La première page du mémoire (avec le fichier pdf):

Les scandales financiers dans le secteur associatif français

  1. Enjeux d’Internet dans la communication des associations
  2. Historique de la communication associative
  3. Les objectifs de communication des associations : le financement
  4. Le marché du don : Grandes tendances du secteur associatif
  5. Motivations et attentes du donateur – Typologie des donateurs
  6. Types de dons : spirituel, plaisir, magique, militant, émotif…
  7. Typologie des messages utilisés par les associations pour communiquer
  8. La mise en scène de la victime et le rôle proposé au donateur
  9. Les 6 stratégies d’incitation au don, les messages associatifs
  10. Outils de communication utilisés par les associations en France
  11. Campagnes publicitaires et produits-partage des associations en France
  12. La vente de produits partenaires et la communication associative
  13. Secteur associatif: l'humanitaire est-il indépendant du politique ?
  14. La dimension morale de l'humanitaire et la professionnalisation
  15. Les scandales financiers dans le secteur associatif français
  16. L’image de l’association et la communication du secteur marchand
  17. Le collecte de fonds et la communication des associations
  18. Les conditions de la médiatisation de l’action humanitaire
  19. Le secteur associatif en France : vers une auto-régulation
  20. Formes de communication : participation des donateurs
  21. Les associations et la collecte de fonds en ligne – dons en ligne
  22. Promotion et développement de l’engagement de donateurs par Internet
  23. La sensibilisation de donateurs potentiels: la newsletter
  24. La promotion du site web d’une association et les internautes
  25. Participation des internautes aux actions menées par l’association
  26. La relation entre les donateurs et l’association : la transparence
  27. Démocratie au sein des associations et gestion de l’information
  28. Facteurs de succès de la communication associative sur Internet
  29. Supprimer les freins fonctionnels à la donation en ligne
  30. Cultiver les donateurs actuels et potentiels
  31. La perception de la détresse et des remèdes à y apporter en France
  32. Tamagotchi humanitaire…communication des associations

