La première page du mémoire (avec le fichier pdf):
Université Internationale de Tunis
Pour l’obtention du Diplôme de Maîtrise en Finance - 2009 / 2010

Différents modèles d’évaluation du risque de crédit

  1. La gestion de risque et rentabilité bancaire
  2. Différents modèles d’évaluation du risque de crédit
  3. Modèles basés sur la VaR – Evaluation du risque de crédit
  4. Les résultats du modèle de la VAR
  5. Formule d’Altman : Analyse financière et modèles d’évaluation
  6. Le risque systémique et le type de modèle nécessaire
  7. La gestion d’un portefeuille de crédit dans la banque
  8. Le transfert du risque de crédit : les dérivés de crédit
  9. Intérêts des dérivés de crédit et rentabilité des fonds propres
  10. Risque de crédit, quel impact sur la rentabilité bancaire ?
  11. L’impact de la fonction de crédit sur la rentabilité bancaire 
  12. Gestion du risque de crédit et de profitabilité des fonds propres
  13. Le ratio de rentabilité économique RoA, financière RoE et Cook

Différents modèles d’évaluation du risque de crédit

Section 2 : les différents modèles d’évaluation

Le développement des marchés organisés du crédit a donné la possibilité aux banques de réaménager dynamiquement leur portefeuille, et ainsi, d’optimiser le couple rendement – risque.

Pour cela, la construction d’un modèle interne de pilotage du risque de crédit est nécessaire, tout comme elle le fut pour le risque de marché. Un tel modèle permet de déterminer une mesure agrégée du risque de crédit d’un portefeuille de titres hétérogènes, ainsi que la contribution marginale de chacun de ses éléments.

L’enjeu est d’allouer plus finement les fonds propres à chacune des activités de la banque et déterminer ainsi un montant de fonds propres économiques aussi objectifs que possibles pour l’ensemble du groupe.

Les banques s’efforcent donc de développer des modèles internes de mesure de l’exposition au risque sur leur portefeuille de crédit après avoir adopté des modèles basés sur la VaR pour les risques de marché.

L’enjeu de ces modèles est de quantifier les fonds propres qu’elles doivent posséder face à l’exposition globale de leur portefeuille et du niveau du risque qu’elles souhaitent conserver.

2.1. Les différentes options proposées par le Bâle II

Le sujet est d’autant plus actuel avec la mise en place, par le Bâle II, du ratio Mc Donough, qui vient remplacer le ratio Cooke. Ce ratio propose une approche réellement nouvelle, avec plusieurs options.

1. Une option standard : dans laquelle les 8% du ratio se décomposeraient en 6% affectés aux risques de crédit, 1,6% aux risques opérationnels et 0,4% aux risques de marché. Cette approche reprendra les notations externes des agences et des banques centrales.

2. Une approche dite « foundation » : qui permettra aux banques d’avoir recours, en partie, à leurs modèles internes d’évaluation du risque de crédit, dés lors qu’ils seront avalisés par des autorités de régulation nationale.

Cette méthode de notation interne connue sous la dénomination « IRBA Fondation » (Internal Rating Based Approach Foundation), est réputée pour être relativement simple comparée à la troisième approche qu’on essayera d’exposer par la suite.

Le régulateur a prévu pour cette deuxième approche, la possibilité pour les banques d’estimer elles-mêmes leur probabilité de défaillance sur leurs débiteurs et de pouvoir utiliser les valeurs fournies par les autorités de contrôle pour les autres paramètres de calcul des risques.

Conformément à cette approche, les banques évaluent seules leurs probabilités de défaillance (PD) et les autorités de contrôle déterminent de leur côté, l’exposition à la perte au moment du défaut (EAD), le taux de perte en cas de défaut (LGD), ainsi que la maturité (M) du crédit pour l’instant fixée à deux ans et demi.

  • La probabilité de défaillance (PD) : C’est la probabilité que le preneur de crédit fasse défaut face à ses engagements de paiement. Cette probabilité dépend de qualité du crédit initial, mais surtout de la pérennité du débiteur et de sa capacité financière actuelle et future.

Seuls sont exclus les contentieux de type commercial et les retards de paiement ne dépassant pas un certain délai de grâce coutumier. Quoi qu’il en soit la raison du défaut, le Comité de Bâle considère la probabilité de défaillance, comme étant une mesure de la probabilité d’occurrence d’un défaut sur une contrepartie donnée à un horizon donné.

Cette probabilité n’étant généralement pas mesurée directement (faute d’un nombre suffisant d’observations), elle est plutôt calculée par le biais d’une notation donnée par la banque.

  • Exposure At Default (EAD) : C’est l’exposition à la perte au moment du défaut. Elle correspond au montant dû par la contrepartie au moment où elle fera défaut sur un engagement donné à un horizon correspondant à celui utilisé pour la probabilité de défaut.

Pour un prêt, il s’agira donc du capital restant dû à l’horizon considéré et éventuellement des intérêts courus non échus au même moment. Il est clair que plus le montant d’exposition est élevé, plus grande sera la perte en cas de défaut. Cette exposition évolue différemment dans le temps en fonction du type de crédit.

  • Loss Given Default (LGD) : C’est le taux de perte en cas de défaut correspondant à la partie des encours définitivement irrécouvrable équivalente au pourcentage de perte non couverte et exprimée par la formule (1-Taux de recouvrement).

Cette perte tient compte des possibilités de recouvrement que possède la banque en cas de défaut, sous la forme de garanties, de gages ou encore de dérivés de crédit.

  • Le Taux de recouvrement (TR) : Il mesure la part du montant de l’exposition au moment du défaut que la contrepartie sera à même de rembourser.

