Le programme de privatisation bancaire en Egypte : 2 volets

B- Le programme de privatisation bancaire en Egypte

La privatisation des banques en Egypte est intervenu dans le cadre du programme de l’ajustement structurel et de la réforme économique effectué entre le gouvernement égyptien d’un côté et le F.M.I et la Banque mondiale d’un autre côté.

Ce programme de la réforme économique comporte une partie concernant la réforme de l’appareil bancaire. La privatisation du secteur bancaire constitue l’un des points principaux de cette réforme bancaire426.

L’étude du programme de privatisation des banques en Egypte exige la distinction entre deux volets principaux de ce programme :

  1. la privatisation des banques mixtes (1)
  2. et la privatisation des grandes banques publiques (totalement possédées par l’Etat) (2).

Il convient d’indiquer que le programme de privatisation des banques en Egypte souffre nettement du manque de transparence qui constitue l’un des principes de privatisation.

Ce manque consistant en l’insuffisante des informations et des chiffres annoncées concernant ce programme.

Ce manque résulte, en effet, de l’absence de la loi de privatisation qui détermine les entreprises privatisables (banques et sociétés non financières) et les procédures de transfert et d’évolution de ces entreprises transférées au secteur privé, etc. Notre étude sur ce programme sera effectuée à la lumière des informations et des chiffres fournis par certaines sources nationales et internationales.

Il est utile avant d’étudier ce programme de privatisation bancaire d’indiquer brièvement les procédures de la libéralisation du secteur bancaire et financier égyptien entrant dans le cadre du programme de la réforme économique mené en Egypte dès 1991.

En fait, ces procédures apparaissent importantes avant la mise en œuvre des privatisations bancaires pour réaliser les objectifs espérés de la politique de privatisation bancaire.

A cet égard, certaines procédures ont été prises à partir de 1991 et consistaient essentiellement en :

  • Libéralisation du taux d’intérêt créditeur et débiteur à partir de 1991.
  • Suppression du plafond de crédit accordé au secteur public et au secteur privé en 1992.
  • Réduction du taux de la réserve obligatoire sur la monnaie locale de 25 % à 15 % (à partir du 30 décembre 1990) et du taux de la liquidité de 30 % à 20 % pour la monnaie locale et de 30 % à 25 % pour les monnaies étrangères.
  • Libéralisation du taux d’échange en février 1991.
  • Renforcement de la situation financière des banques en adoptant les normes internationales de solvabilité décidées par l’accord de Bâle (à la exception des succursales des banques étrangères)427.
  • Création d’un Fonds de garantie des dépôts, pour protéger des intérêts des déposants des banques et des succursales des banques étrangères inscrites à la Banque centrale d’Egypte.
  • Autorisation aux succursales des banques étrangères de traiter en monnaie locale à côté du traitement en monnaies étrangères.

Les mesures citées ci-dessus ont des conséquences favorables pour le secteur bancaire. Elles ont permis d’annuler la politique monétaire directe appliquée en Egypte depuis longtemps qui avait laissé des effets négatifs sur la performance des banques.

Ainsi, ces mesures ont permis de libérer l’activité bancaire en créant un environnement concurrentielle dans le marché bancaire.

1- La privatisation des banques mixtes

Le premier volet du programme de privatisation du secteur bancaire en Egypte concerne la privatisation des banques mixtes.

Cette catégorie de banques a été créée en vertu de la loi n° 43 de 1974 dite loi d’investissement des fonds arabes et étrangers et l’organisation des Zones franches et ses modifications. Ces banques ont pris la forme de banques commerciales et de banques d’investissement et d’affaires.

Le capital des banques mixtes est partagé entre le secteur public et le secteur privé. La part du secteur public est possédée indirectement par les quatre grandes banques publiques seules ou avec d’autres établissements publics non bancaires comme les sociétés d’assurances et quelques organismes publics.

En revanche, la part du secteur privé est possédée par des banques étrangères, des sociétés privées et des individus428.

Selon la loi d’investissement, la part du partenaire égyptien dans le capital de cette catégorie de banques doit toujours être supérieure à 51 % (cette limite a été supprimé en 1996), en outre la part du secteur public doit être de 25 % au moins pour être soumise au contrôle de l’Appareil central des comptabilités 429.

La création des banques mixtes en Egypte à partir de 1974 a constitué, comme l’indiquent certaines études étrangères, la première étape vers la privatisation du secteur bancaire égyptien430.

