Université de Kinshasa

Faculté des sciences Département des géosciences
bp. 190/Kinshasa XI

Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du titre de Licencié en Sciences Géologiques
Contribution à l’étude pétrographique, géochimique et minéralographique des formations de Kabanda-Musefu et ses environs
Contribution à l’étude pétrographique, géochimique et minéralographique des formations de Kabanda-Musefu et ses environs (Kasai Central, RDC).

Présenté par :
KANGOMBE BATUKWA Benjamin
LUTETA LUIMPA KABALA Elie

Directeur :
KANIKA MAYAENA Thomas
Professeur ordinaire

2022

Epigraphes (1)

Qui vit longtemps voit la danse de la colombe

Proverbe africain

KANGOMBE BATUKWA Benjamin


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Epigraphes (2)

Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément.

Albert EINSTEIN

Elie LUTETA LUIMPA KABALA

Dédicace (1)

Je voudrais bien prouver ma gratitude envers ceux qui, de loin ou de près m’ont supporté tant matériellement que moralement.

A mon père Thomas KAYOBOLA KANGOMBE A ma mère Marie BYANABIKE KANGOMBE

A mes très chers frères et sœurs, Jean NGUMBI MATABU, Véronique TABU KINGOMBE, Sylvie MOZA MUSHABAH, AKILIMALI

KAPOLA Joseph, RADJABO KANGOMBE Bonaventure, NGUMBI YAMOMBO Joseph, à qui je demande de trouver dans ce travail l’expression de ma profonde gratitude et affection pour toute la patience et l’endurance qu’ils ont consenties pour moi.

A mes amis et collègues MUFAUME KATCHAKA Merci, MBETE MUTOMBO Emmanuel, INGILA ASANGA Samuel, MUTOMBO

KABOLO John, MUKOMBOZI MUITO Francine avec qui, nous avons partagé ensemble des bons moments durant notre parcours académique.

A tous je dédie ce travail.

KANGOMBE BATUKWA Benjamin


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Dédicace (2)

A toute notre famille, nos très chers parents, nos frères et sœurs ; à tous ceux qui nous ont soutenu et encouragé ; et à nos amis. A cette personne très chère à nos yeux, qui est aussi folle, autant que nous le sommes, de découvertes scientifiques.

A tous ceux et celles qui comme nous, sont amoureux et passionné(e)s des sciences, curieux de nature, et qui comme nous aiment tout comprendre, de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

A ceux qui viendront après nous pour approfondir notre thématique, nous souhaitons que ce modeste travail, dont la réalisation a demandé un temps et une patience inimaginable, sans oublier les nuits blanches, soit un tremplin pour l’éclosion de la nouvelle élite du peuple congolais.

A toi, nous disons : sois confiant, n’aies pas peur et fais face à l’adversité en gardant la tête haute ; et vas toujours de l’avant tout en conservant tes idéaux scientifiques. Demeure toujours humble.

A toutes ces personnes, nous dédions ce travail.

Elie LUTETA LUIMPA KABALA

Remerciements (1)

La réalisation d’un travail scientifique recourt à la contribution de plusieurs personnes dont chacune joue un rôle bien précis ; seuls, nous ne pouvions aboutir à rien.

C’est pourquoi nous tenons à adresser quelques mots en termes de remerciements à l’égard de toutes ces personnes, qui, de près ou de loin, ont apporté leur petite pierre comme contribution à l’édification de cette œuvre scientifique. Sur ce, nous remercions le Dieu, notre créateur, Maître des temps et des circonstances, lui qui nous a offert les capacités intellectuelles et de l’énergie nécessaires nous ayant servis pour la rédaction de cette œuvre.

De façon beaucoup plus particulière, nous remercions le Professeur ordinaire KANIKA MAYENA Thomas pour avoir accepté de tout cœur d’assurer la direction de ce travail. Son esprit scientifique et d’accueil, ses remarques judicieuses, ses orientations et conseils pertinents nous ont aidés à bien mener cette investigation.

