La perception des comportements et la compréhension des émotions

29 April 2013 | Médecine et Santé

4) Vers une explication…

La perception des comportements d’autrui permet de reconnaître, de comprendre et d’inférer ses intentions et ses émotions. Leur dimension expressive apparaît dans les postures, les gestes et les mimiques faciales.

Ces capacités de prédire des intentions et d’imiter à partir de l’observation, pourraient reposer sur l’existence d’un système de représentations, à la fois de nos propres actions et de celles d’autrui, et d’un lien entre ces deux représentations.

Depuis une dizaine d’années, G Rizzolati et son équipe (Rizzolatti et coll., 2001) ont découvert dans le cerveau des singes macaques une classe de neurones prémoteurs qui déchargent non seulement quand le singe exécute des actions de la main tendant vers un but mais aussi quand il observe d’autres individus exécutant des actions similaires.

Ils appelèrent ces neurones des “neurones miroir” parce que l’action observée semble refléter, comme dans un miroir, dans la représentation motrice de la même action chez l’observateur. Ces neurones ont été découverts au niveau de la zone F5 du cortex prémoteur ventral, plus récemment d’autres neurones aux propriétés similaires ont été localisés dans le cortex pariétal postérieur, une zone connectée à F5 (Grèzes & DeGelder, 2005).

Plusieurs études, répertoriées dans les articles de Rizzolatti, utilisant les techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle, ont aussi montré dans le cerveau humain l’existence d’un système de neurones miroirs qui apparie la perception et l’exécution de l’action. De même que chez le singe, chez l’homme, durant l’observation de l’action il y a une forte activation des aires prémotrices et pariétales. De plus, ce système neuronal est organisé somatotopiquement, c’est à dire que des régions corticales différentes, à l’intérieur du cortex prémoteur, sont activées par l’observation et l’exécution d’actions relatives à la bouche, à la main, au pied.

Par ailleurs dans une recherche récente, S. Fecteau montre “que le mécanisme des neurones miroirs est actif dans le cerveau immature. L’activation est toutefois plus réduite que celle observée chez les adultes, ce qui indique que ces réseaux, probablement en place dès la naissance, continuent à se développer dans des stades ultérieurs de l’enfance” (Baril, 2004).

Ce circuit miroir permet non seulement d’assurer la compréhension de l’action pour l’observateur, mais aussi permet l’imitation, à savoir deux aspects : la capacité de reproduire une action observée et celle d’apprendre une nouvelle action par l’observation.



Aujourd’hui nous savons que nous n’imitons pas seulement ce que nous voyons faire, nous imitons des intentions, des désirs. Les données d’imagerie cérébrale montrent que l’activation des neurones miroirs permet à l’observateur de reconnaître l’acte moteur observé mais aussi ce que sera l’acte moteur de l’action à venir, c’est à dire de comprendre les intentions de l’acteur. Récemment A. Meltzoff fit diverses expériences où l’imitation était employée pour comprendre comment un enfant peut déchiffrer les intentions des adultes à travers leur comportement. Il en ressort que les enfants comprennent les intentions des adultes, même si ces derniers n’arrivent pas à les accomplir. Ainsi ils imitent davantage ce que les adultes voulaient faire plutôt que ce qu’ils ont fait concrètement (De Keukelaere, 2005).

Un ensemble d’études a mis en évidence que la perception d’une expression émotionnelle déclenche chez l’observateur l’imitation automatique de cette expression (Gallese, 2004).

Wallbott (1991, In Grèzes & DeGelder, 2005) a, par exemple, demandé à des sujets de juger les émotions faciales de visages photographiés, tout en les filmant à leur insu. Quelques semaines plus tard il a présenté à ces mêmes sujets les enregistrements vidéo réalisés et leur a demandé de juger quelle était l’émotion qu’ils étaient en train d’évaluer dans la première session. Les sujets étaient capables d’identifier l’émotion jugée dans la première session à partir de leurs propres expressions faciales.

La perception d’une expression émotionnelle provoque donc chez l’observateur l’activation des représentations motrices correspondantes à la génération de cette expression. L’intégrité du système sensori-moteur semble être décisive pour la reconnaissance des émotions manifestées par autrui.

Ce mimétisme s’accompagne t-il du ressenti émotionnel ?

Des données récentes suggèrent que les mécanismes miroirs sont également impliqués dans l’empathie, c’est à dire cette capacité de ressentir la même émotion que l’autre éprouve.

Gallese (2004) publia une étude IRMf avec des sujets exposés dans un premier temps à des substances odorantes suscitant le dégoût et dans un deuxième temps, à de brefs clips animés montrant des individus exprimant une mimique faciale de dégoût. Cette étude montre que ces deux situations activent la même structure neuronale – l’insula antérieure.

Des recherches ont également localisé un réseau neuronal qui est activé de façon similaire par la sensation que l’on ressent quand on est touché et par l’observation du corps d’un autre quand il est touché. Il est probable qu’un mécanisme similaire étaye notre expérience des sensations douloureuses.

Ces observations suggèrent alors que l’empathie dépend de l’activation, lors de l’observation d’autrui en état émotionnel, de circuits formés de neurones miroirs, élaborant les réponses émotionnelles correspondantes chez l’observateur.

“Le cerveau construit des représentations du monde social, fondées sur les régularités des échanges qui se sont déroulés au cours del’évolution et sur les interactions que l’individu initie ou auxquelles il réagit dès sa naissance” (Decety, In Denigot, 2005b, p35).

Construction d’une échelle d’évaluation des capacités de reconnaissance des expressions faciales émotionnelles
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