Dès lors, le secteur bancaire égyptien comporte un secteur public composé par les banques commerciales publiques et les banques spécialisées et un secteur privé ou semi-public formé par les banques mixtes et les succursales des banques étrangères.

Malgré cela, l’Etat a imposé son contrôle sur ces banques mixtes grâce à ses participations majoritaires dans leur capital à travers les grandes banques publiques.

Selon les chiffres annoncés par la Banque centrale d’Egypte en juin 1995, les banques mixtes représentent avec les banques privées et les succursales des banques étrangères 37,7 % du total de l’actif des banques, 31,8 % des dépôts bancaires et environ 36,7 % des crédits distribués.

La privatisation des banques mixtes consiste en la vente de la part de l’Etat dans leur capital possédée principalement par les banques publiques de façon à permettre de réduire les participations publiques au moins de 20 % dans le capital des banques mixtes.

Le programme de privatisation des banques mixtes commencée en 1993, comprend 23 banques mixtes dont 15 banques commerciales et 8 banques d’investissement et d’affaires. Toutes ces banques mixtes ont été créées par la loi d’investissement à l’exception de l’Export Development Bank of Egypt créée par une loi spéciale.

Au début du programme de privatisation bancaire, commençant effectivement en 1993, l’Etat possédait indirectement des parts variaient entre 51 % et 100 % du capital de la plupart des banques mixtes.

En 1995 et après quelques opérations de privatisation partielle effectuées entre 1993 et 1995, la part de l’Etat variait entre 51 % et 100 % du capital de 15 banques mixtes, tandis que, cette part était de moins de 50 % dans le capital de 8 banques mixtes, comme le la montre le tableau (2.10).

Tableau 2.10 – Les participations publiques dans les banques mixtes en 1995

Les banques mixtes Participations des

Banques publiques

Participations des établissements publics non bancaires (a) Total participations publiques
Les banques commerciales En % En % En %
1- Alexandria Commercial and Maritime

Bank

2- Alexandria Kuwait Bank

3- BNP Paribas Le Caire

4- Cairo Far East Bank

5- Commercial International Bank (Egypt)

6- Egyptian American Bank

7- Egyptian Gulf Bank

8- Egyptian Saudi Finance Bank

9- Bank of Commerce & development

(Altegarrioon)

10- Misr America International Bank

11- Misr Exterior Bank

12- Misr International Bank

13- Misr Romanian Bank

14- National Bank for development

15- Suez Canal Bank

19.24

71.68

51

29

42.61

51

14

33.69

59.238

32.8

40

64.786

51

9.58

52.374

52.16

1.62

20

9.5

4.5

38.09

49.81

4

12.29

11.73

71.4

73.3

51

49

42.61

51

23.5

38.19

97.328

82.61

40

68.786

51

24.87

64.104

a) Les sociétés d’assurances, la Banque Nationale d’investissement et les autres organismes publics.
Source : IBTCI. “Quarterly Review of the government of Egypt’s privatisation and divestiture program” Jan.-mar. 1998. report prepared for USAID/Cairo under the privatisation in development project.

Tableau 2.10 – Les participations publiques dans les banques mixtes en 1995 (suite)

Les banques mixtes Participations des

Banques publiques

Participations des établissements publics non bancaires Total participations publiques
Les banques d’investissement et d’affaires En % En % En %
1- Cairo Barclays Bank

2- Credit International Bank (Egypt)

3- Arab African International Bank

4- Export Development Bank of Egypt

5- Housing and Development Bank

6-Islamic International Bank for

Investissement and development

7- Misr Iran Development Bank

8- National Société Générale Bank

51

51

16.6

58.2

29.38

79.96

39.6

30.4

16.6

40

48.39

46.7

51

51

33.2

98.2

77.77

79.96

77.1

30.4

Source : Banque d’Alexandrie.

Dans le cadre exécutif du programme de privatisation des banque mixtes qui effectué effectivement par la vente en tranches des parts publiques possédées indirectement par les banques publiques, on peut noter que ce programme de privatisation, commencée en 1993 par la privatisation de la Commercial International Bank (Egypt), se caractérise par son rythme relativement lent.

Le programme de privatisation bancaire en Egypte : 2 volets

Cependant, les années 1995 et 1996 ont connu une grande accélération dans l’exécution du programme.

Au cours de ces deux années, les banques publiques ont réduit leurs participations dans la majorité des banques mixtes à moins de 49 %. Dans les années suivantes le rythme des privatisations a ralenti à cause de la conjoncture économique et la faible performance de la Bourse égyptienne.

