Le rôle intermédiaire financier des banques

Le rôle économique et financier du secteur bancaire – Section II :

La place des banques dans l’économie nationale est importante. Les banques interviennent depuis longtemps parmi les agents économiques à capacité de financement et ceux à besoin de financement en collectant des capitaux à court terme des agents excédentaires et elles les redistribuent sous forme de crédits à long terme aux agents déficitaires (l’intermédiation bancaire traditionnelle).

A partir des années quatre- vingt le rôle du secteur bancaire dans le financement de l’économie a connu un évolution importante, surtout dans les pays développés.

Cette évolution, qui a été résulté essentiellement du développement des marchés financiers, a consisté en la diminution des activités traditionnelles des banques (collecte des dépôts et distribution des crédits) et en la croissance constatée des opérations de marché (désintermédiation bancaire).

Par ailleurs, dès cette période-là les banques interviennent largement sur le marché financier pour leur propre compte et les compte de tiers (les sociétés émettrices et les porteurs des valeurs mobilières).

Cette section s’intéresse au rôle économique et financier du secteur bancaire dans les deux pays étudiés (France et Egypte). L’étude de ce rôle sera complété par exposer le rôle intermédiaire des banques (§I) et leur rôle sur les marchés financiers (§ II).

§I : Le rôle intermédiaire des banques

Les banques constituent des intermédiaires financiers spécifiques. Elles interviennent entre les prêteurs et les emprunteurs en réalisant de la finance indirecte (la finance intermédiée).

Cette intermédiation financière des banques peut être défini par leurs fonctions traditionnelles consistant en la collecte des dépôts, la distribution des crédits et la gestion des moyens de paiement (A).

A partir des années quatre-vingt, une modification majeure a été effectuée dans la fonction d’intermédiation bancaire, notamment dans les pays développés. Cette modification a consisté en la réduction de l’intermédiation bancaire dite classique et en l’apparition de nouveaux aspects d’intermédiation bancaire (B).

A- La banque : un intermédiaire financier

La notion d’intermédiation financière a été définie par Gurley et Shaw en 1960. Ils ont analysé la mission fondamentale de la banque en tant qu’intermédiaire financier.

Selon, Gurley et Shaw la fonction essentielle des intermédiaires financiers consiste à transformer les caractéristiques des actifs financiers. Ainsi, les intermédiaires financiers assurent une transformation des échéances et des risques153.

Dans chaque économie, il existe sur le plan financier deux catégories d’agents économiques. D’une part, il existe les agents à capacité de financement.

Les revenus de ces agents sont plus élevés que leurs dépenses. Alors, ils cherchent à placer leurs ressources (ce sont les prêteurs). D’autre part, il existe la catégorie des agents à besoin de financement. Les dépenses de ces agents sont plus importantes que leurs revenus comme c’est le cas des entreprises et des administrations (ce sont les emprunteurs)154.

1- La finance directe et la finance indirecte

Selon l’analyse classique, les agents excédentaires et les agents déficitaires sont mis en relation par deux types de circuits de financement :

a) La finance directe

En fonction de ce type de financement, les agents à besoin de financement et les agents à capacité de financement se rencontrent directement sur le marché financier.

En d’autres termes, la finance directe se réalise quand l’agent à capacité de financement acquiert directement les titres (actions, obligations) émis par l’agent à besoin de financement155.

b) La finance indirecte

Selon ce type de financement, un intermédiaire financier intervient entre les emprunteurs et les prêteurs. En fait, les emprunteurs et les prêteurs n’ont pas les mêmes préférences. Les agents à besoin de financement procèdent à des processus d’investissement par l’émission de titres à long terme, tandis que les agents à capacité de financement cherchent des placements à court terme.

Ainsi, l’intermédiation financière sert d’interface entre les emprunteurs et les prêteurs 156.

Par ailleurs, les marchés de capitaux se caractérisent par l’incertitude et l’asymétrie d’information. Le rôle d’un intermédiaire financier apparaît nécessaire pour pallier les imperfections de la finance directe.