Nous manifestons aussi notre vive gratitude à l’endroit de tous les Chefs de Travaux et Assistants enseignant au Département des Géosciences qui nous ont offert un cadre et des moments intellectuels et moraux sans lesquels notre bagage géologique ne se serait autant développé jusqu’à cette réalisation.

Notre reconnaissance va chaleureusement à l’endroit de notre famille restreinte et élargie, pour l’amour, la confiance en notre personne et tous les moyens nécessaires mis à notre disposition pour la réussite de cette œuvre.

Nous remercions aussi, Monsieur le Chef du Département LCA CGEA/CREN-K, Thomas SOLO KUANDA, pour son encadrement durant le stage basé sur les analyses chimiques des échantillons, à l’AT du Territoire de Luiza l’Ir. Jean KABAMBA MUKINAYI, à tous les chefs coutumiers du secteur de Lusanza ainsi que l’Assistant Odrick TUEMA pour son expertise dans les analyses microscopiques.

KANGOMBE BATUKWA Benjamin


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Remerciements (2)

Au Seigneur Jésus-Christ, Lui le Maitre des temps et des circonstances, l’Auteur de la vie et de toutes bonnes choses, que Son Saint Nom soit béni éternellement. Si ce n’était son soutien, nous ne serions pas en vie en ce moment en train d’écrire ces quelques mots.

Nous remercions notre Directeur de mémoire, le Professeur KANIKA MAYENA Thomas pour son assistance et sa disponibilité.

A toute notre famille, à nos parents et tout particulièrement à notre très chère mère, à nos frères et sœurs ; et à tous ceux et celles qui nous ont encouragés quand les chemins devenaient obscurs.

A la grande, joyeuse et aimante famille TSHIYOMBO dont nous sommes membre, et à nos grands-parents.

A la grande et vieille famille KABALA, au sein de laquelle nous avons vu le jour.

A toutes les personnes qui nous ont aidés là, dans ce petit village fort sympathique du Kasaï-Central.

A cette personne qui occupe nos pensées et dont la présence nous est fort agréable ; et qui comme nous aime The waltz of the flowers de Tchaikovsky.

A tous ceux et celles qui comme nous aiment le Seigneur Jésus-Christ. Nous vous adressons nos remerciements.

Elie LUTETA LUIMPA KABALA

INTRODUCTION

CHOIX & INTERET DU SUJET

Le choix du sujet développé dans ce travail, résulte de l’intérêt géologique du Territoire de Luiza, qui présente une potentialité aurifère non négligeable et économiquement valorisable. L’étude sur les plans pétrographique, géochimique et minéralographique des formations géologiques de ce secteur apporterait un plus dans les connaissances sur la géologie locale.

PROBLEMATIQUE

La République Démocratique du Congo qualifiée de scandale géologique, présente une potentialité très variée en minerais économiquement valorisables. De cette panoplie des ressources minérales identifiées, plusieurs semblent non seulement être mal connues mais aussi inexploitées dans la plupart des provinces et particulièrement le Kasaï- Central.

En dehors des gisements aurifères découverts par les géologues belges dans la partie SE de la RDC, les exploitations mécanisées ont vu le jour. Pour améliorer l’exploration et l’exploitation, les géologues se sont confrontés à deux types de problèmes :

Un problème relatif à la classification des connaissances sur l’environnement géologique, support des minéralisations ;

Et un problème lié aux modèles de mise en place des minéralisations.

Conscient de cette situation, le Gouvernement congolais à travers plusieurs initiatives, a tenté au fil du temps, de mener des campagnes de prospection minière tactique et initier plusieurs réformes dans le secteur minier afin de résoudre les problèmes liés à la valorisation de son sous-sol. Pour ces raisons, et dans le cadre de notre travail de fin d’études, nous avons choisi d’apporter une contribution sur les caractérisations pétrographiques, géochimiques et minéralographiques des formations de Kabanda-Musefu dans le Territoire de Luiza, dans le Kasaï Central.

