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Université Européenne de Bretagne – Rennes 2 - Unité de formation et de recherche d'arts, lettres, communication UFR ALC
Mémoire de MASTER 2 Communication - Parcours : Métiers de l’information et de la communication organisationnelle - Septembre 2024

L’histoire de la presse en France, 2 journaux

  1. Petites phrases de Hollande et sa stratégie de communication
  2. Le discours politique: déf., 3 composantes, analyse, pouvoir
  3. La communication politique : déf., propagande, manipulation
  4. Contexte de la campagne électorale : définition et interactions
  5. La petite phrase : généralités, 2 définitions et historiques
  6. La petite phrase : déf., détachabilité, memoria et ses effets
  7. L’apparition de la petite phrase et sa connotation
  8. Le candidat François Hollande : démarche vers la candidature
  9. L’histoire de la presse en France, 2 journaux
  10. Les 4 petites phrases de François Hollande
  11. Les techniques d’extraction des petites phrases
  12. Les mots-clés de recherche et les petites phrases
  13. Cet adversaire, c’est le monde de la finance
  14. C’est le rêve français que je veux réenchanter. Hollande
  15. Président normal, la petite phrase de François Hollande
  16. La petite phrase « sale mec » : étude sémantique

L’histoire de la presse en France, 2 journaux Libération et Le Figaro

2) Deux journaux : Libération et Le Figaro

Avant de faire un focus particulier sur les deux journaux qui seront utilisés pour cette étude, à savoir Libération et Le Figaro.

Il est nécessaire de faire un petit retour un arrière et de rappeler quels ont été les grands évènements qui ont marqué l’histoire de la presse en France.

a) Quelques rappels sur l’histoire de la presse en France

26 Même si les Romains distribuaient dès l’Antiquité des bulletins d’information sous forme de papyrus, c’est au XVe siècle qu’a lieu un évènement important qui va conditionner le développement de la presse : l’invention de l’imprimerie.

C’est Gutenberg qui en est à l’origine, et qui met au point la typographie entre 1438 et 1454.

Néanmoins, il faut noter que la presse écrite imprimée ne naîtra qu’un siècle et demi plus tard.

Presse Quotidienne Régionale et l’émergence du média Internet

Alors que des périodiques imprimés existent déjà en Allemagne et aux Pays-Bas dès le début du XVIe siècle, ce n’est qu’en 1631 qu’apparaît, en France, La Gazette, de Renaudot, un hebdomadaire d’informations générales contrôlé par le Royaume.

Il sera concurrencé quelques dizaines d’années plus tard par d’autres périodiques et, en 1672, apparaît le 1er magazine, fondé par Jean Donneau de Visé : Le Mercure Galant.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la presse se diversifie : les revues se multiplient et chaque corporation édite la sienne : les juristes, médecins, officiers de marine ont leur propre publication.

Mais le Pouvoir est méfiant et la censure fait son apparition : en 1757, une ordonnance promet la peine de morts aux journalistes qui, par leurs écrits, troubleraient l’ordre public.

C’est dans ce contexte que paraît en 1777 le 1er quotidien français : Le journal de Paris.

Il publie des informations judiciaires, administratives ou culturelles mais n’abordent pas les sujets politiques : il compte 5000 lecteurs quotidiens.

25 Ibid.

26 Sources : Histoire de la presse, Albert P., 1970, PUF & La Presse française, Albert P., 2008, la documentation française & Histoire de la Presse en France, Lormier D., 2004, De Vecchi

A partir de 1789 et jusqu’au Second Empire (1852), la presse connait un grand essor et devient un support pour faire passer ses idées : la « presse révolutionnaire » utilise tous les moyens pour vendre ses journaux, y compris la diffusion de fausses informations.

Lorsque Napoléon Bonaparte arrive au pouvoir en 1799, il est conscient du pouvoir important de la presse et fait interdire 60 journaux sur 73.

Au fil des ans cependant, la presse retrouve peu à peu son aura, notamment grâce à Emile de Girardin qui fonde en 1836 le bien nommé La Presse, un quotidien à grand tirage.

De son côté, Charles Havas créé la 1ère agence de presse au monde en 1832.

En 1848, Napoléon III arrive au pouvoir et remet la Presse sous surveillance. Pour autant, celle-ci, dès lors qu’elle reste « docile », continue à se développer.

C’est dans ce contexte que paraît le quotidien Le Figaro, en 1866, même si le premier journal à porter ce titre (Figaro), était né 40 ans plus tôt, en 1826.

Nous y reviendrons.