Ainsi, les intermédiaires financiers, surtout les banques, interviennent pour transformer les caractéristiques des créances ou des dettes des agents économiques. Elles collectent les capitaux à court terme des agents à capacité de financement et les redistribuent sous forme de crédits à long terme aux agents à besoin de financement157.

2- Les justifications de l’existence des intermédiaires financiers

Selon l’analyse économique récente158 trois raisons principales justifient l’existence des intermédiaires financiers : la réduction des coûts de transaction (a), la réduction de l’asymétrie d’information (b) et l’assurance de liquidité (c). La majorité de ces raisons concernent essentiellement les banques.

a) L’intermédiaire financier et les coûts de transaction

L’existence des intermédiaires financiers permet de réduire les coûts de transaction.

Ces coûts de transaction sont constitués du coût de recherche du candidat et d’un accord et des coûts de négociation des conditions financières. Ils comprennent également les coûts résultant de la surveillance de l’exécution du contrat.

En effet, les intermédiaires financiers permettent de diminuer ces coûts en réalisant des économies d’échelle.

C’est-à-dire que le coût unitaire de production des services financiers diminue à mesure que la quantité produite augmente. Par ailleurs, le volume des opérations effectuées par les intermédiaires financiers réalise en effet, une bonne diversifications des risques159.

Le rôle intermédiaire des banques

b) L’intermédiaire financier et l’asymétrie d’information

L’asymétrie d’information sur les marchés de capitaux constitue l’une des raisons essentielles qui justifient l’existence d’intermédiaires financiers.

Cette asymétrie d’information résulte du fait que certains agents (les emprunteurs) sur le marché ont plus d’information que d’autres (les prêteurs). Elle découle également de l’asymétrie des rôles des agents dans l’activité économique160.

L’intermédiaire financier permet de réduire l’asymétrie d’information. Il dispose d’informations spéciales qui ne sont pas connues par les marchés financiers.

Dans le cas d’une demande de financement par une entreprise à sa banque, celle-ci a la qualité pour estimer la solvabilité de cette entreprise (son client), parce qu’elle gère déjà ses comptes. Elle détient des informations précieuses qui lui permettent d’évaluer sa solvabilité et d’éviter la possibilité de cacher des informations importantes avant effectuer le contrat161.

Par ailleurs, l’intermédiaire financier assure le secret des informations ce qui constitue une grande avantage des emprunteurs. L’intermédiaire financier peut également diminuer les coûts de surveillance sur l’exécution du contrat, grâce à sa capacité de réduire les risques découlant d’une exécution partielle ou non exécution du contrat par l’emprunteur.

En effet, les prêteurs préfèrent le recours aux services d’intermédiaires financiers plus que le recours au financement direct afin d’obtention un bon contrôle sur les emprunteurs162.

Il convient de souligner que, les banques occupent une place singulière par rapport aux autres intermédiaires financiers dans la réduction d’asymétrie d’information. Grâce à la nature de leurs fonctions, les banques entretiennent des rapports à long terme avec leurs clients qui leur permettent d’avoir des informations précieuses sur ceux-ci163.

c) L’intermédiaire financier et l’assurance de liquidité

Dans un marché qui se caractérise par l’incertitude, les agents économiques ont besoin de posséder des actifs liquides qui doivent avoir deux caractéristiques essentielles : d’une part, leur valeur doit être stable et sûre, et d’autre part, ces actifs doivent être aussitôt disponibles pour les échangés contre des biens, des services et des titres164.

Ainsi, la monnaie constitue le seul actif qui détienne ces deux caractéristiques. Selon la nature de leurs fonctions, les banques créent la monnaie en réalisant l’assurance de liquidité. Les banques sont les seuls intermédiaires financiers qui aient la possibilité de transformer leur dette en moyens de paiement généralement acceptés dans les échanges165.

Enfin, il convient de montrer que la fonction d’assurance de liquidité constitue une spécificité des intermédiaires bancaires.

Cette fonction est octroyée aux banques grâce à son appartenance au système bancaire organisé et contrôlé par une banque centrale qui garantit les banques dans le cas du risque total d’illiquidité166.