OBJECTIF DU TRAVAIL

Ce travail poursuit les objectifs suivants :

De manière générale, ce travail vise à contribuer à la connaissance géologique du Territoire de Luiza et placer les jalons sur la géologie du secteur de Lusanza ;

Et d’une manière spécifique, il s’agira d’identifier les différents lithofaciès que l’on peut trouver dans la région, leur description pétrographique, géochimique et minéralographique ainsi que l’environnement de dépôt de la minéralisation et les processus générateurs de fluides métallifères.

METHODOLOGIE ET MATERIELS UTILISES

Pour mener à bien cette étude, nous avons suivi un cheminement logique en trois étapes principales inhérentes à toute investigation géologique, à savoir :

Les recherches documentaires préliminaires afin d’acquérir certaines connaissances (informations) et se faire une idée sur notre région d’étude. Pour ce faire, nous avons utilisé l’internet et les données fournies par la bibliothèque du département des géosciences de l’UNIKIN, dans le but de réaliser les cartes topographiques, pour la localisation des stations d’observations et d’échantillonnage, et géologique du secteur d’étude moyennant des logiciels SIG.

En second lieu, nous sommes descendus sur terrain pour une vingtaine des jours, dans le but d’un lever géologique exhaustif accompagné de la collecte des échantillons destinés aux analyses de laboratoire. Pour cette étape de travail, le matériel utilisé comprend :

  • Une carte topographique et une carte géologique de la région cible ;
  • Un GPS de marque Garmin pour nous localiser et localiser nos stations d’observation et d’échantillonnage ;
  • Un marteau de géologue pour prélever les échantillons et indiquer le nord avant la prise des photos ;
  • Une boussole géologique à clinomètre incorporé pour le prélèvement des mesures structurales ;
  • Un appareil photographique pour prise de vues des différentes stations d’observation ;
  • Une loupe 20x ;
  • Des feutres pour numéroter les échantillons des roches et indiquer la polarité ;
  • Des sachets en plastique pour l’emballage des échantillons ;
  • Deux sacs à dos pour faciliter le transport des échantillons et d’autres matériels ;
  • Une machette pour le dégagement de la couverture végétale sur les affleurements ;
  • Deux carnets et des stylos pour la prise des notes ;
  • Un double décamètre pour mesurer les épaisseurs des structures planaires et linéaires.

A l’étape du laboratoire, sur l’ensemble des échantillons ramenés du terrain, nous avons sélectionné une dizaine d’échantillons représentatifs pour les différentes analyses, à savoir : la confection des lames minces et des sections polies à l’atelier de la Mention Géosciences de l’université de Kinshasa, en vue d’une description microscopique des roches de la région ainsi que les analyses géochimiques au Centre régional d’Etudes Nucléaires de Kinshasa, CRENK en sigle.

Les matériels utilisés à l’étape de laboratoire comprennent :

Un microscope polarisant à lumière transmise (de marque Optika) pour déterminer les constituants des échantillons de roches, sur base des critères optiques définis par Roubault et al. (1963), et Beaux et al. (2007) ;

Un microscope polarisant à lumière réfléchie (de marque Optika) pour déterminer les types des minéraux opaques identifiés au microscope pétrographique ;

Un spectrophotomètre UV pour les analyses au laboratoire (cfr CRENK) ;

Une balance en grammes ;

La moule (appareil dans lequel on place la poudre de l’échantillon, afin de la soumettre à une presse sous une masse de 8 kilotonnes conduisant ainsi à l’obtention d’un comprimé) ;

La presse en kilotonnes.

0.5. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Hormis l’introduction et la conclusion, ce travail est scindé en quatre chapitres, à savoir :

  1. Le premier chapitre aborde les généralités sur la province du Kasaï-central, notamment son cadre géographique et son cadre géologique ;
  2. Le deuxième chapitre présente l’ensemble des travaux réalisés sur terrain ;
  3. Le troisième chapitre est axé sur les travaux de laboratoires et leurs résultats ;
  4. Le quatrième chapitre discute et interprète les résultats obtenus.

CHAPITRE I : GENERALITES

Il est question de présenter en quelques lignes les contextes géographique et géologique du Kasaï- Central, déjà évoqués par bon nombre d’auteurs mais tout en nous focalisant sur la géologie locale du Secteur de Lusanza, plus précisément la localité de Kabanda-Musefu et ses environs, dans le Territoire de Luiza.

