Les déchets domestiques : Typologie et Classification

Généralités sur les déchets domestiques et le lombricompostage – Chapitre 2 :

Ce deuxième chapitre a pour objectif de donner un aperçu général sur les déchets domestiques et le lombricompostage, en particulier dans le contexte des pays en développement.

2.1-Généralités sur les déchets domestiques

2.1.1-Définition du concept déchets domestiques

Selon Noupeou (2011) et Ngalani (2016), les déchets domestiques sont des ordures produites par les ménages provenant de la cuisine (épluchures d’ignames, bouteilles d’huile vidées, sachets plastiques, intestins de poulet et de poisson) ou de la salle de bain (emballages de savon, flacons divers), ainsi que des encombrants (objets usés).

Ils sont encore appelés déchets ménagers ou ordures ménagères (Ngalani, 2016).

2.1.2-Typologie des déchets domestiques

Les déchets domestiques peuvent être classés en trois catégories qui sont :

  • -les ordures ménagères,
  • -les déchets encombrants des ménages et
  • -les déchets ménagers spéciaux (SNGDC, 2007).

2.1.2.1- Ordures ménagères

2.1.2.1.1- Définition

Les ordures ménagères sont des déchets produits et déposés chaque jour par les ménages dans leurs poubelles puis, pris en compte par les collectes usuelles ou séparatives 1(SNGDC, 2007).

2.1.2.1.2- Classification des ordures ménagères

Selon la SNGDC (2007), trois catégories de déchets ménagers sont prises en compte à savoir :

  • les déchets ménagers solides;
  • les déchets ménagers liquides et
  • les déchets ménagers gazeux.
• Déchets ménagers solides :

Cette catégorie de déchets regroupe les ordures ménagères et assimilables. Selon Gilet (1985) et Nshimirimana (2010), on distingue dans les déchets ménagers solides :

  • -les matières « fines » de diamètre inférieur à 20 mm (terre noire, cailloux, graviers, écorces d’arachides);
  • -les papiers (journaux, magazines, imprimés);
  • -les cartons (emballages, plats ondulés);
  • -les plastiques (films PE et PP, bouteilles et flacons PET)
  • -les déchets textiles (sacs, vêtements, lingerie);
  • -les déchets fermentescibles (déchets de jardin, déchets alimentaires, déchets végétaux);
  • -les débris combustibles non classés (bois, cuir, caoutchouc, charbon de bois);
  • -les verres, porcelaine et faïence;
  • -les métaux (emballages ferreux et aluminium);
  • -les composites (emballages alimentaires de lait, jus de fruit, café, beurre).
• Déchets ménagers liquides :

C’est un ensemble constitué par les eaux-vannes et les eaux usées ménagères. Les eaux-vannes (eaux noires) sont constituées d’excrétas (urines et excréments) et proviennent d’une toilette à chasse mécanique ou manuelle qui joue le rôle d’interface utilisateur tandis que les eaux usées ménagères (eaux grises) sont constituées par les eaux de cuisine, de vaisselle, de lessive et de douche (Ukondalemba, 2016).

Elles sont encore appelées effluents et sont susceptibles d’engendrer différentes sortes de pollution et de nuisance dans le milieu récepteur (Ngalani, 2016).

Leur pré-collecte s’effectue par les équipements domestiques individuels (fosses septiques ou latrines), et les systèmes d’assainissement collectifs dans les camps SIC. Les eaux usées non collectées sont déversées dans les caniveaux, les chaussées et les drains (SNGDC, 2007).

La gestion des déchets ménagers liquides se fait exclusivement par des opérateurs privés et quelques fois en régie2 (SNGDC, 2007).

• Déchets ménagers gazeux

Selon la SNGDC (2007), il s’agit des fumées provenant des ménages, du groupe électrogène, de mise à feu des ordures ménagères à ciel ouvert, de déchets de jardin, papiers ou vieux vêtements, des émissions de gaz issues des décharges des déchets solides municipaux en décomposition, des systèmes de traitement des eaux ménagères et de la poussière.

On distingue entre autre le gaz carbonique (CO2), le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde d’azote (NO2) et le méthane (CH4).

La combustion, parce qu’elle est imparfaite, ne permet pas d’oxyder tout le carbone contenu dans les combustibles fossiles. A part le dioxyde de carbone (CO2), on obtient également le monoxyde de carbone (CO). On distingue aussi les émissions de NO2 qui proviennent essentiellement des excrétas humains après la consommation de la protéine animale (SNGDC, 2007).

Les émissions de méthane sont issues des décharges des déchets solides municipaux et des systèmes de traitement des eaux usées ménagères (SNGDC, 2007).

Ces déchets, bien que reconnus par la législation camerounaise, ne font pas véritablement l’objet de traitement (SNGDC, 2007).

2.1.2.2-Déchets encombrants des ménages
2.1.2.2.1- Définition

Cette catégorie inclut tous les déchets ménagers qui, en raison d’un volume trop important, n’entrent pas dans une poubelle normale et qui doivent ainsi faire l’objet d’une collecte spéciale (SNGDC, 2007).

2.1.2.2.2- Classification

Sont considérés comme déchets encombrants ménagers, tous les objets mobiliers d’un ménage.

