Le commerce en Afrique du nord et l’économie du savoir

Le commerce en Afrique du nord et l’économie du savoir

2. Le commerce extérieur en Afrique du Nord

Le commerce en Afrique du nord

2.1. Dynamique des échanges commerciaux en Afrique du Nord

2.1.1. La dynamique régionale nord africaine

L’étude montre que la région nord africaine ne constitue pas encore une unité régionale politique et commerciale étant donné qu’aucune communauté économique régionale n’englobe les sept pays en même temps.

L’UMA, seule communauté économique régionale uniquement constituée de pays nord africains compte cinq membres parmi les sept.

Toutefois, en plus des accords commerciaux bilatéraux existant entre eux, les pays de la région ont en commun certains groupements régionaux ou internationaux (la GZALE, la CEN-SAD, le COMESA).

Le principal groupement de la région, l’UMA, ne parvient pas encore à créer une véritable dynamique régionale, la part du commerce intra-régional étant très faible en comparaison avec d’autres groupements de part le monde, y compris sur le continent africain.

Cette part est de plus très faible par rapport à d’autres groupements de niveaux de développement similaires.

Les accords d’intégration commerciale conclus par les pays nord africains pourraient présenter une multitude d’avantages pour eux, notamment constituer un poids et un pouvoir de négociations significativement plus importants.

Or le manque de mécanismes qui régissent l’application de ces accords ainsi que les initiatives infructueuses ou lentes à se mettre en place, peuvent mener à un désintérêt des pays membres de la question régionale et affecter négativement le commerce entre eux.

2.1.2. Accords commerciaux des pays de l’Afrique du Nord

Les pays d’Afrique du Nord sont tous engagés dans des processus commerciaux multilatéraux et régionaux, et sont aussi signataires d’accords préférentiels bilatéraux et régionaux.

La plupart des pays sont signataires de plusieurs accords commerciaux qui se chevauchent.

Les accords préférentiels signés avec l’Union Européenne sont les accords régionaux les plus importants pour la sous-région.

Part des exportations destinées au marché nord africain en 2004 (en %)
Part des exportations destinées au marché nord africain en 2004 (en %)

Le tableau 2.1 ci-dessous détails les accords commerciaux des pays d’Afrique du Nord.

2.1.3. Echanges inter Afrique du Nord

Il ressort clairement des chiffres établis dans le rapport que la région nord africaine ne connaît pas une dynamique commerciale interne très active, et les visions sont résolument tournées ailleurs.

Engagements et Accords Préférentiels signés par les pays de la sous-région
Engagements et Accords Préférentiels signés par les pays de la sous-région

Pour les pays d’Afrique du Nord, et les pays de l’UMA en particulier, les échanges avec l’Afrique sont essentiellement des échanges avec la région nord africaine.

Toutefois l’étude montre que ces échanges sont dérisoires compte tenu des échanges globaux réalisés par ces pays avec le reste du monde.

La sous-région nord africaine est à ce titre un des cas les plus extrêmes pour la faiblesse de son intégration inter régionale.

Aucun des pays de la région ne destine plus de 6% (chiffre réalisé par la Tunisie) de ses exportations totales vers la région nord africaine.

Le commerce bilatéral le plus important dans la sous-région est réalisé entre la Tunisie et la Libye.

Figure 2-2 : comparaison du niveau des exportations intra-régionales dans les différentes régions du monde (2004)
Figure 2-2 : comparaison du niveau des exportations intra-régionales dans les différentes régions du monde (2004)

Le commerce intra-régional de l’Afrique du Nord se situe aux environs de 2,7%.

A titre de comparaison la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) réalise un taux d’intégration commercial de 31% (la communauté a été créée en 2000 et le taux d’intégration était de 8% en 2001).

2.1.4. Echanges avec l’Union Européenne

Les regards des pays nord africains sont résolument tournés vers l’Europe, profitant d’accords commerciaux avantageux et de relations historiques particulières.

L’activité commerciale des pays d’Afrique du Nord est fortement concentrée sur l’Europe.

En effet, à l’exception du Soudan (qui destine 76% de ses exportations vers les pays émergents d’Asie), l’Union Européenne représente le débouché de 40 à 80% des exportations des pays nord africains.

La dépendance des pays nord africains (à l’exception du Soudan) par rapport à l’UE est aussi confirmée par les importations de ces pays, faisant clairement apparaître celle-cicomme le principal partenaire des pays d’Afrique du Nord, dont l’intérêt vers cette région laisse peu de place pour un échange inter régional.

3. L’économie de l’information et du savoir en Afrique du Nord

Le rapport traite de l’économie de l’information et du savoir avant d’aborder les e-stratégies en Afrique du Nord.

3.1. e-Stratégies nationales

Les pays d’Afrique du Nord, prenant conscience des potentialités offertes par les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans le processus de développement socio-économique, ont défini des e-stratégies et mis en place un plan d’action pour le développement de l’économie numérique.

https://wikimemoires.net/2010/10/innovations-technologiques-production-diffusion-une-economie-du-savoir/

Tous les pays ont défini des stratégies TIC, et seule la Libye n’en dispose pas encore.

Différentes par la forme et fonction de la situation de départ du pays concerné, ces stratégies convergent cependant toutes vers les quatre mêmes mesures suivantes :

  1. Développer une infrastructure numérique appropriée pour favoriser un accès à tous et partout,
  2. Favoriser l’émergence d’un secteur local fort, par la promotion du secteur privé,
  3. Développer les compétences des ressources humaines (aussi bien les producteurs que les utilisateurs de technologie) par la formation et l’éducation,
  4. Mettre en place des cadres institutionnel et juridique adéquats favorisant le développement des TIC.