CADRE GEOGRAPHIQUE

Localisation

Le Kasaï-Central est depuis 2015 une des provinces de la République Démocratique du Congo, à la suite de l’éclatement de l’ex-province du Kasaï Occidental. Elle a pour chef-lieu la ville de Kananga. Elle a une superficie de 58 368 km2, et est située entre les parallèles 2° et 8° de latitude Sud et entre les méridiens 21°30’ et 24° de longitude Est.

La province du Kasaï-Central est bornée au Nord par la province de Sankuru, au Sud par la province angolaise de Lunda Norte et de la province de Lualaba (au Katanga), à l’Est par la province du Kasaï Oriental et à l’Ouest par la province du Kasaï (Figure 1).


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Figure 1 : Carte administrative de la province du Kasaï-central localisant le secteur d’étude

Relief et hydrographie

Le plateau, dont le sous-sol est constitué par le crétacique subhorizontal, est découpé par des larges dépressions plus ou moins vallonnées des cours d’eau principaux où affleure le soubassement précambrien, et par des vallées plus encaissées de leurs tributaires, entaillées soit dans ce soubassement, soit dans le crétacique. Il en résulte qu’il se réduit presque partout à un axe étroit, dépassant rarement 1 ou 2 km, et envoyant de longues digitations entre un réseau fort dense de vallées.

Les têtes de ces vallées atteignent souvent la crête mais n’y déterminent que rarement des cols bien creusés. Les dénivellations sont habituellement de 50 à 100 m entre les fonds et la crête toute proche. Les grandes vallées se tiennent à 100 ou 120 m sous le niveau des plateaux les plus élevés, dans le Sud, et à plus de 150 m, dans le Nord de la région (Service géologique du bureau de Lubumbashi, Notice explicative de la feuille de Dibaya, 1966).

A côté des reliefs actuels, il y a lieu de signaler l’existence de reliefs enfouis, exhumés localement par l’érosion. A la base des couches raccordées à la série de Bokungu, doit se situer un aplanissement d’érosion très régulier, si on en juge par ce que l’on sait du Kasaï occidental, peu à l’Ouest de la région de Dibaya, où cette surface a été bien mise en évidence (C. Fieremans et J. Lepersonne, 1954), et par les observations, corroborées par les tracés des limites géologiques, qui montrent que, dans la feuille de Dibaya, cette base a une allure très régulière.

Cette surface est exhumée localement sous la forme de plates-formes qui se situent à l’altitude et dans le prolongement du contact entre couches raccordées à la série de Bokungu et à la série de la Loia.

L’étude géologique a montré, et les tracés de la carte le confirment, que le relief du soubassement précambrien, au-dessous des couches raccordées à la série de la Loia, est accidenté. On peut se demander si ce relief date en son entier de peu avant le crétacique ou s’il n’est pas lui-même en partie un relief glaciaire du Carbonifère supérieur exhumé par l’érosion qui a précédé le dépôt du Crétacique. Certains indices et la présence au Sud-Ouest (L. Cahen, 1951 ; C. Fieremans, 1961), au Nord (L. Cahen et al, 1960) et à Est de lambeaux de la série de la Lukuga rendent cette hypothèse vraisemblable.

Il semble que l’on doive attribuer au relief fossile anté-mésozoïque l’absence de crétacique sur une grande partie de la région occupée par le complexe de la Lulua, région dont les zones hautes sont à une altitude égale ou supérieure à celle de la limite entre les deux séries crétaciques.

Le Territoire de Luiza est traversé en son milieu, du Sud au Nord, par la Lulua, gros affluent droit de la rivière Kasaï. Son bassin en occupe la plus grande partie ; ses principaux affluents sont, à gauche, la Miao, à droite, la Lubi-a-Mpata, la Moyo et la Malafudi. Quelques tributaires de la Lueta, autre affluent droit du Kasaï, empiètent sur son coin Sud-Ouest. Le bord Est appartient au bassin de la Lubi, tributaire du Sankuru, par ses deux affluents gauches, la Lukula et la Luekeshi.

