiopathologiques et risques liés au diabète restent les antécédents médicaux (malformations pancréatiques, prise des médicaments) avec 76,7% de cas.

Par rapport aux autres maladies associées au diabète, notre étude révèle que la principale maladie associée au diabète est l’hypertension artérielle avec 32,6% suivi de la gastrite avec 27,9%. Le pic de la maladie était beaucoup plus élevé en 2017 avec 61% alors que ce dernier a baissé en 2018 jusqu’à 39%. Ainsi, le taux de mortalité diabétique dans notre milieu est de 8,3%.

Ces résultats révèlent que le diabète sucré reste encore préoccupant dans la ville de Kamina nécessitant alors des nouvelles stratégies et une surveillance épidémiologique adéquate en amont et en aval.

1. Introduction

1.1. Etat de la question

Le diabète est un problème grave de santé publique qui gagne rapidement du terrain et dont les effets les plus sensibles se font sentir sur la population active des pays en développement. Dans la plupart des pays en développement, il est à l’origine d’au moins un décès sur dix chez les adultes de 35 à 64 ans, proportion qui atteint parfois un sur cinq.

Le diabète est devenu l’une des principales causes de morbidité et de mortalité prématurées dans la majorité des pays, essentiellement parce qu’il augmente le risque de maladie cardiovasculaire (Catherine Le Galès-Camus, 2016).

Le diabète sucré apparaît désormais comme un réel problème de Santé Publique aussi bien dans les pays développés que dans les pays voie de développement. Une étude menée aux USA par les centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le diabète est en constante augmentation et représente la septième cause de mortalité dans le pays (CDC, 2015).

Selon le rapport de l’organisation mondiale de la santé, une personne est diabétique quand sa glycémie est supérieure à 126 milligrammes/décilitre de sang, et pré-diabétique entre 105 et 126 mg/dl. Le diabète peut souvent être contrôlé par l’activité physique, le régime alimentaire, de l’insuline et d’autres médicaments contrôlant le taux de sucre dans le sang.

Selon le rapport de l’OMS, quelques 1,5 million de nouveaux cas de diabète ont été diagnostiqués en 2017 au CANADA chez sujets de plus de 18 ans. Mais près d’un adulte sur quatre souffrant de diabète soit 7,2 millions ne le sait pas et seulement 11,6% des pré-diabétiques en ont conscience.

Le taux de diabète augmente avec l’âge : 17% des 20 à 44 ans et 39% des 45 à 64 ans. A partir de 65 ans, cette maladie touche 44% des personnes au CANADA (OMS, 2017).

Selon B. MONTEIRO et ses collaborateurs, Le diabète apparaît comme une entité fréquente au CNHU avec une prévalence de 2,85 % par rapport à l’ensemble des affections observées en Médecine Interne. La maladie intéresse également les deux sexes, notamment les sujets au-dessus de la quarantaine, surtout en ce qui concerne le diabète gras.

La notion d’hérédité lorsqu’elle est recherchée, semble un facteur souvent retrouvé chez les patients de leur série. Ces mêmes auteurs prouvent que d’autres affections ont été retrouvées associées au diabète dont les trois plus importantes sont : Hypertension artérielle dans 119 cas soit 77,77 % des diabétiques; Obésité chez 9 patients, Obésité + Hyper uricémie chez 2 patients (B. MONTEIRO et al, 2016).

Selon Seniors (2012), en règle général, le diabète apparait à l’âge mur, généralement à partir de 40 ans et lors de la vielleuse. De même, selon Inserm (2015) le diabète est généralement fréquent à l’âge adulte chez les individus de 40 ans et plus.

Les résultats similaires ont été aussi trouvés par la Revue médicale Suisse, qui stipule que la personne âgée a la plus haute prévalence de diabète, comparée aux autres groupes d’âge. Selon les estimations de l’organisation mondiale de la santé (OMS), les diabétiques sont environ 350 millions dans le monde, avec une prévalence de 67,1% chez les sujets de plus de 35 ans.