Exemples : lit, matelas, appareils électroménagers types réfrigérateur, table, vieux meubles, chaise, canapé, fauteuil, armoire démontée, jouet ne pouvant pas être mis dans un sac poubelle de 110 litres, réfrigérateur, gros emballages, carcasses de voiture.

2.1.2.3-Déchets ménagers spéciaux

Ce sont des déchets ménagers présentant un danger pour l’homme et l’environnement. Parfois toxiques, ils nécessitent des précautions particulières lors de leur traitement (Darlu, 2010).

Les déchets domestiques

Parmi les déchets ménagers spéciaux, figurent notamment des produits explosifs, inflammables, irritants, nocifs, cancérogènes, corrosifs, infectieux.

Leurs détenteurs ont l’obligation de les faire éliminer ou valoriser dans des installations classées pour la protection de l’environnement de classe I, spécialisées dans le traitement de ces déchets et répondant à des normes particulières (Darlu, 2010).

Les déchets ménagers spéciaux sont des produits qui ne doivent pas être éliminés avec les autres ordures car ils sont dangereux pour l’environnement. Ces déchets contiennent des métaux lourds comme le plomb ou le mercure, ou d’autres substances toxiques qui risquent de polluer la nature si elles ne sont pas traitées correctement.

On regroupe dans cette catégorie, les piles et accumulateurs, les peintures, l’essence, les médicaments périmés, les solvants, les déchets d’équipements électroniques et électroménagers, les médicaments périmés, les pneus, les cadavres d’animaux et les macchabées (SNGDC, 2007).

La difficulté essentielle de l’élimination des déchets ménagers spéciaux vient de leur dispersion. Elle se situe donc au niveau de leur collecte, puis de leur regroupement afin de pouvoir acheminer des quantités suffisantes importantes vers les centres de traitement (SNGDC, 2007).

Cette différenciation des déchets domestiques en groupe permet une meilleure planification de la gestion des déchets notamment pour un éventuel programme de la valorisation par recyclage, par réutilisation ou par compostage de la matière organique (Nshimirimana, 2010).

2.1.3- Classification des déchets domestiques en fonction du processus de traitement

En fonction du processus de traitement, on distingue principalement trois types de déchets domestiques : les déchets domestiques biodégradables, les déchets domestiques recyclables, et les déchets domestiques ultimes.

2.1.3.1- Déchets domestiques biodégradables

Ce sont les déchets qui se décomposent grâce à d’autres organismes vivants (Ngalani, 2016).

Parmi ceux-ci, existent les déchets alimentaires et les déchets verts.

• Déchets alimentaires :

Déposés dans la poubelle d’ordures ménagères, ils dégagent de mauvaises odeurs car, en absence d’oxygène, ils pourrissent au lieu de composter : un compost bien géré ne sent pas mauvais!

Les sources de déchets alimentaires sont nombreuses : épluchures fraiches de tubercules, peaux de fruits et légumes (y compris les agrumes), fruits ou légumes abimés, marc de café, sachets de thé, infusettes et filtres à café, coquilles d’œufs, mouchoirs en papier, essuie-tout souillé, restes de repas.

• Déchets verts :

Ce sont des déchets organiques formés de résidus issus de l’entretien des espaces verts. En agriculture, les déchets verts sont en général utilisés compostés, ils peuvent toutefois être utilisés broyés (sans compostage).

Les sources de déchets verts sont nombreuses: les feuilles mortes, tontes de gazon, tailles de haies et d’arbustes, résidus d’élagage, déchets de jardin des particuliers collectés séparément, déchets de fleurissement, plantes et fleurs fanées, déchets de potager.

2.1.3.2- Déchets domestiques recyclables ou non biodégradables

Il s’agit des métaux, plastiques récupérables et papiers-cartons. Les métaux peuvent être réutilisés dans d’autres domaines ou recyclés. Par exemple : les métaux sont fondus et réintégrés dans de nouvelles pièces; les plastiques sont hachés et servent de rembourrage ou de combustible (Ngalani, 2016).

Les papiers-cartons pourraient être transformés après macération, moulage et séchage, en briquette, servant de combustibles pour les ménagères et les fours pour la cuisson des briques de terre cuite (Koledzi, 2011).

2.1.3.3- Déchets domestiques ultimes

Il s’agit des déchets qui ne sont plus susceptibles d’être traités dans les conditions techniques et économiques, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant (ADEME, 2002).

Ngnikam et Tanawa (2006) mentionnent que la notion de déchet est évolutive. Elle dépend de l’état des techniques de traitement, des besoins économiques (un déchet considéré comme ultime peut s’avérer valorisable dans le futur) ou de la situation économique qui prévaut dans le pays concerné, car les conditions économiques et géographiques peuvent empêcher ou retarder la mise en œuvre de nouvelles techniques permettant de rendre un déchet utile.

Les déchets domestiques ultimes constituent toute fin de vie du déchet qui, normalement est synonyme d’enfouissement (Ngalani, 2016).

_________________________________
1Esoh Elamé, 2017. Cours de fondamentaux de rudologie, ENSTP de Yaoundé (Cameroun) /Université de Padoue en Italie.
2 La régie est le fait pour une municipalité de mettre en place un système autonome de collecte et de gestion des déchets. Certaines municipalités de moindre envergure du Cameroun fonctionnent selon ce mode.

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