En pleine IIIe République, la fin du XIXe voit le fort développement de la presse politique, avec par exemple La Gazette de France (royaliste), Le Siècle (républicain) ou encore Le Cri du peuple (journal socialiste) entre autres…

Alors que Le Petit Parisien, fondé en 1876 et lu par près de 2 millions de lecteurs est le journal français le plus célèbre de la planète, L’humanité voit le jour en 1904 : au départ socialiste, il ne devient communiste qu’après le congrès de Tours, en 1920.

Le début de la 1ère guerre mondiale en 1914 voit apparaître la propagande : un journal patriotique comme L’intransigeant par exemple, minimise dans ses colonnes l’avancée des troupes allemandes.

Dans ce contexte nait en 1915 le Canard Enchaîné, un journal humoristique…qui le restera.

Pendant l’entre-deux guerres, la presse se porte bien et le nombre de quotidiens se multiplient. La presse magazine se développe également avec, par exemple, la naissance de Marie-Claire en 1937.

En parallèle de la montée des dictatures en Europe, une certaine presse nationaliste se développe en France.

Pendant la deuxième guerre mondiale, la presse tente de maintenir le moral des Français au plus haut, faisant parfois preuve d’un optimisme béat.

Pendant les années sombres, elle joue un rôle important dans la résistance, en relayant par exemple, comme pour Le Provençal ou le Progrès de Lyon, l’appel du Général de Gaulle lancé de Londres.

Sans compter les tracts et journaux clandestins, dont l’un d’entre eux se nommait d’ailleurs Libération. Juste avant l’Armistice, le journal Le Monde voit le jour, en 1944.

Après la fin de la 2e guerre mondiale et jusqu’à nos jours, la presse se diversifie largement.

Ainsi, l’Equipe, un journal sportif est fondé en 1948 et en 1950, France Observateur, un magazine hebdomadaire qui deviendra plus tard Le Nouvel Observateur.

A partir des années 50, les magazines « télé » se développent largement et un peu plus tard, un autre grand nom de la presse française voir le jour : Libération, en 1973.

La presse régionale n’est pas en reste : ainsi, Ouest- France, avec un tirage de 766 970 exemplaires en 201127, est le quotidien le plus lu en France.

De nos jours, les ventes de quotidiens français sont plus faibles que dans beaucoup d’autres pays.

En 1914, la France, avec 244 exemplaires28 quotidiens vendus pour 1000 habitants, arrivait en 2e position juste derrière les Etats-Unis.

En 2005, ce chiffre tombe à 135,629 et la France est largement devancé par bon nombre de pays européens : la Norvège (601), la Grande-Bretagne (335), ou encore l’Allemagne (298).

Selon Pierre. Albert, Cette érosion serait due à l’irruption des écrans et du numérique dans la vie quotidienne des Français : « depuis 1972, il y a en France plus de télévisions que d’exemplaires de quotidiens » (Albert, 2010 : 122).

Cette tendance à la baisse de consommation des quotidiens est confirmée par des études30 successives réalisées par le Ministère de la Culture, qui nous apprennent que, sur 100 Français de 15 ans et plus, 55 lisaient un quotidien payant tous les jours ou presque en 1973.

Ils n’étaient plus que 29 en 2008.

27Site de l’OJD, www.ojd.com/adherent/3762, consulté le 10 mai 2012.

28 Source : Histoire de la presse, Albert P., 1970, PUF, p. 124.

Il est temps à présent de s’arrêter plus précisément sur les deux journaux qui nous intéressent ici, à savoir Libération et Le Figaro.

b) Libération

31 « A sa création en 1973, ce quotidien se veut l’expression, non d’un parti, mais d’une ‘sensibilité’ issue de la contestation de 1968 » (Charon, 1991 : 132).

A elle seule, cette citation résume l’esprit dans lequel est né le quotidien.

Libération a vu le jour dans le prolongement de Mai 68, sous l’impulsion de Jean- Paul Sartre, début 1973. Il reprend le nom d’un journal de la résistance qui existait pendant la 2e guerre mondiale.

A ses débuts, le journal est plutôt classé à l’extrême gauche.

En 1974, Serge July, co-fondateur du journal succède à Jean-Paul Sartre et Jean-Claude Vernier en tant que directeur de la publication : il le restera jusqu’en 2006.

En 1980, le journal prend une orientation plutôt « sociale-démocrate ».

Dans les années 1980 le tirage du journal augmente mais dans les années 1990, le journal connait de plus en plus de difficultés économiques : en 2005, Serge July se bat pour faire rentrer dans le capital Edouard de Rothschild.

C’est le début d’une crise interne qui entraine le départ de nombreux journalistes, Serge July lui-même quitte le journal en 2006.

Puis, c’est l’arrivée de Laurent Joffrin qui devient en 2006 président du directoire du journal, avant d’être remplacé en 2011 par Nicolas Demorand, qui assure, avec Nathalie Collin, la coprésidence du journal.