Selon la même source, on estime qu’en 2025, les personnes âgées représenteront ¼ de diabète en France (OMS, 2015).

Selon ADUBOFOUR KOM et ses collaborateurs; le diabète est potentiellement présent dans toutes les populations vérifiées de nos jours bien que la symptomatologie clinique n’apparait que dans certaines circonstances particulières telles que; les complications cliniques (coma diabétique, ulcère diabétique, neuropathie, rétinopathie); et en cas des divers bilans entre autres; obésité, préopératoire, prénatale, Etc.

Selon la typologie de diabète-Québec, outre les diabètes pédiatriques et gestationnels, il existe deux (2) types de diabètes, le diabète du type I et le diabète du type II.

Le diabète de type I apparaît souvent de façon brutale et touche particulièrement les sujets jeunes (avant 20 ans). Il touche notamment 7 enfants sur 100 000. Le diabète de type I est une maladie auto-immune. Le système de défense de l’organisme fabrique des anticorps dirigés contre ses propres cellules.

Ainsi, il détruit progressivement les cellules productrices d’insuline (cellules bêta de Langerhans) situées dans le pancréas. Le pancréas ne produisant plus d’insuline (hormone indispensable à l’assimilation du glucose), il se produit une accumulation du glucose dans le sang : c’est l’hyperglycémie.

L’apparition du diabète de type I et de ses manifestations cliniques surviennent lorsqu’il ne reste plus que 10% des cellules de Langerhans dans le pancréas. Le diabète du type II est le type de diabète le plus fréquent.

Il représente 90% des cas (diabète-Québec, 2018). De même, selon l’étude menée par Jean-Marie EKOE, il a été constaté que le diabète de type 2 est le type de diabète le plus rencontré; il constitue 80 à 90% de tous les types de diabète sucré (Jean-Marie EKOE, 2004).

D’après Albright, les dépenses de la prise en charge du diabète englobent les soins médicaux (consultations, suivis, analyses, prise en charge quotidienne….), les médicaments, l’insuline et autres accessoires indispensables (seringues, gants,…). Le coût financier du diabète est important à cause des complications engendrées et continue à accroitre au fur et à mesure.

Par ailleurs, BOUALOU Bi-Dje, déclare que si le diabète coûte cher sur le plan financier, son « coût humain » est également très élevé principalement du fait des complications sources de souffrances, d’inconfort, voire d’handicaps : Le diabète reste encore la première cause de cécité. Dans les pays développés, 25% des sujets dialysés sont diabétiques, 5 à 10% des diabétiques subissent une amputation d’orteil, de pied ou de jambe (3000 à 5000 amputation par an, en France, chez les sujets diabétiques).

Le diabétique a un risque de faire un infarctus multiplié par 3 comparé à un « non-diabétique » (BOUALOU Bi-Dje, 2008).

Selon la publication de Beran D et al, avec le temps, le diabète peut endommager le cœur, les vaisseaux sanguins, les yeux, les reins et les nerfs. Associée à une diminution du débit sanguin, la neuropathie qui touche les pieds augmente la probabilité d’apparition d’ulcères des pieds, d’infection et, au bout du compte, d’amputation des membres.

La rétinopathie diabétique est une cause importante de cécité et survient par suite des lésions des petits vaisseaux sanguins de la rétine qui s’accumulent avec le temps. 2,6% de la cécité dans le monde peut être attribuée au diabète (Beran D et al, 2006).

Par ailleurs A Bamako au Mali, PICHARD en faisant le point sur les complications dégénératives du diabète sucré trouve que la fréquence hospitalière du diabète est passée de 8,3% à 10,6%. Le diabète a multiplié 3 fois le risque chez l’adulte de souffrir d’accidents cardiaques ou vasculaires cérébraux

1.2. Problématique

Le diabète sucré est une maladie très rependue dans tous les pays du monde. Le diabète est connu depuis l’antiquité comme un trouble avec ruine de miel. La déficience de la prise en charge provoque des complications particulièrement en limitant l’activité de la personne malade et conduit à la mort. Il est un problème majeur de santé publique à l’échelle mondial.