Lire le mémoire complet ==> (La privatisation du secteur bancaire : Etude comparative entre l’Egypte et la France)
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Sommaire :

  1. La structure du secteur bancaire : la banque centrale
  2. L’organisation de la banque centrale : organes et indépendance
  3. Les missions de la banque centrale
  4. La banque centrale: la banque d’émission, de l’Etat et des banques
  5. La banque centrale et le contrôle des établissements de crédit
  6. Les établissements de crédit en France, le secteur bancaire
  7. La classification des établissements de crédit français
  8. Les banques étrangères en France
  9. La classification des établissements de crédit en Egypte
  10. Le rôle intermédiaire financier des banques
  11. L’intermédiation financière traditionnelle des banques
  12. L’évolution de l’intermédiation bancaire en France
  13. Le rôle des banques sur le marché financier
  14. Les services bancaires offerts aux sociétés émettrices
  15. Les banques et la souscription des actions des entreprises privatisées
  16. Les porteurs de valeurs mobilières et les services bancaires
  17. La gestion de portefeuille de valeurs mobilières en France
  18. L’intervention étatique dans le secteur bancaire en France
  19. Les nationalisations bancaires de 1945 en France
  20. Le champ des nationalisations bancaires de 1982 en France
  21. La technique des nationalisations bancaires en France
  22. La nationalisation du secteur bancaire égyptien
  23. Le secteur bancaire égyptien après les nationalisations de 1961
  24. Le poids financier des nationalisations bancaires
  25. La nationalisation bancaire et la performance du secteur bancaire
  26. Le cadre théorique de la politique de privatisation bancaire
  27. La privatisation bancaire et la performance des banques
  28. La privatisation bancaire, la concurrence et la démocratie économique
  29. Privatisation bancaire et le développement du marché financier
  30. Le programme de privatisation bancaire en France
  31. Le programme de privatisation des banques mixtes en Egypte
  32. La privatisation des grandes banques publiques en Egypte
  33. Le cadre juridique des privatisations bancaires – France et Egypte
  34. Les lois de privatisations bancaires en France
  35. Le cadre législatif des privatisations bancaires en Egypte
  36. Les procédures de la privatisation des banques publiques
  37. Les règles d’évaluation de la valeur des banques privatisées
  38. Règles de la détermination du prix de vente de banque publique
  39. Les lois de privatisation des banques et les intérêts nationaux
  40. Participation des salariés dans le capital des banques privatisées
  41. Avantages accordés aux personnes physiques – Privatisation des banques
  42. Les techniques boursières de privatisation bancaire : l’OPV
  43. Les différentes modalités de l’Offre publique de vente OPV
  44. Les dispositions communes à l’offre publique de vente en France
  45. L’offre publique de vente en France – la loi de privatisation
  46. Les dispositions communes au placement institutionnel français
  47. L’offre publique de vente en Egypte
  48. Les techniques françaises de cession sur le marché boursier
  49. L’offre réservée aux salariés des banques privatisées en France
  50. Les techniques financières de privatisation bancaire hors marché
  51. Modalités de cession de la banque hors marché boursier en France
  52. Les procédures de gré à gré en France
  53. Procédures de cessions privées des banques publiques en Egypte
  54. Conséquences économiques et financières des privatisations bancaires
  55. Les recettes de privatisation des sociétés publiques françaises
  56. L’affectation des recettes de privatisation des banques publiques
  57. L’impact de privatisation sur le déficit budgétaire et la dette
  58. Les effets financiers des privatisations bancaires
  59. Les privatisations bancaires et la capitalisation boursière
  60. Les privatisations bancaires et les investissements étrangers
  61. Impact de privatisation sur le développement de l’actionnariat salarié
  62. Littérature sur la privatisation et la performance des banques privatisées
  63. Impact de la privatisation sur les banques privatisées, les expériences mondiales
  64. L’effet de la privatisation bancaire sur la performance des banques en France
  65. La privatisation et la performance des banques privatisées en Egypte
  66. Le secteur bancaire français et l’impact de privatisation bancaire
  67. Le secteur bancaire égyptien et la privatisation des banques
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