Climat

Le climat de la province du Kasaï-Central est du type tropical chaud et humide caractérisé par l’alternance de saisons, à savoir : la saison des pluies et la saison sèche.

Sols et végétation

La province du Kasaï Central connaît deux types de végétation : la végétation forestière et la savane guinéenne. La première est rencontrée dans la partie Nord des Territoires de Demba et de Dimbelenge, tandis que la seconde occupe une grande partie de la province sur le sol relativement pauvre d’une part, des terres riches du Territoire de Luiza et du sud du Territoire de Kazumba.

Deux types de sol caractérisent la province du Kasaï Central : sol argilosablonneux qui domine tout le Territoire de Luiza et le secteur de Tshishilu, en Territoire de Dibaya, et le sol sabloargileux prédominant dans le reste de la province (Wikipédia).

CADRE GEOLOGIQUE REGIONAL

Introduction

La structure morphologique de l’ensemble de la RDC offre une image assez simple, celle d’une zone déprimée au centre du pays, la cuvette centrale (CC), entourée d’une ceinture annulaire de topographie plus élevée (bourrelet périphérique) composée dans sa majeure partie des terrains plus anciens d’âge cryptozoïque.

L’ensemble « cuvette centrale-bourrelet périphérique » est limité par le Rift Est Africain à l’Est et la région littorale qui longe la côte atlantique à l’Ouest.

Sur le plan géologique, il y a lieu de distinguer deux ensembles, les terrains qui forment le socle et les terrains qui reposent sur ce socle, constituant ainsi la couverture. Le socle (soubassement) formé de terrains plus anciens d’âge précambrien affleure au niveau du bourrelet périphérique qui entoure la cuvette centrale où ils forment des blocs cratoniques (le craton de l’Ubangi et le craton du Kasaï) soudés par des chaines mobiles (Ouest Congolienne, Lufilienne, Kibarienne, Ruzizienne, les Super groupes de la Mbuji-Mayi et de la Lindi) et des terrains d’âge Méso et/ou Néoprotérozoïque (Bureau du service géologique de Lubumbashi, Notice explicative de la feuille de Dibaya, 1966).

Les formations comprises dans l’étendue du Kasaï s’ordonnent en deux ensembles principaux :

Une couverture formée de roches tendres ou meubles en couches sub- horizontales, d’âge crétacique inférieur et cénozoïque ;

Un soubassement d’âge précambrien constitué de formations sédimentaires plissées, de formations métamorphiques et de roches cristallines.

Formations de couverture

Ces formations, toutes d’origine continentale, peuvent être subdivisées en deux ensembles :

  1. L’un, d’occurrence plus ou moins locale, constitué par les alluvions holocènes de basses terrasses et de plaines alluviales ; et par des sables et graviers plio-pléistocènes occupant les aplanissements d’érosion de la fin du Tertiaire et du Pléistocène ;
  2. L’autre, ayant formé une couverture continue, actuellement démantelée par l’érosion, sur une étendue considérable du Sud du bassin du Congo et comprenant le Néogène, le Paléogène et le Crétacique.

Ce dernier ensemble a été, pendant longtemps groupé en un système, du Lualaba-Lubilash considéré comme équivalent des parties triasique et rhétienne du système du Karroo d’Afrique australe.

Ensuite, les couches supérieures en furent détachées sous le nom de système du Kalahari et les couches inférieures furent subdivisées en étage du Sankuru et étage du Lualaba, puis série du Kwango et série du Lualaba ; cette dernière subdivisée en étage de la Loia et étage de Stanleyville (voir ces différents termes dans L. Cahen et J. Lepersonne, 1956).

Au Kasaï, le Cénozoïque est continental et comprend :

Pliocène et Pléistocène inférieur : sables, plus ou moins argileux, avec gravier à la base, recouvrant des aplanissements d’âge fin- tertiaire. Les sables jaunes, liés aux aplanissements les plus anciens, résultent du remaniement de la série des sables ocre (voir ci-dessous) ; les sables rouges sont généralement liés aux formations crétaciques. L’épaisseur du manteau sableux varie de 25 à 40 m (L. Cahen, 1954).