Son évolution est silencieuse et insidieuse jusqu’à l’apparition de complications lourdes de conséquences en terme de morbidité et de mortalité (MANSOUR, 2012).

La maladie est aussi présentée au niveau du globe terrestre tout entier et une augmentation abusive et progressive est constatée au cours de vingt dernières années faisant état d’une prévalence de 7% en 2009, cette dernière passera à 8% en 2012. Une faible augmentation d’1% se constante entre ces deux périodes; elle ne connaitra pas des réductions les années suivantes, par contre une augmentation en progression; car elle fut déclarée à 9% en 2014 selon un rapport des experts de l’OMS (OMS, 2015).

Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), 347 millions de personnes sont diabétique dans le monde; ce nombre pourrait bien doubler d’ici les vingt prochaines années (500 million en 2030). Selon la Fédération Internationale du Diabète (FID), plus de 285 millions de personnes dans le monde vivent avec le diabète; en 2030 ce chiffre atteindra 435 millions de personnes.

Selon la même source, le diabète tue chaque année plus 3,8 millions de personnes et les personnes diabétiques meurent entre cinq et dix ans plus tôt que les personnes non atteintes (OMS & FID, 2015).

Le diabète constitue un problème majeur de santé publique, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement, de par son ampleur et sa forte association avec la mortalité (UNICEF, 2015).

Aux Pays-Bas, selon l’International Diabetes Federation (IDF), le taux de prévalence du diabète est de 3,7 %; il sera de 5,1 % en 2025. On compte 850 000 personnes atteintes de diabète. Entre 2003 et 2013, le taux de personnes atteintes de diabète de type 2 a doublé. Il est passé de 1,7 % à 3,1 % en juillet 2013. En 2015, le coût du diabète représente 2,5 % des dépenses de santé CARBALLO M. and SIEM F (2015).

En Allemagne, 6 millions de personnes sont diagnostiquées, soit 7 % de la population, mais les spécialistes estiment à 3 millions le nombre de personnes atteintes du diabète et non diagnostiquées. Le taux de prévalence du diabète est de 10,2 %; il sera de 11,9 % en 2025. C’est le taux le plus élevé en Europe où le taux moyen de prévalence était de 7,5 % en 2011 et sera de 8,9 % en 2025. En 2011, le coût du diabète en Allemagne est de 30 billions d’Euros (Gérard. R, 2012).

En Belgique, le taux de prévalence du diabète était de 4,2 % en 2007; il sera de 5,2 % en 2025. Environ 500 000 personnes souffrent de diabète de type 2 mais on estime qu’un diabétique sur deux s’ignore. En 2006, le coût du diabète, dans le budget de la santé, représentaient 6,7 % (SCHEEN A.J. et VAN GAAL F.L., 2007).

Le Canada n’échappe pas à l’épidémie mondiale de diabète de type2: en 2005, 1,3 million de Canadiens, soit 4,9% de la population âgée de 12 ans et plus, étaient atteints de diabète. En outre, d’après l’Agence de la santé publique du Canada, près de 60 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, soit un taux d’incidence de 2,6 cas pour 1000 résidents de plus de 12 ans (Public Health Agency of Canada, 1999).

La Chine s’alignera en deuxième position avec 39,8 millions en 2006 à 59,3 millions des diabétiques en 2025. Le Brésil vivra une augmentation brusque lui permettant de quitter la huitième place qu’il occupait en 2007 à la quatrième en 2025; soit 6,9% millions de personnes souffrant de diabète en 2007 à 17,6 millions en 2025 (Bafende A, 2008).

En Afrique, on estime qu’environ 80% des personnes atteintes de diabète ne sont pas diagnostiquées.