Ainsi, en 1998, il restait trois (3) banques mixtes dont les participations des banques publiques dépassaient 51 % de leur capital.

En 1999, une petite opération de cession a été opérée dans la « Cairo Barclays Bank » qui a permis de réduire la part de l’Etat dans cette banque de 51 % à 40 %. En outre, en juillet 2000, le gouvernement a décidé la cession des parts de l’Etat dans le capital des cinq banques mixtes431.

Mais ces opérations de privatisation ont été avortées à cause des résultats faibles des banques privatisables et la conjoncture économique durant cette année432.

Après ces opérations de privatisations effectuées dans le cadre du programme de privatisation des banques mixtes, on peut noter que, la structures des participations des banques publiques dans les capitaux des banques mixtes apparaissent de la manière suivante :

Tableau 2.11 – Les participations des banques publiques dans les banques mixtes en 2001

N. des banques mixtes La part des banques publiques
5

6

10

2

Moins de 1 % Entre 1 % et 20 % Entre 20 % et 49 % Supérieure de 51 %

Ainsi, en 2001, il restait 2 banques mixtes dont la participation des banques publiques est supérieure à 51 % (Bank of Commerce et development (59 %), Islamic International Bank for Investissement and development (79,9 %) ).

En fait, comme nous l’avons déjà mentionné, ces deux banques (avec trois autres) avaient été l’objet d’une privatisation échouée en 2000, qui avait abouti au retard de leur privatisation à une date inconnue.

Au cours de ces dernières années (2004, 2005, 2006), le programme de privatisation bancaire a connu à nouveau une accélération se traduisant par la vente hors marché des participations publiques (possédées indirectement par les banques publiques et d’autres établissements non bancaires) dans les capitaux d’un certain nombre de banques mixtes.

Ainsi, plus de dix opérations de vente hors marché ont été effectuées au cours de cette période concernant principalement : National Société Générale Bank (18 %) ; Misr International Bank (24,4 %) ; Misr Romanian Bank (33 %) ; Cairo Barclays Bank (40 %) ; Suez Canal Bank (17,19 %) ; Commercial International Bank – Egypt (20 %) ; Egyptian American Bank (33,8 %), Misr America International Bank ; Alexandria Commercial and Maritime Bank ; Cairo Far East Bank433.

On peut noter que, à la suite de ces opérations de privatisation effectuées jusqu’en juillet 2006, la quasi-totalité des parts publiques possédées par les banques publiques ou d’autres établissements non bancaires dans les capitaux des banques mixtes ont été vendues au secteur privé (en juin 2006 près de 90 % des banques mixtes ont été totalement privatisées).

Selon la banque centrale d’Egypte, en juin 2006, il ne reste plus que quatre banques mixtes dont les capitaux comprennent des participations publiques. Ces parts publiques seront l’objet de vente au cours de l’années 2007434.

Enfin, il convient de souligner que la privatisation des banques mixtes par la vente de la part de l’Etat, possédée principalement par les banques publiques, dans leur capital constitue le volet le plus facile dans le programme de privatisation du secteur bancaire en Egypte.

Ces banques mixtes constituent, selon la loi d’investissement, des sociétés anonymes privées cotées en Bourse, c’est pourquoi, leur privatisation n’a pas besoin des modifications législatives, en outre, l’estimation des banques et la part de l’Etat dans leur capital apparaît facile parce que leurs actions sont cotées en Bourse435.

2- La privatisation des grandes banques publiques en Egypte (totalement possédées par l’Etat)

Le deuxième volet du programme de privatisation du secteur bancaire égyptien consiste en la privatisation des grandes banques publiques (Quatre banques commerciales). En effet, ces banques totalement possédées par l’Etat occupent une place non négligeable dans le secteur bancaire égyptien, elles représentaient (en juin 2004) 48,2 % du total de la situation des banques et 33,2 % de l’ensemble des guichets bancaires existants, en outre, elles collectent 55,3 % des dépôts bancaire et accordent 50,1 % des crédits436.

La privatisation de ces banques publiques trouve son origine légale dans la loi n°155 de 1998437, qui permet au secteur privé national et étranger des prises de participations dans le capital de ces grandes banques publiques.

Malgré que la privatisation des banques en Egypte ait commencé depuis 1993 par la privatisation des banques mixtes, la promulgation de la loi n°155 de 1998 concernant la privatisation des grandes banques publiques a provoqué une grande discussion et un état d’inquiétude parmi les économistes et les experts financiers, mais aussi le peuple.