3. Les scandales financiers
« L’industrie du don » s’est particulièrement développée dans les années 1980. Des sommes d’argent considérables sont récoltés chaque année. Entre 1985 et 1998, les ressources drainées par les ONG sont passées de 198 Millions d’Euros à près de 534 Millions. En 1999, les ressources collectées étaient estimées à 665 Millions d’Euros, dont 407 Millions de dons privés23. Inévitablement, il y a eu quelques détournements personnels, gaspillages et usages détournés.
a) Le détournement d’argent au profit d’individus
En 1985, l’affaire Crozemarie bouleversait le secteur associatif bénéficiant de la générosité du public : la France apprenait que l’homme à la blouse blanche (qui n’avait jamais été médecin) venait de se faire épingler pour détournement d’argent. Celui-ci confiait ses campagnes de communication à la firme International Development, qui surfacturait ses services et reversait aussitôt des salaires indus à la société du patron de l’ARC.
En 1996, le rapport de la Cour des comptes indiquait que seuls 26% des dons pour la recherche parvenaient effectivement aux scientifiques, ce qui représente au moins 300 millions de francs détournés.
Avec cet argent, Monsieur Crozemarie a pu financer sa piscine privée, son matériel vidéo sophistiqué, la climatisation de l’une de ses villas, sans oublier l’aménagement de son appartement à Villejuif, ses voitures de fonction, ses voyages en avion, ainsi que les salaires de ses domestiques et de ses maîtresses…
Du côté des donateurs, et du secteur associatif, le scandale a fait place à l’indignation et les donateurs ont vu leur confiance trahie. Pour cette raison, le secteur associatif faisant appel à la générosité du public qualifie le scandale de fait structurant dans l’établissement d’une nouvelle relation entre associations et donateurs (cf. étude de Weil Opinion sur la confiance).
b) Les détournements d’argent au profit de l’association
Les difficultés que rencontrent nombres d’associations pour financer leur frais de fonctionnement peut entraîner des dérives ou « arrangements » comptables. Il peut en effet arriver que certaines associations, déclarant utiliser 80% des dons pour le terrain, « maquillent leurs comptes » pour faire correspondre la réalité avec le discours. Par exemple, le salaire des coordinateurs de mission qui travaillent au siège peut être réparti sur le différentes missions auxquelles ils sont affectés ou sur les frais de structure.24
Ainsi, Handicap International fait figurer, sur son site Internet, sur une page accessible en cliquant sur l’onglet « Dépenser pour agir », fait figurer la répartition suivante pour un don de 100F :
– 71,21F : réalisation de programmes
– 12,96F : appel et gestion des dons
– 7,90F : gestion de l’association
– 4,38F : animation et vente des produits
– 2,24F : information des médias et de l’opinion
– 1,30F : soutiens et provisions
Nous remarquons alors que la sacro-sainte règle des 20% des fonds affectés au fonctionnement et 80% à la réalisation des actions n’est pas respectée.
Cependant, compte tenu des actions menées par l’association et de la qualité de services que celle-ci fournit, elle peut se permettre d’afficher certaines dépenses, notamment en terme de représentation publique.
Il peut aussi y avoir des usages détournées « moins moraux » parce que beaucoup plus orientés. On peut citer, à titre d’exemple, l’affaire Raoul Follereau, révélée par l’IGAS (Ministère des Affaires Sociales) en 2001 et rapidement relayée par les médias. D’après ce rapport, l’association offrait des aides financières sans lien avec la lèpre à des églises en Afrique, subventionnait des cardinaux conservateurs au Vatican et réalisait des investissements dans des plantations de palmiers en Côte d’Ivoire.
D’après Rony Brauman, il semblerait que dans le milieu humanitaire, ces pratiques aient été connues depuis des années25 .
c) Les détournements d’argent « pour la bonne cause »
Sans que l’argent de la générosité du public soit utilisé aux fins personnelles de quelques- uns, il arrive parfois qu’il soit détourné de son usage premier pour des raisons plus ou moins morales.
Ces dérives s’expriment le plus souvent par des maquillages comptables. Des associations peuvent ainsi, selon les périodes, transférer « pour la bonne cause » une partie de l’argent récolté pour des crises médiatiques vers des crises oubliées. Une partie de l’argent donné pour le Burundi pourra ainsi passer en Afghanistan, ou l’inverse, en fonction du baromètre médiatique. « Nous savons que nous n’avons pas le droit, mais nous n’avons pas le choix… » a lancé un dirigeant d’une grosse association humanitaire, basée à Paris, aux envoyés de la Cour des Comptes venus inspecter ses livres comptables.26
Cette pratique tend à combler les lacunes et les dérives de la médiatisation et de la politique dans le souci de traiter équitablement les victimes. Afin de régulariser cette pratique, Handicap International informe ses donateurs que leur argent sera destiné en priorité à l’action pour laquelle ils ont donné, mais que dès que le budget nécessaire à la réalisation de cette action serait atteint, le reste serait réorienté vers des actions plus défavorisée en terme de dons. Ainsi les dons pour l’Inde, toujours surnuméraires, sont en grande partie réorientés vers le Mozambique ou autres pays moins « vendeurs ».
F
Certains modes de fonctionnement présentés dans cette partie peuvent, pour certains, être considérés comme des dérives auxquelles les associations doivent remédier, ce à quoi, d’après nos sources, celles-ci travaillent, soit en interne, soit par le biais de groupes de recherche.
Dans cette partie, nous avons identifié certaines dérives ou risques de dérives relatifs au bon fonctionnement des associations. Généralement ces dérives restent méconnues du grand public, mais lorsque celles-ci peuvent faire scandale, elles sont rapidement relayées par les médias.
Finalement, ces dérives – détournement d’argent au profit d’individus mis à part – sont en fait des contraintes de fonctionnement justifiables vis à vis des donateurs.
Dans ce cadre, nous comprenons donc l’importance d’ouvrir des espaces de dialogue entre donateurs et associations. L’information de ceux-ci sur ces sujets doit être pensée au regard des profils et comportements des donateurs identifiés au chapitre 1.
Lire le mémoire complet ==> (Les enjeux d’Internet dans la communication des associations)
Mémoire de DESS – Nouveaux Medias De L’information Et De La Communication
Université de la Méditerranée – Ecole de Journalisme et de Communication de Marseille
 

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