Dans de nombreux pays, 5 à 10 % du budget des soins de santé sont absorbés par les diabète et plus de 50% de ces dépenses sont imputables aux complications du diabète (Beaglehole R et All, 2009). Selon la Fédération Internationale du Diabéte ( FID), le nombre des diabétiques âgés de 20 à 79 ans dans la région MENA ( Moyen Orient et Afrique du Nord ) passera de 24,5 millions en 2007 à 44,5 millions en 2025, et selon la même source, la prévalence du diabète au Maroc en 2007 était de 7,1% atteindra 9,1% d’ici 2025.

La même source poursuit en ces mots: toujours en Afrique, environ 280 000 décès en 2010 étaient imputables au diabète (FID, 2010).

La République Démocratique du Congo à l’instar des autres pays africains d’une part, et ceux du monde entier d’autre part n’est pas épargnée par cette pandémie. Selon une recherche réalisée à Kinshasa; la prévalence du diabète était quasiment nulle, il y a 40 ans; elle est passée brusquement à 5,8% sur l’étendue du pays entier et de 7% pour la simple ville de Kinshasa (Judith TEKE, 2003).

La RDC compte actuellement plus de 8 millions des diabétiques dont 200 000 à Kinshasa; a déclaré le Directeur national du programme national de lutte contre le diabète au cours d’une revue de presse accordée à radio okapi en avril 2015 (Radio-Okapi, 2015).

La province du Haut-Lomami est de toute évidence touchée par cette situation, avec bien des cas non diagnostiqués, ce qui échappe aux agents de santé de pouvoir établir les statistiques réalistes par rapport à cette pandémie. Face à cette alarmante situationnelle, nous nous préoccupons de savoir, quelle est la prévalence du diabète sucré à l’hôpital général de référence de Kamina ?

1.3. Objectifs de l’étude

1.3.1. Objectif général

L’objectif général poursuivi par cette étude est de déterminer la prévalence du diabète sucré dans la ville de Kamina afin de contribuer à l’amélioration de la santé de la population.

1.3.2. Objectifs spécifiques

Pour parvenir à notre objectif général, notre étude poursuis comme objectifs spécifiques;

• Déterminer l’âge et le sexe le plus touché par le diabète dans la ville de Kamina;
• Identifier les facteurs pouvant favoriser la survenue du diabète sucré;
• Décrire le type de diabète le plus fréquent dans la ville de Kamina

1.4. Choix et intérêt du sujet

1.4.1. Choix du sujet

Le diabète constitue un problème majeur de santé publique, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement, de par son ampleur et sa forte association avec mortalité.

Le choix de ce travail est justifié par la prévalence élevée du diabète constaté dans plusieurs structures sanitaires de la zone de santé de Kamina lors de nos stages de professionnalisation et des vacances; alors que nous le diabète sucré reste aujourd’hui l’une de pathologies.

1.4.2. Intérêt du sujet

– Intérêt personnel :

Cette étude permettra d’approfondir nos connaissances sur la prévalence et la prise en charge de diabète.

– Intérêt scientifique

Ce travail va constituer un document de référence pour les autres chercheurs qui viendront après nous mener aussi une étude dans ce domaine.

– Intérêt communautaire

Ce travail va permettre de conscientiser et/ou de sensibiliser la communauté sur les facteurs de risque liés au diabète.

1.5. Délimitation du travail

Cette étude a été menée en République Démocratique du Congo, province du Haut-Lomami, zone de santé de Kamina précisément à l’hôpital général de référence de Kamina pendant une période allant de Janvier 2017 au Décembre 2018.

1.6. Subdivision du travail

Hormis l’introduction, la conclusion et les suggestions, ce travail est subdivisé en deux parties notamment :

⇒ La première partie porte sur l’approche théorique et comprend un chapitre dont les généralités le diabète.

⇒ La seconde partie se penche sur les aspects pratiques et est composée de quatre chapitres dont le premier concerne la présentation du cadre de l’étude, le deuxième sur l’approche méthodologique, le troisième traite sur la présentation et interprétation des résultats et enfin le dernier porte sur la discussion des résultats.

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