Cette inquiétude résulte essentiellement du manque de critères et de garanties décidés par la loi, notamment concernant les procédures de transfert et la protection des intérêts nationaux.

A la suite de cette inquiétude découlant de la loi n° 155 de1998, le gouvernement a annoncé quelques mesures et critères concernant le processus de privatisation des banques publiques, à savoir438:

  • La privatisation des banques publiques sera effectuée progressivement en tranches par l’augmentation de capital avec l’offre de cette augmentation à la souscription publique à laquelle l’Etat ne souscrit pas. En ce sens, la participation du secteur privé dans la première étape sera dans la limite de 30 %.
  • La participation de chaque actionnaire doit être dans la limite de 10 % du capital.
  • La prise en compte de l’équilibre boursier lors de l’offre des actions des banques publiques pour ne pas laisser des effets négatifs sur le mouvement des autres actions négociables en Bourse.
  • La privatisation des ces grandes banques publiques sera accomplie dans le cadre de la transparence permettant de fournir les informations nécessaires pour connaître les objectifs de la privatisation des banques et son impact positif sur le secteur bancaire et l’économie nationale, en outre, ces opérations seront effectuées dans un cadre légal et réglementaire conservant l’existence de la concurrence et évitant la domination.
  • Au contraire de la loi des sociétés du secteur d’affaires public exigeant la vente de 51 % du capital des sociétés soumises à ses règles pour sortir de la tutelle du secteur public, la vente de n’importe quelle proportion de la part de l’Etat dans le capital des banques publiques aboutira à sortir la banque de tutelle du secteur public pour être soumise à loi n° 159 de 1981 sur les sociétés anonymes (dans le cas d’absence de texte particulier dans la loi des banques).
  • Le renforcement du contrôle bancaire par la consolidation du rôle de la banque centrale en tant qu’autorité de tutelle et de contrôle et par la modernisation du cadre juridique et institutionnel de ce contrôle bancaire.

En effet, on peut noter avec certains des économistes égyptiens que, ces critères annoncés par le gouvernement ne sont pas efficace pour compenser le manque enregistré dans la loi de 1998. C’est pourquoi, certains critères doivent mettre en place dans le cas de la privatisation de l’une ou toutes les banques publiques pour préservation des intérêts patrimoniaux de l’Etat et les intérêts nationaux.

Ces critères consistent essentiellement en439 :

  • La nécessité de procéder à la restructuration financière des banques publiques avant leur privatisation, notamment concernant les dettes des sociétés du secteur public vers ces banques qui ont atteint près de 30 milliards de LE.
  • La nécessité d’adopter des mesures précises concernant ; le choix de la banque privatisable parmi les quatre banques publiques ; la part de l’Etat offerte à la privatisation ; l’estimation des banques privatisables et la détermination du prix d’action.
  • L’application du mécanisme de l’action spécifique en tant que moyen de protection des intérêts nationaux dans le cas de privatisation de ces banques occupant une place importante dans le secteur bancaire et par conséquent dans l’économie nationale.
  • La nécessité d’adopter une loi globale des banques qui réorganise la situation juridique de toutes les banques et les succursales des banques étrangères opérant en Egypte et renforce les règles concernant la protection des droits des déposants.
  • L’application progressive du programme de privatisation des banques publiques par la privatisation de l’une de ces grandes banques.

Au cours de ces dernières années, l’environnement bancaire a connu certaines modifications législatives et réglementaires qui prennent en compte certains des critères et des mesures cités ci-dessus.

Ainsi, la loi n° 88 de 2003 réorganise le secteur bancaire en consolidant l’autonomie de la Banque centrale d’Egypte et son rôle de contrôle des banques, elle a réaffirmé également l’établissement du Fonds de garantie des dépôts. En outre, le gouvernement a pris certaines procédures pour résoudre le problème des dettes augmentées des sociétés publiques vers les banques publiques en réalisant des résultats non négligeables dans ce domaine.

En effet, le grand débat autour de la privatisation des grandes banques publiques à côté des conjonctures économiques générales inadaptées et la baisse boursière au cours de ces dernières années ont abouti à retarder la privatisation des grandes banques publiques jusqu’à 2005.

En février 2005, le gouvernement a annoncé la privatisation totale (100 %) de l’une des quatre grandes banques publiques (totalement possédées par l’Etat). La banque privatisée (Banque d’Alexandrie) occupait dans le moment de sa privatisation la quatrième place parmi les banques opérant en Egypte selon les actifs, les dépôts collectés et les crédits accordés.