Néogène : série des sables ocre (ou « Kalahari supérieur »). Constituée de sables fins, de teinte jaune-ocre dans la masse, gris clair en surface, cette série a, au Kasaï, une puissance maximum de 30 à 40 m et forme des lambeaux discontinus, résidus de l’érosion d’un manteau anciennement continu. Les sables ocre n’ont pas livré de fossiles ; leur âge est compris entre celui de l’aplanissement d’érosion sur lequel ils reposent, daté du mi- tertiaire (L.

Cahen et J. Lepersonne, 1952 ; L. Cahen, 1954) et qui tronçonne la série des « grès polymorphes » d’âge paléogène, et celui des cycles d’érosion de la fin du Tertiaire qui ont provoqué le démantèlement de la série des sables ocre et de la série des « grès polymorphes ».

Paléogène : série des « grès polymorphes » (ou Kalahari inférieur). Cette série, formée de sables, grès tendres et meulières (grès polymorphes) forme également des lambeaux discontinus. Son épaisseur qui, dans le Sud du bassin du Congo, décroît de l’Ouest vers l’Est et du Nord vers le Sud, n’est au Kasaï que de 10 à 20 m. Elle est fossilifère (ostracodes, gastéropodes, characées).

L’étude des ostracodes a conduit à fixer son âge au Tertiaire inférieur (Eocène ou Oligo-Miocène) (N. Grekoff, 1958). Deux gites fossilifères ont été observés au Kasai, au Mt Bunza, à 100 km à l’Ouest de la limite de la feuille Dibaya, et aux sources de la Lushenene (E. Polinard, 1937), à quelques km au Sud du 7ième parallèle.

En dehors de débris de meulières de la série des « grès polymorphes », parfois abondants, il ne subsiste aucun témoin en place de cette série et de celle des sables ocre dans les limites de la feuille Dibaya.

Le Mésozoïque du Kasaï comprend deux unités principales séparées par une légère discordance :

L’unité supérieure a été d’abord reconnue au Kasaï occidental et assimilée à la série du Kwango ; elle est subdivisée en couches II, ou supérieures, caractérisées par l’abondance des poudingues, et couches I, ou inférieures, constituées de grès à grain fin. L’ensemble, principalement gréseux, avec rares lits d’argilites, est de teinte rouge ; des ossements de reptiles, plus ou moins remaniés, ont été récoltés dans le poudingue de base. Celui-ci est diamantifère (C. Fieremans et J. Lepersonne, 1954).

L’unité inférieure a longtemps été assimilée à la série de Lualaba. Elle est constituée d’argilites et de grès tendre, de teintes variées, avec lentilles de meulières et de silex. Fossilifère au Kasaï occidental, elle a pu, de ce chef, être raccordée à la série de la Loia, d’âge wealdien, du Nord de la Cuvette congolaise (L. Cahen et al, 1960; L. Cahen, 1961).

Au Kasaï oriental, elle comporte les formations M1 à M4 de la succession locale ; ces formations sont transgressives l’une par rapport à l’autre du Nord vers le Sud (L. Cahen, 1951, 1954). Le raccord entre les formations fossilifères du Kasaï occidental et les formations non fossilifères du Kasai oriental a été assuré par des levés (L. Cahen, 1951 ; P. Raucq, 1959). La surface de base des formations du Kasaï raccordées à la série de la Loia est très irrégulière et a les caractères d’un paysage vallonné.

Outre les formations ci-dessus, il existe, dans le Nord de l’Angola, et peut-être au Kasaï occidental, de petits lambeaux de formations triasiques occupant des fossés tectoniques. Dans les mêmes régions, sont également observés des lambeaux de la série de la Lukuga, d’âge permien inférieur – carbonifère supérieur (C. Fieremans, 1961).