L'histoire de la presse en France, 2 journaux Libération et Le Figaro

Du point de vue du contenu, Libération incarne un style à part, une originalité dans les titres et une certaine façon de « scénariser » l’information :

« Après le lien avec le lecteur, après le titre-jeu de mots, la description de l’actualité par l’imitation d’un genre artistique répertorié constitue le troisième pilier du projet journalistique de Libération » (Aeschimann, 2007 : 27).

A Libération, il semble que les journalistes cherchent à diffuser l’information en « racontant des histoires », en « colorant » celle-ci.

Peut-être pour garder cette proximité avec leurs lecteurs. Est-ce cet esprit qui explique le diminutif « Libé », une manière assez intimiste de dénommer le journal.

29 Ibid.

30 www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/evolution73-08/T3-LECTURE-QUOTIDIENNE- JOURNAUX.pdf, consulté le 10 mai 2012.

31 Source principale : Libération et ses fantômes, Aeschimann E., 2007, Seuil.

Avec une diffusion quotidienne de 119 205 exemplaires quotidiens en 201132, Libération arrive loin derrière Le Monde (292 765 ex.) mais loin devant L’Humanité (45 827).

Dans ce classement de la Presse Quotidienne Nationale (PQN) généraliste, Libération arrive en 4e position des journaux les plus lus en France derrière Le Figaro, Le Monde et Aujourd’hui en France.

c) Le Figaro

33 Le titre Figaro apparaît en 1826. Il ne devient un quotidien qu’en 1866, ce qui fait de lui le plus ancien encore en activité dans le paysage de la presse française.

Quand Figaro voit le jour en 1826, c’est un « journal satirique, spirituel et batailleur », selon sa propre présentation.

Il est fondé par un certain Maurice Alhoy et son nom est choisi en référence à Beaumarchais, pour narguer le pouvoir monarchique en place et sa censure.

Jusqu’en 1854, le journal connaitra des fortunes diverses et pas moins de 11 versions différentes se succèdent, ainsi que plusieurs repreneurs.

Cette année 1854 marque un tournant avec la reprise du journal par Hippolyte de Villemessant.

Il choisit d’inscrire en 1ère page une devise tirée du Mariage de Figaro (lefigaro.fr): « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », qui est toujours présente aujourd’hui.

L'histoire de la presse en France, 2 journaux Libération et Le Figaro

Le journal devient quotidien en 1866 et, en 1880, un an après la mort de Villemessant, Le Figaro est le « quatrième quotidien de la capitale » (Blandin, 2007 : 61).

Il est apprécié de la haute aristocratie et cherche à recruter de nouveaux lecteurs parmi la riche bourgeoisie.

Le journal traverse le XXe siècle en connaissant, comme toute la presse, la censure pendant les deux guerres : la parution sera d’ailleurs totalement stoppée entre 1942 et 1944.

Après la guerre, le journal connait une belle progression, notamment sous l’impulsion de l’un de ses directeurs les plus emblématiques : Pierre Brisson.

Il restera à la tête du journal jusqu’à sa mort, en 1964 : le journal est alors à son apogée avec un tirage de 439 000 exemplaires (1965) (Albert, 2008 : 142).

Mais la mort de son directeur le fait entrer dans une période de tourmente et de crise interne avant de connaitre, une dizaine d’années plus tard, un autre évènement majeur.

En 1975, le quotidien est racheté par Robert Hersant : c’est le début d’une nouvelle ère qui durera jusqu’en 2004.

Une des personnalités influentes pendant cette période se nomme Franz-Olivier Giesbert, qui sera notamment directeur des rédactions du Figaro de 1988 à 2000.

En 2004, le journal passe sous le giron du groupe Dassault et Etienne Mougeotte en devient le directeur des rédactions en 2007.

En juillet 2012, il est remplacé par Alexis Brézet.

Sur l’échiquier politique, le quotidien est considéré comme un « journal de droite » (Albert, 2008 : 142) ou encore « l’incarnation du conservatisme de la bourgeoisie française (…) » (Blandin, 2007 : 1).

En 2011, avec un tirage de 321 101 exemplaires34, Le Figaro est le journal de Presse Quotidienne Nationale le plus lu en France.

32Site de l’OJD, www.ojd.com/chiffres/section/PPGP?submitted=1&section=PPGP&famille=1&thema=&search=&go=Lancer+la+recherche, consulté le 10 mai 2012.

33 Source : Le Figaro, deux siècles d’histoire, Blandin C., 2007, Armand Colin.

Après avoir dressé un cadre général, et du candidat, et des deux journaux dans lesquels seront faites les extractions, venons-en maintenant à la présentation détaillée des « petites phrases » sélectionnées.

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