Elle représentait en juin 2004, 5,9 % du total de la situation des banques, 6 % des dépôts collectés et 4,6 % des crédits accordés.

Dans le cadre de la préparation de la Banque d’Alexandrie pour la privatisation, un accord entre le Ministère des Finances et le Ministère de l’investissement d’un côté et la Banque centrale d’Egypte et la Banque d’Alexandrie d’une autre côté a été effectué pour régler les dettes des sociétés publiques auprès la Banque d’Alexandrie attenant 6,9 milliards de LE.

Cette opération accomplie par le gouvernement constitue, en effet, une procédure importante pour reconstruction financière de la Banque avant sa privatisation440.

La procédure de privatisation de la Banque d’Alexandrie a commencé en février 2005 par appel d’offres afin de choisir des banques-conseils qui effectueront la mission d’évaluation et de placement des actions de banque privatisable441.

En février 2006, le gouvernement a annoncé que la privatisation de la Banque d’Alexandrie est effectuée par la vente d’une part majoritaire varie entre 75 et 80 % de capital hors marché à un investisseur stratégique (banque ou établissement financier), la vente de 5 % de capital aux salariés de la Banque et la vente d’une part varie entre 20 et 15 % sur le marché boursier par l’OPV.

En octobre 2006, l’Etat a cédé une partie de 80 % du capital de cette banque publique (La Banque d’Alexandrie) à un investisseur stratégique étranger (Sanpaolo IMI Bank) par une opération hors marché442.

En conclusion on peut noter que, l’expérience française de privatisation bancaire apparaît importante. Les privatisations bancaires ont touché entre 1987 et 2001 la quasi- totalité des banques publiques. Le nombre des banques publiques a été diminué de 124 banques en 1983 à 3 petites banques en 2004.

En Egypte, le programme de privatisation du secteur bancaire se caractérise par son ampleur modeste et son rythme relativement lent comparé au vaste programme français. Comme nous écrivons ces lignes, prés de 90 % des banques mixtes ont totalement privatisées.

En ce qui concerne la privatisation des grandes banques publiques n’a commencé qu’en 2005 par la privatisation de l’une de ces quatre banques publiques (la Banque d’Alexandrie) occupant la quatrième place parmi les banques opérant en Egypte.

Dans ce cadre, on peut noter que la privatisation de la quasi-totalité des banques mixtes et l’une des grandes banques totalement possédées par l’Etat, a permis d’une augmentation remarquable de la part des banques privées (égyptiennes, contrôlées par des étrangers, succursales des banques étrangères) sur le marché bancaire égyptien pour atteindre 48,3 % du total de l’actif des banques en Egypte.

Cependant, le poids des banques publiques reste important dans le secteur bancaire en représentant près de 51,7 % du total de l’actif des banques en Egypte en octobre 2006, comme l’explique le tableau (2.12)443.

Tableau 2.12 – Le secteur bancaire égyptien en octobre 2006

Ensemble des banques et des succursales des banques étrangères Part des actifs en pourcentage du total de l’actif des banques
– Banque totalement possédées par l’Etat

-Banques partiellement possédées par des

établissements publics

Total des banques publiques

47,1

4,6

51,7

– Banques privées égyptiennes

– Banques et succursales des banques étrangères

– Banques et succursales des banques arabes

Total des banques privées et des succursales des banques étrangères

20,2

18,5

9,6

48,3

Total 100

Source : Banque centrale d’Egypte.

Conclusion de la première partie

Dans la première partie de cette thèse, nous avons décrit la structure du secteur bancaire dans les deux pays étudiés en développant la composition et les missions de la banque centrale en France et en Egypte en tant qu’organe central situé au sommet du secteur bancaire.

Dans ce cadre, nous avons indiqué les modifications ayant touchées les missions effectuées par la BDF dès l’entrée en vigueur du SEBC, ainsi que les différents organes centraux pratiquant des autorités de tutelle et de contrôle à côté de la BDF. Nous avons également développé, la classification des établissements de crédit et leurs activités dans les deux pays étudiés à la lumière des dernières modifications législatives et réglementaires.

Par ailleurs, nous avons traité le rôle économique et financier du secteur bancaire en France et en Egypte. Dans ce cadre, nous avons noté que les banques jouent un rôle important dans l’économie nationale des deux pays étudiés.

Elles exercent depuis longtemps leur rôle intermédiaire à travers leurs fonctions classiques consistant en la collecte des dépôts, la distribution des crédits et la gestion des moyens de paiement.