Soubassement du Kasaï

Le soubassement du Kasaï n’apparait que sous forme de boutonnières multiples à travers les formations de la cuvette centrale. Ces boutonnières laissent apercevoir également, recouvrant en discordance l’Archéen (PCD), les formations du Paléoprotérozoïque (PCC), du Mésoprotérozoïque (PCB), du Néoprotérozoïque (PCA), ainsi que les formations du Karoo. Ce bouclier

affleure de façon discontinue, sur une assez grande superficie de la partie centrale et méridionale du Congo. Il se poursuit dans le NE de l’Angola et il a été abondamment sillonné par les missions de prospection de diamant.

L’étude des blocs cratoniques archéens se base aujourd’hui sur la division des unités archéennes en chaînes granulite-gneiss, association granite-greenstone et bassins tardi-archéens, dykes et intrusions stratifiées (Fernandez-Alonso M. et al., 2015).

Les chaînes granulite-gneiss représentent des niveaux cristaux moyens à profonds, exhumés, de métamorphisme élevé (high grade metamorphism). Les types, de roches caractéristiques des chaînes granulite-gneiss sont des gneiss quartzo-feldspathiques appartenant à la suite TTG avec en termes de volume, très peu de paragneiss, des amphibolites, des micaschistes, des marbres et quartzites, des BIF et des complexes magmatiques stratifiés.

Les terrains granite-greenstone correspondent à des plus anciennes chaînes majeures composées de roches volcano-sédimentaires bien préservées. Elles sont constituées de roches magmatiques et volcanoclastiques siliceuses à ultrabasiques, de sédiments siliciclastiques et chimiques, le tout intrudé de volumes importants de corps granitoïdes.

Il faut noter que les formations archéennes observées en RDC se rapportent à l’une ou l’autre de ces deux grandes associations. Elles affleurent dans deux zones principales, le Kasaï au Sud et la région de l’Ubangi au Nord. Ces ensembles appelés cratons sont des vastes surfaces des roches profondément métamorphisées au sein desquelles apparaissent des lambeaux des schistes cristallins qui gardent les lignes d’orogénèses anciennes.

On y définit les bases lithologiques et structurales d’un certain nombre des complexes qui ont pu être corrélés entre eux par des mesures de radio- datation. Depuis 1968, on distingue des terrains dont l’âge est égal ou antérieur à 2.5Ga.

Complexe tonalitique de la Haute Luanyi

Anciennement dénommé « Gneiss de la Haute Luanyi », il est observé dans une petite zone du degré carré de de Dibaya (Luiza) coincé entre le complexe granulitique de Musefu et le complexe granito-gneissique de Sandoa.

Il s’agit de tonalites et de gneiss à grains fins à biotite sans microcline et plus ou moins affectés par une migmatisation postérieure. Son âge est estimé à 3,4Ga. Ces formations sont l’équivalent du Complexe gneisso-amphibolitique de la Bomu appartenant au craton de l’Ubangi.

Complexe granulitique de Musefu

Anciennement connu sous le nom de complexe gabbronoritique et charnockitique du Kasai-Lomami, ce complexe se prolonge en Angola et comprend des gneiss à hypersthène (charnockites s.s et enderbites) et de roches quartzo-feldspathiques à grenat montrant également des cristaux de sillimanite bien développés (granulites et leptynites).

Complexe migmatitique de Dibaya

Anciennement dénommé complexe granitique et migmatitique de Dibaya (Delhal, 1991 ; Kabengele et al, 1997, 2001), il s’agit des gneiss migmatitiques dans lesquels apparaissent localement des zones d’amphibolites.

Toutefois des granites calco-alcalins sont observés dans la partie sud du complexe (Granite de Malafundi). Ce complexe est compris entre le 5ième et le 7ième parallèle Sud. Il est recouvert par des formations mésozoïques qui gênent l’observation en dehors des zones dégagées du degré carré de Dibaya.

Complexe granito-gneissique de Sandoa

De lithologie assez monotone et couvrant toute la région de Sandoa, il est connu sous le nom de Complexe de la Lukoshi. Il comprend des granulites, gneiss tonalitiques à granitiques, granites et amphibolites, le tout métamorphisé dans le faciès amphibolite.

