Intégration des TIC dans l’enseignement, Quels usages avec les TIC ?

7 March 2013 | Education et Enseignement

5. L’INTEGRATION des TIC dans l’enseignement

Depuis qu’elle existe, l’école a été de nombreuses fois confrontée à l’intégration de nouveaux outils technologiques et ces innovations ont chaque fois réveillé passions et résistances parmi les acteurs scolaires. Guir (2002) cite l’exemple des tableaux noirs qui ont mis 20 ans à être utilisés dans les classes ! Tardif (1998) évoque l’intégration de l’audiovisuel ou de la calculatrice en déplorant leur limite d’utilisation par les enseignants. Entre l’engouement et les résistances des différents acteurs, les opportunités d’apprentissage rendues possibles par une nouvelle technologie sont difficiles à estimer. Les apports d’une innovation ne sont que lentement perçus par l’ensemble du système scolaire. En sera-t-il de même avec les TIC ?

De quelle innovation s’agit-il ?

Il est essentiel de rappeler ici que même si les technologies de l’information et de la communication ne se sont pas développées dans ni pour le système scolaire, c’est avant tout sur le plan pédagogique que leur intégration dans l’enseignement représente une innovation, sans oublier bien sûr le domaine technologique et celui du service, ni le contexte économique, puisque l’école se trouve au carrefour des désirs de différents partenaires sociaux qui exercent sur elle de fortes pressions pour qu’elle corresponde à leurs besoins (Charlier, Bonamy et Saunders, 2003). Le monde de l’entreprise cherche d’ailleurs à définir certaines compétences nécessaires aux nouvelles fonctions à prendre en charge en sur-valorisant « les attitudes liées à la flexibilité et à l’adaptabilité ainsi qu’à l’alphabétisation informatique, et aux habiletés liées à l’auto-apprentissage et à la collaboration » (Brennan, Kogan et Teichler 1996)19. Le schéma des systèmes d’activité inter-reliés20 offre d’ailleurs une représentation intéressante de ce phénomène.

Les technologies informatiques ont aussi un impact important au niveau de la gestion du système scolaire en général et de chaque établissement en particulier. De même l’exploitation des ressources documentaires est complètement renouvelée par l’intégration des TIC. Travailler avec des outils de cette capacité offre évidemment des possibilités nouvelles pour les enseignants ainsi que pour les élèves, au niveau des services qu’ils proposent.

Quels usages avec les TIC ?

L’utilisation des technologies informatiques génère des usages particuliers dans le domaine du traitement et de la gestion de l’information ainsi que des pratiques de communication.



« Un usage correspond à une certaine manière (ensemble de règles) d’utiliser un objet matériel ou symbolique. Les usages sont socialement partagés par un groupe de référence et se construisent avec le temps. » (Docq et Deale, 2003, p. 114).

La théorie de l’activité21 est ici aussi d’un apport intéressant pour comprendre l’importance des usages qui découlent de la pratique, partagée socialement, de nouveaux outils. Elle montre clairement les interactions non seulement entre le sujet, l’outil et l’objet, mais aussi avec le groupe qui utilise les mêmes outils. Elle met en évidence l’évolution de l’organisation du travail et des régulations implicites ou explicites entre les individus impliqués.

Un vaste champ de recherche s’ouvre avec l’observation et la prise en compte des habilités, attitudes et pratiques (Viens, 2003) qui sont en train de voir le jour avec la généralisation de l’utilisation des TIC parmi les différents acteurs du système éducatif. Dans quel sens se développeront ces nouveaux usages, quelles nouvelles capacités vont-ils susciter ? Une meilleure compréhension de ces processus individuels et collectifs permettra certainement de transformer la formation des élèves et des enseignants, mais cela nécessite évidemment que les principaux acteurs de ce changement acquièrent certaines compétences spécifiques.

Avec le développement de l’utilisation des TIC, le concept d’alphabétisation informatique a nécessairement évolué, mais il se situe en général au niveau d’habiletés ‘opérationnelles’ et tend à se centrer autour d’un certain nombre de compétences identifiables : utilisation d’un traitement de texte, d’un logiciel de courrier électronique et d’un fureteur pour naviguer sur Internet, capacité d’enregistrer ou de télécharger des informations sur une disquette ou autre support de sauvegarde externe… (McMillan, 1996)22. A ces compétences s’est ajoutés une dimension cognitive avec les habiletés à utiliser les outils informatiques pour identifier et retrouver efficacement des informations spécifiques, afin de construire ou s’approprier des connaissances et développer une pensée critique et créative. (Stein, Craig et Scollary, 1997)23

Larose, Grenon, Lafrance constatent que les enseignants qui maîtrisent les outils informatiques ne les utilisent que rarement de manière didactique et ils ont identifié certaines conditions favorisant l‘usage des TIC par les enseignants :
1- avoir atteint un niveau minimal d’alphabétisation informatique,
2- bénéficier d’un soutien logistique adéquat,
3- avoir vécu des mises en situation leur permettant de constater in vivo les avantages pédagogiques du recours aux TIC.

Sans cela il est peu probable que les enseignants développent un sentiment d’efficacité personnelle vis-à-vis des technologies, caractéristique nécessaire pour leur intégration dans l’enseignement.

Pour résumer ce point :

Dans un contexte basé sur le profit et la concurrence, la conquête de nouveaux marchés nécessite la recherche constante d’innovations permettant de faire mieux à moindre coût. Cette démarche s’est peu à peu répandue dans tous les domaines de la société, même dans les services publics tels que l’éducation. Mais l’intégration des nouvelles technologies ‘coûte’ cher, si l’on comprend leur installation, leur maintenance et la formation des différents utilisateurs. De ce fait des doutes s’expriment chez certains administrateurs, enseignants, parents, politiciens et l’on cherche des réponses à donner en encourageant l’étude des apports de l’utilisation des TIC dans l’enseignement. (Si Moussa, 2000)

Différents angles de vue s’expriment sur l’usage des TIC dans l’éducation. Pour certains il s’agirait avant tout d’une innovation technologique qui permet de transmettre le savoir de manière plus efficace. Pour d’autres, il s’agit avant tout d’une innovation pédagogique, les TIC étant considérées comme des outils au service d’un projet pédagogique (Charlier, 2003). Entre deux se trouvent tous ceux qui ont passé du premier point de vue au second, qui ont d’abord pensé à l’apport technologique des TIC pour se rendre compte qu’enseigner de la même manière avec des nouveaux outils n’était pas très intéressant, ni facile, ni productif, ni motivant… et que l’intégration de ces technologies pouvaient représenter l’opportunité de repenser les pratiques pédagogiques en approfondissant les réflexions sur les différentes manières d’enseigner et d’apprendre.

Lire le mémoire complet ==> (Les apports des TIC à l’apprentissage)
Mémoire de Diplôme d’Etude Supérieure Spécialisée TECFA
Université de Genève – Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education

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