Depuis les années quatre-vingt et avec la diminution notable de l’intermédiation bancaire dite classique qui représente aujourd’hui une part restreinte de l’activité typique pour les banques, les banques se sont fortement orientées vers les opérations de marché qui représentent actuellement une part importante des bilans bancaires, notamment dans les pays développés, comme c’est le cas en France.

En outre, depuis cette époque les banques interviennent sur le marché financier pour le compte de leurs clients (entreprises et particuliers) en fournissant leurs services d’émission, de placements, de gestion de portefeuille, etc.

En Egypte, en tant que pays en développement, nous avons constaté que les activités traditionnelles continent d’occuper une place importante dans les bilans des banques égyptiennes.

Cependant, nous avons indiqué la progression notable du portefeuille-titres des banques aux cours de ces dernières années. En outre, avec la réorganisation du marché financier faite par la loi n° 95 de 1992, les banques interviennent sur le marché financier pour fournir leur services aux sociétés émettrices et aux particuliers.

Dans cette optique, nous avons examiner en particulier, le système des Fonds d’investissement en tant que moyen de gestion collective des valeurs mobilières.

Ainsi, le secteur bancaire dans les deux pays reste au cœur de l’économie en finançant les différents agents économiques à besoin de financement soit par la distribution de crédits à ces agents (fonction classique) soit en achetant des titres émis par l’Etat et les agents à besoin de financement.

Dans le deuxième chapitre, nous avons traité la propriété du secteur bancaire. Dans ce cadre, nous avons abordé les nationalisations touchant le secteur bancaire français en 1945 et 1982 et celles touchant le secteur bancaire égyptien en 1960 et 1961 ainsi que leurs motivations.

Nous avons constaté que ces nationalisations bancaires avaient laissé leur empreinte négative sur le budget de l’Etat qui avait indemnisé à 100% les anciens actionnaires des banque nationalisées, en même temps qu’il connaissait un fort déficit budgétaire.

De même, la performance des banques nationalisées a été altérée par le contrôle direct de l’Etat à cause d’une mauvaise gestion, de l’intervention politique dans les décisions stratégiques des banques, notamment concernant la distribution des crédits, du manque de dotation en capital fournit par l’Etat actionnaire, etc.

Globalement, on peut noter que la politique d’intervention étatique dans le secteur bancaire a nettement affaibli la performance des banques nationalisées. Cette performance amoindrie des banques nationalisées les rend incapables de faire face à la forte concurrence nationale et internationale résultant du phénomène de la libéralisation financière.

Sous la pression des conséquences néfastes de la propriété publique des établissements bancaires, des privatisations bancaires ont été effectuées dans les deux pays étudiés. Ces privatisations bancaires trouvent leurs fondements dans certaines motivations de nature économique, financière et politique.

Dans ce cadre, nous avons constaté que le programme de privatisation bancaire en Egypte apparaît relativement modeste et lent à comparé au vaste programme français.

Programme de privatisation des banques en France : 2 phases

Ainsi, nous avons nettement montré, dans cette partie de la thèse, que la privatisation touchant le secteur bancaire, occupant sans aucun doute une place importante dans l’économie nationale, constitue une conséquence logique de l’influence néfaste du contrôle direct de l’Etat sur ce secteur important.

La privatisation bancaire apparaît donc comme une politique nécessaire afin d’améliorer la performance des établissements bancaires (renforcement des fonds propres, amélioration de la gestion, etc) pour qu’ils soient capables d’affronter la forte concurrence internationale découlant du progrès technologique et de l’évolution majeure dans l’industrie des services financiers enregistrée depuis le début des années quatre-vingt.

Le seconde partie de cette thèse est exclusivement consacrée aux techniques juridiques et financières utilisées dans les deux pays étudiés (France et Egypte) pour mettre en œuvre les programmes de privatisations bancaires, ainsi qu’ aux conséquences économiques et financières de ces privatisations bancaires.

Pour citer ce mémoire (mémoire de master, thèse, PFE,...) :
La première page du mémoire (avec le fichier pdf) - Thème :
La privatisation du secteur bancaire : étude comparative entre l'Egypte et la France
Auteur·trice·s :
Ghazal Montassel EL Awasy AHMED
Ghazal Montassel EL Awasy AHMED
Université :
Université Du Droit Et De La Santé De LILLE 2 - ECOLE DOCTORALE N° 88
Année de soutenance :
THESE Pour obtenir le grade de DOCTEUR DE L’UNIVERSITE DE LILLE 2 - Sciences Economiques et Sociales - Juin 2022
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