Complexe tonalitique de Kanda-Kanda

Non précédemment cartographié, ce complexe affleure bien dans la région de Kanda-Kanda où il constitue la frange de terrain qui délimite à l’Est le Complexe de Dibaya et le Complexe charno-enderbitique et granulitique (ex Complexe du Kasai-Lomami).

Ce Complexe d’âge archéen, présente une structure magmatique évolutive avec un noyau de tonalite au centre circonscrit respectivement d’auréoles de granodiorite, de monzogranite, et de granite (Delhal J. et al., 1975).

Géologie de la zone d’étude

Limitation de la zone d’étude

Les limites de la zone d’étude sont les suivantes :

  • Au Nord : par la localité de Muena-Kanda, de coordonnées géographiques : E 22°42’15’’/ S 7° 48’ 00’’ ;
  • AuSud :parlaprovinceduLualaba,decoordonnées géographiques : E 22° 41’ 00’/ S 7° 51’’ 00’’ ;
  • A l’Est : par la province de Lualaba, Territoire de Kapanga, de coordonnées géographiques : E 22°46’30’’/ S 7°48’ 30’’ ;
  • A l’Ouest : par la rivière Lulua, de coordonnées géographiques : E 22°39’00’’/ S 7°50’00’.

Géologie locale

La géologie de la région de Kabanda-Musefu appartient au complexe granulitique de Musefu, anciennement connu sous le nom de complexe gabbronoritique et charnockitique du Kasai-Lomami.

Cette unité est composée de gneiss à hypersthène (charnockites s.s. et enderbites) et de roches quartzo-feldspathiques à grenat montrant également des cristaux de sillimanite bien développés (granulites et leptynites). La composition de ces roches de caractère clairement siliceux, démontre qu’elles sont, pour le moins partiellement, dérivées de roches sédimentaires et sont le produit du métamorphisme intense d’un ancien soubassement gneissique duquel les gneiss de la Haute Luanyi pourraient être les reliques (Delhal, 1963).

Tectonique locale

Les grands traits de l’histoire géologique de la région peuvent se résumer comme suit :

Les gneiss anciens formant le socle cristallin ont subi :

  • Des mouvements orogéniques ;
  • Des intrusions magmatiques vers la fin de ces mouvements ;
  • Des cassures, suivies d’infiltrations et de venues filoniennes ;
  • Enfin l’érosion, avec formation de produits secondaires par altération atmosphérique.

Minéralisation

L’or dans cette région, se retrouve à l’état natif et, surtout, aussi inclus dans des pyrites. Il y a lieu de distinguer entre ses gisements primaires et ses gisements secondaires. Les premiers sont ceux où l’or repose en roche dure. Les gisements secondaires sont ceux où l’or se retrouve dans des roches meubles, formées essentiellement par désagrégation et redéposition sous l’action des eaux courantes (Friedlaender Carl, 1942).

L’or à Kabanda-Musefu est de deux types, l’un est disséminé dans les roches et l’autre est filonien. L’or filonien est fréquemment visible à l’œil nu, englobé par le quartz, et sous forme de paillettes, souvent rugueuses, parfois dans des cavités ou petites fissures colorées par des infiltrations ferrugineuses.

Végétation

La savane guinéenne reste la seule végétation qui domine dans ladite région, à laquelle s’ajoute le long des cours d’eau, une galerie forestière.

Deux types de végétations nous ont beaucoup plus piqué à œil, d’un côté nous avons une végétation appelée selon les habitants « Tshikinge » (annexe : Photo 18 : 2.1) et de l’autre côté un arbre caractéristique appelé selon les habitants « Mulemba utoka » (annexe : Photo 18 : 2.2) ; selon la population locale, cet arbre a été planté par les colons belges comme repères des zones qui contiennent une minéralisation.

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :
Université 🏫: Université de Kinshasa - Faculté des sciences Département des géosciences
Auteur·trice·s 🎓:
KANGOMBE BATUKWA Benjamin

KANGOMBE BATUKWA Benjamin
Année de soutenance 📅: Mémoire présenté et défendu en vue de l’obtention du titre de Licencié en Sciences Géologiques - 2022
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