Ainsi, les stratégies nationales concernent les environnements infrastructurels, institutionnels et juridiques de l’économie numérique, mais aussi le développement des ressources humaines et des entreprises locales.

3.2. Mise à niveau de l’infrastructure numérique

3.2.1. Stratégies nationales concernant l’infrastructure numérique

Constatant que la diffusion de la culture numérique ne peut se faire que sur la base d’une infrastructure numérique solide.

Les stratégies nationales des pays d’Afrique du Nord se sont d’abord attachées à améliorer leurs infrastructures de télécommunication, dépasser le monopole des télécommunications fixes et mobiles, augmenter leurs bandes passantes internationales et mettre en place un vaste programme de diffusion de l’Internet à haut débit sur la totalité de leurs territoires.

Le commerce en Afrique du nord et l'économie du savoir

Ces programmes ont tous le même slogan : « l’Internet pour tous et partout ».

Généralement prises en compte très tôt au niveau des stratégies nationales, les infrastructures TIC n’ont réellement été développées que très récemment à partir de 2001.

Tous les pays ont alors entrepris une série de mesures pour développer les accès à Internet, notamment la cession des monopoles sur les télécommunications et la démocratisation de l’ADSL devenu accessible à la population.

La concurrence au niveau des fournisseurs de services Internet a eu pour conséquence de faire baisser les prix.

De même, le dépassement du monopole de l’opérateur national pour la téléphonie mobile a eu pour effet de démocratiser utilisation et prix.

3.2.2. Indicateurs TIC des pays d’Afrique du Nord

Elément essentiel de la diffusion des TIC, les télécommunications, et notamment les télécommunications fixes, sont la base de la pénétration d’Internet aussi bien dans le milieu professionnel qu’au niveau des ménages.

Concernant la téléphonie fixe, le constat est le même pour la globalité des pays d’Afrique du Nord : les chiffres sont très faibles.

Pour tous ces pays, l’évolution s’est faite très lentement au fil des années et de façon non significative.

Mises à part l’Algérie, la Libye et la Tunisie (qui a tout de même ouvert le capital de son opérateur téléphonique fixe), tous les pays ont d’ores et déjà dépassé le monopole de l’opérateur historique de la téléphonie fixe, l’Egypte étant le dernier en date (et dont le monopole sur la téléphonie fixe a pris fin en janvier 2006).

Ceci n’a pourtant pas eu d’effet important sur l’évolution de la télédensité, comme celle remarquée lors de l’entrée sur le marché d’un nouvel opérateur de téléphonie mobile, et pour tous ces pays.

La croissance des marchés nationaux de télécommunications reste supportée par la téléphonie mobile qui a effectué un véritable boom après 2001 pour toute la région.

Télédensités, Source : IUT (2005) Tableau 3-1 : Taux de pénétration des téléphonies mobile et fixe
Télédensités, Source : IUT (2005) Tableau 3-1 : Taux de pénétration des téléphonies mobile et fixe

Le taux de pénétration de l’informatique est tout aussi important; celui-ci est très hétérogène sur l’ensemble des pays d’Afrique du Nord.

Cet indicateur est intimement lié à la pénétration d’Internet dans les ménages.

Source : IUT (2005) Tableau 3-2 : Taux de pénétration de l'informatique dans les pays d'Afrique du Nord
Source : IUT (2005) Tableau 3-2 : Taux de pénétration de l’informatique dans les pays d’Afrique du Nord

Pour tous les pays d’Afrique du Nord, le monopole de fournisseur de services Internet est dépassé. Plusieurs fournisseurs publics et privés se disputent le marché.

Cela a permis d’augmenter le nombre d’abonnés à Internet et par là même le taux de pénétration d’Internet dans ces pays.

Source : IUT (2005) Tableau 3-3 : nombre d'abonnés à Internet dans les pays d'Afrique du Nord
Source : IUT (2005) Tableau 3-3 : nombre d’abonnés à Internet dans les pays d’Afrique du Nord

Le taux de pénétration d’Internet n’est pas homogène à travers les pays nord africains, certains sont beaucoup plus avancés que d’autres, étant donné que certains pays, comme la Mauritanie, n’ont commencé concrètement leur développement qu’en 2005.

Source : IUT (2005) Tableau 3-4 : Taux de pénétration d'Internet dans les pays d'Afrique du Nord
Source : IUT (2005) Tableau 3-4 : Taux de pénétration d’Internet dans les pays d’Afrique du Nord

Préalablement, les gouvernements ont entrepris la mise en place de centres publics d’accès à Internet.

Ces centres ont proliféré très rapidement et contribuent grandement à la diffusion de la culture numérique, aussi bien dans les grandes villes que dans les régions urbaines.

En Tunisie, par exemple, et en plus de la multitude des centres existants, il est prévu d’en créer un par village à l’horizon 2009.

Les chiffres clés du commerce électronique en France

Pour continuer la diffusion des TIC dans les régions enclavées, les pays nord africains envisagent la couverture de la totalité des territoires via les nouvelles technologies d’interconnexion comme le satellite ou le Wimax.

3.2.3. Impulsions gouvernementales et e-services

Toutes les stratégies nationales ont débouché vers des réalisations de projets concrets de la part des gouvernements.

Si tous les pays ne sont pas arrivés au stade du commerce électronique, beaucoup ont initié des projets nationaux de e-government et autres eservices.

Les pays d’Afrique du Nord disposent de plusieurs projets nationaux dans ce domaine dont certains sont présentés dans le rapport.

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