Ce taux s’applique à un engagement donné et il dépend fortement de sa séniorité (les plus anciens sont remboursés en premier, les juniors le sont en dernier). Concrètement, il correspond au pourcentage de la valeur au pair remboursé.

  • Effective Maturity (EM) : Il s’agit de la maturité du crédit. En d’autres termes, c’est le délai imparti à l’emprunteur pour honorer ses engagements.

Ces cinq paramètres définis, permettent de quantifier la perte moyenne attendue sur un engagement et à un horizon donné. En cas de défaut, la perte constatée serait égale à l’exposition au moment du défaut diminuée du recouvrement, soit : Perte en cas de défaut = EAD × (1 – TR) = EAD × LGD

La perte moyenne attendue, connue sous l’appellation « Expected Loss » sera donc Expected Loss = EAD × LGD × PD

Cette perte moyenne attendue n’a réellement de sens que si elle est calculée sur un portefeuille entier. La perte calculée sur une ligne individuelle ne sera jamais réalisée.

3. Une option « advanced » : qui prendra en compte exclusivement les modèles des banques, encore une fois après qu’ils ont été certifiés par la banque centrale.

Cette méthode se rapproche fortement de la méthode « IRBA Fondation », vue qu’elle n’est autre que l’image transposée de celle-ci. Cette dernière approche est connue sous l’appellation « IRBA Advanced » pour souligner le caractère avancé comparé à « IRBA Fondation ».

Contrairement à la deuxième approche, cette méthode est réputée pour être complexe. L’adoption de cette méthode interne d’évaluation des risques est plutôt réservée aux établissements disposant d’un savoir faire reconnu par leurs autorités de contrôle en matière de mesure et gestion des risques.

Pour calculer la pondération du risque, les banques doivent évaluer pour chaque crédit sauf pour le cas des particuliers, les cinq paramètres cités ci-dessus à savoir, la probabilité de défaillance (PD), l’exposition à la perte au moment du défaut (EAD), le taux de perte en cas de défaut (LGD), ainsi que la maturité (M) du crédit.

En termes d’exigences qualitatives imposées par le régulateur pour l’évaluation des risques de crédit, elles portent principalement sur le « système de notation interne ».

Cette expression de système de notation interne recouvre à la fois l’ensemble des processus, méthodes, contrôles ainsi que les systèmes de collecte et d’information permettant d’évaluer le risque de crédit, d’attribuer des notations internes et quantifier les estimations de défaut et de pertes.

Ces exigences qualitatives viennent compléter les paramètres quantitatifs afin de fournir une évaluation assez fiable des risques.

Les banques dotées des procédures internes d’évaluation les plus sophistiquées y gagneront une plus grande liberté pour évaluer leurs besoins en fonds propres. Certes, le capital d’une banque est la seule protection contre les pertes susceptibles de survenir.

Ce principe est retenu par les autorités de tutelle qui impose de respecter un niveau minimal de capital économique par les banques. Celui-ci est défini selon des normes simples et universelles. Il s’agit de forfaits appliqués aux encours pour obtenir le capital réglementaire.

Par exemple, la réglementation Cooke attribue un même forfait (4% des encours privés) aux crédits à un an et à dix ans, ou à des crédits à un client privé A et un client noté.

Cela, peut les rendre inutilisables pour la gestion d’un établissement. Ces limites sont connues depuis longtemps. Tout le problème est de passer des forfaits réglementaires à des mesures plus objectives des risques.

Différents modèles d’évaluation du risque de crédit

A ces mesures objectives, ou « économiques », correspond une estimation « économique » (non réglementaire) du capital. Le « capital économique »est donc celui qui permet d’absorber des pertes potentielles mesurées objectivement. Par définition, il est égal à ces pertes potentielles.

Si tel est le cas, il y a « adéquation du capital aux risques encourus ». Sinon, il faut soit réduire le risque soit accroître le capital. Bien entendu, si ce capital peut être défini, il doit être rémunéré.

Les intérêts du capital économique en résultent : mesurer le risque le mieux possible ; permettre de définir les résultats requis en fonction des risques.

A défaut d’une telle mesure, un établissement ne sait ni si ses risques sont compatibles avec son niveau du capital, ni différencier sa facturation clients en fonction des risques encourus ! Ces deux lacunes impliquent une myopie telle que tous les établissements doivent envisager l’utilisation de mesures de ce type.

Malheureusement, définir un capital économique est ambitieux et délicat, sinon la réglementation l’aurait fait dès le départ ! La principale difficulté réside dans la définition des pertes potentielles qui sera retenue ?

Le principe est le suivant. Il s’applique tant aux risques de marché que de crédit. Les pertes futures sont divisées en 2 catégories : les pertes statistiques (la moyenne) et les déviations possibles au-delà de cette moyenne. Les premières sont inévitables à long terme.

Par exemple, si les clients d’une banque ont une probabilité de faire défaut de 1%, une entreprise sur cent fera défaut en moyenne. La loi des grands nombres indique que ces pertes surviendront tôt au tard. Soit elles sont incluses dans le capital requis, soit elles sont retranchées des résultats. Mais ce n’est pas suffisant !

Si cette « casse statistique » est la seule couverte, un établissement fera défaut au premier dinar de perte au-dessus de cette moyenne. Or les pertes potentielles n’ont aucune raison d’être égales aux pertes moyennes. Il s’agit d’une coïncidence.

Les pertes futures peuvent prendre n’importe quelle valeur, entre Zéro ou des valeurs extrêmes, très rares mais très importantes .Le problème est donc de disposer d’un capital suffisant qui permet de couvrir les déviations défavorables des pertes observées au-delà de la moyenne.

Les principes de mesures retenus correspondent à la notion de VaR .D’abord appliquée au risque de marché, elle s’étend maintenant au risque de crédit.

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